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Busard des roseaux

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Circus aeruginosus

Circus aeruginosus
Description de cette image, également commentée ci-après
Busard des roseaux mâle en vol en Allemagne.
Classification COI
Règne Animalia
Embr. Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Aves
Ordre Accipitriformes
Famille Accipitridae
Genre Circus

Espèce

Circus aeruginosus
(Linnaeus, 1758)

Répartition géographique

Description de l'image CircusAeruginosusIUCNver2016_3.png.
  • Présent à l'année.
  • Aire de nidification.
  • Aire d'hivernage.
  • Présence d'égarés.

Statut de conservation UICN

( LC )( LC )
LC  : Préoccupation mineure

Statut CITES

Sur l'annexe II de la CITES Annexe II , Rév. du 12/06/2013

Le Busard des roseaux (Circus aeruginosus), ou Busard harpaye est une espèce de rapaces diurnes appartenant à la famille des Accipitridae.

Description

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Photo d'un adulte en vol : l'intrados de ses ailes est gris argenté avec des extrémités noires.
Mâle adulte en vol.

La femelle au plumage brun foncé à la calotte, la gorge et une tache plus ou moins importante à l'avant de chaque aile crème.

Le mâle présente un plumage tricolore, dans l'ensemble brun sombre avec les ailes gris argenté aux extrémités noires.

  • Longueur : 52 cm
  • Envergure : 125 à 135 cm

Comportement

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Alimentation

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Petits mammifères, petits oiseaux ou œufs d'oiseaux, poissons, amphibiens, insectes, l'alimentation de ces oiseaux est très variée. Cependant pendant la période de reproduction, l'oiseau peut se spécialiser.

Pour chasser il survole, à faible hauteur, les roselières et les milieux ouverts du voisinage et surprend ses proies par son arrivée soudaine. Lorsqu'il chasse les oiseaux présents sur l'eau, il les épuise en les faisant plonger sans arrêt[1].

Reproduction

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Circus aeruginosus - MHNT

La maturité sexuelle de cet animal survient aux environs de sa deuxième ou troisième année de vie pour la femelle ou au bout d'un an pour le mâle. Aux alentours de mars-avril, les busards reviennent aux zones de nidification. Lorsque les mâles arrivent dans le territoire de reproduction, commence alors le vol nuptial. Ce dernier constitue en un ensemble de chorégraphies avec des acrobaties, des piqués et des simulation d'attaque. La femelle pond 3 à 8 œufs entre avril et mai. La femelle couve seule pendant 31-34 jours.

Son nid est un amas de roseaux camouflé dans une roselière[2].

La naissance est échelonnée, c'est-à-dire que les œufs éclosent l'un après l'autre. Les derniers à naître finissent souvent par mourir n'ayant pas assez de place dans le nid et n'ayant plus de nourriture. Au début, le mâle chasse pour elle et pour les petits, puis lorsque les petits grandissent, la femelle chasse aussi. Les petits commencent à apprendre à voler au bout de 40 à 50 jours. Mais ils volent correctement et complètement seuls au bout de 55 jours. Les jeunes busards restent dans les environs du site de nidification jusqu'à l'âge de 4 mois[3].

Répartition et habitat

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Aire de répartition

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Le busard des roseaux est largement répandu en Eurasie, dans le nord-ouest de l'Afrique et en Océanie. En Europe, son aire de répartition est très fragmentée.

Migrateur partiel, il hiverne dans le bassin méditerranéen et en Afrique, au sud du Sahara. Présent toute l'année en France, il hiverne surtout dans le Midi.

L'existence de ce busard est très liée aux zones marécageuses et, en particulier lors de la nidification, aux vastes roselières riches en nourriture. En migration, on peut l'observer dans de grandes plaines cultivées.

Évolution des effectifs

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Entre 1750 et 1950, cette espèce animale a énormément souffert des persécutions des Hommes. Tellement que sa population a disparu au début du XXe siècle en Grande-Bretagne et s'est raréfiée dans beaucoup d'autres pays. Cette diminution est due à la chasse, au drainage des marais et des nidifications. Entre 1950 et 1960, diverses lois ont été écrites dans de nombreux pays pour la protection des Busards des roseaux. Mais cela n'a eu aucun effet et cette espèce a continué à décliner.

Vers 1975, les tendances se sont inversées radicalement. La population a augmenté en masse surprenant tous les spécialistes. Au Danemark par exemple la population a quintuplé, on pouvait voir 80 couples en 1970, puis 310 en 1979 et 445 en 1982. Aujourd'hui cette espèce s'est stabilisée et 650 couples sont donc visibles.

Cette tendance est visible aussi en France où de nombreuses colonies se sont créées. Cependant le déclin persiste dans les autres pays d'Europe où la chasse est toujours autorisée[4].

Sous-espèces

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Selon la classification de référence du Congrès ornithologique international (version 15.1, 2025)[5], le Busard des roseaux est représenté par 2 sous-espèces (ordre phylogénique) :

  • Circus aeruginosus aeruginosus (Linnaeus, 1758) — niche en de l'Europe et du Moyen-Orient au centre de l'Asie — hiverne dans le sud de l'Europe, en Afrique et dans le sud de l'Asie ;
  • Circus aeruginosus harterti Zedlitz, 1914 — nord-ouest de l'Afrique.

État des populations, menaces

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En tant que prédatrice, cette espèce est vulnérable à la bioaccumulation de polluants divers (dont perturbateurs endocriniens et métaux lourds, radionucléides) et en particulier au plomb issu de la grenaille de plomb, source de saturnisme aviaire chez cette espèce[6] et d'autres.

Références

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  1. Benny Génsbol, Guide des rapaces diurnes, Paris, Delachaux et niestlé, , 404 p. (ISBN 978-2-603-01678-7), p. 96-97
  2. Jérôme Morin, Gérard Guillot, Julien Norwood, L'indispensable guide des oiseaux, Belin
  3. Benny Génsbol, Guide des rapaces diurnes, Paris, delachaux et niestlé, , 404 p. (ISBN 978-2-603-01678-7), p. 95-96
  4. Benny Génsbol, Guide des rapaces diurnes, Paris, Delachaux et Niestlé, , 404 p. (ISBN 978-2-603-01678-7), p. 93-94
  5. Congrès ornithologique international, version 15.1, 2025.
  6. Pain, D., Amiard-Triquet, C., Bavoux, G., Burneleau, G., Eon, L. & Nicolau-Guillaumet, P. (1993) Lead poisoning in wild populations of Marsh Harriers Circus aeruginosus in the Camargue and Charente-Maritime, France.Ibis 135: 379-386.

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Liens externes

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