José Bono

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José Bono
Illustration.
José Bono, ministre de la Défense, au Pentagone en , à 55 ans.
Fonctions
Président du Congrès des députés

(3 ans, 8 mois et 12 jours)
Législature IXe
Prédécesseur Manuel Marín
Successeur Jesús Posada
Député aux Cortes Generales

(3 ans, 8 mois et 17 jours)
Élection
Circonscription Tolède
Législature IXe
Groupe politique Socialiste
Ministre de la Défense

(1 an, 11 mois et 24 jours)
Président du gouvernement José Luis Rodríguez Zapatero
Gouvernement Zapatero I
Prédécesseur Federico Trillo
Successeur José Antonio Alonso
Président de la Junte des communautés de Castille-La Manche

(20 ans, 10 mois et 11 jours)
Gouvernement Bono I, II, III, IV, V et VI
Législature Ire, IIe, IIIe, IVe, Ve et VIe
Coalition PSCM-PSOE
Prédécesseur José María Barreda[a]
Quatrième secrétaire du Congrès des députés

(2 ans, 11 mois et 28 jours)
Législature Ire
Prédécesseur Leopoldo Torres Boursault
Successeur Josep María Trias de Bés
Député aux Cortes Generales

(4 ans, 2 mois et 22 jours)
Élection
Réélection
Circonscription Albacete
Législature Ire, IIe
Groupe politique Socialiste
Successeur Manuel Ángel Aguilar Belda
Biographie
Nom de naissance José Bono Martínez
Date de naissance (68 ans)
Lieu de naissance Salobre, Tolède (Espagne)
Nationalité Espagnol
Parti politique PSP (1969-78)
PSOE (depuis 1978)
Diplômé de Université de Deusto
Profession Avocat
Universitaire
Religion Catholique
Résidence Olías del Rey, Castille-La Manche (Espagne)

Signature de

José Bono José Bono
Présidents du Congrès des députés d'Espagne
Ministres de la Défense d'Espagne
Présidents de Castille-La Manche

José Bono Martínez [ xoˈse ˈβono maɾˈtines][b] est un homme d'État espagnol membre du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) né à Salobre le .

Fils d'un maire phalangiste, il étudie le droit à Madrid, puis devient avocat en droit du travail et droit de la famille dans les années 1970.

Il entre en politique dès l'âge de 18 ans, d'abord comme syndicaliste étudiant puis au sein du Parti socialiste populaire (PSP). Après l'échec du PSP aux élections constituantes de 1977, il milite pour l'unité des socialistes, qui se réalise l'année suivante quand le PSOE absorbe le PSP. En 1979, il est élu député d'Albacete avant d'être désigné quatrième secrétaire du bureau du Congrès des députés.

Il est choisi en 1983 comme chef de file socialiste aux élections régionales en Castille-La Manche. Ayant remporté le scrutin, il est investi à 32 ans président de la Junte des communautés de Castille-La Manche. Candidat à sa succession tous les quatre ans, il remporte systématiquement la majorité absolue. Entre 1988 et 1990, il est parallèlement secrétaire général régional du PSOE. Avec Manuel Chaves et Juan Carlos Rodríguez Ibarra, il est l'un des trois « barons du socialisme espagnol ».

À la suite de la déroute du PSOE aux élections générales de 2000, il se présente au secrétariat général lors du XXXVe congrès mais échoue de neuf voix face à José Luis Rodríguez Zapatero, tenant d'une ligne plus libérale. Après l'accession de ce dernier au pouvoir en 2004, il est nommé ministre de la Défense et renonce à diriger la Castille-La Manche. Il mène à bien le retrait des troupes déployées en Irak et apporte une réponse politique aux erreurs commises dans la gestion d'un crash ayant tué 62 soldats l'année précédente.

Il démissionne en 2006, officiellement pour raisons familiales, mais en réalité pour marquer son opposition au nouveau statut d'autonomie de la Catalogne. Entré au Conseil d'État, il refuse quelques mois plus tard de postuler à la mairie de Madrid.

Il accepte finalement de revenir en politique lors des élections générales de 2008. Élu député de Tolède, il est ensuite désigné président du Congrès des députés à la majorité relative, ce qui constitue une première depuis 1977. Il met un terme définitif à sa carrière politique à la fin de la législature, en 2011.

Famille[modifier | modifier le code]

Parents[modifier | modifier le code]

José Bono Martínez naît le à Salobre, un village du sud-ouest de la province d'Albacete. Il est le fils de José Bono Pretel, un marchand de tissu qui sera maire phalangiste de la ville entre et , et d'Amelia Martínez Soria. Ils se sont mariés dix mois plus tôt, le [1].

Son père trouve la mort dans un accident de la circulation le à Salobre : après avoir percuté un Land Rover de la Garde civile, la voiture termine sa course dans un précipice[2]. Il apprend quelques jours plus tard, en récupérant ses effets personnels, qu'il avait adhéré au Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) et à l'Union générale des travailleurs (UGT) après la tentative de coup d'État du lieutenant-colonel Tejero sans l'en informer[3].

Épouse et enfants[modifier | modifier le code]

Il épouse le à Madrid Ana María Rodríguez Mosquera, sociologue de formation. Le couple a quatre enfants : Amelia, Ana, José et Sofia (adoptée en )[1]. Ils annoncent leur divorce par consentement mutuel le , quatre ans après avoir vécu une grave crise qui avait amené José Bono à quitter le gouvernement espagnol[4].

Il revendique sa foi catholique[5] et réside à Olías del Rey, dans la province de Tolède[6].

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Scolarité et profession[modifier | modifier le code]

Il débute sa scolarité dans sa ville natale, puis intègre en le collège jésuite de l'Immaculée, à Alicante. Bono y entre grâce aux conseils fournis à son père par le gouverneur civil d'Albacete. Sept ans plus tard, alors qu'il est sur le point d'effectuer un noviciat, il y renonce pour poursuivre des études de droit et sciences économiques à l'Institut catholique d'administration des entreprises (ICADE) de Madrid[1].

Il obtient sa licence en à l'université de Deusto. Il devient deux ans plus tard avocat en droit de la famille et du travail, et professeur de droit politique de l'université pontificale de Comillas jusqu'en . Il plaidera à plusieurs reprises devant le tribunal de l'ordre public (TOP), la juridiction d'exception du régime franquiste chargée des « délits politiques »[1].

Il représente en la famille de l'avocat communiste Luis Javier Benavides, assassiné durant le massacre d'Atocha de 1977, lors du procès devant la chambre pénale de l'Audience nationale, qui condamne les accusés à plusieurs centaines d'années de prison[7].

Débuts en politique[modifier | modifier le code]

Au Parti socialiste populaire[modifier | modifier le code]

Il débute en politique en adhérant en au Syndicat démocratique des étudiants universitaires madrilènes (SDEUM). Il est interpellé et brièvement arrêté alors qu'il transporte de la propagande clandestine dans le quartier ouvrier de Villaverde. Il rejoint en le Parti socialiste intérieur (PSI) d'Enrique Tierno Galván, qui se transforme ensuite en Parti socialiste populaire (PSP)[1].

Ayant assisté en au congrès du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) à Toulouse qui consacre Felipe González au secrétariat général, il se réinstalle cinq ans plus tard à Albacete. Il forme alors une candidature de coalition avec un parti démocrate-chrétien pour les élections constituantes du 15 juin 1977 dans la circonscription d'Albacete, le Centre-gauche d'Albacete (CCIA). Tête de liste, il recueille 7 % des voix et aucun siège, loin de l'Union du centre démocratique (UCD) et du PSOE[1].

Du PSOE au Congrès des députés[modifier | modifier le code]

José Bono est nommé quatrième secrétaire du Congrès moins d'un an après sa première élection.

L'échec du PSP au cours du scrutin, qui totalise moins de 5 % des suffrages exprimés et seulement 6 députés sur 350, fait de Bono l'un des plus fervents partisans de l'unité socialiste. Il obtient gain de cause lorsque le Parti socialiste populaire rallie le Parti socialiste ouvrier espagnol un an plus tard, en [1].

Le comité fédéral du PSOE, réuni le à Madrid, l'investit en tête de la liste socialiste dans la circonscription électorale d'Albacete pour les élections générales du 1er mars suivant[8]. Huit mois plus tard, il devient le quatrième secrétaire[c] du bureau du Congrès des députés[9]. Il succède à Leopoldo Torres, promu deuxième secrétaire en remplacement de María Izquierdo. Il est élu par 55 voix favorables, Torres recueillant 76 suffrages tandis que 122 parlementaires votent blanc[10]. Initialement, le groupe socialiste avait envisagé de proposer directement le nom de Bono pour le poste de deuxième secrétaire[11].

Lors de la tentative de coup d'État du lieutenant-colonel Tejero le , il est sur l'estrade du bureau du Congrès, où se tient le vote d'investiture de Leopoldo Calvo-Sotelo[12]. Lors de la rénovation de l'hémicycle sous la IIe législature, il acquiert pour 14 000 pesetas le siège sur lequel il se trouvait à ce moment-là[13].

Pour les élections générales du 28 octobre 1982, il est confirmé en première position sur la liste du PSOE d'Albacete[14]. Après le scrutin, il quitte le bureau et prend la présidence de la commission du Statut des députés[15]. Selon le journal ABC, il fait partie des huit parlementaires ayant voté « blanc » lors de l'élection de Gregorio Peces-Barba à la présidence du Congrès, afin de signifier son mécontentement d'avoir été exclu du bureau, ce qu'il nie vigoureusement[16].

Président de Castille-La Manche[modifier | modifier le code]

Engagé dans le processus d'autonomie[modifier | modifier le code]

Article connexe : Statut d'autonomie.
José Bono est le porte-parole socialiste à l'Assemblée des parlementaires de Castille-La Manche pendant le processus d'autonomie.

Au sein de la Junte provisoire de Castille-La Manche, il exerce à partir de le rôle de porte-parole du groupe socialiste. Le , il organise le départ des élus du PSOE d'une réunion organisée à la députation provinciale de Guadalajara afin de protester contre le règlement proposé par le président Antonio Fernández-Galiano, de l'Union du centre démocratique (UCD) : alors que les socialistes souhaitent que seuls les membres du conseil exécutif puissent diriger un département administratif, les centristes veulent ouvrir cette possibilité à des personnalités extérieures. Le règlement est alors approuvé avec les seules voix de l'UCD[17]. Le , il indique que son groupe votera en faveur du centriste Gonzalo Payo pour prendre la succession de Fernández-Galiano à la présidence provisoire de la communauté autonome, saluant le travail réalisé par le sortant et son traitement équilibré des différentes forces politiques régionales[18].

Il annonce le que son parti votera en faveur d'un appel lancé par la Junte provisoire aux cinq députations provinciales et aux communes du territoire régional afin que celles-ci déclenchent le processus d'accession à l'autonomie de la Castille-La Manche. La requête est approuvée à l'unanimité des trois partis représentés au sein de l'institution[19]. Lors de l'adoption du statut d'autonomie par le Congrès des députés le , il exprime sa satisfaction et rejette en bloc les arguments développés par le communiste Jordi Solé Tura, qui critique de son côté un texte convenu entre l'UCD et le PSOE afin de se répartir la carte électorale[20].

Candidature contestée[modifier | modifier le code]

Lors d'une réunion du comité régional du Parti socialiste de Castille-La Manche-PSOE (PSCM-PSOE) à Alcázar de San Juan le , le président de la Junte des communautés provisoire Jesús Fuentes Lázaro est investi chef de file aux élections régionales du 8 mai 1983 contre son conseiller à la Présidence José María Gómez, qui devait initialement être choisi comme candidat[21],[22].

Pourtant le , la commission exécutive fédérale du PSOE désavoue sa fédération régionale et investit José Bono. Cette décision est critiquée par les socialistes de Cuenca, de Guadalajara et de Tolède mais soutenue par ceux d'Albacete et de Ciudad Real. Au cours de sa réunion du , le comité fédéral confirme l'investiture de José Bono, sans tenir compte des protestations émises par les délégués du PSCM-PSOE[23],[24].

Vingt ans de majorité absolue[modifier | modifier le code]

Bono remporte six majorités absolues consécutives aux Cortes de Castille-La Manche.

Le jour du scrutin, alors qu'il est lui-même élu député régional d'Albacete, il remporte 47 % des voix et 23 députés sur 44 aux Cortes, soit l'exacte majorité absolue[25]. Le suivant, à l'âge de 32 ans, José Bono est investi président de la Junte des communautés de Castille-La Manche, avec comme objectif prioritaire la mise en œuvre du statut d'autonomie[26]. Il démissionne aussitôt du Congrès.

Aux élections régionales du 10 juin 1987, il confirme sa majorité absolue avec 46,8 % des suffrages et 25 élus sur 47[27]. Quatre ans plus tard, en obtenant 52,6 % des voix et 27 députés régionaux, il obtient sa première majorité absolue en voix[28]. Il parvient à se maintenir au pouvoir, avec 24 sièges et 46,1 % des voix, lors des élections du 28 mai 1995, étant alors le seul socialiste à remporter la majorité absolue au niveau régional[29].

Comptant, avec le président d'Estrémadure Juan Carlos Rodríguez Ibarra et le président d'Andalousie Manuel Chaves, parmi les trois « barons du PSOE », il est une nouvelle fois reconduit à la tête de la Castille-La Manche lors des élections régionales du 13 juin 1999, obtenant 54,1 % des voix et 26 députés sur 47[30]. Candidat pour un sixième mandat consécutif aux élections régionales du 25 mai 2003, il y remporte 58,6 % des voix et 29 députés, son meilleur résultat depuis 1983, obtenant ainsi la majorité qualifiée des trois cinquièmes aux Cortes[31].

Opposition à un projet de champ de tir militaire[modifier | modifier le code]

José Bono s'oppose avec succès à l'installation d'un champ de tir de l'armée de l'air à Cabañeros.

À peine un mois après sa prise de fonction, il signifie officiellement qu'il ne souhaite pas que le ministère de la Défense installe un champ de tir pour l'armée de l'air sur le domaine de Cabañeros, dans la province de Ciudad Real. Affirmant agir « sans crispation ni affrontement, et surtout pas contre le gouvernement socialiste de mon pays auquel je m'identifie pleinement », il appelle l'État à étudier des alternatives pour cette installation militaire et rappelle le rapport défavorable émis par la direction générale de l'Environnement du ministère des Travaux publics quant à sa réalisation[32].

Bien que sa prise de position, soutenue par les Cortes, et la mobilisation des citoyens ait paralysé le projet, il rappelle le — au lendemain du référendum sur le maintien de l'Espagne dans l'OTAN — son rejet du projet en déclarant qu'il s'opposera « de toutes [ses] forces » à la création d'un champ de tir : « une telle décision ne relève pas de moi, mais je suis totalement sûr de ne pas changer de position »[33]. Après que la presse a révélé le que le gouvernement espagnol avait proposé un prix pour l'achat des terrains à ses propriétaires privés, il réitère sa position en soulignant que « le gouvernement régional, le Parlement et moi pensons que la construction du polygone de tir conduirait à des conséquences écologiques irréversibles » et explique « ne pas comprendre que l'on s'émeuve pour un avion et pas pour un vautour fauve ou une cigogne »[34].

Son gouvernement entame le suivant les procédures pour faire de Cabañeros un espace naturel protégé, ce qui rendrait irréalisable le projet poursuivi par l'État. Tandis que le gouvernement central précise le même jour qu'aucune décision n'a été prise au sujet du domaine de Cabañeros, Bono précise qu'il agit « non pas contre le ministère de la Défense, mais en défense de la nature ». Bono ayant affirmé que sa décision était conforme au projet politique qu'il partage avec le ministre socialiste de la Défense Narcís Serra, le chef de l'opposition régionale Arturo García-Tizón appelle les deux responsables à clarifier leur apparente contradiction[35],[36]. Le , le conseil de gouvernement adopte une décret déclarant « parc naturel de Cabañeros » 25 615 hectares de terrain, répartis sur quatre communes du nord de la province de Ciudad Real. Bono indique toutefois qu'il existe « une très forte probabilité » que le territoire de la communauté autonome accueille un champ de tir « du fait de sa position géographique et stratégique »[37].

Ainsi le suivant, le conseil des ministres déclare un autre domaine de Ciudad Real, près du village d'Anchuras, zone d'intérêt de la Défense afin d'y installer un polygone de tir pour les avions militaires. Refusant de se prononcer sur la proximité de la zone avec la centrale nucléaire de Valdecaballeros, le président de Castille-La Manche ne semble pas s'opposer au projet, son gouvernement affirmant que « la protection de la nature doit être compatible avec la défense de l'Espagne » et que le nouveau site ne présente pas de particularités écologiques exceptionnelles. Cette posture est vertement critiquée par les partis d'opposition[38]. Cette posture est vertement critiquée par les partis d'opposition, le Centre démocratique et social (CDS) estimant que « [Bono] est ridiculisé » et « a le devoir moral de s'y opposer », tandis que la Démocratie chrétienne (DC) présente les actes des gouvernements de la Nation et de la communauté autonome comme « une véritable fraude, car ce qui se réfère à Cabañeros n'était qu'une opération de communication »[39]. Le projet sera finalement abandonné huit ans plus tard, en , par le gouvernement de José María Aznar[40].

Dans l'appareil socialiste[modifier | modifier le code]

Figure régionale du PSOE[modifier | modifier le code]

À l'occasion du IIIe congrès régional du Parti socialiste de Castille-La Manche-PSOE (PSCM-PSOE) à Tolède, il est élu le secrétaire général de la commission exécutive, recueillant 100 % des voix. Succédant à Miguel Ángel Martínez, il nomme le vice-président des Cortes Javier Paulino président et le conseiller à l'Économie du gouvernement autonome Juan Pedro Hernández Moltó vice-secrétaire général[41]. Élu en membre de la commission exécutive fédérale du PSOE, Bono renonce à se succéder à la tête du PSCM-PSOE au cours du IVe congrès régional en arguant du temps que requiert la présidence de la communauté autonome. Hernández Moltó le remplace à partir du , tandis qu'il prend la suite de Paulino au poste honorifique de président régional du PSOE[42],[43]

Il est maintenu en dans la nouvelle commission exécutive sous l'autorité de Joaquín Almunia, dont il a assuré le succès de la candidature en échange de sa reconduction au sein de la direction du parti[44],[45]. Il abandonne quelques jours plus tard la présidence du PSCM-PSOE au profit de Juan de Dios Izquierdo, et nie que cette décision soit liée au retrait de Felipe González du secrétariat général fédéral, assurant que sa décision était prise depuis plusieurs semaines. Le poste de secrétaire général régional revient à son ami José María Barreda, président des Cortes et ancien vice-président du gouvernement de Castille-La Manche[46].

Échec pour la direction fédérale[modifier | modifier le code]

Candidature[modifier | modifier le code]

À la suite de la défaite du Parti socialiste aux élections générales du 12 mars 2000, Almunia remet sa démission immédiate. Bono fait alors rapidement connaître sa disponibilité pour lui succéder et prendre la direction du parti, expliquant ne pas voir comme un problème de ne pas siéger au Congrès des députés car « l'Espagne existe de l'autre côté des statues de lion du palais des Cortès »[47]. Il explique ainsi ne pas vouloir intégrer la direction provisoire (Gestora) qui se met en place pour « ne pas donner le sentiment de vouloir se rendre indispensable » et que l'objectif est bien de battre le Parti populaire lors du prochain scrutin législatif et pas les uns les autres à l'intérieur du PSOE[48].

Lors du cycle de conférences Madrid, Punto de Encuentro à l'hôtel Ritz, il prononce le un discours devant un millier de personnes, dont Felipe González et le porte-parole du collectif social-libéral Nueva Vía José Luis Rodríguez Zapatero, dans lequel il confirme son intention de postuler au secrétaire général du PSOE, mais sans faire formellement acte de candidature : « je vais faire ce que vous pensez tous [mais] je ne ferai aucune annonce car je ne prendrai pas les Alhucemas depuis le Ritz »[49]. S'exprimant devant les délégués des sections locales de Castille-La Manche le suivant à Tolède, il annonce officiellement qu'il postule à diriger le parti. Il explique se présenter « pour amener le parti au pouvoir, mais si je n'ai pas de majorité en son sein, alors je n'aurai pas l'appui de la société » et précise que « je veux gagner ce congrès, mais pas à n'importe quel prix » car « si je dois obtenir la majorité au dernier jour du congrès, enfermé dans une pièce et en faisant des concessions qui compromettent mon autorité et mon autonomie, je ne serai pas secrétaire général »[50].

Défait de peu[modifier | modifier le code]

Les manœuvres d'Alfonso Guerra empêchent Bono de prendre la direction du PSOE.

Candidat favori, bénéficiant en privé du soutien du président andalou et de la direction provisoire Manuel Chaves, José Bono est cependant battu par Zapatero lors du vote des délégués au XXXVe congrès fédéral le . Avec 405 voix, il remporte 40,8 % des suffrages exprimés, soit neuf votes de moins que le vainqueur du scrutin. Sa défaite est la conséquence du discours optimiste et positif de son principal concurrent et des manœuvres des proches de l'ancien vice-secrétaire général Alfonso Guerra, qui ont dévié une partie de leurs votes vers Zapatero au lieu de les accorder à leur propre candidate, Matilde Fernández pour éviter à tout prix l'accession de Bono au secrétariat général[51].

Le nouveau secrétaire général propose alors au président de Castille-La Manche d'occuper le poste honorifique de président de la commission exécutive, mais ce dernier s'y refuse avant de demander aux délégués l'ayant appuyé de voter en faveur de la nouvelle équipe de direction proposée par Zapatero, dont la présidence revient à Manuel Chaves et qui reçoit l'avis favorable de 90 % des délégués[52],[53].

Ministre de la Défense[modifier | modifier le code]

Nomination[modifier | modifier le code]

Pressenti comme ministre de l'Intérieur, Bono devient finalement ministre de la Défense en .

Initialement pressenti au ministère de l'Intérieur[modifier | modifier le code]

À quatre jours des élections générales du 14 mars 2004, Zapatero affirme lors d'un meeting à Tolède que son parti remportera le scrutin et que Bono sera « en première ligne » à ses côtés, malgré les rumeurs affirmant que le président régional serait prêt à concourir de nouveau pour la direction du parti en cas de défaite au cours du scrutin parlementaire[54].

Le Parti socialiste ouvrier espagnol s'étant imposé face au Parti populaire en remportant la majorité relative au Congrès des députés, Bono accepte d'entrer dans le futur gouvernement au poste de ministre de l'Intérieur, rebaptisé en « ministre de la Sécurité » (Ministro de Seguridad) pour élargir son périmètre de compétences à des questions liées à la défense nationale et à la politique extérieure[55].

Désignation au ministère de la Défense[modifier | modifier le code]

Il est finalement choisi comme ministre de la Défense, à la suite d'une conversation avec le futur président du gouvernement et à sa demande. Sa première tâche sera de gérer le retrait du contingent espagnol en Irak. Zapatero estime alors que Bono a les qualités pour mener à bien cette tâche en sachant ménager l'opinion publique, majoritairement hostile à la participation de leur pays à la guerre d'Irak, et les militaires. Sa présence au sein du gouvernement permet aussi de faire taire les attaques contre le secrétaire général du PSOE au sujet de la diversité territoriale, dans la mesure où le président de Castille-La Manche est un farouche partisan de l'unité de l'Espagne[56].

Il préside le son dernier conseil de gouvernement à Tolède, après avoir dirigé la communauté autonome pendant près de 21 ans. Présentant son engagement avec la Castille-La Manche comme indissolube, il refuse de parler de départ ou d'adieu[57].

Prise de fonctions[modifier | modifier le code]

Premier discours[modifier | modifier le code]

Dans son discours de prise de fonctions, Bono rappelle son opposition à la syndicalisation des soldats et gardes civils.

Entré en fonctions le , il participe le lendemain à la cérémonie de passation de pouvoir avec son prédécesseur Federico Trillo. Lors du discours qui suit cet événement protocolaire, il livre un plaidoyer pour l'amour de l'Espagne en affirmant que « si je meurs en défendant mon pays contre les terroristes et les délinquants, y compris les faux patriotes, alors je serai fier ». Selon lui, défendre l'Espagne « c'est essayer de défendre ceux qui ne prennent pas la parole, ceux qui ne votent pas pour nous et lutter pour ressentir la fierté de vivre dans une vieille et juste Nation, qui veut que demain, nos enfants n'aient pas besoin d'exhiber leur groupe sanguin, la couleur de leur peau, l'idéologie de leurs parents, leurs revenus ou leur religion. La grandeur d'un pays est de savoir reconnaître la profonde et radicale égalité de tous les êtes humains ». De manière plus pragmatique, il affirme devant les représentants de l'Union générale des travailleurs (UGT) et des Commissions ouvrières (CCOO) que tant qu'il sera ministre et Zapatero président du gouvernement, il n'y aura jamais aucun syndicat au sein des forces armées et de la Garde civile car y appartenir « est une forme volontaire de servir l'Espagne qui exigent une totale obéissance »[58].

Cette cérémonie et son contenu font l'objet de nombreuses critiques. Le secrétaire général du Parti populaire Ángel Acebes parle ainsi d'un « spectacle », tandis que le chef de l'opposition en Catalogne Artur Mas évoque le « mépris » et l'attitude « présomptueuse » de Bono et d'un événement ayant donné une image « usée et oxydée ». Pour le porte-parole de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC) au Parlement catalan Josep Huguet dénonce « l'aspect social-falangiste que l'on trouve parfois dans certaines expressions des secteurs les plus durs et conservateurs du PSOE ». Les deux associations de gardes civils, l'ASIGC et l'AUGC, et les CCOO mettent elles en cause le refus du ministre de l'autorisation de syndicalisation de la troupe[59].

Entourage de proches[modifier | modifier le code]

Bono confie la direction des services de renseignement à un proche collaborateur de Castille-La Manche.

Au cours du premier conseil des ministres, qui se réunit le , il propose la nomination de Francisco Pardo comme secrétaire d'État à la Défense, de José Alberto Saiz en tant que directeur du Centre national de renseignement (CNI) et de Justo Zembrana au poste de sous-secrétaire de la Défense[60].

Comme prévu, il s'entoure donc de personnalités proches qui l'accompagnent depuis le milieu des années 1990 au sein du gouvernement de Castille-La Manche : Pardo, ancien directeur de cabinet puis secrétaire général de la présidence régional, est conseiller[d] à la Présidence de l'exécutif autonome depuis  ; Saiz, après avoir été directeur général de l'Environnement de la Junte des communautés, devient à cette même période conseiller à l'Industrie ; et Zembrana, ex-conseiller à l'Éducation qui a dirigé en la campagne infructueuse de Bono pour diriger le PSOE, préside le conseil économique et social régional[61]. La désignation de Saiz constitue une surprise car il n'était pas prévu que le remplacement du directeur du CNI Jorge Dezcallar, un diplomate nommé en pour un mandat de cinq ans certes révocable, fasse partie des premières décisions du nouvel exécutif[62].

Lors de la cérémonie d'assermentation de ces trois collaborateurs et de son directeur de cabinet, Bono rend hommage à l'équipe de son prédécesseur, et salue notamment le travail de Dezcallar, dont il affirme que la substitution avant la fin de son mandat n'est pas une marque de méfiance. Des rumeurs indiquent en effet que le gouvernement envisage de lui confier l'ambassade auprès du Vatican[63].

Retrait d'Irak[modifier | modifier le code]

En conférence de presse qui suit le conseil des ministres du , aux côtés du ministre des Affaires étrangères Miguel Ángel Moratinos, que le retrait du corps expéditionnaire espagnol déployé en Irak a déjà commencé et qu'il se conclura dans un délai de six semaines. Qualifiant de « misérables » les critiques selon lesquelles le retrait a été accéléré par la détérioration de la situation sécuritaire sur le terrain, Bono indique avoir parlé la veille avec le secrétaire à la Défense des États-Unis Donald Rumsfeld et assure que les troupes reviendront « dans les plus brefs délais et les plus hautes conditions de sécurité »[64]. Deux jours plus tard, sept groupes parlementaires du Congrès des députés signent une proposition non-législative (PNL)[e], qui sera soumise au vote le , par laquelle ils apportent leur soutien à cette décision, seul le Parti populaire refusant de s'y associer[65]. Lors du débat parlementaire du 27 avril consacré au rapatriement du contingent d'Irak, Zapatero rend hommage au travail du ministre de la Défense[66]. La PNL, reportée de 15 jours pour des raisons de procédure, est adoptée par 185 voix pour 141 contre le , mettant en évidence l'isolement politique et parlementaire du Parti populaire sur ce sujet[67].

Bono accueille le 24 mai 2004 sur la base aérienne de Torrejón de Ardoz les derniers soldats de retour d'Irak.

Le , il accompagne José Luis Rodríguez Zapatero sur la base militaire de Bótoa, dans la ville de Badajoz. Devant les soldats et le président de la Junte d'Estrémadure Juan Carlos Rodríguez Ibarra, il prononce officiellement la dissolution de la brigade Plus Ultra II. Dans son discours, il indique que « plus aucune troupe ne sera envoyée en Irak, et d'ici 30 jours tous les soldats espagnols seront de retour chez eux ». Il ajoute que « les Espagnols soutiennent leurs soldatsa, apprécient leur professionnalisme, admirent leur dévouement et savent la valeur qu'ils attribuent à l'exécution des ordres du gouvernement »[68]. Il accueille le les 217 derniers militaires à revenir du Moyen-Orient sur la base aérienne de Torrejón de Ardoz, jugeant qu'il s'agit « d'un jour de joie » et que « [le corps expéditionnaire a] fait son devoir et le gouvernement tenu sa parole »[69].

Il est décoré lors du conseil des ministres qui se réunit quatre jour plus tard de la grande-croix de l'Ordre du Mérite militaire pour son engagement dans l'opération de retrait du contingent présent en Irak. À ce titre, la porte-parole du gouvernement María Teresa Fernández de la Vega précise que les généraux ayant mené à bien le rapatriement des troupes ont reçu la même décoration et que Bono a quitté la réunion lors de la délibération sur sa personne, conformément à la loi. Critiqué par l'ensemble de l'opposition, ainsi que l'ancien numéro deux du PSOE Alfonso Guerra, il finit par y renoncer le , par un courrier remis au président du gouvernement[70].

Suites du crash du Yak-42 de 2003[modifier | modifier le code]

Soutien logistique aux familles[modifier | modifier le code]

Bono annonce le soutien du ministère aux familles des victimes du crash d'un Yakovlev Yak-42 d'UM Air en 2003.

Dans les premiers jours qui suivent sa prise de fonction, il doit gérer les suites de l'affaire Yak-42. Il annonce le à trois veuves de soldats que son ministère leur apportera tout l'appui logistique nécessaire pour réaliser de nouveaux tests ADN et lever les doutes sur l'identification des victimes[71]. Ainsi dix jours plus tard, des proches de 30 victimes se rendent en Turquie pour pratiquer des analyses ADN sur des morceaux de tissus conservés comme preuve. Ils voyagent à bord d'un avion affrété par le ministère de la Défense, qui finance par ailleurs l'ensemble des dépenses du déplacement et des tests scientifiques, en compagnie de quatre conseillers ministériels, dont le directeur de cabinet de José Bono[72].

Auditionné le par la commission de la Défense du Congrès pour la première fois, il admet que des négligences ont pu avoir lieu dans le processus d'identification des cadavres, mais refuse d'en attribuer la responsabilité à son prédécesseur Federico Trillo. Selon lui, « toute erreur qui ait pu être commise relève plus de la négligence ou de la bonne foi administrée de manière extravagante que de la malveillance ou de la fraude ». Il quitte ensuite l'Espagne pour la ville turque de Trabzon, afin de participer le lendemain avec son homologue Vecdi Gönül et 150 proches des soldats à l'inauguration de deux mémoriaux en hommage aux victimes[73].

Remplacement de l'État-Major[modifier | modifier le code]

Bono nomme le général Félix Sanz Roldán chef d'État-Major de la Défense après avoir appris des erreurs d'identification des cadavres.

Le rapport de l'Institut de toxicologie d'Istanbul publié le confirme sur que 22 cadavres ont été mal identifiés sur les 39 testés le mois précédent. Au courant depuis plusieurs jours de la teneur du rapport, Bono prend aussitôt la décision d'anticiper le remplacement d'une partie du haut commandement, afin de protéger les Forces armées du scandale. Il propose ainsi la destitution du chef d'État-Major de la Défense (JEMAD) Antonio Moreno Barberá, du chef d'État-Major de l'armée de terre (JEME) Luis Alejandre, du chef d'État-Major de l'armée de l'air (JEMA) Eduardo González Gallarza et du commandant de la division de la santé Vicente Carlos Navarro Ruiz[74],[75].

Le conseil des ministres du nomme donc sur sa recommandation les lieutenants-généraux Félix Sanz Roldán comme JEMAD, José Antonio García González en tant que JEME et Francisco José García de la Vega au poste de JEMA. En conférence de presse, Bono affirme que cette série de désignations est sans rapport avec l'affaire du Yak-42, contrairement à ce qu'affirment des sources internes au ministère de la Défense. La nomination du général Sanz Roldán, entré récemment en fonction comme directeur général de la Politique de défense, crée une certaine surprise car son nom n'avait pas été cité, mais respecte la tradition d'un accès tournant au poste de JEMAD entre les trois armes puisqu'il est issu de l'armée de terre[76].

Nouveau protocole d'identification des victimes[modifier | modifier le code]

Il annonce devant la commission de la Défense le son intention d'adopter un nouveau protocole d'identification des victimes pour les soldats déployés sur des opérations extérieures. Bien que le protocole concerne la récupération, l'identification, le rapatriement et l'inhumation des corps, il vise surtout à corriger les erreurs révélées par l'affaire Yak-42 : si les experts turcs avaient correctement identifié 32 victimes, leurs collègues espagnols s'étaient trompés sur les 30 autres. Il oblige notamment à réaliser de manière systématique des analyses ADN et à ne pas se fonder uniquement sur des témoignages et des éléments du physique corporel des défunts. Il entre en vigueur le [77]. Après le crash d'un hélicoptère de l'ISAF le au sud d'Hérat, il interrompt ses vacances et se rend personnellement sur place afin de superviser l'identification et le rapatriement des corps, avec la consigne de Zapatero d'apporter les « garanties maximum de certitude et de sécurité » à ce sujet[78].

Affaire Bono[modifier | modifier le code]

Agression à Madrid et arrestations[modifier | modifier le code]

À proximité de la Puerta del Sol, Bono est pris à partie verbalement puis physiquement par des manifestants.

Le , José Bono participe à une manifestation en hommage aux victimes du terrorisme, organisée à Madrid par l'Association des victimes du terrorisme (AVT). Alors qu'il participe au cortège qui se rend de la place de Cybèle à la Puerta del Sol, il est pris à parti verbalement par des manifestants, qui le qualifient d'« assassin, lèche-bottes, démagogue, apostat, menteur ». Il est ensuite frappé à plusieurs reprises, avant d'être extrait du cortège par son service de sécurité et des agents de police. La députée européenne Rosa Díez, qui l'accompagnait, le suit en larmes. Le président de l'AVT Francisco José Alcaraz fait part de son « indignation et déception » après avoir pris connaissance de ces incidents, tandis que le secrétaire général du Parti populaire Ángel Acebes juge que « les actes d'une minorité d'intolérants ne doivent pas dénaturer le grand succès de cette marche »[79].

La police inculpe trois jours plus tard deux dirigeants du Parti populaire de la ville de Las Rozas de Madrid, Isidoro Barrios et Antonia de la Cruz, qu'elle considère comme ayant fait partie des agresseurs de Bono. Si le ministre juge l'affaire close et n'a pas l'intention de porter l'affaire en justice car il juge plus important de sauvegarder l'unité en matière de lutte contre le terrorisme, la police agit en raison des blessures légères subies par l'un des officiers de sécurité de José Bono[80]. Le juge d'instruction saisi du dossier le classe finalement cinq mois plus tard[81].

Condamnations pour détention illégale[modifier | modifier le code]

L'affaire revient au premier plan un an plus tard, lorsque l'Audience provinciale de Madrid condamne le le commissaire principal Rodolfo Ruiz et l'inspecteur principal Javier Fernández à cinq ans d'emprisonnement et dix ans d'interdiction d'exercice d'une fonction publique pour détention arbitraire, et l'inspecteur José Luis González à trois ans de prison pour faux en écriture. Le tribunal juge que les trois policiers ont placé illégalement en garde à vue les deux responsables du PP et, conscients de la faiblesse de leur accusation, ont volontairement déformé la réalité des faits inscrits au procès-verbal. Si le Parti populaire demandait jusqu'à dix ans de prison, le ministère public estimait pour sa part qu'il n'y avait aucun délit[82].

Le ministre de la Défense José Antonio Alonso et le ministre de l'Intérieur Alfredo Pérez Rubalcaba soulignent que le jugement réfute la thèse avancée par le PP selon laquelle les détentions de ses deux cadres auraient relevé d'une instruction politique, tandis que le délégué du gouvernement à Madrid Constantino Méndez remet sa démission « par responsabilité et en défense du professionnalisme des corps et forces de sécurité de l'État » tout en rappelant que le jugement met en évidence que son administration n'a elle non plus donné aucune consigne aux agents de police[83],[84].

Destitution du général Mena[modifier | modifier le code]

À la capitainerie générale de Séville, le général Mena attaque directement le nouveau statut d'autonomie de la Catalogne.

À l'occasion de la traditionnelle cérémonie de la Pâques militaire (Pascua Militar) le , le lieutenant-général José Mena Aguado, commandant des forces terrestres de l'armée de terre, prononce un discours à la capitainerie générale de Séville dans lequel il affirme que « si les limites de la Constitution étaient dépassées [par un statut d'autonomie], ce qui paraît fort heureusement impensable pour le moment, alors nous devrions appliquer l'article 8 [qui dispose que l'armée est la défenseure de l'intégrité du pays] ». Ces déclarations intervenant en plein débat sur le nouveau statut d'autonomie de la Catalogne, elles sont perçues comme une ingérence de l'institution militaire dans le processus politique. Le chef d'État-Major de la Défense Félix Sanz Roldán propose alors à Bono de démettre Mena de ses fonctions[85].

Le lendemain, après l'avoir personnellement reçu en compagnie de Roldán pendant 15 minutes, le ministre de la Défense annonce qu'il place le général Mena en résidence surveillée pour une période de huit jours, ce qui constitue une première pour un officier général depuis le retour de la démocratie en Espagne, pour avoir enfreint son devoir de neutralité tel que prévu par la loi du régime disciplinaire des forces armées. Bono en informe ensuite Zapatero, puis les portes-paroles des principaux partis représentés au Congrès des députés[86]. Si toutes les formations politiques soutiennent les sanctions imposée au haut gradé, le Parti populaire estime que les déclarations de Mena sont « inévitables » comme « reflet de la situation politique actuelle » tout en assurant ne pas soutenir ces propos mais simplement expliquer le contexte dans lequel elles se sont produites[87].

Le conseil des ministres du prononce la destitution du général Mena de ses fonctions et le verse dans la réserve sur proposition de Bono, puis le remplace par le lieutenant-général Pedro Pitarch Bartolomé, jusqu'alors directeur général de la Politique de défense au sein du ministère de la Défense et présenté comme un homme de confiance du ministre[88].

Premier retrait de la politique[modifier | modifier le code]

Démission du gouvernement[modifier | modifier le code]

En , il indique à Zapatero qu'il ne pourra rester ministre de la Défense si le nouveau statut d'autonomie catalan devait être le point de départ d'un mouvement sécessionniste. Il l'informe de son intention de démissionner, une fois que le PSOE devancera clairement le PP dans les sondages et que la réforme statutaire sera conclue[89].

Lors d'une conférence de presse le au palais de la Moncloa, José Luis Rodríguez Zapatero annonce la démission de son ancien concurrent du congrès socialiste, dont le remplacement par le ministre de l'Intérieur José Antonio Alonso entraîne un remaniement ministériel. José Bono explique quelques heures plus tard avoir évoqué son départ de l'exécutif avec Zapatero six mois auparavant, et avoir formalisé sa demande en . Le président du gouvernement l'accepte deux mois plus tard, une fois adoptée la loi des troupes et de la marine. Il affirme que sa démission est due à des raisons familiales, ayant passé 25 ans au premier plan de la vie politique, et réfute publiquement que son départ soit lié à ses désaccords quant à la réforme du statut d'autonomie catalan[90]. Il admettra dix ans plus tard que son départ de l'exécutif est bien lié à la réforme statutaire en Catalogne[91].

Candidature avortée à la mairie de Madrid[modifier | modifier le code]

Après que Bono a quitté le gouvernement, Zapatero fait savoir qu'il fera tout son possible pour qu'il revienne dans la vie politique active et maintient une relation extrêmement proche et étroite avec lui[92]. Il est ainsi désigné conseiller d'État, en sa qualité d'ancien président de communauté autonome ayant accompli au moins huit ans de mandat, le suivant[93].

À la suite de la nomination de Trinidad Jiménez, candidate naturelle à la mairie de Madrid, comme secrétaire d'État le , Bono affirme publiquement avoir été approché pour se mesurer au sortant conservateur Alberto Ruiz-Gallardón mais qu'il n'a pas donné suite car « j'ai toujours refusé les parachutés en politique »[94],e[95]. Pourtant le , il dit à des journalistes sa satisfaction que le PSOE se souvienne de lui et imagine présenter sa candidature, ce qui laisse entendre qu'il serait finalement prête à postuler[96]. Tandis que l'ancien secrétaire général Felipe González indique que Bono n'aurait pas été son choix, la ministre de la Présidence María Teresa Fernández de la Vega juge qu'il serait un « candidat magnifique » pour la capitale[97].

Il corrige ses déclarations 48 heures plus tard en affirmant de nouveau qu'il n'a pas l'intention d'être tête de liste socialistes au cours du scrutin et que, dans son esprit, il n'en a jamais été question[98]. Il précise alors qu'il ne s'agit pas pour lui d'une critique ou d'un éloignement du projet socialiste et explique que jamais Zapatero ne lui a proposé cette candidature, car il n'aurait pas pu la lui refuser[99].

Président du Congrès des députés[modifier | modifier le code]

Élection[modifier | modifier le code]

À 57 ans, Bono est élu président du Congrès des députés en .

Après un entretien avec Zapatero et José Blanco, José Bono annonce le son retour à la vie politique comme tête de liste dans la circonscription de Tolède aux élections générales du 9 mars 2008. Il ajoute que le secrétaire général du PSOE lui a offert d'être candidat à la présidence du Congrès des députés en cas de victoire, seulement deux semaines après que l'actuel président de la chambre basse des Cortes Generales Manuel Marín a fait savoir son retrait imminent de la vie politique. Cette révélation cause une certaine surprise au sein des autres formations politiques représentées au Congrès, le Parti populaire parlant même du « baiser de Judas »[100].

Malgré cette annonce, le président de la commission constitutionnelle et ancien vice-président du gouvernement Alfonso Guerra souhaite postuler à la présidence de l'assemblée parlementaire et demande à María Teresa Fernández de la Vega d'en informer Zapatero, qui ne change pas d'opinion. À quelques heures de la session d'installation du nouveau Congrès, Guerra juge publiquement qu'il y avait « de meilleurs candidats » pour cette fonction[101].

Le , José Bono est élu à 57 ans président du Congrès des députés par 170 voix favorables, contre 152 à la conservatrice Ana Pastor et 26 votes blancs et deux nuls, lors du second tour de scrutin. Il est ainsi le premier député à accéder à la présidence de la chambre sans obtenir la majorité absolue. Sa candidature est ainsi rejetée par l'ensemble des partis nationalistes, qui lui reprochent une posture opposée à la pluralité territoriale de l'Espagne[102]. Dans son premier discours, il affirme sa volonté de travailler « avec humilité et amabilité », promettant d'être « juste » dans une institution « où personne ne vaut plus qu'un autre ». Il demande par ailleurs aux parlementaires de faire preuve d'indulgence en cas d'erreur de sa part, alors qu'il n'a plus siégé dans cette enceinte depuis 25 ans[103].

Prise de positions[modifier | modifier le code]

À deux reprises, il a rappelé à l'ordre le ministre de l'Industrie, Miguel Sebastián, qui ne portait pas de cravate en séance plénière, s'attirant la seconde fois les critiques de certains députés socialistes[104].

Lors du congrès des écoles catholiques le , il dénonce les menaces d'excommunication proférées par l'Église catholique romaine, dont il fait partie, contre tous ceux qui voteraient pour la réforme de la loi sur l'avortement, en déclarant que « l'Église [le] condamne car [il est] socialiste, et n'a pas condamné Augusto Pinochet qui était un assassin »[105].

Retrait de la politique[modifier | modifier le code]

Le , il révèle à la presse, qu'il ne souhaite pas être candidat aux élections générales du 20 novembre suivant[106]. Le 13 décembre, il cède la présidence du Congrès au conservateur Jesús Posada.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par intérim du au .
  2. Prononciation en espagnol d'Espagne retranscrite selon la norme API.
  3. À l'ouverture de la législature, les quatre secrétaires du Congrès des députés sont élus simultanément, et chaque député ne peut voter que pour un seul candidat. L'ordre de préséance est fonction du nombre de suffrages recueilli par chaque secrétaire élu.
  4. En Espagne, un « conseiller » (en espagnol : consejero) est un membre du gouvernement d'une communauté autonome.
  5. Les propositions non-législatives sont des résolutions parlementaires sans portée législative ou réglementaire.

Références[modifier | modifier le code]

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  106. (es) « José Bono anuncia su 'posición personal' de no seguir como diputado », El Mundo, le

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]