Son diégétique et extradiégétique

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En narratologie, on distingue :

  • le son diégétique : son faisant partie de l'action, pouvant être entendu par les personnages du film ; qui relève de la narration (ou diégèse) ;
  • le son extradiégétique : qui est extérieur à la narration, son ne faisant pas partie de l'action, comme la musique d'ambiance faite par les orchestres.

Michel Chion appelle la musique d'ambiance « musique de fosse », en référence à l'opéra, et l'oppose à la « musique d'écran », celle que les personnages peuvent entendre ou jouer eux-mêmes.

Article détaillé : Diégèse.

Une frontière floue[modifier | modifier le code]

Un des grands principes de la création artistique est de jouer avec les conventions[réf. nécessaire]. De fait, les réalisateurs introduisent volontairement des situations ambiguës :

  • voix intérieure : il ne s'agit pas de sons audibles par les personnages, mais ils font partie de l'action en représentant les pensées d'un personnage ; à l'inverse, la voix off est extradiégétique ;
  • passage diégétique-extradiégétique : on peut avoir une musique extradiégétique (musique d'ambiance accompagnant une scène) qui devient diégétique (dans la scène suivante, elle est jouée par des musiciens ou sort d'un appareil) ; le glissement est parfois mis en évidence par une variation de la qualité du son : par exemple la musique d'ambiance extradiégétique a une grande qualité sonore, alors que la musique diégétique sortant de la radio présente des grésillements, comme par exemple dans la scène d'ouverture de Harry, un ami qui vous veut du bien (Dominik Moll, 2000) ;
  • son d'une scène ne correspondant pas à ce qui est filmé : par exemple, si deux actions se déroulent en parallèle mais à des endroits différents, on peut avoir des sons d'une scène qui sont calqués sur l'autre scène ;
    ou encore, une personne raconte une scène, et l'on montre les images de la scène narrée avec toujours la voix de la narratrice ; la voix est extradiégétique puisqu'elle est extérieure aux images montrées (voix off), mais elle est diégétique puisqu'elle correspond à la scène vécue par les personnages qui racontent et écoutent la scène (au fond, ne sont-ce pas les images qui sont extradiégétiques ?) ;
    les exemples sont nombreux, par exemple dans Usual Suspects (Bryan Singer, 1995), la déposition de Verbal Kint se superpose aux images des scènes qu'il narre.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]