Un monde sans pitié
| Réalisation | Éric Rochant |
|---|---|
| Scénario | Éric Rochant et Arnaud Desplechin |
| Acteurs principaux |
Hippolyte Girardot Mireille Perrier Yvan Attal |
| Pays de production |
|
| Genre | Comédie romantique |
| Durée | 84 minutes |
| Sortie | 1989 |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
Un monde sans pitié est un film français réalisé par Éric Rochant — son premier long métrage — sorti le . Il fut considéré par certains sociologues comme le « film d'une génération »[1]. Comédie sentimentale, il raconte l'histoire d'amour naissante entre un jeune homme désabusé, vivant au jour le jour et sans travailler, joué par Hippolyte Girardot et une étudiante à Normale Sup, jouée par Mireille Perrier.
Synopsis
[modifier | modifier le code]Trentenaire désabusé, Hippo construit sa vie entre son amour de l'idéal féminin et ses idéaux populaires et militants. À l'aube des années 1990, il est issu de cette génération post-soixante-huitarde qui assiste sans espoir au déclin d'une France dominée par la crise économique et sociale, un monde où peut-être l'amour reste l'unique aventure salutaire. Il vit au jour le jour, satisfaisant ses besoins primaires, mais cumulant les déconvenues et subissant de nombreuses blessures d'amour-propre. Il veille sur son frère Xavier, lycéen, qui l'entretient en trafiquant du cannabis, et met de l'animation dans sa vie en invitant ses comparses à des soirées dans leur grand appartement parisien. Hostile à toute forme de changement, volage, il tombe cependant amoureux de Nathalie Rozen, étudiante à l'École normale supérieure, qui intellectualise son existence. Le choc de leurs deux modes de vie constitue l'intérêt de leur rencontre et révèle l'impossibilité pour Hippo de partager ses sentiments, peurs et espoirs. Halpern, son alter ego négligent et désabusé au possible, partage ses moments de sincérité, mais lui renvoie une image négative qui le confine dans ses angoisses.
Fiche technique
[modifier | modifier le code]- Titre : Un monde sans pitié
- Réalisation : Éric Rochant
- Scénario : Éric Rochant, participation d'Arnaud Desplechin
- Photographie : Pierre Novion
- Montage : Michèle Darmon
- Musique : Gérard Torikian
- Son : Michael Obst
- Costumes : Zélia Van den Bulke
- Producteur : Alain Rocca
- Sociétés de production : Les Productions Lazennec
- Pays de production : France
- Genre : comédie romantique
- Durée : 84 minutes
- Date de sortie :
- France :
Distribution
[modifier | modifier le code]- Hippolyte Girardot : Hippo
- Mireille Perrier : Nathalie
- Yvan Attal : Halpern
- Jean-Marie Rollin : Xavier
- Hervé Falloux : Denis
- Cécile Mazan : Francine
- Patrick Blondel : J.F., le barman
- Anne Kessler : Adeline
- Aline Still : La mère
- Paul Pavel : Le père
- Paul Bisciglia : L'homme de L'Humanité
- Marc Béhin : un de joueurs de poker
- Patrick Pineau : un des joueurs de poker
- Pierre Trabut : un des joueurs de poker
- Yves Boonen : normalien, ami de Nathalie
- Jean-Luc Porraz : normalien, ami de Nathalie
- Vincent Vallier : normalien, ami de Nathalie
- Maryse Meryl : la contractuelle
- Biana : la secrétaire de Normale Sup
- Bernard Mazzinghi : le releveur du compteur EDF
- Jean Clément : le portier du District
Production
[modifier | modifier le code]C'est le premier long métrage produit par Les Productions Lazennec d'Alain Rocca dont la société n'avait auparavant produit que des courts métrages, dont le dernier d'Éric Rochant, Présence féminine sorti en 1987 et dont le succès pousse, en 1988, Alain Rocca et Adeline Lécallier à produire un long métrage[2].
La production connait des problèmes financiers et doit s'arrêter 3 semaines après le tournage des scènes en studio. Le montage de rushs permettra de convaincre des partenaires dont Gérard Mital qui devient alors coproducteur et qui travaille pour UGC qui sera le distributeur du film, permettant ainsi d'achever le tournage[2].
Le film a couté une douzaine de millions de francs[2] (environ 3,5 millions d'euros de 2024)[3].
Lieux de tournage
[modifier | modifier le code]Les scènes d'intérieur sont presque toutes tournées en studio[2]. Une scène est tournée au grand magasin Printemps République[4].
Pour les scènes extérieures, le film est tourné à Paris, principalement dans le 5e et 6e arrondissement, avec les scènes finales tournées à l'Aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle (Terminal 2).
Parmi les scènes parisiennes, on peut citer :
- Rue des Carmes (6e arrondissement) : scènes d'introduction avec la voix off d'Hippo
- Rue de Médicis (5e arrondissement) : scènes d'introduction avec la voix off d'Hippo et le travelling sur la terrasse du bar Le Rostand
- Place du Panthéon (6e arrondissement) : Hippo passe avec sa Peugeot 404 devant le n°1 de la place (à l'arrière du Panthéon, coté est) et voit Nathalie attendre le bus, s'arrête et lui propose de la raccompagner chez elle (l'arrêt de bus n'existe plus en 2025)[5]
- Rue Soufflot (5e arrondissement) : Hippo et Halpern descendent la rue et rentrent dans un fast-food[5] Free Time (aujourd'hui un Burger King)
- Jardin du Luxembourg (6e arrondissement) : rendez-vous entre Hippo et Nathalie
- Avenue Richerand avec une entrée de l'hôpital Saint-Louis en arrière plan (10e arrondissement): altercation entre Hippo et une pervenche
- Rue Monsieur-le-Prince (6e arrondissement): Hippo et Nathalie s'embrassent dans la rue[5]
- Rue du Faubourg-du-Temple et carrefour avec la rue Yves-Toudic (10e arrondissement) : Hippo rejoignant son frère au Printemps République pour le prévenir qu'il est suivi par la police
- Quai de Conti (6e arrondissement): à 1h19, des policiers immobilisent le véhicule d'Hippo et embarquent celui-ci dans leur fourgon[5]
Distinctions
[modifier | modifier le code]Prix
[modifier | modifier le code]- Prix Louis-Delluc en 1989
- César du meilleur premier film en 1990
- César du meilleur espoir masculin 1990 et prix Michel-Simon 1989 pour Yvan Attal
- Prix FIPRESCI au Festival de Venise
Nominations
[modifier | modifier le code]Le film a été par ailleurs en compétition pour cinq autres César du cinéma 1990 :
- César du meilleur film
- César du meilleur acteur pour Hippolyte Girardot
- César du meilleur espoir féminin pour Mireille Perrier
- César du meilleur scénario
- César de la meilleure musique originale
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Jean-Paul Fitoussi, Pierre Rosanvallon, Le nouvel âge des inégalités, Éditions du Seuil, , p. 35
- [vidéo] La Cinetek, « Alain Rocca à propos d'Un monde sans pitié d'Eric Rochant », sur YouTube
- ↑ Par le convertisseur en ligne de l'Insee
- ↑ Remerciements au Printemps République dans le générique de fin
- "Un monde sans pitié (1989)" sur le site L2TC, Lieux de Tournage Cinématographique
Liens externes
[modifier | modifier le code]- Ressources relatives à l'audiovisuel :