Quartier Sapins - Châtelet - Lombardie

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Quartier Sapins - Châtelet - Lombardie
Quartier Sapins - Châtelet - Lombardie
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Seine-Maritime
Ville Rouen
Canton Cinquième, puis deuxième canton de Rouen (depuis 2014)[1]
Conseil de quartier Sapins - Châtelet - Lombardie
Code postal 76000
Géographie
Coordonnées 49° 27′ 44″ nord, 1° 07′ 53″ est
Localisation

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L'ensemble Sapins - Châtelet - Lombardie est une « communauté de quartiers » surplombant la rive droite de Rouen et officiellement réunis par la municipalité sous l'appellation « Hauts-de-Rouen » après les émeutes de 1994 au Châtelet. Le quartier de la Grand'Mare y a été également rattaché.

Socialement, historiquement et géographiquement, les Vieux-Sapins, le Châtelet (les « Sapins ») et la Lombardie étaient des quartiers distincts sur ce qu'il était convenu d'appeler, jusqu'en 1995, « le Plateau » (de Rouen). Le Plateau n'avait d'unité que par sa division administrative : jusqu'au redécoupage de 2014, il correspondait en effet, avec le quartier résidentiel Jouvenet - situé au centre ville -, au cinquième canton de Rouen.

Les architectures respectives, très différentes, reflètent ces distinctions sociales, historiques et géographiques: ainsi, les « Vieux-Sapins », cité-jardin très aérée des années 1920, sont composés de pavillons-cottages imités du modèle anglais; l'architecture aux détails décoratifs soignés, principalement en briques et en meulière, n'a aucun rapport avec celle des Sapins (le Châtelet), laboratoire brutaliste en béton brut des années 1960.

Histoire des Vieux-Sapins[modifier | modifier le code]

Histoire de la Lombardie[modifier | modifier le code]

Histoire du Châtelet (traditionnellement « Les Sapins »)[modifier | modifier le code]

Le premier bâtiment « brutaliste » (en béton brut), construit en 1959 - la « Banane » - est au cœur d'un ensemble décrit comme « à forte criminalité » dès 1969[2]. En 1977, dans son Atlas et géographie de la Normandie, le géographe et urbaniste français Armand Frémont, théoricien du concept d'« espace vécu », considère que le quartier est une illustration parfaite d'espace aliéné. Il condamne l'inhumanité des « grands immeubles de béton » des « Sapins » (le Châtelet) et déclare qu'ils « montrent bien comment la civilisation industrielle sait souvent mieux traiter ses usines que ses travailleurs.[3] »

Du milieu des années 1980 au milieu des années 1990, les « Sapins » (le Châtelet) sont couramment décrits comme un des quartiers les plus criminels de France, voire, au sommet de leur réputation, comme le quartier le plus dangereux, talonné seulement pour la violence par le Clos Saint-Lazare, quartier de la ville de Stains en Seine-Saint-Denis. Il est évalué « degré 8 » (le degré le plus élevé) sur l'échelle de la criminalité élaborée par la commissaire divisionnaire Lucienne Bui-Trong, de la Direction centrale des Renseignements généraux, qui explique :

« Les Sapins, c'est 5000 habitants, 45 % de chômage, c'est 85 % des jeunes qui sont au chômage, c'est un millier de logements vacants, c'est les rodéos, c'est le fléau des voitures brûlées qui sont un ensemble d'éléments qui nous permettent de qualifier les quartiers...Le Châtelet c'est le quartier le plus difficile actuellement. D'ailleurs, ce n'est pas un hasard, si le Châtelet et la Lombardie sont les deux sites contrat de ville pour les Hauts-de-Rouen… Si j'ai un regard absolu à pointer sur un quartier sensible, c'est encore le Châtelet et moins le Château blanc (Quartier HLM dégradé de la commune de Saint Etienne du Rouvray dans l'agglomération rouennaise)[4]. »

En 1994, trois jours d'émeutes mettent le Châtelet à sac après qu’un déliquant au volant d'une voiture volée[5],[6] lancée à pleine vitesse sur des gendarmes eut été abattu par l'un d'entre eux le 26 janvier à Val-de-Reuil. Trois jours d’émeute s’ensuivent durant lesquels une centaine de casseurs cagoulés[5] « incendient des voitures, pillent les magasins et molestent les commerçants »[6]. Les images des émeutes serviront au générique du film de Mathieu Kassovitz, La Haine, qui sort l'année suivante[7].

En 1995, le maire UDF de Rouen François Gautier, successeur de Jean Lecanuet, décide de noyer les Sapins dans une « communauté de quartiers » que la municipalité baptise « les Hauts de Rouen »[8], toponyme qui jusque là avait désigné un lieu-dit du centre ville traversé par la rue Roulland-Le-Roux[9]. Ce changement de nom ne suffit pas à restaurer l'ordre aux Sapins ; l'échec des « Hauts de Rouen » joue alors en faveur du Parti socialiste et contribue à assurer la victoire d'Yvon Robert aux élections municipales[8].

Dès 1996, deux quartiers des « Hauts-de-Rouen » sont homologués Zones Urbaines Sensibles[10], du fait qu'ils sont « caractérisés par des handicaps géographiques, économiques et sociaux »[11], et par conséquent placés sous contrats de ville : le Châtelet (c'est-à-dire les « Sapins ») et la Lombardie[4].

En 2004, un « projet de rénovation urbaine » voit le jour qui prévoit de raser une grande partie des Sapins (Châtelet). La « restructuration » du Quartier du Châtelet est inscrite au « Grand projet de ville », à la suite de quoi la S.A. d’H.L.M. Immobilière Basse Seine fait procéder à la démolition d'une majorité de barres et de tours entre 2010 et 2012.

Monuments[modifier | modifier le code]

Les Sapins et la photographie[modifier | modifier le code]

En 1971, les Sapins (le Châtelet) ont été le premier sujet exploité par le photographe français Jean Gaumy, aujourd'hui membre de l'Institut de France, avant même qu'il n'ait rejoint les agences Gamma, puis Magnum. Il légende la première photo de sa série : « Quartier des Sapins. Ce quartier est considéré comme la banlieue dure des plateaux qui environnent Rouen (Seine-Maritime). »[15]

Personnalités liées au Châtelet[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes, sources et références[modifier | modifier le code]

  1. « Le nouveau découpage des cantons ne plaît pas à tout le monde à Rouen », Paris Normandie,‎ (lire en ligne).
  2. La Documentation française, Notes et études documentaires, 1974, numéros 4125 à 4150, 4127, 210:1
  3. Armand Frémont, Atlas et géographie de la Normandie, 1977, p. 109
  4. a et b Lucienne Bui-Trong, Violences urbaines. Des vérités qui dérangent, Paris, , p. 12-13
  5. a et b Catherine Bézard, « Les jeunes seront-ils les sans-culottes de Balladur? », L'Événement du jeudi, vol. 487,‎ , p. 17
  6. a et b François d'Orcival, « Actualités », Le Spectacle du monde, vol. 383,‎ , p. 2
  7. « Trente ans d'affrontements urbains », La Croix,‎ (lire en ligne)
  8. a et b « Une triangulaire dans le fief du roi Jean », Le Nouvel Observateur,‎
  9. Annonce du tribunal de commerce de Rouen, Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales, novembre 1972, p.19710
  10. https://sig.ville.gouv.fr/Documents/2307010
  11. Ministère des affaires sociales, du travail et de la solidarité, Bulletin officiel du travail, de l'emploi et de la formation professionnelle, Direction des journaux officiels, numéros 1 à 4, p. 70
  12. La Vie urbaine, volume 7, numéros 30 à 35, 1928, p. 1130
  13. Patrice Quéréel (préf. Patrice Pusateri et Michel Nouvellon), XXe un siècle d'architectures à Rouen, Rouen, ASI, , 157 p. (ISBN 2-912461-03-0), p. 90-91
  14. Guy Pessiot, Histoire de Rouen: 1958-1983 en 1000 photographies, 1984, p. 104
  15. Jean Gaumy, 1971 - « Les Sapins: the reputedly rough suburb situated on the plateau which surrounds Rouen. »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]