Conger

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Les membres du genre Conger sont les congres proprement dits. Ce sont des poissons téléostéens pisciformes, serpentiformes formant l'un des genres principaux de la sous-famille des congrinaes, famille des congridés (congridaes).

Description et caractéristiques[modifier | modifier le code]

Congre commun (Conger conger)

Les congres se différencient des murènes par leurs nageoires pectorales, et des anguilles par leur mâchoire.

Réputation[modifier | modifier le code]

Les congres sont des poissons voraces :

  • Aristote : « Les mulets et les congres vivent souvent amputés de la queue jusqu'à l'orifice pour les excréments : celle du mulet est dévorée par un loup, celle du congre par une murène[1]. »
  • Pline l'Ancien : « Il y a aussi des inimitiés et des ententes merveilleuses. Le mulet et le loup sont enflammés d'une haine réciproque ; de même le congre et la murène, qui se rongent mutuellement la queue[2]. »
  • Simon Goulart : « Rondelet au 1. chapitre du 14. livre met le Congre au rang des poissons cartilagineux, et dit que ceux de Marseille l’appellent filat, [parce] qu’il enveloppe et serre les autres poissons, comme s’ils estoyent prins en un filé. Il est fort long, et de peau glissante comme l’anguille, la queue fort pointue, la teste longuette, la gueulle bien fournie de dents, grands yeux, blanc sous le ventre, grisastre au reste, et ayant une raye depuis la teste jusques à la queue[3]. »

Gastronomie[modifier | modifier le code]

Les Anciens Grecs et Romains appréciaient beaucoup le congre dont ils faisaient un mets de choix, ainsi que le rapporte par exemple Plutarque dans une anecdote à propos du poète et gastronome Antagoras.

Toxicologie, écotoxicologie[modifier | modifier le code]

En tant que prédateur, haut-placé dans le réseau trophique, cette espèce fait partie de celles qui peuvent accumuler des quantités très importantes de contaminants, polluants et substances non-réglementées mais indésirables, souvent au-delà des normes de commercialisation du poisson[4].
C'est notamment le cas en France selon les quelques analyses disponibles[4], en particulier pour le mercure et monométhylmercure[5].

En raison de son comportement (proche de celui de la murène qui cherche à se cacher dans de profondes anfractuosités) le congre fait partie des espèces pouvant entrer dans des torpilles crevées, douilles de munitions de guerre ou dans les interstices de blocs de munitions immergées. Là il peut être exposé au contenu de munitions chimiques (immergées en grande quantité dans plusieurs mers du globe), ou de munitions classiques qui contiennent généralement notamment du mercure (sous forme de fulminate de mercure) du plomb, de l'acide picrique, etc.). Une étude récente a montré en mer Adriatique que les congres vivant à proximité de dépôts de munitions immergées présentent parfois de graves lésions petites ou grandes tout le long du corps. Ces lésions pourraient être dues au contact du poisson avec le contenu de munitions corrodées, car des sous-produits de dégradation de l'ypérite ont été trouvés dans le sédiment autour de ces sites[6],[7]. Une autre étude a montré en 2010 que l'ADN des poissons vivant près de ces site est significativement dégradé[8] et que leur chair contient souvent de l'arsenic[8] et du mercure[8] hautement toxiques et écotoxiques.

Liste des espèces[modifier | modifier le code]

Selon FishBase (26 mars 2017)[9] :

Galerie d'illustrations[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références taxonomiques[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Histoire des animaux, IX, 2. Trad. Pierre Louis.
  2. Histoire naturelle [détail des éditions] [lire en ligne], IX, 185. Trad. E. de Saint-Denis.
  3. Commentaire de La Sepmaine de Du Bartas (journée V, v. 480).
  4. a et b Ifremer, 2007, Niveaux de concentration en contaminants chimiques dans les produits de la pêche côtière française atlantique (métaux, métalloïdes et composés organochlorés), 2007
  5. Ex comparaison pour quelques espèces de l'accumulation moyenne de mercure
  6. Alcaro, L., Torre, C. D., Petochi, T., Sammarini, V., Matiddi, M., Corsi, I., ... & Amato, E. (2012). Studies on environmental effects of underwater chemical munitions in the southern adriatic sea (Mediterranean Sea). Marine Technology Society Journal, 46(3), 10-20 | résumé.
  7. Amato, E., Alcaro, L., Corsi, I., Della Torre, C., Farchi, C., Focardi, S., ... & Tursi, A. (2006). An integrated ecotoxicological approach to assess the effects of pollutants released by unexploded chemical ordnance dumped in the southern Adriatic (Mediterranean Sea). Marine Biology, 149(1), 17-23.
  8. a, b et c Della Torre, C., Petochi, T., Corsi, I., Dinardo, M. M., Baroni, D., Alcaro, L., ... & Amato, E. (2010). DNA damage, severe organ lesions and high muscle levels of As and Hg in two benthic fish species from a chemical warfare agent dumping site in the Mediterranean Sea. Science of the total environment, 408(9), 2136-2145.
  9. FishBase, consulté le 26 mars 2017