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Barge rousse

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Limosa lapponica

Limosa lapponica
Description de cette image, également commentée ci-après
Barge rousse.
Classification COI
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Aves
Ordre Charadriiformes
Famille Scolopacidae
Genre Limosa

Espèce

Limosa lapponica
(Linnaeus, 1758)

Statut de conservation UICN

( NT )( NT )
NT A2bcde+4bcde : Quasi menacé

La Barge rousse (Limosa lapponica) est une espèce d'oiseaux Charadriiformes de la famille des Scolopacidae.

La Barge rousse est un grand limicole oiseau migrateur, multiple détenteur de records de distance de vol sans arrêt : des vols de 12 000 à 13 000 kilomètres[1] sans escale durant une dizaine de jours, et à une vitesse pouvant atteindre 90 km/h[2],[3],[4] ont été enregistrés par plusieurs spécimens porteurs de balises GPS, le record étant un vol de 13 560 km le [5].

Description

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Cet oiseau possède un bec long et très pointu, des pattes sombres, un plumage du dessus fortement strié. On les reconnaît grâce à leur croupion blanc dessous et barré dessus, ainsi qu'à leur sourcil blanchâtre. Contrairement aux Barges à queue noire (Limosa limosa), les Barges rousses n'ont pas de barre alaire blanche.

L'espèce peut atteindre un âge avancé, l'actuel record concernant un spécimen capturé et bagué dans le Norfolk et capturé à nouveau dans le même comté 34 ans plus tard[6]. (Le record précédent était de 32 ans[6].)

Sous-espèces

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Selon la classification de référence du Congrès ornithologique international (version 15.2, 2026)[7], la Barge rousse est représentée par 5 sous-espèces (ordre phylogénétique) :

  • Limosa lapponica lapponica (Linnaeus, 1758) — niche dans le nord de l'Europe — hiverne en Afrique et en Inde ;
  • Limosa lapponica yamalensis Bom et al., 2021[8] — niche dans le nord-ouest de la Sibérie — hiverne d'Oman à l'ouest de l'Inde et probablement jusqu'au côtes orientales de l'Afrique, peut-être même jusqu'en Afrique du Sud ;
  • Limosa lapponica taymyrensis Engelmoer & Roselaar, 1998 — niche dans le nord de la Sibérie centrale — hiverne sur les côtes occidentales de l'Afrique ;
  • Limosa lapponica menzbieri Portenko, 1936 — niche dans le nord-est de la Sibérie — hiverne en Asie du Sud-Est et au nord-ouest de l'Australie ;
  • Limosa lapponica baueri Naumann, JF, 1836 — niche dans le du nord-est de la Sibérie jusqu'au nord et à l'ouest de l'Alaska — hiverne en Chine et en Australasie.

Comportement

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Elle fréquente les vasières en larges bandes, souvent associé à d'autres espèces de limicoles.

Alimentation

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Au printemps et en été, les Barges rousses se nourrissent essentiellement d'insectes (mouches, coléoptères), de chenilles, de vers de terre, et parfois de baies et de graines. Leurs régimes alimentaires d'hiver diffère considérablement : elles consomment des vers marins (néréis et arénicoles), des crevettes et des puces de mer.

Reproduction

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Œuf de Barge rousse — (muséum de Toulouse).

La Barge rousse construit son nid au sol, dans une tourbière : un creux tapissé de lichen et de feuilles de bouleau. Elle pond quatre œufs couleur olive que les parents couvent pendant trois semaines.

Visualisations sur le globe terrestre de tracés migratoires de Barge rousse.

Une Barge rousse avait déjà été enregistrée en comme ayant effectué le plus long vol sans escale connu pour un oiseau. Des oiseaux ont été marqués et équipés en Nouvelle-Zélande, puis ils ont été suivis par satellite jusqu'en mer Jaune en Chine.

Selon le Dr Clive Minton de l'Australasian Wader Studies Group : « La distance entre ces deux endroits est 9 575 km, mais le trajet effectué par l'oiseau a été de 11 026 km. C'est le plus long vol connu sans escale pour un oiseau. Le vol a été effectué en environ neuf jours. Au moins trois autres Barges rousses semblent aussi avoir atteint la mer Jaune après des vols sans escale à partir de la Nouvelle-Zélande ». En 2020, une autre Barge rousse a parcouru 12 200 kilomètres sans escale de l'Alaska à la Nouvelle-Zélande[9].

En , une Barge rousse mâle adulte, équipée d'une balise GPS, établit un nouveau record avec un vol de dix jours sans interruption sur 13 035 kilomètres entre l'Alaska et la Nouvelle-Zélande[1]. En , un juvénile de cinq mois, équipé d'une balise GPS bat ce record en volant 13 560 kilomètres d'une seule traite, sans arrêt, durant onze jours[10] entre l'Alaska et la Tasmanie[11]. Depuis la côte sud de l'Alaska, l'oiseau a d'abord volé vers le sud-ouest, longeant l'arc des îles aléoutiennes sur près de 2 000 kilomètres, puis il vire plein sud, traverse l'océan Pacifique Nord, survole plusieurs archipels comme Kiribati, Vanuatu et la Nouvelle-Calédonie mais sans s'y poser[10], vole ensuite au large de la côte orientale de l'Australie, puis atteint la Tasmanie où il vire alors 90 degrés plein ouest vers la station balnéaire d'Ansons Bay (en) au nord-est de l'île[10]. Il s'y pose après onze jours et une heure de vol ininterrompu. Selon l'Institut Max Planck d'ornithologie qui a étudié ce vol, ce juvénile était probablement accompagné d'autres barges dans son périple[10]

Lors de ces trajets migratoires entre l'Alaska et l'Australie, la Barge rousse transporte des œufs vivants de triops (crustacés typiques des « mares temporaires »), ce qui explique la proximité génétique de deux espèces de triops géographiquement pourtant très éloignées l'une de l'autre[12].

Répartition

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Carte de répartition de la Barge rousse
  • Présence en période de nidification.
  • Présence en période d'hivernage.

La Barge rousse est un oiseau limicole qui niche dans la toundra arctique et subarctique du nord de l'Europe, de la Sibérie et l'Alaska. Il effectue de grandes migrations (jusqu'à 13 000 km sans escale) vers les rivages africains, asiatiques ou océaniens selon la longitude de son aire de départ. En , Un nouveau record de vol direct est effectuée par une Barge rousse d'Alaska suivie par GPS : 13 560 km jusqu'en Tasmanie soit une moyenne de 50 km/h parcourus d'une traite en 11 jours, 11 nuits (et 1h), sans se nourrir ni boire.

État, pression et menaces

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De par les lieux qu'elle fréquente, sa durée de vie et son comportement alimentaire, c'est une des nombreuses espèces qui pourrait être victime de saturnisme aviaire, à la suite de l'ingestion de grenaille de plomb.

Cette espèce n'est néanmoins pas considérée comme menacée à l'échelle de sa métapopulation.

Notes et références

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  1. a et b (en) « These Mighty Shorebirds Keep Breaking Flight Records—And You Can Follow Along » Accès libre, sur audubon.org, (consulté le ).
  2. « Migrations. Record battu pour l’oiseau qui relie sans escale l’Alaska à la Nouvelle-Zélande » Accès libre, sur courrierinternational.com, (consulté le ).
  3. (en) Daniel Boffey, « Jet fighter godwit breaks world record for non-stop bird flight », The Guardian,‎ (lire en ligne Accès libre, consulté le ).
  4. « Extreme endurance flights by landbirds crossing the Pacific Ocean »(Archive.orgWikiwixGoogleQue faire ?).
  5. Robin Servais, « Cet oiseau vole sur 13.560 km sans interruption et bat un record du monde » Accès libre, sur geo.fr, (consulté le ).
  6. a et b « birdwatch (Royaume-Uni) »(Archive.orgWikiwixGoogleQue faire ?), sur birdwatch.co.uk.
  7. Congrès ornithologique international, version 15.2, 2026.
  8. Bom, Conklin, Verkuil, Alves, de Fouw, Dekinga, Hassell, Klaassen, Kwarteng, Rakhimberdiev, Rocha, ten Horn, Tibbets, Tomkovich, Victor & Piersma, 2021
  9. Julie Kern, « Cet oiseau a volé non-stop de l'Alaska à la Nouvelle-Zélande » Accès libre, sur futura-sciences.com, (consulté le ).
  10. a b c et d Rod Mcguirk, Associated Press, « Un oiseau aurait volé plus de 13 500 km de l’Alaska à la Tasmanie » Accès libre, sur lactualite.com, (consulté le ).
  11. (en) Graham Readfearn, « Bar-tailed godwit sets world record with 13,560km continuous flight from Alaska to southern Australia » Accès libre, sur theguardian.com, (consulté le ).
  12. (en) Robert E. Gill Jr., Theunis Piersma, Gary Hufford, Rene Servranckx et Adrian Riegen, « Crossing the ultimate ecological barrier: evidence for an 11,000-km-long nonstop flight from Alaska to New Zealand and eastern Australia by Bar-tailed Godwits », The Condor, vol. 107, no 1,‎ , p. 1-20 (DOI 10.1650/7613 Accès libre).

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Articles connexes

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Bibliographie

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  • (en) Alan Forsyth Poole et Frank B. Gill, The Birds of North America : life histories for the 21st century, vol. 15, Philadelphie, American Ornithologists' Union/Academy of Natural Sciences, .
  • Lars Gejl (trad. du danois par Marie-Anne Tattevin), Guide d'identification des limicoles d'Europe [« Europas Vadefugle »], Paris, Delachaux et Niestlé, , 376 p. (ISBN 978-2-603-02442-3), p. 300-303.
  • (en) Peter Hayman, John Marchant et Tony Prater, Shorebirds: an identification guide to the waders of the world, Boston, Houghton Mifflin Company, , 412 p. (ISBN 0-395-37903-2, lire en ligne Inscription nécessaire), p. 313-314 & planche 49 p. 134-135.
  • (en) P. Wiersma, T. Piersma et J. van Gils, « Family Scolopacidae (Sandpipers, Snipes and Phalaropes) », dans Josep del Hoyo, Andrew Elliott et Jordi Sargatal, Handbook of the Birds of the World, vol. 3 : Hoatzin to Auks, Barcelone, Lynx edicions, , 821 p. (ISBN 978-84-87334-20-7, lire en ligne Inscription nécessaire), p. 502 & planche 42 p. 500.

Liens externes

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