Affaire Malik Oussekine

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Affaire Malik Oussekine
Plaque commémorative sur le trottoir devant le 20 de la rue Monsieur-le-Prince.
Plaque commémorative sur le trottoir devant le 20 de la rue Monsieur-le-Prince.

Type Violence policière
Pays Drapeau de la France France
Localisation Paris
Coordonnées 48° 51′ 00″ nord, 2° 20′ 23″ est
Date
Résultat Mort de Malik Oussekine
Bilan
Morts 1

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Affaire Malik Oussekine

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Affaire Malik Oussekine

L’affaire Malik Oussekine est une affaire de violence policière française résultant de la mort de Malik Oussekine, dans la nuit du au à Paris, après plusieurs semaines de contestation étudiante contre le projet de réforme universitaire Devaquet.

Dès le lendemain du décès, le samedi matin, les étudiants sont reçus au ministère de l'Intérieur et organisent une marche silencieuse, tandis que le ministre délégué Alain Devaquet présente sa démission.

Deux jours après, le projet de loi Devaquet est retiré. Quatre jours après, le mercredi 10 décembre, d'autres marches silencieuses ont lieu partout en France, les syndicats de salariés appelant à s'y rendre et amenant leurs services d'ordre.

Deux des trois policiers qui ont frappé mortellement Malik Oussekine seront ensuite jugés et condamnés.

La victime[modifier | modifier le code]

Malik Oussekine
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Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 22 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Père-Lachaise - Division 75 - Malik Oussekine 02.jpg
Vue de la sépulture.

Né le 18 octobre 1964 [1], Malik Oussekine a 22 ans au moment de son décès, avec en poche une carte de l'association sportive de l'Université de Dauphine. Il est révélé plus tard qu'il est étudiant à l’École supérieure des professions immobilières (ESPI). Quelques mois après sa mort, la presse évoque ses démarches pour devenir prêtre[2], sa sœur Sarah Nassera confirmant : « il voulait devenir prêtre jésuite et il avait toujours sa Bible sur lui »[3].

Malik Oussekine a perdu en 1978 son père, Miloud Oussekine[4], qui avait combattu dans les troupes françaises durant la Seconde Guerre mondiale avant de retourner en Algérie pour s'y marier puis revenir aussitôt en France pour gagner sa vie dans les mines de charbon de Thionville, en Lorraine[4], puis successivement comme maçon et comme chauffeur routier[4]. Sa femme Aïcha l'a rejoint en Lorraine en 1953[4]. La famille s'est ensuite installée à Meudon la Forêt, où grandissent les sept enfants avec le soutien du grand frère Mohamed[4].

Dernier-né, Malik Oussekine surmonte ses problèmes de santé pour pratiquer de nombreux sports. Sous dialyse en janvier 1986, il s'entraîne trois fois par semaine au basket-ball à Boulogne-Billancourt, en s'essayant aussi à la guitare, car il adore la musique[4].

Sa sœur Sarah Oussekine travaille dans le tourisme[5] et s'investit dans la « Maison des Femmes de Paris » avant de fonder en 1995 une association féministe dans sa commune de résidence, à Saint-Denis, "Voix d'elles rebelles"[5]. Son attachement à la cause des femmes remonte à ses lectures, Benoîte Groult et Le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir, qui « parlait de la condition féminine comme moi je pouvais la ressentir par rapport aux femmes algériennes »[5].

Malik Oussekine est enterré au cimetière du Père-Lachaise à Paris (division 75), depuis le .

Le contexte[modifier | modifier le code]

Le service d'ordre étudiant en difficulté[modifier | modifier le code]

Les points faibles détectés par la commission d'enquête parlementaire[modifier | modifier le code]

La commission d'enquête parlementaire sur les événements de novembre et décembre 1986 a souligné les incidents qui ont entaché la fin de la dernière manifestation organisée avant le décès de Malik Oussekine, le 4 décembre[6] sur l'Esplanade des Invalides et dénoncé le retard des télévisions à les identifier et les signaler. À 19 h 37 cependant, une dépêche de l'Agence France-Presse signale que « des incidents sporadiques se poursuivent depuis 18 h 45 quai d'Orsay ou 2 à 3 000 manifestants tentent de franchir un important barrage de gendarmes mobiles qui interdisent l'accès à l'Assemblée nationale »[6]. Une autre, de l' Associated Press, à 20 h 20 rapporte que « des projectiles ont été lancés contre les CRS » mais cite des membres du service d'ordre des étudiants selon lesquels « il s'agit en fait d'une cinquantaine d'agitateurs », témoignant d'une sous-estimation du danger[6].

Le service d'ordre étudiant, qui a déployé trois cordons cumulés pour isoler les CRS des manifestants du côté du Pont Alexandre III[6], paraît ainsi débordé du côté du quai d'Orsay, ou même noyauté par des éléments violents.

Le stress causé par les assauts du Gud des 26 et 27 novembre[modifier | modifier le code]

Le service d'ordre étudiant a dû élargir son recrutement pendant la semaine précédent la manifestation du 4 décembre. Dès le 26 novembre, une trentaine de militants d'extrême droite du Groupe union défense (GUD), avaient attaqué une assemblée générale à Jussieu qui préparait la manifestation étudiante du lendemain contre le projet de loi Devaquet[7]. Elle est visée, boulevard Saint-Germain[8], par une nouvelle attaque d'une centaine de militants du GUD, vers 14h30[9], armés de barres de fer et casqués, à coups de cocktails Molotov[10],[7].

La veille de la manifestation du 4 décembre, le GUD attaque cette fois la Sorbonne[9].

En réaction, un service d'ordre étudiant réunit plusieurs centaines de « T-shirts blancs »[11], eux aussi armés de battes de baseball, qui se veut mobile et attire aussi des éléments violents qui changent leur fusil d'épaule en fin de manifestation[12].

Les tensions sur l'Esplanade des Invalides[modifier | modifier le code]

Dans l'édition du 6-7 décembre du quotidien Le Matin, Philippe Broussard et Jean-Marie Anciant citent un membre du service d'ordre affirmant qu'il « essayait d'en désarmer certains, mais ils se réfugiaient » chez les policiers, ainsi qu'un commandant de CRS dénonçant « des fautes commises par le service d'ordre des étudiants », en particulier le fait de s'être interposés « trop tard »[13].

L'UNEF ID avait installé une énorme sono avec un podium, accréditant la rumeur d'un prochain concert de Renaud et Bernard Lavilliers, reprise par France 2[6], mais qui n'aura jamais lieu. Dès 19 h, le journal de France-Inter diffusé en direct sur la sono fait état de pavés lancés sur les CRS[6], mais le président de l'UNEF ID, Philippe Dariulat, juché sur un podium[6], sous-estime l'incident, demandant aux manifestants de ne pas « tomber dans la provocation de Pasqua »[6] et d'attendre le retour de la délégation de la coordination étudiante reçue par René Monory. À 20 heures, son porte-parole David Assouline dénonce au micro l'échec de la rencontre, qui n'a duré qu'une demi-heure, après avoir boudé la conférence de presse prévue au ministère. À 20 h 35, on entend du podium les premiers tirs de bombes lacrymogènes. « Calmez vous, ce n'est rien... » hurle la sono [14].

Les polémiques sur les non-grévistes et Dauphine[modifier | modifier le code]

Au cours de la semaine qui a précédé le décès de Malik Oussekine, les polémiques ne concernent plus le projet de loi Devaquet mais la légitimité du mouvement. Le bureau dont la coordination nationale s'est dotée pour la première fois le 2 décembre est accusé d'extrémisme par la presse de droite.

Le 20 heures de TF1 du 1er décembre fait état de conflits entre grévistes et non grévistes à la Sorbonne et à Paris XII en raison de piquets de grève[6]. Le 2 décembre sur A 2, un reportage souligne ces mêmes conflits et évoque la difficulté à faire le décompte entre étudiants grévistes et non grévistes dans chaque université[6]. Un vote à bulletins secrets vient justement de commencer à Dauphine, l'une des universités parisiennes épargnées par la grève, comme l'ont souligné de nombreux médias qui en font l'éloge[15]. Les résultats sont donnés dans le Soir 3 du 2 décembre par Brigitte Berlioz-Houin, administratrice provisoire de l'université, qui avait organisé les jours précédent un cours de droit comparé des lois Faure (1968), Savary (1984) et Devaquet (1986) devant un millier d'étudiants[16] et conclu : « l'adoption du projet nous permettrait d'entrer dans la légalité » car Dauphine en effet sélectionne ses étudiants après le bac[16].

Le 20 heures d'Antenne 2 du 3 décembre relate aussi ce vote, qui a mobilisé 46 % des 5 201 étudiants inscrits[16] sur deux questions : « êtes-vous favorable ou défavorable au projet de loi Devaquet ? » (53,2 % ont répondu « défavorable ») et « êtes-vous pour ou contre la grève ? » (60,8 % ont répondu « contre »[16]), la première des deux réponses désarmant le gouvernement qui présentait Dauphine comme le soutenant.

L'affluence aux manifestations et la dégradation du climat[modifier | modifier le code]

Le climat entre étudiants et gouvernement se dégrade encore plus quand la polémique sur l'affluence aux manifestations culmine lors de celle du 4 décembre, qui défile jusqu'à 20h45 aux Invalides, après 8 km d'un parcours sinueux débuté depuis une place de la Bastille encore bondée un peu avant 17h. Laurent Joffrin, éditorialiste de Libération voit dans la différence entre les chiffres officiels et ceux des organisateurs l'une des causes essentielles de « l'engrenage fatal » du 4 décembre[6]. « Le vain mégotage du gouvernement » a « dressé les plus modérés contre lui » car « biaiser, minimiser, truquer les chiffres, ce n'était plus de jeu », écrit-il[6].

Les organisateurs revendiquent 500 000 manifestants à Paris le 27 novembre, soit cinq fois plus que les 92 000 de la police[6]. Les chiffres officiels montent à 192 000 le 4 décembre contre un million pour les organisateurs, Le Monde comptant 500 000, tandis que Libération titre « 800 000 et la matraque au bout »[6]. Invitée par les Renseignements généraux, la presse a rendu compte dans l'ensemble avec précision des méthodes de comptage des 18 fonctionnaires, placés à trois endroits différents du cortège[6], mais souvent pour relativiser leur efficacité. « Jamais on ne se sera autant compté sur le trajet d'une manif », constate Libération[6].

La dispersion du 4 décembre et la journée du 5 décembre[modifier | modifier le code]

François Cornet, en direct de l'Esplanade des Invalides pour France3 indique à 23 h 35 qu'elle a été vidée[6], les forces de l'ordre ayant chargé vers 22 h 30[6], après l'avoir arrosée de grenades lacrymogènes. Il y a une cinquantaine de policiers blessés, et 2 graves chez les étudiants, dont une main arrachée[6], alors qu'une autre l'avait déjà été à Brest. Des voitures flambent[6]. Les derniers irréductibles se replient aux cris de « Tous au Quartier Latin »[6] à la recherche d'une aire de refuge. Les manifestants fuient vers vers l'avenue de Breteuil, puis Montparnasse et Denfert-Rochereau[6]. Le mot d'ordre de se rassembler à la Sorbonne est donné dans la nuit par des étudiants réunis à Jussieu, au retour des Invalides, puis colporté[6].

Le lendemain, de 10 heures du matin à 14 h 30, de nombreuses assemblées générales se tiennent dans les universités et les lycées, note Libération du 6 décembre[6], pour qui « personne ne semble en mesure de maitriser la situation. Et surtout pas les 14 » du bureau de la coordination « dispersés aux quatre vents »[6]. Une partie du bureau se retrouve à la faculté de Tolbiac où devait se tenir une nouvelle coordination mais qui n'a « plus grand sens ». Elle se réunit finalement à 16 heures à Jussieu. Philippe Darriulat propose, sans succès, la désignation d'un « médiateur » pour sortir de la crise[6]. L'organisation. du service d'ordre la veille fait l'objet de nombreuses critiques[6]. À Jussieu, on lui reproche d'avoir été « débordé et de ne pas avoir suffisamment contrôlé le recrutement » et il est reconstitué « avec des personnes plus représentatives, à égalité, entre garçons et filles »[6]. À Tolbiac, c'est la coordination et les syndicats qui sont pris à partie[6]. L'AFP note que « l'extension du mouvement par un appel aux syndicats » de salariés « a été massivement rejetée »[6]. La FEN annonce son intention de lancer une pétition[6] tandis que la Fédération des conseils de parents d'élèves écrit à René Monory pour l'adjurer de « retirer un projet de loi que plus personne ne défend » en soulignant que son refus « portera la responsabilité des perturbations qu'il entraînera »[6].

Entre-temps, à la mi-journée, une manifestation sauvage, sans organisateurs, a quitté la Sorbonne pour un court périple sur la rive droite avant d'y revenir dans l'après-midi sans incidents[6]. Des orateurs invitent par mégaphone à un sit-in, puis les portes de la Sorbonne sont enfoncées : une partie des 2 500 manifestants y pénètrent[6]. L'amphithéâtre Richelieu est occupé puis peu à peu vidé[6]. Vers 22 heures, il n'y reste que moins de 400 personnes[6]. Le recteur échoue au dialogue avec elles car les interlocuteurs changent sans cesse[6]. Vers 22 heures 30, le recteur se dit prêt à signer la réquisition. Une CRS se tient en position d'attente aux alentours de la Sorbonne[6].

Les faits, dans la nuit du 5 au 6 décembre[modifier | modifier le code]

Intervention des voltigeurs après l'évacuation de la Sorbonne[modifier | modifier le code]

Dans la nuit du 5 au 6 décembre, les CRS reçoivent vers une heure du matin[4] l'ordre d'évacuer les groupes d'étudiants qui dormaient à l'intérieur de la Sorbonne. La CRS pénètre dans la Sorbonne, libérée 20 minutes après sans aucune résistance : quelques occupants sortent même en levant les bras. Mais vers minuit[4], un autre ordre a demandé aux voltigeurs motocyclistes de faire des rondes pour rechercher des prétendus « casseurs » au Quartier latin[17].

Les voltigeurs ont été remis en service par Robert Pandraud, ministre délégué à la Sécurité auprès du ministre de l'Intérieur, Charles Pasqua. Ce sont des policiers montés à deux sur une moto tout-terrain ; l’un conduit, l’autre est armé d’un « bidule », grande matraque de bois dur destinée à faire le vide au passage de la moto[18]. Ils ont pour mission de « nettoyer » les rues après les manifestations en pourchassant les « casseurs »[19]. Ce corps de police sera dissous à la suite de cette affaire.

Les coups portés à la victime, selon les témoins oculaires[modifier | modifier le code]

Vers minuit[4], trois voltigeurs prennent en chasse Malik Oussekine, qui vient de sortir du club de jazz[20] dont il était un habitué, rue Monsieur-le-Prince. Il croise Paul Bayzelon, 26 ans, fonctionnaire au ministère des Finances, qui rentre chez lui, au numéro 20. Paul Bayzelon lui ouvre la porte du hall. Tous deux viennent d'entrer quand un des policiers parvient à se glisser à l'intérieur lui aussi et ouvre à ses deux collègues. Selon le témoignage de Paul Bayzelon, les trois CRS rouent de coups de pied et de matraque, dans le ventre et dans le dos, Malik Oussekine, tombé à terre, qui leur dit pourtant qu'il n'a rien fait[21],[22].

Paul Bayzelon essaie de venir en aide au jeune mais il reçoit, lui aussi, des coups de matraque[21]. Il déclare dès le week-end à la télévision que les policiers « se sont précipités sur le type réfugié au fond et l’ont frappé avec une violence incroyable. Il est tombé, ils ont continué à frapper à coups de matraque et de pied dans le ventre et dans le dos ».

Un autre témoin « décrira des taches de sang sur les murs et des éclats de verre des plaques de boîte à lettres - brisées », et le patron de l'hôtel Stella des CRS « dans un état incroyable (...) hurlant des ordres comme à la guerre »[23]. Selon Christopher Hawkins, qui a tout vu depuis sa chambre de l'hôtel Saint-Paul, les CRS « l'ont projeté à plusieurs mètres et il s'est à nouveau réfugié dans le même immeuble ».

Dix minutes plus tard[23], le SAMU, arrive et apporte les premiers soins, puis transporte Malik Oussekine en réanimation aux urgences chirurgie à l’hôpital Cochin, où il est déclaré officiellement décédé à h 20.

La victime est en réalité décédée dès minuit dans le hall de l'immeuble, révèle 4 jours plus tard le rapport du médecin régulateur du SAMU. Le jeune homme a été malgré tout transporté à l'hôpital pour éviter tout incident[24]. Cette information sera divulguée par l'avocat de la famille de Malik Oussékine, Georges Kiejman, le 9 décembre, à la veille de l'annonce de la deuxième vague de marches silencieuses[25].

Selon les médecins, l’étudiant souffrait d'une insuffisance rénale[26] qui induisait une certaine faiblesse physique, ce qu'annonce à la presse le procureur de la République de Paris, Michel Jeol. Le seul document trouvé sur lui par le SAMU est une carte de l'Association sportive de l'Université de Dauphine, près de laquelle il louait une petite chambre et qui mentionne son âge.

Les conséquences immédiates[modifier | modifier le code]

L'audition au ministère et la marche silencieuse du lendemain[modifier | modifier le code]

Dès le lendemain, en début d'après-midi le samedi, une marche silencieuse et pacifique traverse Paris, organisée par le « comité de grève de Dauphine », en mémoire de Malik Oussekine[27],[28]. Parmi les plusieurs milliers de personnes manifestant silencieusement, une jeune fille tient une pancarte en carton disant « 160 blessés dont 6 grièvement, il vous fallait un mort, Pasqua-Monory assassins », le nom de Devaquet ayant déjà disparu[20]. La télévision couvre la marche et l'un des témoins oculaires du meurtre, celui qui avait ouvert sa porte à la victime, est interrogé au journal télévisé dès le week-end. La marche part de la Sorbonne et va jusqu'à l'hôpital Cochin, dans le 14e arrondissement de Paris, puis jusqu'à la place d'Italie[27], sans banderoles ni incidents, mais avec des bouquets de fleurs blanches.

Ce n'est que bien après la dispersion de la marche que des incidents ont lieu 2 km plus loin, dans la nuit au Quartier latin[27].

Tout le week-end, les bouquets de fleurs s'amoncellent devant le hall d'immeuble où le jeune homme a été frappé à mort vendredi soir[21].

Le samedi matin, Jean-Louis Bianco, secrétaire général de l'Élysée, avait réussi à joindre Jean-Christophe Cambadélis, ex-président de l'UNEF ID[29], qui a tenté de réunir le bureau national de l'UNEF-ID[29] puis « trouvé un moyen de contacter les responsables du comité de grève de Dauphine »[29] pour leur signaler que la victime étudiait à Dauphine. Il est décidé qu'il appartient à ces derniers de réagir. Ils organisent une marche silencieuse et pacifique[30] pour l'après-midi même[28].

À la fin de cette même matinée du samedi, trois personnes sont reçues par Robert Pandraud, place Beauvau[31] : Harlem Désir, président de SOS-Racisme, Philippe Darriulat, président de l'UNEF-ID et Emmanuel Faux, l'un des militants du comité de grève de Dauphine. Le ministre prend un engagement qui sera tenu : il n'y aura aucun policier visible lors de la manifestation du jour[6]. Dans une dépêche AFP de 12H56, Harlem Désir déclare « nous avons des témoignages sur les faits et c'est un véritable passage à tabac par des forces de l'ordre qui étaient dans un état de surexcitation incroyable » et qui « ont littéralement massacré un étudiant de Dauphine »[6].

Ce même samedi 6 décembre, Alain Devaquet, choqué par la violence policière, démissionne[29],[28]. Il explique plus tard dans un livre avoir écrit sa lettre de démission la veille, René Monory ayant déjà repris le dossier la veille[6]. Devaquet s'en va. Son projet reste (...) les étudiants auraient sans doute préféré le contraire, observera la Commission d'enquête[6].

Dans l'après-midi, Robert Pandraud, déclare au journal Le Monde, qui paraîtra en début de semaine suivante que « si j’avais un fils sous dialyse, je l’empêcherais d’aller faire le con dans les manifestations », ce qui déclenche dès le lundi suivant une avalanche de réactions de colère.

Le premier ministre Jacques Chirac était annoncé de retour de Londres, pour la célébration de la « fête » des dix ans du RPR[28], dans la journée de dimanche à La Défense[27], mais il rentre précipitamment plus tôt pour un entretien avec François Mitterrand, qui déclare le dimanche que « la cohésion nationale doit passer avant toute chose ». « Je donnerai tort, et le pays avec moi, à quiconque usera de la violence »[27] souligne le président de la République. Jacques Chirac se déclare lui ouvert à toute forme de dialogue[27].

Le dimanche au petit matin, la Coordination nationale étudiante, réunie à l'université de Jussieu, s'est mise d'accord pour une journée de deuil le lundi et une grève générale le mercredi 10 décembre[27]. La CGT se joint à cet appel le dimanche à la mi-journée[27]. La FEN et la CFDT font de même peu après.

Lundi 8 décembre: la démission de Devaquet acceptée, le projet de loi retiré[modifier | modifier le code]

Le lundi 8 décembre, des manifestations s'improvisent dans plusieurs villes de province. À Tours, à l’appel de la CGT, à 11h15, des fleurs sont déposées par plus d’un millier de personnes devant les grilles de la préfecture, principalement des salariés accompagnés d’une délégation de lycéens et d’étudiants[32].

Le Premier ministre Jacques Chirac annonce qu'il accepte la démission présentée le samedi par son ministre des universités Alain Devaquet et confirme le retrait du projet de loi Devaquet. De son côté, René Monory annonce l’abandon des réformes concernant les lycées[27].

Le mardi 9 décembre, devant les groupes RPR et UDF de l'Assemblée nationale, Jacques Chirac annonce renoncer à la session extraordinaire du Parlement prévue en janvier[27]. Des textes importants comme la réforme du code de nationalité ou la création de prisons privées sont ainsi renvoyés à la session d'avril[27]. En fin d'après-midi, François Mitterrand, invité de l'émission Découvertes sur Europe 1[27], s'en félicite et apporte son soutien aux manifestations étudiantes en ajoutant que le retrait du projet de loi Devaquet a été un « acte de sagesse »[27].

Les autres marches silencieuses, le 10 décembre[modifier | modifier le code]

D'autres marches silencieuses ont lieu le mercredi 10 décembre, de Denfert-Rochereau à la Nation pour Paris, et dans 36 villes de France. Le service d'ordre étudiant est renforcé par celui des syndicats de salariés et par un regroupement de médecins, avocats, magistrats portant des casques blancs, venus pour témoigner[27].

Avant le décès de Malik Oussekine, la date du 10 décembre était déjà prévue par la coordination nationale des étudiants pour une journée de manifestation et de grève. Mais le 9 décembre, devant les caméras de télévision, son porte-parole David Assouline annonce que « le bureau de la coordination a décidé de maintenir (la manifestation du lendemain) » et que s'il l'a fait, « c'est pour exprimer dans le plus grand calme, plus jamais cela (...) plus jamais de morts et blessés »[33].

Et « c'est apparemment le choix de ce slogan qui a fait basculer la décision de la FEN et de la CFDT de participer aux manifestations du 10 décembre », même après le retrait du Projet de loi Devaquet, explique alors le journaliste de France 2, avec à l'appui une interview du président de la FEN Jacques Pommatau[34].

L'hésitation des syndicats de salariés[modifier | modifier le code]

Les syndicats de salariés avaient entre temps appelé aussi à manifester puis retiré cet appel, concernant la FEN et la CFDT, après le retrait du projet de loi, avant de le réitérer mardi soir lorsque le slogan pacifiste est affiché par la coordination nationale.

Tous les syndicats de salariés participent aux marches silencieuses, qui sont finalement organisées à la mémoire de Malik Oussekine mais aussi d'Abdel Benyahia, un Algérien de 20 ans tué par un policier ivre dans un café le 5 décembre.

À Paris, la manifestation rassemble 600 000 personnes selon les organisateurs et 126 000 selon le ministère de l'Intérieur[35]. Des manifestations silencieuses sont organisées dans 36 villes de France, rassemblant 200 000 personnes selon l'AFP[36].

Sur le passage des manifestants, un tag est écrit sur un mur en deux mots : « Trop tard »[20].

Malik Oussekine est enterré au cimetière du Père-Lachaise, ce même jour du .

Peu après, le bataillon des voltigeurs motocyclistes de la police est dissous.

Manifestation du 7 décembre 1986.

Controverses[modifier | modifier le code]

Le ministre de l’Intérieur Charles Pasqua et le ministre délégué chargé de la Sécurité Robert Pandraud suscitent alors une controverse en ne condamnant pas l’action de la police. Dans un entretien au journal Le Monde, Robert Pandraud déclare : « La mort d'un jeune homme est toujours regrettable, mais je suis père de famille, et si j'avais un fils sous dialyse je l'empêcherais de faire le con dans la nuit »[37].

Plus d'un an an plus tard, un journal local du Front national, dans le Var, aurait écrit le 20 janvier 1988, que : « des Français comme les Oussekine, on peut s’en passer »[38].

Trois décennies plus tard, le 30 avril 2019, le député LREM Jean-Michel Fauvergue déclenche une avalanche de réactions sur les réseaux sociaux en déclarant, interrogé sur les violences policières lors des manifestations, qu'« il faut oublier l’affaire Malik Oussekine »[39].

L'enquête de la justice et la condamnation[modifier | modifier le code]

Le brigadier-chef Jean Schmitt (53 ans) et le gardien de la paix Christophe Garcia (23 ans), les deux voltigeurs directement impliqués dans sa mort, sont jugés pour « coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner ».

Alors que l'avocat général demandait cinq ans de prison dont trois fermes, ils sont condamnés le à une peine symbolique : respectivement cinq et deux ans de prison avec sursis[40]. Les deux meurtriers échappent donc à la prison[41], alors même qu'ils étaient restés libres durant les trois années qui avaient précédé le procès[42].

En interne, l'un écope du niveau de sanction le plus sévère, sanction du quatrième groupe, soit la mise en retraite d'office. L'autre est sanctionné par un déplacement d'office (sanction de deuxième groupe).

« Après la parodie de procès [...], je me suis rendu compte que, dans ce pays qui est le mien, où je suis née, je serai toujours une citoyenne de deuxième zone », déclare bien plus tard la sœur de la victime[43].

Les hommages[modifier | modifier le code]

Les noms d'amphithéâtres et de rues[modifier | modifier le code]

Des amphithéâtres (de l'université de Rennes 2[44], de l'université de Nice Sophia-Antipolis[45] et de l'université Pierre-et-Marie-Curie à Jussieu[46]) portent le nom de Malik Oussekine.

Plusieurs rues et artères portent son nom :

La plaque commémorative contestée[modifier | modifier le code]

Le , une plaque commémorative est posée sur les lieux du drame, en présence de Sarah Nassera, la sœur de Malik Oussekine, du président de SOS Racisme Dominique Sopo et du maire de Paris, Bertrand Delanoë :

« À la mémoire de Malik Oussekine / étudiant / âgé de 22 ans / frappé à mort / lors de la manifestation / du 6 décembre 1986 »

Le philosophe et sociologue Geoffroy de Lagasnerie[47] déplore un texte ne précisant pas que le décès a été causé par deux policiers[48], qui ont été condamnés en justice pour leurs actes.

Le texte est par ailleurs erroné. Aucune manifestation ne se déroulait lors des faits, le 5 décembre avant minuit. La précédente manifestation remontait au 4 décembre et pas au 6 décembre.

Dominique Sopo et Sarah Nassera rappellent qu'il est « un peu étrange » que la plaque « soit fichée dans le trottoir »[48]. David Assouline et Sandrine Mazetier, élus de Paris, prétendent que « c’est encore plus fort » de l'avoir au sol[48]. Pour l'apposer dans la façade de l'immeuble, « les délais étaient trop courts pour convoquer une AG » de la copropriété, explique cette dernière, questionnée par LCI[48].

Les artistes évoquant le décès de Malik Oussekine[modifier | modifier le code]

Dans la musique[modifier | modifier le code]

Barbara rend hommage aux manifestations qui suivent dans sa chanson Les Enfants de Novembre : « Ils sont venus pour Un, tombé sous la violence »[49].

Puppa Leslie, dans son introduction de la chanson Tout tout tout, rend hommage à Malik Oussekine[50] et aussi dans le titre plus jamais ça.

Renaud évoque la mort de Malik Oussekine dans la chanson Petite issue de l'album Putain de camion en 1988, ainsi que celles d'Abdel Benyahia[51] et William Normand[52], tous victimes de brutalités policières en 1986.

Le groupe de rock alternatif Raymonde et les Blancs-Becs rend hommage à Malik Oussekine dans un passage de son morceau Attention la tension, sur son deuxième album, Tout le monde à l'usine, sorti en 1994.

Le groupe de rap Assassin lui a rendu hommage dans sa contribution à la BO du film La Haine (La Haine, musiques inspirées du film) avec la chanson L’État assassine (12 mai 1995).

Le rappeur Kery James parle de son décès dans son morceau Hardcore[53](12 décembre 1998).

En 2000, le groupe Les Tit' Nassels enregistre une chanson intitulée Un homme est mort ce matin, issue de l'album Et hep !.

Le groupe de punk Bérurier noir (Même pas mort) rappelle sa mort dans la chanson En pensant (17 novembre 2003).

Le chanteur kabyle Akli D lui a rendu hommage, dans le morceau Malik tiré de l'album Ma Yela[54](2006).

Le chanteur Abd al Malik lui rend aussi hommage, dans le morceau qu'il lui dédie Lorsqu'ils essayèrent, sur son album Dante[55](4 novembre 2008).

Le groupe Mickey 3D mentionne également l'affaire dans la chanson 1988 sur l'album La Grande Évasion (21 septembre 2009).

Le rappeur Dooz Kawa mentionne Malik Oussekine dans sa chanson Palimpseste[56].

Au cinéma[modifier | modifier le code]

Le film parodique Derrick contre Superman de Michel Hazanavicius fait référence à Malik Oussekine comme raison pour laquelle Hutch se désiste et démissionne de la police[57].

Dans le film La Haine de Mathieu Kassovitz, Vinz fait allusion à Malik Oussekine lors de sa dispute avec Hubert dans les toilettes. Le générique de début fait également référence à cette affaire à travers le choix des images d'archives utilisées. Toutefois, le scénario s'inspire plutôt de l'affaire Makomé M'Bowolé.

Dans la littérature[modifier | modifier le code]

Le roman de Didier Castino, œuvre de fiction, intitulé Rue Monsieur-le-Prince paru en 2017 aux Éditions Liana Levi met en scène la période de manifestations et le décès de Malik Oussekine.

Dans sa nouvelle, les voltigeurs, extrait de Nouvelles du temps présent, paru en 2012 aux éditions Edilivre-Aparis, Renaud de Montlibert retrace dans sa fiction la manifestation du 6 décembre 1986 ainsi que la mort de Malik Oussekine.[réf. nécessaire] (ISBN 9782332462053).

Sur un scénario de Laurent-Frédéric Bollée, Jeanne Puchol illustre Contrecoups - Malik Oussekine (Casterman, coll. Écritures, 2016) qui narre la mort de Malik Oussekine[58].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Prévost, op. cit., p. 58.
  2. Prévost, op. cit., p. 67.
  3. Déclaration sur LCI [1]
  4. a b c d e f g h et i La mort indigne de Malik Oussekine par Nathalie Prévost - 1989
  5. a b et c "Être féministe en 2008" par Gaelle Rolin, dans Le Figaro, le 3 juin 2008 [2]
  6. a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z aa ab ac ad ae af ag ah ai aj ak al am an ao et ap Commission d'enquête parlementaire sur la préparation, l'organisation, le déroulement et la présentation des événements de novembre et décembre 1986 [3]
  7. a et b "Histoire secrète des RG" par Brigitte Henri, Éditions Flammarion
  8. 1986-2016, les 30 ans du mouvement Devaquet, par le Germe [4]
  9. a et b Les rats maudits - Histoire des étudiants nationalistes, 1965-1995 ouvrage collectif [5]
  10. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées MEA
  11. Journal de 20 heures du 4 décembre [6]
  12. Entretien de 2 activistes d'ultra-gauche en 2013 [7]
  13. Le Matin du 5 décembre 1986 [8]
  14. Libération du 5 décembre 1986 [9].
  15. Dès le 26 novembre, le 13 h de TF1 a souligné qu'Assas et Dauphine sont les seules facultés non grévistes à Paris [10].
  16. a b c et d "Dauphine sauve la face", dans Le Monde du 4 décembre 1986
  17. Peloton de voltigeurs motoportés (PVM), créée en 1977.
  18. Mathieu Rigouste, La domination policière : Une violence industrielle, Paris, La fabrique, , 257 p. (ISBN 978-2-35872-045-8), p. 47.
  19. Christian Chevandier, Policiers dans la ville : Une histoire des gardiens de la paix, Paris, Gallimard, coll. « Folio. Histoire » (no 198), , 1004 p. (ISBN 978-2-07-043969-0).
  20. a b et c « Le syndrome Malik Oussekine existe-t-il encore ? » par Ismaël Halissat dans Libération du 5 décembre 2016 [11]
  21. a b et c Malik Oussekine, 30 ans après par Nadir Dendoune, le 6 décembre 2016 [12]
  22. Pierre Agudo, « Il y a dix ans, Malik Oussekine était matraqué à mort », L'Humanité,‎ (lire en ligne).
  23. a et b Les sauvages témoignages sur la traque de Malik Oussekine par Gilles Smadja dans L'Humanité du 6 décembre, 2006 [13]
  24. Prévost, op. cit., p. 25.
  25. Archives du journal télévisé, time code 30e minute 48e seconde [14]
  26. Patrice Trapier et Raymond Martin, Morts suspectes : Les vérités d'un médecin légiste, Calmann-Lévy, , 205 p. (ISBN 2-7021-2099-7, lire en ligne), p. 16.
  27. a b c d e f g h i j k l m et n Universalis [15]
  28. a b c et d "M. Alain Devaquet a présenté sa démission • Un étudiant est mort samedi au quartier Latin", par Jean-Marie Colombani, dans Le Monde du 8 décembre 1986 [16]
  29. a b c et d Le Chuchotement de la vérité, par Jean-Christophe Cambadélis [17]
  30. "SOS génération: histoire de l'intérieur du mouvement des jeunes de novembre-décembre 1986", par Julien Dray, Éditions Ramsay, 1987
  31. Rapport fait au nom de la commission d'enquête du Sénat créée le 17 décembre 1986, et présidée par Paul Masson [18]
  32. « Sélection à l’Université, un mort » : le mouvement contre la loi Devaquet à Tours, par La Rotative, le 9 février 2018 [19]
  33. Archives du journal télévisé, time code 29e minute 27e seconde [20].
  34. Archives du journal télévisé, time code 30e minute 8e seconde [21]
  35. « Manifestation Paris : « Plus jamais ça » » [vidéo], sur ina.fr, Journal de 20 heures d'Antenne 2, (consulté le 29 février 2012).
  36. « Manifestation Régions » [vidéo], sur ina.fr, Journal de 20 heures d'Antenne 2, (consulté le 29 février 2012).
  37. Yves Bordenave, « Robert Pandraud, ancien ministre chargé de la sécurité », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  38. Le reste de la citation mentionne des faits sans aucune source, sur un ton clairement diffamatoire : « On se souvient de la mort du petit casseur gauchiste nommé Malik Oussekine. Malgré son état de santé lamentable, il n’avait pas hésité à attaquer en pleine nuit les forces de police chargées du maintien de l’ordre ».
  39. « "Il faut oublier l’affaire Malik Oussekine" : la phrase de ce député LREM fait réagir sur les réseaux sociaux », sur France TV Info, le 1er mai 2019 [22]
  40. Journal de l'année, Larousse, , p. 16.
  41. https://www.lesoir.be/art/la-mort-de-malik-oussekine-pas-de-prison-pour-les-polic_t-19900129-Z02AM6.html
  42. https://www.lesoir.be/art/proces-bavure-oussekine_t-19900123-Z02A63.html
  43. « Sarah Oussekine / La voie rebelle » par Benoît Lagarrigue, dans le JSD, 5 novembre 2017 [23]
  44. « 2016-06_A4-N&B-ETUDIANTS », sur univ-rennes2.fr (consulté le 29 janvier 2017).
  45. « État d'urgence pour la citoyenneté », L'Humanité, 3 décembre 1990
  46. « Quel est l'avenir du mouvement en cours des étudiants », L'Humanité, 16 novembre 1993
  47. Geoffroy de Lagasnerie, intervention dans « Malik Oussekine, fauché dans la nuit », émission Affaires sensibles du 1er mars 2017 sur France Inter, 53 min 15 s
  48. a b c et d « Hommage à Malik Oussekine : la plaque de la discorde » par Youen Tanguy, sur LCI, le 6 décembre 2016 [24].
  49. Gilles Médioni, « Rappelle-toi, Barbara », sur lexpress.fr, (consulté le 16 mai 2016).
  50. https://www.youtube.com/watch?v=TGRJV0wqAMg
  51. « Personnages cités dans les chansons de Renaud ».
  52. « Personnages cités dans les chansons de Renaud ».
  53. « Hardcore », sur Rap Genius, .
  54. « Akli D », L'Humanité,‎ (lire en ligne).
  55. Victor Hache, « Abd al Malik, “c'est du lourd” », L'Humanité,‎ (lire en ligne).
  56. Dooz Kawa, « Dooz Kawa - Palimpseste », sur YouTube, (consulté le 27 juin 2018)
  57. « Derrick contre Superman - Le script », sur cyclim.se (consulté le 29 juin 2013).
  58. Olivier Mimran, « Preview BD: Contrecoups-Malik Oussekine revient sur une bavure policière vieille de 30 ans », 20 minutes, .

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]