Espèce opportuniste

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Une espèce opportuniste est une espèce qui présente une capacité d'adaptation élevée[1],[2]. Elle occupe des habitats nouvellement disponibles, survit dans des environnements transitoires, imprévisibles[3]. Peu spécialisée, elle modifie son mode d'alimentation pour coloniser de nouveaux espaces.

Opportunisme écologique[modifier | modifier le code]

Une espèce est dite opportuniste au sens écologique du terme quand elle peut s'adapter à plusieurs écosystèmes[1]. Les plantes rudérales (qui poussent sur les friches, les décombres), par exemple, sont des espèces opportunistes : elles tirent bénéfice de conditions temporaires favorables, liées au fait que des plantes compétitives ont été anéanties sur le site ; elles profitent ainsi de la baisse de la concurrence, et de la diminution, par conséquent, de la demande biologique de ressources[3]. La sardine, activement opportuniste, réussit à faire face aux perturbations provoquées par le changement climatique, et profite même de leurs effets néfastes sur ses prédateurs et concurrents ; c'est une raison pour laquelle des spécialistes ont suggéré de la considérer comme un marqueur permettant de diagnostiquer des bouleversements dans les écosystèmes marins[4].

Opportunisme biologique[modifier | modifier le code]

Une espèce est dite opportuniste au sens biologique du terme quand son cycle biologique se modifie pour assurer un développement rapide de l'espèce[1]. Elle se reproduit de manière précoce[3]. Les plantes rudérales sont comme de nombreuses espèces opportunistes petites, très fécondes, leur durée de vie est courte ; elles produisent un grand nombre de graines, qui se dispersent facilement sur de longues distances et présentent une plasticité phénotypique en réponse aux variations des ressources disponibles[3].

Usages de l'expression[modifier | modifier le code]

Une espèce opportuniste l'est relativement à son effet dans un contexte déterminé ; effets (voire conséquences) qui dépendent en premier lieu des circonstances et/ou de l'occasion[5]. De fait, un environnement relativement stable ne subissant pas de perturbation particulière est peu propice à l'opportunisme spécifique[6].

Le terme a souvent une connotation péjorative, car associé à des phénomènes causées par des espèces invasives[7]. Cependant il qualifie aussi le caractère moins habituel ou attendu d'un effet dû à l'espèce incriminée[8]. Par exemple : la hyène tachetée est un chasseur mais aussi un charognard opportuniste, tout comme le lion, au contraire du guépard, purement chasseur, ou du vautour, purement charognard.

L'opportunisme écologique ne doit pas être confondu avec l'ubiquisme, qui désigne la capacité d'une espèce à endosser des rôles écologiques variés de façon constante, et non pas seulement circonstancielle, à la faveur d'une perturbation écologique par exemple.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Futura, « Espèce opportuniste », sur Futura (consulté le 15 juillet 2020)
  2. Sophie Bobbé, Le loup, Le Cavalier Bleu, (ISBN 978-2-84670-066-5, lire en ligne)
  3. a b c et d « Opportunistic Species | Encyclopedia.com », sur www.encyclopedia.com (consulté le 16 juillet 2020)
  4. (en) Andrew Bakun, « Active opportunist species as potential diagnostic markers for comparative tracking of complex marine ecosystem responses to global trends », ICES Journal of Marine Science, vol. 71, no 8,‎ , p. 2281–2292 (ISSN 1054-3139, DOI 10.1093/icesjms/fst242, lire en ligne, consulté le 16 juillet 2020)
  5. (en) « Environmental Resources And Opportunities, Opportunistic Species In Novel Circumstances ».
  6. (en) « Opportunistic Species In Novel Circumstances ».
  7. (en) Laura Airoldi et Fabio Bulleri, « Anthropogenic Disturbance Can Determine the Magnitude of Opportunistic Species Responses on Marine Urban Infrastructures », PLoS One, vol. 6, no 8,‎ , e22985 (DOI 10.1371/journal.pone.0022985, lire en ligne).
  8. (en) Gary J. Samuels, « Trichoderma : Systematics, the sexual state, and ecology », Phytopathology, no 96,‎ , p. 195-206 (lire en ligne [PDF]).