La Haine

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La Haine
Réalisation Mathieu Kassovitz
Scénario Mathieu Kassovitz
Acteurs principaux
Sociétés de production Lazennec & Associés
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre drame
Durée 95 minutes
Sortie 1995

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

La Haine est un film dramatique français en noir et blanc écrit et réalisé par Mathieu Kassovitz, sorti en 1995.

L'histoire commence juste après une nuit d'émeutes opposant des jeunes d'une cité à la police en région parisienne. Ces émeutes sont consécutives à la grave blessure d'Abdel-Aziz Shokair, un habitant, par un inspecteur de police. Les protagonistes, Vinz (Vincent Cassel), Saïd (Saïd Taghmaoui) et Hubert (Hubert Koundé), sont un trio multiethnique originaire de la cité, se promenant d'abord dans celle-ci puis partant à Paris pour la soirée. Le film suit leurs péripéties d'un matin au suivant.

Le réalisateur Mathieu Kassovitz commence l'écriture du scénario le 6 avril 1993, en s'inspirant de l'affaire Makomé M'Bowolé. Il est soutenu par les productions Lazennec et en particulier par Christophe Rossignon. Le tournage a lieu de septembre à novembre 1994, principalement dans la cité de la Noë de Chanteloup-les-Vignes.

Le film est projeté la première fois lors du festival de Cannes 1995, où il remporte le prix de la mise en scène, puis sort en salles le 31 mai, réalisant deux millions d'entrées en France. Il sort ensuite dans plusieurs pays en version sous-titrée. Nommé onze fois aux César en 1996, La Haine y obtient trois récompenses, notamment le César du meilleur film.

Les critiques de la presse et du public sont très largement positives dès la sortie du film. Cependant, quelques controverses se dégagent chez les journalistes, le public et les universitaires : d'abord, l'appropriation de la culture des cités est reprochée à Mathieu Kassovitz. De plus, le point de vue du film sur les violences policières, sujet à plusieurs remarques contradictoires du réalisateur, ne permet pas le consensus, en particulier auprès des policiers eux-mêmes.

La Haine est considéré comme un film culte du cinéma français et contribue à lancer les carrières de Mathieu Kassovitz et de Vincent Cassel.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Vue aérienne de la gare de Chanteloup-les-Vignes, surplombée par des barres de HLM
Gare de Chanteloup-les-Vignes, où se déroule la moitié du film.

Le récit se déroule au lendemain d'une nuit d'émeutes opposant de jeunes voyous à la police, dans la cité des Muguets à Chanteloup-les-Vignes, en région parisienne. Ces émeutes sont consécutives à la tentative d'assassinat commise par un inspecteur du commissariat qui a provoqué la mise en coma d'un jeune résident de la cité, Abdel-Aziz Shokair, lors d'une garde à vue. Pendant les émeutes, un policier perd son revolver[1].

On suit les péripéties sur une journée de trois jeunes amis d'Abdel : Vinz, jeune blanc et juif, au tempérament agressif, qui souhaite venger Abdel ; Hubert, jeune homme noir pacifiste qui ne pense qu'à quitter la cité pour une vie meilleure et se refuse à provoquer la police, et Saïd, jeune d'origine nord-africaine et musulman, qui tient un rôle de médiateur entre Vinz et Hubert[1].

Vinz révèle à ses compagnons qu'il a trouvé le revolver perdu par le policier. Il s'agit d'un Smith & Wesson 44 Magnum[2] dont il compte faire usage pour tuer un policier si Abdel ne sort pas du coma. Hubert exprime sa désapprobation. L'utilisation du revolver est un leitmotiv : Vinz le garde en permanence dans sa poche de pantalon, le dégainant à tout-va, s'attirant constamment les remontrances d'Hubert[1].

Les jeunes gens passent voir Abdel à l'hôpital, mais le personnel refuse de les laisser voir leur ami : leurs protestations valent une courte arrestation à Saïd, qui est presque immédiatement relâché[1].

Vue aérienne des voies de la gare de Paris Saint-Lazare
Gare Saint-Lazare, où les protagonistes ratent le dernier train de banlieue et se retrouvent bloqués à Paris pour la nuit.

Les pérégrinations du trio les mènent à Paris, d'abord dans un bar où ils rencontrent un vieil homme, juif polonais, qui leur raconte un épisode de la vie dans un ghetto[3]. Ils passent ensuite chez un certain Astérix, qui doit de l'argent à Saïd, mais la visite se termine par une confrontation violente. Dans la rue, des policiers interpellent les trois jeunes, et Hubert et Saïd sont emmenés en garde à vue, tandis que Vinz parvient à s'échapper avec son revolver. De retour à la gare Saint-Lazare, ils ratent de justesse le dernier train. Pour s'occuper, ils assistent à un vernissage dans une galerie d'art, dont ils sont renvoyés après avoir harcelé deux visiteuses. Plus tard, ils essaient de voler une voiture pour rentrer chez eux après avoir été refusés par un chauffeur de taxi[1].

Saïd et Hubert sont ensuite pris à partie par un groupe de skinheads, qui les menacent puis les frappent. Vinz intervient alors et sort son arme, qu’il pointe sur l’un des skinheads. Les autres s'échappent, tandis que Vinz tient son revolver sur le seul skinhead restant. Hubert provoque Vinz, l'encourageant à tirer, et Vinz craque sous la tension puis va vomir. En son absence, Saïd enjoint au skinhead de s'enfuir. De retour dans leur cité, Vinz cède son arme à Hubert. Désarmé, il est pris à partie par deux policiers, agressifs sans motif clair. L'un d'entre eux, essayant d'intimider Vinz avec son arme, le tue involontairement d'une balle dans la tête. Le film s'achève sur une image d'Hubert et du policier se tenant en joue mutuellement, et le son d'un coup de feu hors-champ, puis sur un gros plan de Saïd qui ferme les yeux[1]. La fin du film est ouverte : on ne sait pas lequel des deux hommes, Hubert ou le policier, a tiré[4].

Personnages[modifier | modifier le code]

Le trio principal du film est composé de jeunes originaires de la même banlieue : Vinz, Hubert et Saïd. Leur amitié peut être considérée comme un symbole de l'ensemble des situations possibles pour des jeunes de banlieue difficile : un Noir, un Blanc juif, et un jeune d'origine maghrébine musulman. Pourtant, leur quartier d'origine a plus d'incidence sur leur vie que leur appartenance communautaire[5]: Kassovitz affirme avoir voulu montrer qu'il ne s'agissait pas d'un conflit ethnique mais d'un rapport de forces entre la jeunesse et la police[6].

  • Vinz, blanc juif, qui vit avec sa mère, sa sœur et sa grand-mère dans un appartement minuscule. Il est plus agressif que ses deux camarades, verbalement et physiquement, et ne réfléchit pas avant d'agir. C'est lui qui trouve le revolver perdu par un policier dans son quartier, et il le garde en sa possession pendant l'essentiel du film. Il veut se donner une image de gangster et affirme pendant tout le film qu'il tuera un policier pour venger son ami blessé à mort dans un commissariat, sans passer à l'acte[5].
  • Hubert, noir chrétien d'origine béninoise[7] qui vit avec sa mère et sa sœur. Il se passionne pour la boxe et a tenté d'ouvrir une salle de sport pour les jeunes de son quartier. Pacifiste, il gère un petit trafic de drogue pour soutenir les dépenses de sa mère, et il a décoré sa chambre de posters de sportifs noirs célèbres. Il souhaite quitter la banlieue, et a un frère en prison[5].
  • Saïd, jeune d'origine maghrébine musulman, et ami de Vinz et Hubert. Il est boute-en-train, toujours prêt à raconter une blague à ses amis, et doit adopter une attitude de médiateur entre Vinz et Hubert à de nombreuses reprises pendant le film. Peu respectueux envers les femmes, il ne supporte cependant pas qu'on fasse mention de sa sœur. Il est victime plusieurs fois de remarques ou d'actes racistes dans le film, et résume plus tard la situation par la phrase : « Un arabe dans un commissariat il ne tient pas plus d’une heure »[5].

D'autres personnages récurrents sont :

  • Nordine, le frère aîné de Saïd. Quand les policiers ordonnent aux jeunes de quitter le toit, ils n'obéissent pas, mais ils obtempèrent quand Nordine leur en donne l'ordre pour éviter le conflit avec les forces de l'ordre[5].
  • Samir, un policier originaire du quartier qui essaie de faire comprendre au trio que la police est aussi là pour protéger les jeunes et leur montrer le droit chemin. Il représente une image plus positive de la police que le reste des personnages policiers, voire un modèle pour les jeunes générations[5].
  • Notre-Dame, un agent de police qui intervient rapidement en début de film et tue accidentellement Vinz à la fin du film[5].

Les journalistes sont présents en début de film et montrés comme rejetés par les habitants du quartier : Hubert lance « on n'est pas à Thoiry ici » quand la presse vient faire un reportage sur les émeutes. Les personnages féminins, quant à eux, sont stéréotypés : soit les femmes sont un objet de tentative de séduction, comme au musée, soit elles sont reléguées aux tâches ménagères, comme les mères des protagonistes. Quant à leurs sœurs, elles sont protégées presque contre leur gré par Saïd, Hubert et Vinz[5].

Fiche technique[modifier | modifier le code]

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Distribution[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Développement[modifier | modifier le code]

Mathieu Kassovitz souriant
Mathieu Kassovitz au festival de Cannes en 2008.

Kassovitz décide de réaliser le film La Haine le 6 avril 1993, en s'inspirant de l'affaire Makomé M'Bowolé, Zaïrois de 17 ans tué d'une balle dans la tête par un policier lors de sa garde à vue dans le 18e arrondissement de Paris en 1993[10],[11],[12]. Il se rend à une manifestation d'hommage le jour même, et est malmené par des CRS qui tentent de disperser les manifestants. De retour chez lui, il contacte immédiatement son producteur, Christophe Rossignon, et lui dit qu'il veut tourner un film inspiré de l'événement avant de réfléchir au prochain film sur lequel il est censé travailler, Assassin(s)[13],[14]. Si le moteur de la création du film est ce fait divers, l'histoire s'en inspire peu[15],[16]. Le film Z de Costa-Gavras est un des fondements de La Haine pour l'écriture du film[17].

Une fois la première version du scénario écrite, Kassovitz le fait relire par son producteur[13]. Rossignon, fils d'agriculteur, ne connaît pas du tout l'univers de la banlieue que Kassovitz doit lui expliquer, en lui prouvant que le scénario est réaliste[6]. Kassovitz affirme ensuite avoir réalisé le film « pour les gens comme lui » et pas pour les habitants de banlieue, qui vivent les scènes au quotidien et dont il espère seulement qu'ils « ne se sentiront pas trahis »[6]. Le film doit d'abord s'appeler Droit de cité, Rossignon trouvant La Haine trop dur et voulant que les maires n'aient pas peur d'autoriser le tournage dans leur municipalité. Kassovitz ne démord pas du titre La Haine, qui est finalement adopté[17].

Choix scénaristiques[modifier | modifier le code]

Kassovitz adopte un langage oral, sans l'exagérer volontairement ni le rendre plus accessible aux personnes qui ne connaissent pas le vocabulaire des banlieues, et commente : « Je ne peux pas écrire en verlan dans un scénario et je ne vais pas non plus mettre des sous-titres. On n'est ni au zoo ni au cirque »[3]. Certains distributeurs souhaitent sous-titrer le film, y compris pour le public français, dont ils pensent qu'il ne comprendra pas les dialogues[18]. Les dialogues considérés comme peu crédibles valent à Kassovitz une demande de réécriture du scénario par le CNC : quand il refuse, il abandonne l'avance sur recettes[6]. N’ayant pas reçu cette avance, le film récupère les fonds nécessaires sous forme de partenariats avec Le Studio Canal+ et La Sept, ainsi qu’une avance de la SOFICA. Le budget du film s'élève à 15 000 000 F (3 075 900 €2012)[19].

Une scène du film, celle du vernissage, est ajoutée par Kassovitz pour rendre le trio de protagonistes moins sympathiques et pour montrer qu'ils sont des « petits cons » normaux et n'ont rien d'exceptionnel, ce qui pourrait les rendre moins réalistes. Le scénario du film n'inclut aucune histoire d'amour, aucune romance, pour coller à la vie de la banlieue : « les filles, dans une cité, elles sont dans un coin, les mecs, dans un autre [...] une fille, c'est toujours la sœur de quelqu'un. »[6] Le prénom des personnages est celui des acteurs : après plus de deux mois d'hésitations, Kassovitz s'adapte à leur prénom dans un souci de simplicité, en particulier auprès des habitants de la cité de la Noë[14].

Casting et choix de l'équipe technique[modifier | modifier le code]

Christophe Rossignon
Christophe Rossignon, producteur de La Haine, au festival de Cannes en 2014.

Kassovitz choisit d'avoir trois protagonistes plutôt que deux, estimant que deux héros seront toujours vus comme des opposés : un blanc et un non-blanc, ou un noir et un arabe, ou tout autre duo montrant une différence. En mettant en scène trois personnages, il s'assure qu'on cherchera moins à les comparer. Il tient à ajouter un blanc dans le trio, mais veut en faire tout de même le représentant d'une minorité, d'où son choix que Vinz soit juif ; il donne aussi une véritable importance au fait que Vinz puisse s'indigner de choses qui ne le concernent pas directement, comme le racisme[14].

Kassovitz embauche plusieurs acteurs et membres de l'équipe technique de son film précédent, Métisse, pour tourner La Haine. On retrouve en particulier Hubert Koundé dans un des rôles principaux et Pierre Aïm comme directeur de la photographie[19].

Le casting du film est assuré par Jean-Claude Flamand, qui connaît Kassovitz depuis une dizaine d'années et a joué un petit rôle dans Métisse. Il recrute son ami Arash Mansour en tant qu'assistant. Si les trois acteurs principaux sont choisis par Kassovitz, tous les autres le sont par Flamand et Mansour, et leur nombre s'élève à environ 300 personnes, figurants compris. Kassovitz donne un seul mot d'ordre aux deux casteurs : il faut que les acteurs viennent vraiment de la banlieue, et que tous les figurants viennent de la cité de la Noë où le film est tourné. Un casting sauvage est mis en place : annonces à la radio, affiches dans les lycées, porte-à-porte par exemple. Arash Mansour affirme que « [l'équipe a] demandé à tous ceux qui avaient eu des problèmes avec la police de venir [lui] en parler ». Les entretiens sur le sujet sont filmés : la personnalité des acteurs permet d'identifier quelques personnes intéressantes. Un rôle leur est ensuite attribué, y compris celui de policier en civil, puisque ces derniers sont censés pouvoir se fondre sans problème dans la population de la cité. Certains rôles sont créés sur place : par exemple, le personnage de Darty est très peu défini avant qu'Edouard Montoute ne se présente et invente un personnage antillais qui deviendra celui définitif[20].

Le choix de travailler avec des acteurs encore débutants est à la fois politique et financier. Vincent Cassel fait remarquer que Kassovitz aurait eu plus de moyens, et donc les moyens de s'offrir un meilleur casting, s’il avait tourné le film avec Isaac de Bankolé, Smaïn et Vincent Perez[21].

Tournage[modifier | modifier le code]

Le film est réalisé en grande partie dans les cité des Muguets et de la Noé à Chanteloup-les-Vignes[22], de septembre à novembre 1994[23]. La cité est choisie pour son calme relatif, Kassovitz refusant une cité « infernale, avec de la came, où tu ne peux pas filmer, parce que des mecs te tirent dessus ». Ses infrastructures sont elles aussi en meilleur état que beaucoup d'autres cités dans lequel le film aurait pu être tourné[6]. Une liste de vingt quartiers similaires est établie par l'équipe du film, mais le maire de Chanteloup-les-Vignes est le seul à accepter le tournage[17].

À l'arrivée de l'équipe pour repérer les lieux, certains sont pris pour des militaires et caillassés par des habitants du quartier[17]. L'équipe d'acteurs arrive dans la cité avec trois mois d'avance et dort sur place dans deux appartements, pour montrer son sérieux aux habitants de la cité et tester les scènes dans un environnement réel[6],[12],[14]. La médiation se fait avec l'aide de l'association locale Les Messagers[17] qui s'occupe de la logistique et surtout de l'accompagnement des enfants figurants pendant le tournage[24]. Certains jeunes du quartier refusent le contact, mais l'essentiel des habitants finit par faire confiance à l'équipe et le film est tourné sans encombre. Trois cents figurants et une dizaine d'assistants de tournage sont embauchés parmi la population locale[6].

Le tournage se fait caméra à l'épaule[25]. Un mini-hélicoptère téléguidé sert à filmer les plans de survol de la cité, le budget manquant pour un matériel plus professionnel, et son ombre doit être effacée numériquement en postproduction[17].

Certaines scènes du film sont à moitié improvisées : par exemple, au poste de police, la seule instruction reçue par les acteurs dans le rôle de policiers est « torturez-les », et les deux acteurs torturés ont pour seule indication que « ça va être dur, mais tenez bon ». De même, Vincent Lindon, qui joue un ivrogne et a insisté pour avoir un rôle dans le film, arrive vraiment ivre sur le plateau du tournage sur la requête de Kassovitz[14].

Postproduction[modifier | modifier le code]

Pendant le tournage, Kassovitz se limite à un maximum de quatre prises par scène. À la fin du tournage, l’équipe a environ dix heures de bande vidéo utilisable, et après dix jours de montage, la vidéo est ramenée à une durée de 110 minutes. Deux scènes sont supprimées pour passer de la version de 110 minutes à celle, finale, de 95 minutes : la première représente une bagarre avec des policiers après la scène du toit, la seconde montre Vinz regardant un mendiant dormir par terre à Paris. Les deux scènes sont ensuite ajoutées au DVD de Canal+[19].

Le film est découpé en séquences sans transitions entre elles. Les séquences en banlieue ont tendance à atteindre un sommet violent vers leur milieu, puis à revenir vers un état plus calme ; à Paris, sauf dans la première scène où un vieil homme raconte son histoire aux protagonistes, chaque scène se termine par un excès de violence[19].

Le son du film est en stéréo dans la banlieue et en mono dans Paris. De même, les lentilles utilisées pour filmer permettent des plus grands angles dans la banlieue[19].

Bande originale[modifier | modifier le code]

Au début du film, DJ Cut Killer apparaît dans le rôle d'un habitant du quartier qui mixe le tire Sound of da police de KRS-1 depuis la fenêtre de son appartement[17].

En dehors de cette chanson et du générique d'ouverture par Bob Marley, la musique est très peu présente dans La Haine. La musique de La Haine est celle qu’on entend dans les lieux de l'action, venant de la radio ou de la télévision. Kassovitz ne souhaite pas la composition d’une bande originale parce que selon lui, un bon film ne doit pas s’appuyer sur la facilité d’une bonne musique : le sujet est déjà assez important pour qu’on ne l’appuie pas avec de la musique. Il affirme aussi que son avis a changé après la sortie de La Haine[14].

Liste des morceaux
No Titre Auteur(s) Joué par Durée
1. Burnin' and Lootin' Bob Marley Bob Marley
2. That Loving Feeling Tony Joe White Isaac Hayes
3. More Bounce to the Ounce Roger Troutman Zapp & Roger Troutman
4. Mon Esprit Part en Couille Weedy & Expression Direkt Expression Direkt
5. DJ Skud Interlude DJ Cut Killer DJ Cut Killer
6. Wedding Songs Medley Etan Massuri Etan Massuri
7. Funk Funk Larry Blackmon Cameo song of Polygram Inc.
8. Tak Hedat Tak Fari Nas Tak Fari Nas
9. Sans titre (Outstanding) The Gap Band The Gap Band
10. Loufou Lakari Mabiala & Lonningisa Mabiala & Lonningisa
11. The Beat Goes On Burks, Carter, Lee, Sherrer, Smith Ripple
12. Nsangu Nsangu Klay M Klay M
13. Ellens Gesang III (Ave Maria) Franz Schubert Christa Ludwig & Irwin Gage
14. Hard Core Solo Solo
15. Groove Holmes The Beastie Boys The Beastie Boys
16. Ricky's Theme The Beastie Boys The Beastie Boys
17. Eugene's Lament The Beastie Boys The Beastie Boys
18. Musique de la série Les Schtroumpfs William Hanna, Joseph Barbera, Hoyt Curtin
19. Musique de la série Chapi Chapo François de Roubaix

Accueil[modifier | modifier le code]

Sortie[modifier | modifier le code]

En France[modifier | modifier le code]

Pour la promotion du film, quatre affiches sont éditées, et aucune d’entre elles ne comporte les logos habituels. La première montre le poing de Vinz en gros plan. Les trois autres représentent le regard coléreux des trois protagonistes du film en haut de l'affiche, le nom du film en blanc sur noir sur l’essentiel de la page, et trois images d’émeutes urbaines en banlieues en bas de page. L'affiche montrant le regard de Vinz (Cassel) est de loin la plus éditée, suivie de celle de Hubert (Koundé)[19].

Début février 1995, Mathieu Kassovitz montre La Haine à l’équipe de tournage. Fin mars, les premières projections pour la presse provoquent des réactions enthousiastes. Gilles Jacob, directeur du festival de Cannes, veut faire concourir le film dans la section Un certain regard de la sélection officielle qui met habituellement en avant les films d’auteur hors-normes, mais le producteur insiste pour que le film fasse partie de la section En compétition[26]. Au cours de l'événement, les policiers du service d'ordre tournent le dos à l'équipe qui monte les marches[27],[28]. Le film est projeté le 27 mai dans la section En compétition, et reçoit une standing ovation[29].

Kassovitz enchaîne les interviews pendant dix jours quand la sélection cannoise est annoncée : pour Positif, Première, Télérama, Le Point, L’Express, Les Inrockuptibles et Le Journal du dimanche, entre autres. Le 26 mai, la veille de la projection à Cannes, les trois acteurs principaux et Kassovitz sont invités sur le plateau de l'émission Bouillon de culture, animée par Bernard Pivot. Kassovitz y arbore une casquette décorée d'une feuille de marijuana, et Hubert Koundé et Saïd Taghmaoui sont fouillés à l'entrée[4].

Dès le premier jour de diffusion en salles, le 31 mai 1995, le film attire plus de 21 000 spectateurs à Paris. La Haine et son réalisateur font la une de la plupart des quotidiens nationaux. Au lieu d'une sortie prévue dans 50 salles, 260 copies du film sont distribuées en France[19].

Le 4 juin 1995 à 11 heures, une projection spéciale est organisée à la salle Jean-Vigo de la Grande Halle de la Villette pour toute l'équipe du film, incluant les 300 acteurs et figurants[20],[24].

À l'international[modifier | modifier le code]

Le film sort au Royaume-Uni le 17 novembre 1995 et aux États-Unis le 9 février 1996. Dans le cadre de la promotion du film, les acteurs principaux et Kassovitz font une tournée au Royaume-Uni, aux États-Unis et au Japon[30]. Le titre du film est traduit littéralement dans la plupart des pays[13].

Au Royaume-Uni, The Guardian publie un article sur le lien possible entre les émeutes de Noisy-le-Grand et le film La Haine, attirant l'attention du public. Le film sort en salles le 17 novembre 1995 après une première projection au Festival du film de Londres et recueille des critiques très positives dans les journaux spécialisés. Les journalistes font des efforts particuliers pour expliquer le contexte de la banlieue à leurs lecteurs, souvent sans résultats satisfaisants et à grand renfort de films « de noirs » américains, comme Boyz 'N The Hood. Les points négatifs les plus communs relevés par les journalistes tiennent à l'arrogance de Kassovitz et à son comportement négligent et peu coopératif pendant les interviews[31].

Jodie Foster, enthousiasmée par le fim, tient absolument à parrainer sa sortie aux États-Unis, se rendant même à certaines réunions à la place de Rossignon quand il ne peut pas se rendre à New York[13]. Sa promotion du film fait partie d'une vague plus large de parrainage de films « difficiles » de réalisateurs débutants étrangers par des acteurs américains connus : Kassovitz et elle participent à la promotion sur des stations de radio hip-hop et politiques, sur des événements universitaires et artistiques, ainsi que sur MTV et PBS[19]. Foster envoie une copie du film à Martin Scorsese, Francis Ford Coppola et Steven Spielberg. Spielberg lui répond dans une longue lettre qu'il a adoré le film[13]. Le premier week-end d'exploitation, le film Hate marque 20 000 dollars de chiffre d'affaires dans la seule salle new-yorkaise qui le projette[32]. Foster propose enfin à l'équipe de présenter le film aux Oscars, mais les prévient qu'il faudra faire du lobbying : organiser des dîners et rencontrer les personnes décisionnaires. Kassovitz refuse l'initiative, estimant que « ça se fait naturellement ou ça ne se fait pas »[13].

Un effort de localisation particulier est fait sur les sous-titres du film en anglais : le verlan et le vocabulaire de banlieue sont remplacés par leurs équivalents américains, ce qui pose d'ailleurs problème à certains critiques britanniques qui voient la même version. Un certain nombre de références est adapté pour que le public puisse le comprendre : par exemple, le personnage Darty est renommé en Walmart, la réplique sur Malik Oussekine par Rodney King, les Schtroumpfs par Donald Duck[33]. Dans plusieurs des versions doublées, le nom Astérix, allusion à la BD Astérix, est remplacé par Snoopy, allusion aux Peanuts plus connus à l'étranger[4].

Accueil critique[modifier | modifier le code]

Presse généraliste[modifier | modifier le code]

Les critiques forment un consensus positif autour du film dès sa sortie[34]. Kassovitz s'en plaint, trouvant les avis trop lisses et regrettant que les acteurs et l'équipe soient mis en avant plutôt que le sujet du film[13]. Le journal Le Figaro l’utilise pour une morale sur les dangers de l’immigration tout en concédant que le film est « bien fait et bien joué »[35]. La Croix s'abstient de commenter le fond du film, mais fait remarquer son succès au Festival de Cannes et en salles[36]. D'un point de vue plus politique, L’Express considère que Kassovitz « a du cran » d’avoir parlé de cette explosion sociale[37], tandis que Le Nouvel Observateur loue sa curiosité. Les Echos qualifient le film de « violent, dense, terrible »[38]. Les acteurs font l’unanimité : Libération loue le talent d’acteur de Cassel, qui construira sa carrière après ce premier rôle principal[39],[35]. Le Monde affirme que le film « révèle un cinéaste d'envergure », Kassovitz[40].

Aux États-Unis, la critique est également positive. Un journaliste du Los Angeles Times qualifie le film de viscéral et affirme que l'influence visiblement américaine sert le film[41].

Presse spécialisée[modifier | modifier le code]

La presse spécialisée s’accorde aussi à dire du bien du film. Les Cahiers du Cinéma en fait sa une du numéro de juin 1995 et ajoute un dossier spécial sur le film de banlieue[42], bien que Kassovitz ait refusé de les inviter à la première projection pour se venger d’une critique négative de Métisse[43].

Le magazine Positif accorde lui aussi plus d'espace que celui prévu pour la plupart des critiques à La Haine. Sur le numéro du lancement, une longue interview de Kassovitz est publiée, et à la suite de ce numéro, un autre dossier est publié sur le thème des films de banlieue et mentionne longuement La Haine[44].

Studio Magazine et Première louent le film et accompagnent leur critique d'anecdotes du tournage et de profils des acteurs. En décembre 1995, Studio Magazine inclut La Haine dans le classement des meilleurs films de l'année et ajoute un dossier sur l'histoire du film avant, pendant et après le festival de Cannes[43].

Au sein d'un long dossier sur l'état du cinéma français, Le Film français mentionne La Haine en le qualifiant de film français qui parvient à intégrer les codes américains sans perdre son âme[43].

Accueil du public[modifier | modifier le code]

Certaines projections du film suscitent des réactions négatives et se terminent en éclats de violence, à Sarcelles ainsi qu’au centre de Paris et de Marseille. Quand Kassovitz organise des projections dans un certain nombre de cités, il se heurte à des avis négatifs d'une fraction de la population, étant accusé plusieurs fois de caricaturer la cité[45]. Certains spectateurs affirment que le film a dix ans de retard et que plus personne n’est impressionné par une arme à feu en banlieue alors que des enfants de neuf ou dix ans vendent de la drogue[46].

D’autres spectateurs ont, au contraire, un avis très positif sur le film. Par exemple, lors d'une projection au Pathé Wepler de la place de Clichy à Paris, le public est composé de jeunes habitants de banlieue. Certains d'entre eux mentionnent que le film est crédible : l’un nuance en expliquant aux journalistes que le dialogue des jeunes est exagérément obscène, mais que l’attitude des policiers est vraisemblable. Des professeurs de Saint-Denis emmènent leurs classes voir La Haine au cinéma pendant le mois qui suit la sortie du film[47].

Box-office et produits dérivés[modifier | modifier le code]

En France, le film réalise deux millions d'entrées au cinéma[17], ce qui le classe à la 14e place du box-office annuel[48].

Le film donne lieu à un certain nombre de produits dérivés officiels en plus des affiches. Le script est publié sous la forme d’un livre illustré, et deux CD sont publiés. Le premier contient la bande-son de La Haine et de Métisse, l’autre regroupe des musiques rap inspirées de La Haine. Une exposition photo est organisée à la Villette, à Paris, et une série de T-shirts accompagne la vente de la cassette du film[49].

Kassovitz commente : « La Haine, c'est une comédie et c'est pour ça que ça a marché. Tu rigoles tout le temps ! Si ce n'était pas drôle, les gens ne seraient pas allés voir le film. »[11]

Controverses[modifier | modifier le code]

Racisme du film et de l'opinion publique[modifier | modifier le code]

Si aucun critique n’émet de doutes sur la volonté de Kassovitz de faire un film opposé au racisme, la chercheuse en sciences sociales Carrie Tarr[50] affirme que le personnage blanc de Vinz est particulièrement mis en avant par rapport à ses camarades noir et maghrébin. Vinz est le sujet de beaucoup plus de plans rapprochés que les deux autres protagonistes, et son caractère est plus travaillé. Dans les affiches du film comme dans le film lui-même, l’arme à feu le met aussi visuellement en avant[51].

Saïd Taghmaoui affirme plus tard sur LCI que la couverture médiatique a mis en avant Cassel et Kassovitz et délaissé les deux acteurs non blancs du film, un ressenti confirmé par le producteur Rossignon[12].

Appropriation de la culture urbaine[modifier | modifier le code]

Kassovitz est régulièrement accusé par le public et la critique d'être un bourgeois-bohème déconnecté des problèmes de la banlieue[52]. La première journaliste à mettre ce fait en avant est Monique Pantel, de France-Soir, suivie par Aurélien Ferenczi d' InfoMatin qui lui demande très directement : « De quel droit parlez-vous des banlieues ? »[53]. Kassovitz répond qu'il s'en estime heureux, affirmant qu'il a réussi à prendre le recul que ses amis originaires des cités n'ont pas forcément[14].

Avec le temps et les interviews, son point de vue semble changer drastiquement : il passe de la volonté de faire un brûlot « anti-flics » et réaliste, à l'affirmation que le film n'a rien à voir avec la vraie vie des cités[54].

La couverture médiatique du film est aussi remise en cause, par exemple lors d'une projection-débat où une personne de l'assemblée demande : « Ils habitent où, les journalistes, pour savoir si c'est réaliste La Haine ? »[46].

Point de vue sur les violences policières[modifier | modifier le code]

La Haine est présenté comme une réponse à la politique sécuritaire de Charles Pasqua, et suscite une vive controverse, mettant en cause les bavures policières[55]. À la sortie du film, les médias relaient largement une citation de Kassovitz qui affirme vouloir faire « un film contre les flics »[25]. Cependant, il affirme ailleurs, son opinion semblant changer avec le temps et les interviews, que La Haine « n'est pas un film antiflics »[3]. En particulier, une partie du dialogue entre le policier Samir et le protagoniste Saïd illustre bien l'opposition entre quartier et police, sans forcément rejeter la faute sur l'un ou l'autre des acteurs[1] :

« - T’imagine un jeune flic qui débute là, plein de bonne volonté ? Il tient pas plus d’un mois !
- Et un Arabe dans un commissariat ? Il tient pas plus d’une heure ! »

Saïd Taghmaoui affirme que le film est l'« une des vérités, même pas la vérité » sur les violences policières et déplore le manque d'implication des personnalités politiques[56]. Pour Kassovitz, il y a quelques bons policiers dans le film (entre autres Samir, policier de la cité, et un policier qui salue poliment Saïd dans la rue) : il ne s'agit pas de critiquer les policiers eux-mêmes ou de supposer qu'il n'y a pas de bons policiers, mais de montrer qu'ils évoluent dans un système qui les brise : pour lui, des policiers à peine entraînés et venant du fin fond de la campagne n'ont pas d'autre façon de s'en sortir[14].

Le Premier ministre Alain Juppé aurait organisé une projection spéciale du film pour les membres de son ministère. Les officiers de police condamnent ensuite cette projection, du fait de l'image renvoyée par le film concernant la brutalité policière[57],[55]. Un porte-parole de la police affirme que si le film montre bien la délinquance des jeunes et ce que la police combat, il est en lui-même un chef-d’œuvre[58].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

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Le film obtient les nominations et sélections suivantes :
Année Cérémonie ou récompense Prix Nommé(e)s
1995 Festival de Cannes Prix de la mise en scène[59]
Prix du cinéma européen Best Young Film[60]
1996 Cérémonie des César César du meilleur film
César du meilleur producteur Christophe Rossignon
César du meilleur montage Mathieu Kassovitz, Scott Stevenson
Prix Lumières Prix Lumières du meilleur film
1997 FCCA FCCA Award
Camerimage Grenouille d'Or Pierre Aïm

La cérémonie des César est boycottée par l'équipe, qui s'oppose à ce type de récompenses : seul Hubert Koundé s'y rend[17].

Nominations[modifier | modifier le code]

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Le film obtient les nominations et sélections suivantes :
Année Cérémonie ou récompense Prix Nommé(e)s
1995 Festival de Cannes Sélection officielle
Festival international du film de Thessalonique Sélection officielle
1996 Cérémonie des César César du meilleur acteur Vincent Cassel
César de la meilleure photographie Pierre Aïm
César du meilleur réalisateur Mathieu Kassovitz
César du meilleur son Dominique Dalmasso, Vincent Tulli
César du meilleur scénario original ou adaptation Mathieu Kassovitz
César du meilleur espoir masculin Vincent Cassel
César du meilleur espoir masculin Hubert Koundé
César du meilleur espoir masculin Said Taghmaoui

Sélections[modifier | modifier le code]

Les réalisateurs Lukas Moodysson et Tian Zhuangzhuang ont placé le film respectivement en 4e et 7e places de leurs classements Sight and Sound Poll[61]. Le magazine Empire le place en 32e position des 100 meilleurs films de l'histoire du cinéma, s'étonnant au passage qu'il n'en existe aucun remake américain[62].

Analyses[modifier | modifier le code]

Générique d'ouverture[modifier | modifier le code]

Plusieurs séquences du générique d'ouverture du film, dont la première dans laquelle un homme seul fait face à des CRS, sont des images issues d'une émeute s'étant déroulée à Rouen dans le quartier des Sapins, en janvier 1994[63]. Le générique entier s'appuie sur des images d'archives d'émeutes urbaines en France, montées sur la musique Burnin' and Lootin' de Bob Marley[1]. Il dure plus de 4 minutes et énumère chacun des noms des personnes de l'équipe du tournage, comme il est généralement de mise pour un générique de fin[52].

Pour faire le générique de début du film, Kassovitz regarde plusieurs dizaines d’heures de vidéo, en particulier des archives de journaux télévisées des dix années précédant le tournage[14].

Le générique est divisé en trois parties principales. Dans la première, on voit des camions de CRS et des jeunes personnes, souvent des étudiants. Les étudiants commencent par manifester pacifiquement et danser, mais à la fin de la scène, ils pillent une banque. Dans la deuxième section du générique, on se concentre sur des violences individuelles, en particulier avec des images des manifestations qui ont suivi les morts de Malik Oussekine et Makomé M’Bowolé. Enfin, la troisième section est la seule produite à partir d'images de nuit et de banlieue, et commence par l’incendie d’un centre commercial. La violence est plus visible que dans les deux sections précédentes. Aux deux tiers de cette dernière séquence, la musique baisse en volume et des cris et bruits de verre brisé commencent à se faire entendre. À la toute fin du générique, on entend une présentatrice de journal télévisé. La section se termine avec la présentatrice face caméra et une photo d’Abdel-Aziz Shokair, annoncé comme étant dans le coma et à l’hôpital[64].

Utilisation du noir et blanc[modifier | modifier le code]

Mathieu Kassovitz tient absolument à faire un film en noir et blanc. Les producteurs insistent cependant pour qu'il soit tourné en couleur puis passé en noir et blanc plutôt que filmé directement en noir et blanc[25]. En effet, TF1 refuse de passer le film en noir et blanc à la télévision sauf en cas de grand succès en salles, et il s'agit de ne pas se priver d'une diffusion à la télévision[52]. Dans un premier temps, le film est donc tourné en couleur avec l'intention d'en produire deux versions différentes. Or, le noir et blanc a beaucoup de succès à la sortie du film, et est adopté à la télévision, aussi la version en couleur ne voit jamais le jour[17].

L'objectif du noir et blanc est d'avoir un rendu plus distancié, qui évoque les images d'actualité de période de guerre[1]. Kassovitz filmant « ce qu'on voit tout le temps à la télévision », il souhaite le rendre exceptionnel, différent de ce que les yeux voient, avec l'utilisation du noir et blanc. Ainsi, le procédé de réalisation permet une narration plus fluide et plus libre, moins encombrée de réalisme[3]. Le choix du noir est blanc est également un hommage à Raging Bull et She’s Gotta Have It, deux films que Kassovitz aime particulièrement. Il permet enfin de mieux mettre en valeur les différences de couleur de peau des protagonistes, en particulier de la peau de Hubert : dans la première scène où il apparaît, son corps est enduit d’huile afin de mieux réfléchir la lumière. Certaines scènes sont filmées en respectant les codes esthétiques du film noir : elles mettent toujours Vincent Cassel en valeur[65].

Vingt ans plus tard, Kassovitz explique le statut culte du film : « c'est le noir et blanc, [le fait que le film n'ait pas pris une ride]. Tu mets les photos de Doisneau en couleur, c'est pas pareil »[6]. Il fait également remarquer que le budget du film n'aurait pas permis un traitement parfait de la vidéo en couleur[14].

Marqueurs temporels[modifier | modifier le code]

Une horloge s'affiche régulièrement : le film couvre une période d'un peu moins de 24 heures, et l'horloge replace souvent l'heure à laquelle les scènes ont lieu[52]. L'heure affichée n'est cependant pas toujours cohérente : par exemple, entre 15 h 57 et 17 h 4, les protagonistes sont censés être allés à l’hôpital, Saïd est arrêté puis relâché, Hubert rentre chez lui, les jeunes écoutent un DJ puis Vinz part faire les courses et coupe les cheveux de Saïd[66].

Références à d'autres œuvres et caméos[modifier | modifier le code]

L'affiche du film Taxi Driver de Martin Scorsese.

Plusieurs scènes du film s'inspirent d'autres œuvres, à commencer par une des scènes d'ouverture au début du film, où Saïd demande à la sœur de Vinz de lui dire de descendre et qu'elle répond « Et pour quoi faire ? », comme dans un sketch des Inconnus nommé La Zup. Plus tard dans le film, une nouvelle référence aux Inconnus est insérée, cette fois avec le sketch La Quête et plusieurs mendiants demandant de l'argent aux protagonistes dans le métro à tour de rôle[17]. Vinz cite le personnage de Robert De Niro dans le film Taxi Driver de Martin Scorsese (« you talkin' to me? ») devant son miroir[14], et Saïd appelle régulièrement Hubert « cousin Hub », réplique des Visiteurs[17]. Enfin, lorsque Vinz, Saïd et Hubert sont dans Paris, ils passent devant une affiche publicitaire qui a pour slogan Le monde est à vous, une référence à la devise de Tony Montana dans Scarface, The World Is Yours[17],[67]. Kassovitz s'appuie sur l'esthétique et beaucoup de références du cinéma américain de l'époque, entre autres Spielberg, Coppola et Kubrick[6].

Le réalisateur Mathieu Kassovitz apparaît en caméo dans le rôle du skinhead qui, au cours d'une bastonnade, se retrouve face au canon du revolver de Vinz[17]. Christophe Rossignon, le producteur du film, tient un petit rôle en chauffeur de taxi, en référence à un ancien métier de jeunesse[17]. Au cours de l'exposition de peinture, Hubert aborde une jeune fille, qui lui demande « On ne se serait pas déjà vu quelque part ? » : il s'agit de Julie Mauduech, épouse de Mathieu Kassovitz à l'époque du film, qui jouait son amante dans le film précédent du réalisateur[17].

Éditions en vidéo[modifier | modifier le code]

Édition francophone[modifier | modifier le code]

En 1996, Studio Canal+ édite une cassette VHS du film et une cassette VHS qui contient le film et deux courts-métrages. Elle est rééditée en 1997 par Attica. Une version laserdisc est aussi éditée par Studio Canal+. En 1998, la cassette VHS est rééditée par Studio Canal+[68]. Un nouveau DVD est édité en 2006 et en 2012[68].

L'année suivante, Studio Canal+ édite un DVD avec des doublages en français, espagnol et italien. Le DVD inclut en bonus les bandes-annonces du film, les coulisses du tournage, des filmographies, des commentaires audio, le court métrage Cauchemar blanc, des scènes en couleurs, les affiches étrangères et les projets d'affiches non retenus[68]. En 2001 sort un DVD en français, espagnol, italien et allemand qui inclut des filmographies, le court métrage Cauchemar blanc, des plans non-montés en couleur, des affiches dans le monde et projets d'affiches, les bandes-annonces du film et deux making-of du film. La même année, le film est réédité sur cassette[68]. En 2012, France Télévisions édite un DVD qui inclut les bandes-annonces du film[68].

En 2005, Studio Canal+ édite un coffret DVD collector qui contient 3 DVD. Le coffret inclut des commentaires audio de Matthieu Kassovitz et Vincent Cassel, un documentaire exclusif sur les 10 ans du film, un court métrage hommage de l'équipe de Kourtrajmé, un reportage sur les lieux du tournage, une galerie photos, un making-of, des filmographies et des vidéos des coulisses du tournage[68]. En 2011, le film est édité en DVD dans le coffret Arte, 20 ans de cinéma qui contient 15 films[68],[69].

Édition américaine[modifier | modifier le code]

La Haine sort sur cassette aux États-Unis en 1996, mais ne sort pas sur DVD avant la Criterion Collection de 2007, en deux disques[14]. En mai 2012, le film sort en Blu-ray. Le DVD inclut un commentaire audio par Kassovitz, une présentation par Jodie Foster, un documentaire qui regroupe le casting et l'équipe du film dix ans après sa sortie, et des scènes coupées du film[14].

Postérité[modifier | modifier le code]

Carrière de l'équipe du film[modifier | modifier le code]

Le film suivant de Mathieu Kassovitz, Assassin(s), évoque la responsabilité des médias dans les violences quotidiennes. Il reçoit un accueil critique particulièrement négatif, que Kassovitz justifie en affirmant que quel que soit le film qui venait après La Haine, il ne pouvait être que mal accueilli. Le long-métrage qui suit Assassin(s) est Les Rivières pourpres, qui assoit la réputation de Kassovitz et lance sa carrière à Hollywood, tandis qu'il se construit en parallèle une carrière d'acteur, entre autres en jouant le rôle masculin principal du Fabuleux destin d'Amélie Poulain[70].

Vincent Cassel lance sa carrière avec La Haine, tournant ensuite dans des films internationaux ainsi que sous la direction de Kassovitz dans Les Rivières pourpres. Ce n'est pas le cas de Saïd Taghmaoui et Hubert Koundé, qui sont relégués dans la niche des « acteurs de couleur » du cinéma français. Taghmaoui démarre une bonne carrière à l'étranger, dans des rôles cependant stéréotypés d'« Arabe », et Koundé reçoit un certain nombre de propositions de rôles, mais toujours dans un rôle de dealeur ou de boxeur : il les refuse toutes[71].

« Film culte » et références dans la presse[modifier | modifier le code]

Les 8 et 9 juin 1995, une émeute a lieu à Noisy-le-Grand à la suite de la mort de Belkacem Belhabib pendant une course-poursuite avec la police. France-Soir intitule son article du 9 juin « Noisy-la-Haine ». L’émeute n’est probablement pas liée au film et les tensions avec la police et émeutes urbaines en banlieues sont récurrentes pendant l’ensemble des années 1990[72].

En 2017, Le Figaro qualifie le film de culte, ayant « marqué [...] toute une génération »[22]. Le magazine Première reprend la même expression : « un film coup de poing, encore culte aujourd'hui, 20 ans après sa sortie »[73]. Pour les universitaires, il s'agit également d'un « film devenu culte » qui reste un sujet d'étude quinze ans après sa sortie[74].

Projet d'une suite au film[modifier | modifier le code]

À la suite des attentats de janvier 2015 en France, dont celui contre Charlie Hebdo, Kassovitz affirme vouloir faire une suite, mais il revient rapidement sur ses propos. Il justifie ce revirement en affirmant que les attentats sont « un domaine dans lequel il n'y avait rien à dire. Les infos disent tout et font très bien le travail »[11]. En réponse aux premiers propos, Vincent Cassel répond qu'il s'agit d'une « bonne idée »[18].

Le , il met en avant l'artiste JR, et affirme que « c'est lui qui doit réaliser la suite de La Haine et reprendre le flambeau auprès des jeunes » dans une interview accordée à L'Express. JR affirme préférer d'autres modes d'expression que le film pour transmettre un message proche de celui de La Haine[22].

Musique[modifier | modifier le code]

L'album hommage au film La Haine, musiques inspirées du film, sort le 12 mai 1995[75]. Il inclut la chanson Sacrifice de poulets du groupe Ministère A.M.E.R., qui fait l'objet d'une plainte du ministre Jean-Louis Debré[17].

Le clip Dans l'appart du chanteur Jul, dans lequel l'on voit un élu venu visiter la cité avec des journalistes chassés à coup de pierres lancées depuis le toit d'un immeuble par les jeunes du quartier, s'inspire fortement d'une scène du film[76].

Notes et références[modifier | modifier le code]

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  2. Alan J. Singerman et Michèle Bissière, Le Cinéma français contemporain: Manuel de Classe, Hackett Publishing, (ISBN 9781585108619, lire en ligne)
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  75. « La Haine: Musiques Inspirees du Film », sur Last.fm (consulté le 25 février 2018)
  76. « Jul s'inspire du film « La Haine » pour le clip de « Dans l'appart » [vidéo] », mouv',‎ (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie et conférences[modifier | modifier le code]

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