La Nuit du 12

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La Nuit du 12

Réalisation Dominik Moll
Scénario Dominik Moll
Gilles Marchand
Acteurs principaux
Sociétés de production Haut et Court
Versus Production
Pays de production Drapeau de la France France
Drapeau de la Belgique Belgique
Genre Thriller
Durée 114 minutes
Sortie 2022

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

La Nuit du 12 est un thriller franco-belge réalisé par Dominik Moll sorti en 2022[1].

L'intrigue est basée sur un fait réel décrit dans le livre 18.3 - Une année à la PJ de Pauline Guéna, publié en 2021.

Synopsis[modifier | modifier le code]

À la PJ, chaque enquêteur tombe un jour ou l’autre sur un crime qu’il n’arrive pas à résoudre et qui le hante. Pour Yohan, c’est l'assassinat de Clara, brûlée vive une nuit alors qu'elle revenait d'une fête entre amies.

Les interrogatoires se succèdent, les suspects ne manquent pas, et les doutes de Yohan ne cessent de grandir. Une seule chose est certaine, le crime a eu lieu la nuit du 12.

Résumé détaillé[modifier | modifier le code]

La nuit du , les inspecteurs de la PJ de Grenoble fêtent le départ à la retraite de leur chef. C'est Yohan Vivès qui reprend son poste. Cette même nuit, à Saint-Jean-de-Maurienne, Clara Royer, 21 ans, quitte la maison dans laquelle elle participait à une soirée entre amies, pour rentrer chez elle. Sur le chemin, elle envoie une vidéo à Stéphanie, sa meilleure amie. Juste après, elle rencontre un homme qui l'asperge d'essence et lui met le feu.

C'est la PJ de Grenoble, et non la gendarmerie de Saint-Jean-de-Maurienne, qui se voit confier l'enquête. Après avoir identifié la victime et prévenu ses proches, ils font, avec l'aide de Stéphanie, la liste des hommes que fréquentait la victime et commencent à les interroger. Yohan et son collègue Marceau sont particulièrement choqués par la mort affreuse de Clara Royer, ainsi que par son jeune âge. Marceau fait remarquer que ce sont presque toujours des femmes que l'on tue ainsi, en les brûlant vives.

Aucun des interrogatoires avec les différents « ex » de Clara ne permet de trouver le coupable, même si l'un d'eux a écrit après leur rupture une chanson rap dans laquelle il menace Clara de la « cramer ». Il jure qu'il serait incapable de passer à l'acte. Les inspecteurs de la PJ reçoivent, dans un courrier anonyme, un briquet. L'auteur de l'envoi s'avère être un marginal qui connaissait Clara, mais il n'y a aucune preuve qu'il ait commis le crime.

Lors d'une rencontre avec Yohan, Stéphanie s'énerve à cause de ses questions répétées sur les relations masculines de Clara. Elle a le sentiment que Clara, de victime, devient coupable, coupable d'être une fille « pas compliquée », pour ne pas dire « facile », qui aurait joué avec le feu en multipliant les liaisons. Elle estime que Clara a été tuée parce qu'elle était une fille, qu'elle a été victime de féminicide.

Sur le lieu de la mort de Clara, des proches et des anonymes ont déposé divers objets pour témoigner de leur émotion à la suite de ce meurtre. Le père de Clara y trouve un tee-shirt avec une tache de sang, ce qu'il trouve suspect, et il fait parvenir l'objet aux inspecteurs. Le sang s'avère appartenir à un homme condamné pour violences conjugales, qui avait aussi eu une liaison avec Clara, mais que les inspecteurs ne parviennent pas à confondre. L'écoute de son téléphone montre par contre qu'il est violent avec sa compagne, qui refuse de le dénoncer. Marceau, révulsé, se rend chez lui et commence à le frapper. Yohan arrive pour le maîtriser, et à la suite de cet incident, Marceau est muté.

Près de trois années plus tard, une juge d'instruction (Anouk Grinberg) souhaite relancer l'enquête. Yohan lui avoue son découragement : même si aucun n'a pu être confondu, il a le sentiment que tous les hommes qu'il a interrogés étaient capables de commettre ce crime, et que, plus largement, ce qui est en cause, c'est « quelque chose qui cloche entre les hommes et les femmes ». Lui et la juge décident de mettre à profit le troisième anniversaire de la mort de Clara, pour faire une planque sur le lieu du crime, et pour dissimuler une caméra près de la tombe, dans l'espoir que le coupable se trahira. L'équipe, jusqu'alors très masculine, a intégré une jeune inspectrice, Nadia.

La planque ne donne rien, mais la caméra près de la tombe dévoile une scène étrange. Un homme inconnu se rend sur la tombe de Clara pendant la nuit, se met torse nu, s'allonge sur la tombe, puis se relève et profère de mystérieuses paroles. Une sourde ayant la pratique de la lecture labiale leur permet de savoir que l'inconnu chante une chanson en anglais. Nadia parvient à l'identifier, il s'agit d'un déséquilibré ayant un solide alibi, car il était interné en hôpital psychiatrique au moment du crime.

Le meurtre de Clara restera non élucidé.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Le tournage a lieu à l'automne 2021 à Saint-Jean-de-Maurienne et ses environs, notamment Villargondran[4], ainsi qu'à Grenoble, au vélodrome d'Eybens[5] et en région parisienne, où les bureaux de la PJ ont été reconstitués dans un bâtiment abandonné[6]. La scène finale est filmée dans la vallée des Villards et montre les derniers kilomètres vers le col du Glandon, alors même que la voix off de Yohan parle du col de la Croix-de-Fer.

Accueil[modifier | modifier le code]

Critique[modifier | modifier le code]

La Nuit du 12
Score cumulé
SiteNote
Allociné4.3 étoiles sur 5
Compilation des critiques
PériodiqueNote
Bande à part5 étoiles sur 5
Le Figaro5 étoiles sur 5
La Voix du Nord5 étoiles sur 5
Positif5 étoiles sur 5
Le Parisien5 étoiles sur 5
Ecran Large4 étoiles sur 5
Les Fiches du cinéma4 étoiles sur 5
Les Inrockuptibles4 étoiles sur 5
Première4 étoiles sur 5
Le Point4 étoiles sur 5
Télérama4 étoiles sur 5
La Septième Obsession3 étoiles sur 5

En France, le site Allociné donne une moyenne de 4,4/5 pour un recensement de 37 titres de presse[7].

Les critiques sont globalement très positives pour ce thriller franco-belge. C'est un carton plein pour Bande à part avec pour commentaire que « la mise en scène graphique, la multiplicité de nouveaux visages d'acteurs, la vigueur du ton employé, sa justesse et la musique originale viennent compléter l'excellence de La Nuit du 12 »[8]. « Un polar remarquable » pour La Voix du Nord, « le film français le plus fort de l’année » pour Le Figaro, la revue Positif indique que « la précision du tableau inscrit le film dans la lignée de L.627 de Bertrand Tavernier, modèle de ces films criminels réalistes qui montrent le travail quotidien de la police, très éloigné de la mythologie longtemps véhiculée par le cinéma »[9],[10]. Le site Écran large rejoint aussi cette analyse : « grand polar, sublime désespoir, pour une obsession de cinéma qui hante longtemps le spectateur »[11].

Première constate également « un casting remarquable qui participe grandement à cette quête d’authenticité érigée ici en priorité », et rajoute un petit commentaire politique sur l'actualité en parlant du film comme d'un « plaidoyer [brillant] pour la sauvegarde d'un service public en péril »[12]. Pour les Fiches du cinéma, « si la « morale de l'histoire » peut prêter à discussion, cette quête sans issue n'en est pas moins captivante »[13].

Dans Le Masque & la Plume, Michel Ciment l'a trouvé "tellement beau" qu'il ne comprend pas son absence en compétition à Cannes[14]. Il a particulièrement été touché par "la mise en scène de tous les interrogatoires, à la fois des témoins et des suspects, passionnants, et d'une sobriété exemplaire. Tout en réussissant à transposer l'action qui se passait dans la région parisienne dans les paysages de montagne. Le rôle de la nature et du paysage est très important dans le film. Il s'inscrit même dans la lignée de ce que Tavernier avait commencé avec "L627" qui introduisait déjà cette espèce de réalisme du quotidien de la PJ"[14].

Box-office[modifier | modifier le code]

Au bout d'une première semaine d'exploitation, le long-métrage réalise 96 667 entrées, dont 3 600 en avant-première. Il devance la comédie française Irréductible (77 347) et suit le biopic Elvis (103 645)[15]. Presque 6 000 entrées en un peu plus d'un mois à Grenoble[16].

Distinction[modifier | modifier le code]

Sélection[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « La Nuit du 12 » : l'envoûtement de Dominik Moll, sur lesechos.fr, consulté le 21 mai 2022
  2. « Festival de Cannes 2022 - Programmation », sur Festival de Cannes (consulté le )
  3. « Festival de Cannes 2022 - Rétrospective », sur Festival de Cannes (consulté le ).
  4. « Le film La Nuit du 12 tourné en Maurienne, sélectionné à Cannes », sur Le Dauphiné libéré, (consulté le )
  5. « La Nuit du 12 », sur Auvergne-Rhône-Alpes Cinéma (consulté le )
  6. « La Nuit du 12, Dominik Moll sur les traces d'un cold case entêtant », sur Festival de Cannes, (consulté le )
  7. Allociné, « La Nuit du 12 » (consulté le )
  8. Olivier Bombarda, « La Nuit du 12 - Parce que je suis une femme », sur Bande-a-part.fr, (consulté le )
  9. Christophe Caron, « Sortie ciné : La Nuit du 12, regarde les femmes tomber », sur La Voix du Nord, (consulté le )
  10. Etienne Sorin, « Notre critique de La Nuit du 12: l'incarnation du mâle », sur Le Figaro, (consulté le )
  11. Simon Riaux, « La Nuit du 12 : critique du polar qui brûle tout sur son passage », sur ecranlarge.fr, (consulté le )
  12. Thierry Chèze, « La Nuit du 12 », sur Première (consulté le )
  13. Roland Hélié, « La Nuit du 12 de Dominik Moll », sur Les Fiches du cinéma, (consulté le )
  14. a et b « "La Nuit du 12" de Dominik Moll : "une réussite majeure à voir absolument " selon Le Masque », sur France Inter, (consulté le ).
  15. Vincent Formica, « Box-office France : Thor 4 fait parler la foudre », sur Allociné, (consulté le )
  16. « "La nuit du 12" : un film réaliste en partie tourné à Grenoble qui continue d'attirer le public », sur ici, par France Bleu et France 3, (consulté le )

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]