Charles-François Beautemps-Beaupré

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Charles-François Beautemps-Beaupré
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Charles-François Beautemps-Beaupré

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Charles-François Beautemps-Beaupré, né à La Neuville-au-Pont en Champagne le 6 août 1766 et mort à Paris le 16 mars 1854, est un ingénieur hydrographe et cartographe français, membre de l'Académie des sciences et du Bureau des longitudes. Il est considéré comme le père de l'hydrographie moderne.

Biographie[modifier | modifier le code]

D’abord employé comme élève sans traitement, sous les ordres de son cousin Jean-Nicolas Buache, hydrographe en chef du dépôt de la Marine en 1783, Beautemps-Beaupré ne tarda pas à faire preuve de qualités exceptionnelles dans le domaine de l’hydrographie. Devenu ingénieur dès 1785, il fut l’auteur des cartes du Neptune de la Baltique, avant d’embarquer sur La Recherche sous les ordres d'Entrecasteaux en tant que premier ingénieur hydrographe, pour aller à la recherche de La Pérouse (1791), dont on avait perdu la trace depuis 1788.

En 1789 il fut chargé du relevé des côtes de Dunkerque.

De 1791 à 1796, Beautemps-Beaupré profita donc de l’expédition pour réaliser les levés des côtes des pays visités. C’est au cours de cette mission qu’il expérimenta de nouvelles méthodes, en particulier le cercle à réflexion de Jean-Charles de Borda, et fixa les fondements qui ont fait de l’hydrographie une véritable science et qui furent bientôt adoptés par toutes les marines.

L’Appendice au voyage de D’Entrecasteaux, qui contient l’ensemble des travaux de Beautemps-Beaupré datant de cette époque, eut d’ailleurs un retentissement considérable, lors de sa parution en 1808, car celui-ci « révolutionnait les méthodes hydrographiques » utilisées jadis.

Rentré en France en 1796, il fut nommé en 1799 sous-conservateur du dépôt des cartes et plans de marine et procéda à partir de 1799 à la reconnaissance du littoral de l'Empire français. Il fut chargé, sous l’Empire puis sous la Restauration, de l’exécution de tous les grands travaux hydrographiques. Notamment en 1806, il est chargé d'effectuer la reconnaissance des côtes orientales de la mer Adriatique. Il en compilera toutes les données dans de nombreuses planches et cartes. Ceux-ci lui valurent d’entrer en 1810 à l’Académie des Sciences. Son éloge fut lu par Léonce Élie de Beaumont en 1859. De 1811 à 1813, il est chargé des côtes de Hollande et d'Allemagne jusqu'à Lübeck. Il suivra également la Grande armée pour effectuer des levés sur la Vistule.

Il fut nommé en 1814 ingénieur hydrographe en chef et dirigea de 1814 à 1838 la rédaction des nouvelles cartes des côtes de la France. Avec Beautemps-Beaupré commença l’ère des levés côtiers méthodiques et, sous sa direction, le service hydrographique entreprit un nouveau levé complet des côtes nord et ouest de la France. Le Pilote Français (imprimés en 1844 dans 6 atlas grand in-folio), témoignage de vingt campagnes à la mer dirigées par Beautemps-Beaupré, étudie toutes les côtes occidentales et septentrionales de la France depuis Bayonne jusqu’à Dunkerque. Ces documents ne contiennent pas moins de 150 cartes et plans, 279 vues et 184 tableaux des hautes et basses marées, formant un ensemble de 613 travaux distincts qui sont autant de trésors pour la navigation. Cet œuvre fait encore l’admiration du monde maritime et, selon les mots de Frédéric Chassériau « restera, le plus beau titre de l’hydrographie contemporaine aux yeux de la postérité ».

Il était grand officier de la Légion d'honneur, chevalier de Saint-Louis et chevalier de Saint-Michel.

Une exposition intitulée La vie et l'œuvre de Beautemps-Beaupré (1766-1854), organisée par le Service hydrographique de la Marine, lui a été consacrée en 1954 au Musée national de la Marine.

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Divers[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

  • Charles-François Beautemps-Beaupré s'est marié le 8 décembre 1804 avec Marie-Agathe Fayolle (1764-1844), âgée de 40 ans et veuve Claude-Nicolas Fayolle, ancien commissaire général de la Marine à l'île de Saint-Domingue, dont elle avait eu un fils, Philippe-Athanase-Hélène Fayolle (1772-1831) qui a été commandant à Saint-Pierre-et-Miquelon entre 1819 et 1825. Ce mariage est resté sans postérité.
    • Jean-Pierre Beautemps (1796-1870) est le fils naturel de Charles-François Beautemps-Beaupré et de Jeanne Martin. Il s'est marié avec Hermance-Thérèse Fuec (1799-1835), puis avec sa sœur en 1838.
      • Charles-Jean Beautemps-Beaupré (1823-1899), fils de Jean-Pierre Beautemps. Il est adopté le 8 avril 1845 par son grand-père naturel après la mort de sa femme survenue le 3 décembre 1844. Il s'est marié en 1853 avec Marie Fournier, sans descendance[2]. Il a fait une carrière de magistrat et écrit plusieurs livres[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Zone d'Ouvéa et Beautemps-Beaupré sur le site du projet du lagon calédonien au patrimoine mondial de l'UNESCO
  2. Olivier Chapuis, A la mer comme au ciel. Beautemps-Beaupré & la naissance de l'hydrographie moderne (1700-1850), p. 455-457, 460, 764, Presses de l'université Paris-Sorbonne (aperçu)
  3. data BnF : Charles-Jean Beautemps-Beaupré (1823-1899)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Olivier Chapuis, À la mer comme au ciel. Beautemps-Beaupré & la naissance de l'hydrographie moderne (1700-1850), Presses de l'université de Paris-Sorbonne, 1999 (ISBN 2-84050-157-0)
  • La vie et l'œuvre de Beautemps-Beaupré (1766-1854), exposition, Paris, Musée national de la Marine, 1954. Paris : Musée national de la Marine

Liens externes[modifier | modifier le code]