Barge rousse

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Limosa lapponica

La Barge rousse (Limosa lapponica) est une espèce d'oiseau limicole de la famille des scolopacidés (qui compte aussi les bécassins).

La barge rousse est un migrateur pouvant parcourir en vol jusqu'à 12 200 kilomètres sans escale, durant 11 jours et à une vitesse pouvant atteindre 90 km/h[1],[2],[3].

Description[modifier | modifier le code]

Jeune barge rousse dans sa belle robe (Nouvelle-Zélande).

Cet oiseau possède un bec long et très pointu, des pattes sombres, un plumage du dessus fortement strié. On les reconnaît grâce à leur croupion blanc dessous et barré dessus, ainsi qu'à leur sourcil blanchâtre. Contrairement aux barges à queue noire, les barges rousses n'ont pas de barre alaire blanche.

Ce type d'oiseau peut vivre vieux. L'actuel record est le cas d'une barge rousse capturée et baguée dans le Norfolk et recapturée dans le même comté 34 ans plus tard[4]. Le record précédent était de 32 ans[4].

Taxinomie[modifier | modifier le code]

KIRKAMON-BAR TAILED GODWIT.jpg

D'après Alan P. Peterson, cette espèce est constituée des quatre sous-espèces suivantes :

  • Limosa lapponica baueri J.F. Naumann 1836 ;
  • Limosa lapponica lapponica (Linnaeus) 1758 ;
  • Limosa lapponica menzbieri Portenko 1936 ;
  • Limosa lapponica taymyrensis Engelmoer & Roselaar 1998.

Comportement[modifier | modifier le code]

Il fréquente les vasières en larges bandes, souvent associé à d'autres espèces de limicoles.

Alimentation[modifier | modifier le code]

Au printemps et en été, les barges rousses se nourrissent essentiellement d'insectes (mouches, coléoptères), de chenilles, de vers de terre, et parfois de baies et de graines. Leurs régimes alimentaires d'hiver diffère considérablement : elles consomment des vers marins (néréis et arénicoles), des crevettes et des puces de mer.

Reproduction[modifier | modifier le code]

Œuf de barge rousse (muséum de Toulouse).

La Barge rousse construit son nid au sol, dans une tourbière : un creux tapissé de lichen et de feuilles de bouleau. Elle pond quatre œufs couleur olive que les parents couvent pendant trois semaines.

Migration[modifier | modifier le code]

Visualisations sur le globe terrestre de tracés migratoires de barge rousse (Limosa lapponica).

La barge rousse avait déjà été enregistrée (en mars 2007) comme ayant effectué le plus long vol sans escale connu pour un oiseau. Des oiseaux ont été marqués et équipés en Nouvelle-Zélande, puis ils ont été suivis par satellite jusqu'en mer Jaune (Chine).

Selon le Dr Clive Minton (Australasian Wader Studies Group) : « La distance entre ces deux endroits est 9 575 km, mais le trajet effectué par l'oiseau a été de 11 026 km. C'est le plus long vol connu sans escale pour un oiseau. Le vol a été effectué en environ neuf jours. Au moins trois autres barges rousses semblent aussi avoir atteint la mer Jaune après des vols sans escales à partir de la Nouvelle-Zélande ». En 2020, une autre barge a ensuite parcouru 12 200 kilomètres sans escale de l'Alaska à la Nouvelle-Zélande[5].

C'est lors de ces trajets migratoires de 11 000 km environ que la barge rousse transporte naturellement et depuis longtemps des œufs vivants de Triops (crustacés typiques des « mares temporaires »), de l'Alaska à l'Australie et/ou inversement, ce qui explique la troublante proximité de deux espèces de triops génétiquement proches, mais géographiquement très éloignées l'une de l'autre[6].

Répartition[modifier | modifier le code]

Répartition.

La barge rousse est un oiseau limicole qui niche dans la toundra arctique et subarctique du nord de l'Europe, de la Sibérie et l'Alaska. Il effectue de grandes migrations (jusqu'à 12 200 km sans escale) vers les rivages africains, asiatiques ou océaniens selon la longitude de son aire de départ.

État, pression et menaces[modifier | modifier le code]

De par les lieux qu'elle fréquente, sa durée de vie et son comportement alimentaire, c'est une des nombreuses espèces qui pourrait être victime de saturnisme aviaire, à la suite de l'ingestion de grenaille de plomb.

Cette espèce n'est néanmoins pas considérée comme menacée à l'échelle de sa métapopulation.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Migrations. Record battu pour l’oiseau qui relie sans escale l’Alaska à la Nouvelle-Zélande », sur Courrier international, (consulté le 9 novembre 2020)
  2. (en) Daniel Boffey, « 'Jet fighter' godwit breaks world record for non-stop bird flight », The Guardian,‎ (lire en ligne)
  3. Extreme endurance flights by landbirds crossing the Pacific Ocean.
  4. a et b birdwatch (Royaume-Uni)
  5. Julie Kern, « Cet oiseau a volé non-stop de l'Alaska à la Nouvelle-Zélande », Futura-sciences,‎ (lire en ligne, consulté le 14 octobre 2020)
  6. Gill RE, Jr, Piersma T, Hufford G, Servranckx R, Riegen A. Crossing the ultimate ecological barrier: evidence for an 11,000-km-long nonstop flight from Alaska to New Zealand and eastern Australia by Bar-tailed Godwits. Condor. 2005;107:1–20

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références taxonomiques[modifier | modifier le code]