Timbuktu (film)

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Timbuktu
Le Chagrin des oiseaux
Titre original Timbuktu
Réalisation Abderrahmane Sissako
Scénario Abderrahmane Sissako
Kessen Tall
Sociétés de production Arches Films
Les Films du Worso
Pays d’origine Drapeau de la Mauritanie Mauritanie
Drapeau de la France France
Genre Drame
Durée 97 minutes
Sortie 2014

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Timbuktu, aussi appelé Le Chagrin des oiseaux[1], est un film dramatique franco-mauritanien réalisé par Abderrahmane Sissako, sorti en 2014.

À la suite d'un attentat à Tombouctou, le tournage se déroule à Oualata (Mauritanie), sous protection de l'armée mauritanienne[2]. Le film est présenté en sélection officielle au festival de Cannes 2014 – dont c'est le seul long métrage africain en compétition[3] – où il remporte le Prix du jury œcuménique et le Prix François-Chalais récompensant les valeurs du journalisme[4]. Il est sélectionné pour représenter la Mauritanie à l'Oscar du meilleur film en langue étrangère aux Oscars du cinéma 2015[5] et décroche une nomination. Il est récompensé par sept Césars en 2015, dont ceux du meilleur film et du meilleur réalisateur.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Rues de Oualata où furent tournées plusieurs scènes

Au Mali, des islamistes envahissent la ville de Tombouctou et y imposent la charia. Ils bannissent la musique, le football, les cigarettes, procèdent à des mariages forcés, persécutent les femmes et improvisent des tribunaux qui rendent des sentences injustes et absurdes. Malgré la férocité de leur répression, la population résiste avec courage, souvent au nom d'une autre conception de l'islam.

Kidane est un éleveur touareg vivant dans le désert avec sa femme et sa fille. D'abord épargnée, sa famille va bientôt subir les nouvelles lois islamiques, à l'occasion d'un conflit avec un autre habitant.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Principaux acteurs[modifier | modifier le code]

  • Ibrahim Ahmed dit Pino : Kidane
  • Toulou Kiki : Satima
  • Abel Jafri : Abdelkrim
  • Fatoumata Diawara : Fatou, la chanteuse
  • Hichem Yacoubi : un djihadiste
  • Kettly Noël : Zabou
  • Layla Walet Mohamed : Toya
  • Adel Mahmoud Cherif : l'iman
  • Salem Dendou : le chef djihadiste

Production[modifier | modifier le code]

Le cinquième film de Sissako est inspiré par l'histoire vraie d'un jeune couple non-marié qui a été lapidé par des islamistes dans une région du nord du Mali appelée Aguel'hoc[6]. Pendant l'été 2012, le couple a été amené au centre de son village, placé dans deux trous creusés dans le sol, et lapidé jusqu'à ce que mort s'ensuive devant des centaines de témoins[7],[8],[9],[10].

Selon le journaliste Nicolas Beau, Sissako voulait au départ réaliser un film sur l'esclavage en Mauritanie, ce que refusait son président Mohamed Ould Abdel Aziz. Sissako aurait alors accepté de réaliser un film sur les djihadistes, avec le soutien du régime mauritanien qui a fourni des moyens financiers et humains[11].

Peu avant la présentation du film à Cannes en 2014, Abderrahmane Sissako est reparti à Tombouctou avec une petite équipe afin de rajouter quelques plans au dernier moment.[12]

Réception critique[modifier | modifier le code]

Pour Télérama, le film est une œuvre réfléchie et de courage en réaction à l'occupation de la ville de Tombouctou par les djihadistes en 2012, et a comme qualités « l'intelligence, l'esprit, l'humour, le raffinement, la beauté[13] ». Il devait d'ailleurs être projeté au festival Ramdam en janvier 2015 en Belgique, mais a été déprogrammé en raison de menaces terroristes[14]. Pour Le Monde, l'intelligence du film est de ne pas diaboliser les bourreaux, mais de les remettre à leur place d'hommes, « grotesques, sinistres et hypocrites[15] ».

Polémiques[modifier | modifier le code]

Selon Le Monde, « le succès critique et public de Timbuktu a été terni par des polémiques sur la rémunération de plusieurs acteurs, figurants et auteurs du scénario ». Leïla, la petite fille Touareg qui joue le rôle de Toya est recrutée dans un camp de réfugiés et n'est payée que 600 euros pour deux semaines de tournage, selon les affirmations de sa famille et de membres de l'équipe du film[16].

De nombreuses scènes du film s'inspirent d'images tournées en 2012 par le journaliste mauritanien Lemine Ould Mohamed Salem. Ce dernier travaille alors avec François Margolin pour un documentaire qui sort en 2016 sous le titre de Salafistes. Abderrahmane Sissako est initialement associé au projet, mais il s'en retire en décembre 2012. Par la suite, il s'inspire des images de Lemine Ould Salem pour réaliser Timbuktu. Ainsi selon Le Monde ; « Comme le documentaire Salafistes, le film Timbuktu s’ouvre sur une séquence de djihadistes qui chassent une gazelle à bord d’un 4 × 4, en tirant des rafales de kalachnikov. Comme dans Salafistes, on retrouve Zabou, une ancienne danseuse du Crazy Horse revenue à Tombouctou où elle est considérée comme folle ou mystique, et résiste à sa manière aux djihadistes ». Cela vaudra parfois à Sissako des accusations de « pillage » ou de « plagiat »[17],[16],[18],[19].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations et sélections[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Timbuktu d'Abderrahmane Sissako en compétition à Cannes », The Huffington Post (FR) (consulté le 16 mai 2014).
  2. Entretien avec Abderrahmane Sissako, réalisateur de « Timbuktu », entretien mené par Juliette Reitzer, publié le 9 décembre 2014, sur le site de Trois couleurs
  3. « Timbuktu, Eau argentée : les fournaises contemporaines trouvent leur place à Cannes », Slate (consulté le 19 mai 2014).
  4. « Timbuktu, prix du Jury œcuménique et prix François-Chalais », La Croix, (consulté le 24 mai 2014)
  5. (en) Tambay A. Obenson, « Abderrahmane Sissako's 'Timbuktu' Is Mauritania's Best Foreign Language 2015 Oscar Competition Entry », Indiewire, (consulté le 2 janvier 2015)
  6. (en) « Films By Abderrahmane Sissako & Philippe Lacôte Are Cannes 2014 Official Selections », Indie Wire (consulté le 19 mai 2014).
  7. « Nord-Mali : des islamistes tuent un couple non marié par lapidation », Le Monde, (consulté le 19 mai 2014).
  8. « Mali - L'insoutenable lapidation d'un couple non-marié », Slate Afrique, (consulté le 19 mai 2014).
  9. (en) Adam Nossiter, « Islamists in North Mali Stone Couple to Death », The New York Times, (consulté le 19 mai 2014).
  10. (en) « Mali unwed couple stoned to death by Islamists », BBC, (consulté le 19 mai 2014).
  11. Abderrahmane Sissako, une imposture mauritanienne, Mondafrique, 20 février 2015.
  12. Adrien Gombeaud, « L'année Pialat », Vanity Fair France n°23,‎ , p. 133
  13. « Timbuktu », sur Telerama
  14. « Festival Ramdam », sur bbc.co.uk
  15. « Timbuktu face au djihadisme », sur Le Monde
  16. a et b « Salafistes », le documentaire qui a inspiré « Timbuktu », Le Monde, 10 décembre 2015.
  17. Justine Brabant, LEMINE OULD SALEM, LE JOURNALISTE DONT LES IMAGES ONT INSPIRÉ UN FILM CÉSARISÉ... mais pourraient ne jamais être vues en salles, Arrêt sur image, 26 janvier 2016.
  18. Siegfried Forster, «Salafistes» et «Timbuktu», enquête sur une querelle d’images, RFI, 3 février 2016.
  19. Mathilde Blottière, “Timbuktu” aurait-il pillé “Salafistes” ?, Télérama, 21 février 2016.
  20. Jean-François Bourgeot, « 40e cérémonie des César : Abderrahmane Sissako triomphe avec "Timbuktu" », sur midilibre.fr, .
  21. http://www.premiere.fr/film/Timbuktu-3913617

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pascal Binétruy, « Timbuktu », in Positif, no 646, décembre 2014, p. 15

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]