Île de Sein

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne l'île. Pour la commune, voir Île-de-Sein. Pour les homonymes, voir Île de Sein (homonymie).
Île de Sein
Enez Sun (br)
L'île de Sein vue du phare.
L'île de Sein vue du phare.
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Localisation océan Atlantique
Coordonnées 48° 02′ 12″ N, 4° 50′ 58″ O
Superficie 0,58 km2
Point culminant Pointe non nommée vers le lieu-dit la Croix (15 m)
Géologie Île continentale
Administration
Région Région Bretagne
Département Finistère
Commune Île-de-Sein
Démographie
Population 216 hab. (2013[1])
Densité 372,41 hab./km2
Gentilé Sénans
Autres informations
Découverte Préhistoire
Fuseau horaire UTC+01:00

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(Voir situation sur carte : France)
Île de Sein
Île de Sein

Géolocalisation sur la carte : Finistère

(Voir situation sur carte : Finistère)
Île de Sein
Île de Sein
Îles en France

L'île de Sein, en breton Enez-Sun, est une île française qui a donné son nom à la commune de l'Île-de-Sein.

Géographie[modifier | modifier le code]

L'île de Sein est une île de Bretagne située dans le Sud de la mer d'Iroise, à huit kilomètres à l'ouest de la pointe du Raz dont elle est séparée par le Raz de Sein.

S'étendant à l'est de la Chaussée de Sein dont elle constitue le point le plus élevé, elle émerge à peine du niveau de la mer et subit ainsi fréquemment des submersions marines. L'habitat y est de ce fait resserré et regroupé autour du port pour faire front aux éléments : les ruelles étroites s'entremêlent pour que s'y perdent les vents et les embruns[2]...

Elle s'étend sur quelque deux kilomètres et serpente comme un S inversé dont la largeur varie de 30 à 500 mètres. Elle est entourée de nombreux récifs et rochers ainsi que d'un îlot, Kélaourou, situé dans le prolongement sud-est de l'île.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Île-de-Sein.

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

La Veuve de l'Île de Sein (1880).

Une épidémie de choléra sévit dans l'île vers 1880. Le peintre Émile Renouf peint lors d'une visite dans l'île à cette époque son tableau La veuve de l'Île de Sein. Tandis que les coiffes traditionnelles étaient blanches avant cette épidémie, la coiffe de deuil devient alors la coiffe courante ; celle-ci est noire et les ailes sont relevées sur le dessus de la tête[3]. Par la suite, on distingue une sénane en deuil à sa façon de porter sa coiffe : les ailes sont rabattues à l'intérieur.

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Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Dès le mois de juin 1940, sur les 400 hommes qui rejoignent le général de Gaulle après son appel, 130 viennent de l'île de Sein, soit la presque totalité des hommes valides de l'île qui est, en raison de cet engagement, faite Compagnon de la Libération en 1946. L'île est la seule commune de France à avoir plus de morts militaires durant la Seconde Guerre mondiale (27 morts) que durant la première (21 morts)[4],[5].

La médaille de la Résistance française a été décernée à l'Île de Sein le 27 août 1946.

Les Tri Yann ont chanté Sein 1940, en hommage aux hommes de l'île qui sont partis vers l'Angleterre en juin 1940[6].

L'île de Sein est au titre de la Seconde Guerre mondiale la commune française la plus décorée, ayant reçu la croix de la Libération, la croix de guerre 1939-1945, et la médaille de la Résistance[7].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Attestations anciennes[8].


  • Sena au Ier et IIe siècles ;
  • Sina au IVe et Ve siècles ;
  • Insula Seidhun au XIe et XIIe siècles ;
  • Ille de Sayn en 1303 ;
  • Sayn en 1375 ;
  • Insula Sizunt au XIVe et XVe siècles
  • Insula Sizun en 1516 ;
  • isle de Sayn en 1521 ;
  • Sain en 1636 ;
  • Sain, Cap de Siun et Cap de Sizun en 1636 ;
  • Sain en 1719 ;
  • Isle de Saints en 1779.
Article connexe : toponymie bretonne.

L'étymologie du toponyme Sein est discutée (grammatici certant). Il serait peut-être un nom théophore issu d'une divinité[9]. Il pourrait dériver du gaulois sen (vieille), du roman sena (sinueuse)[10].

Lucien Boulain penche plutôt pour une contraction du mot "Sizun", du nom du Cap Sizun situé en face sur le continent[11]. Par exemple, la monographie du Père Guillaume Le Roux consacrée au prédicateur Julien Maunoir, publiée en 1848, parle encore de "l'île de Sizun"[12]. Joseph Loth explique le nom du cap Sizun par le breton seiz hun « les sept sommeils », cette étymologie populaire sept prêtresses sacrées qui avaient le pouvoir de faire régner la pluie, la tempête et le beau temps[13]. Cette hypothèse de Sizun est cependant infirmée par les appellations plus anciennes de l'île, Sena, Sina .

Naufrages[modifier | modifier le code]

Les naufrages dans les parages de l'Île de Sein ont été très nombreux : voici une liste, très incomplète, de quelques-uns :

  • Les insulaires ont, de 1617 à 1763, sauvé d'une perte certaine un vaisseau de ligne, une frégate, deux corvettes, un lougre, trois embarcations de commerce, dans lesquelles se trouvait un transport ramenant cinq cents hommes de troupes françaises des colonies ; cinq équipages entiers de bâtiments de guerre et de négoce, et le , sept cents hommes sur les mille cinq cents hommes d'équipage du Le Peletier, ex Séduisant, grand vaisseau de guerre venu se fracasser sur l'îlot de Tévennec à 5,5 km au NE de l'Île de Sein[14].
  • Le , quatre îliens dont le recteur de l'île, réussirent à sauver en formant une chaîne humaine, encordés les uns aux autres, huit naufragés du Bellissima, brick anglais, venu se briser sur les écueils de l’île[14].
  •  : naufrage du vapeur danois Oscarshal, qui allait de Dunkerque à Nantes, sur la chaussée de Sein :

« Le navire, dont on aperçoit seulement les mâts et la cheminée, repose sur la roche Namonic, à environ deux milles en dedans du phare d'Ar Men, sur la chaussée. (...) À marée basse, le pont du vapeur se découvre. L'avant du navire est défoncé. Le capitaine, M. Nils Œurum, interviewé, nous a assuré avoir corné pendant quatre jours, ayant toujours marché dans la brume et à très petite allure. De Dunkerque au raz de Sein, il n'a jamais vu la terre et n'a aperçu qu'un simple feu de navire à hauteur de Douvres. Dans la nuit du sinistre, il n'a même pas vu le feu d'Ar Men, ni entendu sa sirène. Les habitants de l'Île de Sein ont perçu le soir du naufrage, les coups de sifflet et de corne de l'Oscarshal, de onze heures du soir à une heure du matin. Le navire avait presque traversé la chaussée de Sein (sans s'en douter) lorsque l'accident se produisit. Deux cents mètres plus loin, il était sauf[15]. »

  •  : le vapeur espagnol Arratia, de Bilbao, s'échoue, perdu dans la brume, près de l'Île de Sein et disparaît quelques jours plus tard[16].
  •  : naufrage du paquebot anglais Egypt, de la Peninsular Oriental Company, qui faisait route de Londres vers Bombay, à la suite d'un abordage avec le vapeur Seine dans le raz de Sein par 110 m de fond, à 28 milles au nord du phare d'Ar Men (98 morts). L'Egypt transportait entre autres de l'or et des espèces pour une valeur de plus de 1 million de livres. L'épave fut repérée en 1926 et de grandes quantités d'or récupérées en 1930[17].

« Les passagers allaient se mettre à table lorsqu'un choc épouvantable se produisit. Le navire venait d'être abordé par bâbord, entre les deux cheminées, par le cargo français Seine, qui faisait route vers Le Havre. Ce fut aussitôt une épouvantable panique. Ceux des passagers qui n'avaient pas été blessés dans le choc remontèrent, affolés, sur le pont. Le capitaine et les officiers prenaient toutes les dispositions pour assurer leur sauvetage. Mais l'équipage, composé en bonne partie d'Hindous, s'empara des embarcations, s'opposant, revolver au poing, à ce que les femmes et les enfants y prennent place d'abord. Bien qu'éventré, l'Egypt continuait sa marche dans le brouillard et s'éloignait de plus en plus de la Seine dont les canots, qui avaient été mis immédiatement à la mer, essayaient en vain de recueillir les naufragés. Cette longue agonie du paquebot dura près de vingt minutes; et la panique était presque générale. Des passagers se jetaient à l'eau, d'autres montaient dans des embarcations déjà surchargées, faisant chavirer plusieurs d'entre elles. Grâce aux appels des sirènes du navire naufragé, la Seine put le retrouver dans la brume, au moment où il achevait de couler. En dix voyages, deux des embarcations purent sauver 29 passagers et 218 hommes d'équipage. Elles ramenèrent également quatre morts et trois blessés. (...) La Seine fit alors route sur Brest avec ses 247 rescapés[18]. »

« Aussitôt après l'abordage, l'équipage hindou, soutiers, chauffeurs et matelots du pont, s'empara des embarcations et repoussa les passagers. Ce fut un instant de panique, mais les officiers de l'équipage remirent l'ordre énergiquement. Quatre chaloupes seulement purent être mises à la mer. Des scènes déchirantes eurent lieu : une femme se laissa couler avec ses deux enfants, ne voulant pas s'en séparer. Des hommes donnèrent résolument leur place dans les embarcations, ou leur ceinture de sauvetage. L'imprimeur du bord, M. Lenner, qui était muni d'une ceinture de sauvetage, s'apprêtait à se lancer à la mer quand, apercevant une femme affolée sur le pont et réclamant du secours, il lui passa sa ceinture et, après ce geste héroïque, disparut dans les flots. À ce moment de son récit, Miss Byne fond en larme et s'excuse de ne pouvoir continuer. La déchirure de la coque, par suite du choc, provoqua l'explosion des chaudières. Plusieurs personnes furent brûlées. Le navire coula par l'arrière. L'Egypt mesurait 160 mètres de long, 20 mètres de large environ, jaugeait près de 8 000 tonnes et calait 25 pieds en charge. (...) L'inhumation des victimes a eu lieu dans le cimetière de Kerfautras [à Brest][19] »

  • Le Boehlen était un pétrolier est-allemand qui a sombré dans une tempête au large de l'Île de Sein le 15 octobre 1976. Les nappes de pétrole ont atteint les côtes bretonnes. Le navire avait été lancé à Leningrad en 1961 et naviguait sous pavillon de la RDA ; il avait pour sister-ships le Port Briac et le Port Maria. Le 14 octobre 1976, il se rend du Venezuela à Rostock avec un chargement de pétrole brut, quand une tempête force l'équipage à l'évacuer. Les canots de sauvetage se brisent le long de la coque, 25 membres d'équipage sur les 32 à bord perdent la vie, et le navire coule le lendemain près des côtes bretonnes. La pollution commençant à atteindre les côtes, la décision est prise de reboucher la coque et de pomper le pétrole encore dans les cuves, grâce au navire Pétrel ; un soldat meurt emporté par la tempête

Sauvetage[modifier | modifier le code]

Le sauvetage en mer dans ces parages dangereux depuis 1980 est assuré par le canot tous temps de la SNSM, le Ville de Paris (SNS 060)[20].

Le Ville de Paris (SNS 060), amarré à Île de Sein en 2009.

Faunes et flores[modifier | modifier le code]

L'île contient des plage de galets, des oiseaux limicoles y font leur nids. Elle possède des chevrettes, des moutons et des lapins.

En mer, du congre, des homards, des berniques, des maquereaux et des dauphins.

Pêche[modifier | modifier le code]

Transports[modifier | modifier le code]

La Compagnie maritime Penn ar Bed assure la liaison permanente du continent à l'île de Sein. La traversée dure 1 heure. Hors la saison estivale et vacances scolaires, une seule rotation a lieu tous les jours sauf le mercredi. Durant les vacances scolaires, le bateau assure alors la rotation aux mêmes horaires que les autres jours. Départ d'Audierne Sainte-Evette à h 30 et retour de Sein à 16 h. En cas de départ de Douarnenez : départ du quai du Rosmeur à 10 h et retour de Sein à 15 h 30.

La Compagnie maritime Finist'mer assure quant à elle une liaison estivale au départ d'Audierne avec une rotation par semaine. Durée de la traversée: 1 heure.

L'île de Sein est une île sans voitures[21].

Légendes[modifier | modifier le code]

Des Marie Morgane (sirènes bretonnes) auraient vécu dans les eaux de l'Ile de Sein.

Aspects littéraires et artistiques[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

Tableaux[modifier | modifier le code]

De nombreux artistes sont venus dans l'île, « attirés par l'âpre beauté de l'endroit »[22]. Parmi eux, Emmanuel Lansyer visite l'île en 1868 et Émile Renouf peu après[23].

Films[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

Chanteurs[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Une naissance sur l'Ile de Sein, une première depuis 35 ans 7sur7 (01/12/2013)
  2. Ile de Sein - "Fragment de terre sur l'océan"
  3. Marie Darrieussecq et Yann Guesdon, Bretonnes, Actes Sud, (ISBN 978-2-330-05044-3), postface, coiffe no 29
  4. Jean-Yves Paumier, La Bretagne Pour les nuls, First, , p. 221
  5. Les Actualités françaises, « Hommage du général de Gaulle à l'île de Sein », extrait (min 47 s) des Actualités françaises du , avec un éclairage de François Lambert et une transcription, L'Ouest en mémoire, sur ina.fr, Institut national de l'audiovisuel (consulté le 1er juillet 2016).
  6. a, b et c http://www.mairie-iledesein.com/artistes.htm
  7. « Île de Sein », sur le site de l'ordre de la Libération.
  8. « Résultats concernant « Sein  » », sur la base KerOfis, Office public de la langue bretonne (consulté le 2 novembre 2017).
  9. Hervé Abalain, Noms de lieux bretons, Éditions Jean-Paul Gisserot, , p. 20.
  10. Roger Brunet, Trésor du terroir. Les noms de lieux de la France, CNRS Editions, , p. 87.
  11. Lucien Boulain, Raz de Sein : diverses légendes sur la ville d'Is (françaises et bretonnes), études sur l'affaissement progressif du littoral, monographie de l'île de Sein (relation de voyage), A. de Kerangal, Quimper, 1893, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5529105z/f24.image.r=Perguet.langFR
  12. R.P.G. Guillaume Le Roux, "Recueil des vertus et des miracles du R. P. Julien Maunoir", L. Prud'homme, Saint-Brieuc, 1848, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5624088k/f61.image.r=Sein.langFR
  13. Joseph Loth, L'émigration bretonne en Armorique: du Ve au VIIe siècle de notre ère, Slatkine, , p. 55.
  14. a et b [PDF] www.photosdefrance.com, « Histoire de l'Île de Sein (maquette provisoire du 13 janvier 2010-317 pages) » (consulté le 16 juillet 2010)
  15. Journal La Dépêche de Brest et de l'Ouest du 24 mai 1908, citée par "Navigazette" no 997 du 4 juin 1908, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55245689.image.r=Molene.f3.langFR
  16. Journal La Lanterne no 11271 du 27 novembre 1910, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k75081399/f3.image.r=Molene.langFR
  17. "Revue de droit maritime", juillet 1933, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62116418/f221.image.r=Ouessant.langFR
  18. Journal Le Figaro no 142 du 22 mai 1922, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k293222f/f1.image.r=Ouessant.langFR
  19. Journal Ouest-Éclair no 7506 du 23 mai 1922, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k583783t/f3.image.r=Ouessant.langFR
  20. http://www.mairie-iledesein.com/snsm.htm Site de la mairie de L'Île de Sein
  21. J'arrive à faire face à à peu près tout, Le Tigre (magazine), no 19, Juillet-août 2012.
  22. René Pichavant, Sein, l'île des cormorans bleus, Douarnenez, éditions Morgane, 1991
  23. http://maisonmariehenry.over-blog.com/article-emile-renouf-la-veuve-de-l-ile-de-sein-45425108.html
  24. http://pagesperso-orange.fr/louis.capart/

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]