Goéland marin
Larus marinus
| Règne | Animalia |
|---|---|
| Embranchement | Chordata |
| Sous-embr. | Vertebrata |
| Classe | Aves |
| Ordre | Charadriiformes |
| Famille | Laridae |
| Genre | Larus |
Le Goéland marin (Larus marinus) est une espèce d'oiseaux marins Charadriiformes de la famille des Laridae. Selon la classification de référence du Congrès ornithologique international (version 15.2, 2026)[1], c'est une espèce monotypique (non subdivisée en sous-espèces).
Taxonomie
[modifier | modifier le code]Le Goéland marin est l'une des nombreuses espèces décrites à l'origine par Carl von Linné dans la dixième édition de son Systema Naturae (1758)[2], et il porte toujours son nom original de Larus marinus. Larus qui semble faire référence à une mouette ou à un autre grand oiseau de mer[3]. L'épithète spécifique marinus signifie « marin »[4], ou, pris ensemble, « goéland de mer ». Ce nom est antérieur à la taxonomie linnéenne, car il avait été appelé Larus ingens marinus par Charles de L'Écluse[5].
Le nom vernaculaire Goéland marin vient du breton gouélan, signifiant « pleurer » et faisant référence à son chant caractéristique ; « marin » est la simple traduction littérale du latin marinus. De plus on l'observe beaucoup plus souvent sur les côtes qu'à l'intérieur des terres. Il a anciennement été appelé Goéland à manteau noir, dénomination qui a persisté en anglais (Great black-backed gull)[6]. Un ancien nom vernaculaire, attesté au XIXe siècle, est gros-colas[7].

Description
[modifier | modifier le code]C'est le plus grand goéland du monde, long de 61 à 74 cm pour 1,44 à 1,66 m d'envergure ; son poids compris entre 1,4 et 2,3 kg[8],[6]. Il est reconnaissable à son dos noir, à ses pattes couleur chair et à son bec massif[9],[10]. Il est plus grand que le Goéland argenté (Larus argentatus) ; seuls quelques autres goélands, dont le Goéland ichthyaète (Ichthyaetus ichthyaetus) et le Goéland bourgmestre (Larus hyperboreus), s'approchent de sa taille.
La durée de vie du Goéland marin est estimée à 23 ans, et certains individus ont atteint l'âge de 35 ans[8].
- En plumage nuptial, les pattes peuvent être légèrement teintées de jaune.
- Goéland marin à Ars-en-Ré.
- Goéland marin en vol. Comparées à d’autres espèces de goélands, les ailes sont relativement courtes.
- Les mâles en particulier montrent une expression faciale quelque peu « brutale » en raison de la forte zone des joues et de l’œil haut.
- Le Goéland marin attrape un jeune Eider à duvet (Somateria mollissima).
- Le Goéland marin adulte vole la carcasse d’un juvénile de la même espèce, puis l’avale entier.
Identification
[modifier | modifier le code]- Juvénile : Couleur grise
- Adulte : grande taille, ailes et dos noir et blanc, pattes couleur chair, bec jaune avec un point rouge.
- Subadulte, grande taille, contraste marqué entre le dos et le ventre.
- Goélands marins nichants en Suède en 2016.
- Poussin.
- Premier hiver.
- Deuxième hiver.
- Troisième hiver.
- Quatrième hiver.
Adulte
[modifier | modifier le code]Le Goéland marin adulte est assez facilement reconnaissable, car aucun autre très grand goéland présentant une coloration noirâtre sur le dessus des ailes ne se rencontre généralement dans l'Atlantique Nord. Chez les autres goélands à tête blanche de l'Atlantique Nord, le manteau est généralement d'un gris plus clair et, chez certaines espèces, il est d'une couleur légèrement poudreuse ou même rosâtre. Il est gris-noir sur les ailes et le dos, avec des miroirs blancs contrastés bien visibles à l'extrémité des ailes. Les pattes sont rosées, et le bec est jaune ou jaune-rose avec un peu d'orange ou de rouge près de l'extrémité du bas du bec[9]. Le Goéland leucophée adulte (Larus michahellis) est nettement plus petit, pesant généralement deux fois moins que le Goéland marin. Le Goéland leucophée a des pattes jaunâtres et un manteau dont la couleur peut varier du gris ardoise au brunâtre. On trouve dans l'océan Pacifique ou dans les tropiques quelques goélands à dos sombre assez grands et superficiellement similaires, tous généralement très éloignés de l'aire de répartition de cette espèce, comme le Goéland à manteau ardoisé (Larus schistisagus), le Goéland d'Audubon (Larus occidentalis) et le Goéland dominicain (Larus dominicanus)[11].
Juvénile
[modifier | modifier le code]Il faut au Goéland marin au moins quatre ans pour atteindre la maturité, le développement de cette espèce étant un peu plus lent que celui des autres grands goélands. Les oiseaux juvéniles de moins d'un an ont des parties supérieures écailleuses et en damier brun noir, la tête et les parties inférieures striées de brun gris, et un motif d'ailes net. La face et la nuque sont plus pâles et les plumes de vol des ailes sont brun noirâtre. La queue du juvénile est blanche avec des barres et des taches en zigzag à la base et une bande noirâtre brisée près de l'extrémité. Le bec du juvénile est brun-noir avec l'extrémité blanche et les pattes gris-bleuâtre foncé avec quelques tons roses. Au fur et à mesure que le jeune goéland vieillit, la coloration gris-brun s'estompe progressivement pour laisser place à un plumage plus contrasté et le bec s'assombrit jusqu'à devenir noir avant de devenir plus pâle. Dès la troisième année, les juvéniles gagnent une apparence plus rayées et un plumage pouvant paraitre plus sales[9].
Comportement
[modifier | modifier le code]Le Goéland marin est un oiseau diurne, au comportement grégaire, qui supporte facilement les autres goélands quand l'alimentation est importante, comme dans les estuaires, les ports ou les décharges publiques par exemple.
Vol
[modifier | modifier le code]Paradoxalement, le Goéland marin est plus à l'aise sur terre que dans l'eau où il est capable de courir pour s'accaparer de la nourriture. En vol, ses puissants battements d'ailes lui permettent de se déplacer à une vitesse moyenne de 40 km/h[8]. Il est également adepte du vol plané. Il lui arrive de pratiquer le vol sur place en haut d'une faille rocheuse, face au vent, tout comme le Goéland argenté et le Goéland brun (Larus fuscus), ce qui lui permet de surveiller son nid ou de rechercher de la nourriture[6].
Cri
[modifier | modifier le code]Le cri du Goéland marin est plus grave que celui des autres grands goélands, un haô-haô ou aouk rauque et sonore caractéristique[9].
Alimentation
[modifier | modifier le code]Le Goéland marin est un prédateur opportuniste omnivore et un charognard. Son régime alimentaire se compose de poissons, oiseaux, petits mammifères, mollusques, insectes, œufs, baies, charognes. Les aliments les plus durs, tels que des mollusques et des œufs, sont lâchés sur des surfaces dures pour les ouvrir[8].
Répartition et habitat
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- Présence permanente.
- Présence en période de reproduction.
- Présence en période d'hivernage.
On peut trouver cette espèce se reproduisant dans les zones côtières de l'extrême nord-ouest de la Russie, à travers une grande partie de la Scandinavie côtière, sur les côtes de la mer Baltique, jusqu'aux côtes du nord-ouest de la France, du Royaume-Uni et de l'Irlande. Dans la partie nord de l'Atlantique, cette mouette est répartie en Islande, dans les îles Féroé, dans le sud du Groenland et sur les côtes atlantiques du Canada et des États-Unis. Bien qu'elle ne fût autrefois qu'un visiteur non reproducteur au sud du Canada en Amérique du Nord, l'espèce s'est étendue pour inclure plusieurs colonies dans les États de la Nouvelle-Angleterre et se reproduit maintenant jusqu'en Caroline du Nord. Les individus se reproduisant dans des environnements plus rudes migrent vers le sud, hivernant sur les côtes septentrionales de l'Europe, de la mer Baltique au sud du Portugal, et régulièrement jusqu'aux côtes de la Floride en Amérique du Nord. Pendant l'hiver en mer Baltique, l'oiseau reste généralement près de la limite des glaces. Au nord des îles Åland, la mer gèle souvent de la Suède à la Finlande, et l'oiseau migre alors vers les eaux libres. Exceptionnellement, l'espèce peut aller aussi loin au sud que les Caraïbes et au large des côtes du nord de l'Amérique du Sud.
Le Goéland marin fréquente divers habitats côtiers, notamment les côtes rocheuses et sablonneuses et les estuaires, ainsi que les habitats humides intérieurs, tels que les lacs, les étangs, les rivières, les champs humides et les landes. On les trouve généralement à proximité de grands plans d'eau, mais aussi à l'intérieur des terres. Il peut également nicher en milieu urbain, sur les toits. Aujourd'hui, on la trouve fréquemment dans les décharges, aussi bien le long des côtes que relativement loin à l'intérieur des terres. L'espèce fait également un usage intensif des boues de dragage qui, dans l'État du New Jersey, constituent ses sites de nidification les plus fréquents. Elle se reproduit généralement dans des zones exemptes de prédateurs terrestres ou largement inaccessibles à ceux-ci, comme les îles végétalisées, les dunes de sable, les cheminées à sommet plat, les toits de bâtiments et parfois parmi les buissons sur les îles des marais salants. Pendant l'hiver, le Goéland marin se rend souvent loin en mer pour se nourrir.
En France
[modifier | modifier le code]Les premières observations rapportées du Goéland marin sur les côtes françaises datent des années 1930.
En 2021, le nombre de couples nicheurs de Goéland marin, recensés dans le cadre du Recensement national des oiseaux marins nicheurs en France métropolitaine (ROMN), était estimé entre 5 636 et 6 306, sur les côtes de France métropolitaine, le long des façades Atlantique, Manche et mer du Nord (du département de la Gironde au département du Nord)[12]. La majorité des couples nicheurs en milieu naturel sont observés en Bretagne (tous départements confondus) et en Normandie (essentiellement dans le département de la Manche), et étaient estimés entre 4 817 et 5 436 en 2021. Les couples nicheurs de Goélands marins observés en milieux urbains (notamment sur les toits) sont moins nombreux (estimés entre 819 et 870 en 2021) et sont principalement observés en Normandie, dans les départements de Seine-Maritime, Calvados et Manche[12].
L'évolution démographique des Goélands marins nicheurs a été estimée comme stable entre les années 2010 et 2020, en France métropolitaine. Les effectifs étaient estimés à 2 230 couples nicheurs en 1987-1989. Ces effectifs ont augmenté dans les années 2000 (4 110 couples en 1997-2001), puis se sont stabilisés à partir des années 2010 (6 530 couples en 2009-2012 et 6 025 couples en 2020-2021) [12].
Cette espèce est moins commune que le Goéland argenté et le Goéland brun, en France métropolitaine, dont respectivement 50 720 et 13 705 couples nicheurs ont été recensés en 2020-2022[12].
Migration
[modifier | modifier le code]Entre juillet et novembre, les mouvements migratoires sont très variés. Les populations les plus nordiques migrent jusqu'en Bretagne ou dans l'estuaire de la Loire, voire jusqu'aux côtes espagnoles. Larus marinus est donc observable sur la façade atlantique durant l'hiver. Les populations des côtes françaises, quant à elles, restent pratiquement sur place, notamment dans les îles du Finistère (Ouessant, Archipel de Molène et Glénan). La migration sud-nord s'effectue en mars avril où les populations regagnent leur zone de nidification originelle. Néanmoins, le Goéland marin est relativement sédentaire, car il passe son existence dans un rayon de 100 km autour de son lieu de naissance[6].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Congrès ornithologique international, version 15.2, 2026.
- ↑ (la) Carl von Linné et Lars Salvius, Caroli Linnaei...Systema naturae per regna tria naturae :secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis, vol. 1, Impensis Direct. Laurentii Salvii, (lire en ligne
). - ↑ (en) « Larus »
, sur The Key to Scientific Names on birdsoftheworld.org, James A. Jobling (consulté le ). - ↑ (en) « marinus »
, sur The Key to Scientific Names on birdsoftheworld.org, James A. Jobling (consulté le ). - ↑ (en) Francis Willughby, John Ray, William Faithorne et Frederick Hendrick van Hove, The ornithology of Francis Willughby of Middleton in the county of Warwick, esq. ... : in three books : wherein all the birds hitherto known, being reduced into a method sutable [i.e. suitable] to their natures, are accurately described : the descriptions illustrated by most elegant figures, nearly resembling the live birds, engraven in LXXVIII copper plates, Printed by A.C. for John Martyn, (lire en ligne
). - 1 2 3 4 DORIS, consulté le 4 juillet 2026.
- ↑ « gros-colas », sur littre.org (consulté le ).
- 1 2 3 4 « Le goéland marin, très commun en bord de mer », sur Le Mag des Animaux (consulté le ).
- 1 2 3 4 Lars Svensson (trad. de l'anglais par Guilhem Lesaffre et Benoît Paepegaey, ill. Killian Mullarney et Dan Zetterström), Le Guide Ornitho, Paris, Delachaux & Niestlé, , 5e éd., 448 p. (ISBN 978-2603023938).
- ↑ « Goéland marin », sur C-monspot - soyons sport, soyons nature (consulté le ).
- ↑ (en) Klaus Malling Olsen (ill. Hans Larsson), Gulls of North America, Europe, and Asia, Princeton University Press, , 608 p. (ISBN 978-0-691-11997-7, lire en ligne).
- 1 2 3 4 GISOM, Recensement national des oiseaux marins nicheurs en France métropolitaine (ROMN). Enquête 2020-2022. Résultats des suivis. Bilan sommaire., GISOM, OFB et Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire, , 61 p. (lire en ligne [PDF]), p. 41-42.
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- (en) J. Burger et M. Gochfeld, « Family Laridae (Gulls) », dans Josep del Hoyo, Andrew Elliott et Jordi Sargatal, Handbook of the Birds of the World, vol. 3 : Hoatzin to Auks, Barcelone, Lynx edicions, , 821 p. (ISBN 978-84-87334-20-7, lire en ligne
), p. 605 & planche 50 p. 600. - (en) Peter Harrison, Martin Perrow et Hans Larsson, Seabirds : The New Identification Guide, Barcelone, Lynx edicions, , 600 p. (ISBN 978-84-16728-41-1), p. 164-165.
Liens externes
[modifier | modifier le code]- (en) Margaret Vaitkus, Animal Diversity Web : Larus marinus (consulté le )
- (fr + en) Avibase : Larus marinus Linnaeus, C 1758 (+ répartition) (consulté le )
- (en) BioLib : Larus marinus Linnaeus, 1758 (consulté le )
- (en) Catalogue of Life : Larus marinus Linnaeus, 1758 (consulté le )
- (en) Congrès ornithologique international : Larus marinus Linnaeus, 1758 dans l'ordre Charadriiformes (consulté le )
- (fr) CITES : taxon Larus marinus (sur le site du ministère français de l'Écologie) (consulté le )
- (fr) DORIS : espèce Larus marinus (consulté le )
- (fr) eBird : Larus marinus (consulté le )
- (fr + en) EOL : Larus marinus Linnaeus 1758 (consulté le )
- (fr + en) GBIF : Larus marinus Linnaeus, 1758 (consulté le )
- (en) IRMNG : Larus marinus Linnaeus, 1758 (consulté le )
- (fr + en) ITIS : Larus marinus Linnaeus, 1758 (consulté le )
- (en) NCBI : Larus marinus (taxons inclus) (consulté le )
- Oiseaux.net : Larus marinus (+ répartition) (consulté le )
- (en) Paleobiology Database : Larus marinus Linnaeus 1758 (consulté le )
- (en) Taxonomicon : Larus marinus Linnaeus 1758 (consulté le )
- (en) UICN : espèce Larus marinus (consulté le )
- (en) WoRMS : espèce Larus marinus Linnaeus, 1758 (consulté le )
- (en) « Larus marinus Linnaeus, 1758 », sur xeno-canto.org (consulté le )
- (en) Zoonomen Nomenclature Resource (Alan P. Peterson) : Larus marinus dans Charadriiformes (consulté le )