Mariano Rajoy

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Mariano Rajoy
Mariano Rajoy en 2017.
Mariano Rajoy en 2017.
Fonctions
Président du gouvernement d'Espagne
En fonction depuis le
(5 ans et 10 mois)
Monarque Juan Carlos Ier
Felipe VI
Gouvernement Rajoy I et II
Législature Xe, XIe, XIIe
Coalition PP
Prédécesseur José Luis Rodríguez Zapatero
Président du Parti populaire
En fonction depuis le
(13 ans et 18 jours)
Prédécesseur José María Aznar
Secrétaire général du Parti populaire

(1 an, 1 mois et 2 jours)
Président José María Aznar
Gouvernement Aznar II
Prédécesseur Javier Arenas
Successeur Ángel Acebes
Ministre de la Présidence
Porte-parole du gouvernement

(1 an, 1 mois et 25 jours)
Président du gouvernement José María Aznar
Gouvernement Aznar II
Prédécesseur Juan José Lucas (Présidence)
Pío Cabanillas (Porte-parole)
Successeur Javier Arenas (Présidence)
Eduardo Zaplana (Porte-parole)
Ministre de l'Intérieur

(1 an, 4 mois et 12 jours)
Président du gouvernement José María Aznar
Gouvernement Aznar II
Prédécesseur Jaime Mayor Oreja
Successeur Ángel Acebes
Ministre de la Présidence

(10 mois)
Président du gouvernement José María Aznar
Gouvernement Aznar II
Prédécesseur Francisco Álvarez-Cascos
Successeur Juan José Lucas
Premier vice-président du gouvernement

(3 ans, 4 mois et 7 jours)
Président du gouvernement José María Aznar
Gouvernement Aznar II
Prédécesseur Francisco Álvarez-Cascos
Successeur Rodrigo Rato
Ministre de l'Éducation et de la Culture

(1 an, 3 mois et 8 jours)
Président du gouvernement José María Aznar
Gouvernement Aznar I
Prédécesseur Esperanza Aguirre
Successeur Pilar del Castillo
Ministre des Administrations publiques

(2 ans, 8 mois et 13 jours)
Président du gouvernement José María Aznar
Gouvernement Aznar I
Prédécesseur Joan Lerma
Successeur Ángel Acebes
Vice-secrétaire général du Parti populaire

(13 ans, 2 mois et 7 jours)
Président José María Aznar
Député aux Cortes Generales
En fonction depuis le
(27 ans, 11 mois et 1 jour)
Élection
Réélection






Circonscription Pontevedra (1989-2004)
Madrid (depuis 2004)
Législature IVe, Ve, VIe, VIIe, VIIIe, IXe, Xe, XIe, XIIe
Groupe politique Populaire

(4 mois et 27 jours)
Élection
Circonscription Pontevedra
Législature IIIe
Groupe politique Populaire
Successeur Adriano Marqués
Biographie
Nom de naissance Mariano Rajoy Brey
Date de naissance (62 ans)
Lieu de naissance Saint-Jacques-de-Compostelle (Espagne)
Parti politique AP, puis PP
Diplômé de université de Saint-Jacques-de-Compostelle
Profession conservateur des hypothèques
Religion catholicisme
Résidence Palais de La Moncloa, Madrid

Signature de Mariano Rajoy

Mariano Rajoy
Ministres des Administrations publiques d'Espagne
Ministres de l'Éducation et de la Culture d'Espagne
Portes-paroles du gouvernement d'Espagne
Ministres de l'Intérieur d'Espagne
Ministres de la Présidence d'Espagne
Vice-présidents du gouvernement d'Espagne
Présidents du gouvernement d'Espagne

Mariano Rajoy Brey (prononcé en espagnol : [maˈɾjano raˈxoi βɾei]), né le à Saint-Jacques-de-Compostelle, est un homme d'État espagnol membre du Parti populaire. Il est président du gouvernement depuis .

Devenu en le plus jeune conservateur des hypothèques d'Espagne, il rejoint le parti conservateur Alliance populaire (AP) et se fait élire en député au Parlement de Galice. À la suite des élections locales de , il entre au conseil municipal de Pontevedra et prend la présidence de la députation provinciale.

Il fait une première incursion sur la scène nationale lors de son élection au Congrès des députés en , mais il renonce à son mandat au bout de quatre mois après avoir été nommé vice-président de la Junte de Galice, une fonction qu'il occupe presque un an. En , il retrouve son siège de député au Congrès.

Il entame alors son ascension, dans l'ombre de José María Aznar. Désigné en vice-secrétaire général du nouveau Parti populaire, il devient ministre des Administrations publiques après la victoire du PP aux élections de , puis ministre de l'Éducation et de la Culture lors d'un remaniement ministériel en .

Il dirige la campagne du parti pour les élections de , qui se solde par une majorité absolue en sièges. Il est alors promu « numéro deux » du gouvernement en tant que premier vice-président du gouvernement et ministre de la Présidence. Il passe au ministère de l'Intérieur en . Le remaniement de fait de lui « l'homme fort » de l'exécutif : toujours premier vice-président et de nouveau ministre de la Présidence, il prend également les fonctions de porte-parole du gouvernement.

En , Aznar le préfère à Rodrigo Rato et Jaime Mayor Oreja comme successeur. Il devient ainsi secrétaire général du Parti populaire, chef de file aux élections de et quitte le cabinet. Les sondages lui sont favorables tout au long de la campagne, mais le PP est finalement défait par le PSOE. Élu président du PP en , Rajoy devient chef de l'opposition et adopte une posture très dure face à José Luis Rodríguez Zapatero.

Après un nouvel échec aux élections de , il est contesté par l'aile droite du parti mais se trouve reconduit sans opposant lors du congrès de Valence et réorganise la direction en se débarrassant des proches d'Aznar. La crise économique conduit les socialistes au pouvoir à mener une politique de rigueur budgétaire qui les rend impopulaires. Le PP remporte alors les élections européennes de , puis triomphe aux élections autonomiques et locales de en remportant notamment les fiefs socialistes de Castille-La Manche et d'Estrémadure.

Aux élections parlementaires anticipées de suivant, Rajoy remporte une majorité absolue identique à celle du scrutin de . À 56 ans, il accède au pouvoir à la troisième tentative, comme Felipe González et José María Aznar. Il constitue un gouvernement de 13 ministres, le plus restreint de l'histoire démocratique. Poursuivant la politique d'austérité menée par Zapatero, il fait face à une économie en ruines, à un chômage hors normes et doit également affronter la multiplication des scandales de corruption qui entachent le Parti populaire.

En , le PP est lourdement sanctionné aux élections autonomiques et locales, perdant notamment ses bastions de la Communauté valencienne et Valence, se trouvant contraint ailleurs de négocier le soutien du parti centriste et libéral Ciudadanos. Les élections parlementaires qui se tiennent sept mois plus tard débouchent sur un Congrès sans majorité et le gouvernement assure l'expédition des affaires courantes. Le scrutin doit être répété en , faute pour les députés d'avoir investi un nouvel exécutif.

Arrivé en tête à la majorité relative lors des deux consultations, le Parti populaire parvient finalement à se maintenir au pouvoir en conséquence d'une grave crise interne des socialistes, qui s'abstiennent lors du vote d'investiture. Ainsi en et après dix mois d'administration provisoire, Mariano Rajoy entame son second mandat de président du gouvernement.

Situation personnelle[modifier | modifier le code]

Origines galiciennes[modifier | modifier le code]

Titulaire d'une licence en droit de l'université de Saint-Jacques-de-Compostelle depuis 1978, il réussit les concours de conservateur des hypothèques l'année suivante. Il est alors le plus jeune à exercer cette profession en Espagne.

Alors qu'il fête son succès, il est gravement blessé lors d'un accident de la circulation à Palas de Rei, dans la province de Lugo. Il conserve de cet accident de multiples cicatrices au visage. Le port de la barbe lui permet de dissimuler ces cicatrices. Il travaille tout d'abord à Padrón, puis à Villafranca del Bierzo et enfin à Santa Pola.

Fils et petit-fils de juristes, son grand-père, un grand juriste galicien, ayant participé à la rédaction du statut d'autonomie de la Galice en 1932, soit à peine quatre ans avant la guerre civile, Mariano Rajoy est le fils d'un ancien président du tribunal provincial à Pontevedra, ville dans laquelle il a grandi.

Le , il est victime, avec Esperanza Aguirre, présidente de la Communauté de Madrid, d'un impressionnant accident d'hélicoptère, filmé par de nombreux médias, mais dont ils sortiront avec de simples contusions[1],[2].

Vie familiale[modifier | modifier le code]

Elvira Fernández Balboa, née à Pontevedra (Espagne) le 27 avril 1965, dite Viri[réf. nécessaire], est l'épouse de Mariano Rajoy.

Elle est l'aînée d'une fratrie de quatre enfants. Elle a étudié l'économie à l'Université de Santiago de Compostela (1983-1988) et a commencé à travailler dans une petite entreprise de Lérez, près de Pontevedra.

Plus tard, elle rejoint la chaîne de télévision Antena 3 en tant que conseiller technique.

Après avoir rencontré l'homme politique Mariano Rajoy en 1992, elle entame une relation avec lui. Le mariage du couple a lieu en 1996 dans la chapelle de San Sebastián, sur l'île de La Toja, dans la province de Pontevedra. Le couple a deux fils, Mariano (1999) et Juan (2005).

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Dans l'ombre de Manuel Fraga[modifier | modifier le code]

Il adhère au début des années 1980 à l'Alliance populaire (AP), le parti de la droite conservatrice fondé par Manuel Fraga, Galicien et ancien ministre de Francisco Franco.

Il postule aux élections autonomiques du , occupant la troisième place de la liste de l'AP dans la circonscription de Pontevedra. À l'âge de 26 ans, il est ainsi élu député au Parlement de Galice. Il est nommé dès directeur général des Relations avec le Parlement au sein du département de la Présidence et des Administrations publiques.

Il poursuit sa carrière électorale en se faisant élire conseiller municipal de Pontevedra le . Intégrant la députation provinciale, il en est élu président le suivant. Il ne se représente donc pas aux élections autonomiques de .

Le mois qui suit, il s'oppose en public à Manuel Fraga, en refusant de renoncer à la présidence de l'AP dans la province de Pontevedra au profit de José Luis Barreiro, alors que Fraga lui propose en échange d'occuper la première place pour les prochaines élections législatives dans le territoire[3]. Après un entretien avec le président de l'AP à Madrid, Rajoy indique avoir accepté le marché proposé et que ses critiques ont été mal interprétées[4].

Une rapide ascension politique[modifier | modifier le code]

Il est en effet candidat aux élections législatives anticipées du , occupant la tête de liste de la Coalition populaire (CP) dans la circonscription de Pontevedra. Élu au Congrès des députés, il est affecté à la commission constitutionnelle et à la commission de la Justice et de l'Intérieur.

Il est nommé le vice-président du gouvernement autonomique de la Galice par Gerardo Fernández Albor. Il doit alors démissionner de son mandat de député, qui prend fin le suivant, et de la présidence de la députation provinciale. Il perd son poste en , après qu'une motion de censure a renversé Albor au profit du socialiste Fernando González Laxe.

Il retrouve en la présidence provinciale de l'Alliance populaire de Pontevedra[5], puis est désigné secrétaire général de l'AP de Galice en , au cours d'un congrès extraordinaire qui consacre Fraga comme président[6]. Il entre au comité exécutif national du nouveau Parti populaire (PP) — qui remplace l'AP — en .

Il postule de nouveau au Congrès des députés lors des élections législatives anticipées du . À la suite de ce scrutin, il devient membre de la députation permanente du Congrès, ainsi que président de la commission parlementaire de contrôle de la Radio-télévision espagnole (RTVE) pendant quelques mois en .

Cadre dirigeant du nouveau Parti populaire[modifier | modifier le code]

Le congrès d' porte José María Aznar, chef de file des élections de , à la présidence du PP et maintient Rajoy au sein de la direction nationale. Il est promu vice-secrétaire général, sous l'autorité de Francisco Álvarez-Cascos, en suivant, en conséquence de la démission d'Artur Moreno[7].

Réélu à ce poste en [8], il conserve son siège de député de Pontevedra en suivant.

Il est confirmé comme vice-secrétaire général en clôture du congrès de . Il est alors présenté comme ministrable en cas de victoire du Parti populaire aux prochaines élections législatives, étant pressenti pour le poste de ministre des Administrations publiques[9].

Premiers portefeuilles ministériels[modifier | modifier le code]

Le , le PP gagne les législatives anticipées, et Mariano Rajoy, qui avait été réélu député, est nommé ministre des Administrations publiques le 6 mai suivant dans le premier gouvernement Aznar. Son mandat est marqué par l'adoption, en 1997, de la loi relative à l'organisation et au fonctionnement de l'administration générale de l'État (LOFAGE), qui régule l'organisation et les missions de l'administration centrale, et la loi relative au gouvernement.

Il change de portefeuille le et remplace Esperanza Aguirre, fortement critiquée, au ministère de l'Éducation et de la Culture[10]. Juste après cette nomination, il est réélu vice-secrétaire général du PP lors de son XIIIe congrès national[11].

Homme de confiance de José María Aznar[modifier | modifier le code]

En 2000, il dirige la campagne électorale des conservateurs pour les élections du 12 mars, que ces derniers remportent avec la majorité absolue des sièges face aux socialistes. Mariano Rajoy est ensuite nommé, le 28 avril, premier vice-président du gouvernement et ministre de la Présidence[12].

Moins d'un an plus tard, le , il remplace Jaime Mayor Oreja, candidat à la présidence du gouvernement du Pays basque, comme ministre de l'Intérieur[13]. À ce poste, il impulse notamment la loi organique sur le droit d'association, approuve le décret d'application de la loi organique sur les droits et devoirs des étrangers, et présente l'avant-projet de loi de prévention de l'alcoolisme.

Lors du vaste remaniement ministériel du , il se convertit en homme fort du gouvernement puisqu'il redevient ministre de la Présidence, conserve sa vice-présidence et est nommé porte-parole du gouvernement[14],[15]. Dans ses nouvelles fonctions, il a dû affronter deux moments très difficiles du second mandat d'Aznar : la catastrophe du pétrolier Prestige au large de la Galice, et la participation de l'Espagne à la guerre d'Irak voulue par George W. Bush.

Pressenti, avec Rodrigo Rato et Jaime Mayor Oreja, pour succéder à José María Aznar à la direction du PP et comme candidat à la présidence du gouvernement aux législatives de 2004[16], il est choisi par ce dernier le [17] et quitte le gouvernement deux jours plus tard[18].

Chef de l'opposition[modifier | modifier le code]

Défaite surprise de 2004[modifier | modifier le code]

Mariano Rajoy, José María Aznar et Rodrigo Rato au soir des élections générales de .

Le PP est en tête des sondages à une semaine du scrutin[19], mais les attentats du 11 mars et leur gestion très controversée par le gouvernement, qui accuse l'ETA en lieu et place des islamistes, donnent finalement la victoire au Parti socialiste ouvrier espagnol de José Luis Rodríguez Zapatero. Mariano Rajoy devient alors chef de l'opposition. Élu président du Parti populaire, lors de son XVe congrès national[20], il s'entoure principalement des tenants de la « ligne dure » au sein du parti, comme l'ancien ministre de l'Intérieur, Ángel Acebes, nommé secrétaire général[21], et l'ancien ministre du Travail et des Affaires sociales, Eduardo Zaplana, nouveau porte-parole du groupe parlementaire.

Au cours de la législature, il mène une opposition très dure au gouvernement Zapatero, que ce soit sur la réforme du statut d'autonomie de la Catalogne, la régularisation de sept cent mille sans-papiers, le refroidissement des relations avec les États-Unis, l'adoption du mariage homosexuel, ou les négociations avec l'ETA, à la suite de sa déclaration de trêve permanente en 2006.

Le , il reconnaît en direct, dans l'émission Tengo une pregunta par usted, que la communauté internationale s'était trompée en validant l'hypothèse de la présence d'armes de destruction massive en Irak[22]. En octobre de cette même année, il est pris au cœur d'une polémique à la suite d'une conversation avec son cousin au cours de laquelle il minimisait les effets à long terme du réchauffement climatique[23]. Il rectifie ses déclarations peu de temps après[24].

Échec de 2008 et remaniement du PP[modifier | modifier le code]

Ángel Acebes et Mariano Rajoy, le soir du scrutin de 2008 au siège du PP.

De nouveau candidat lors des élections du , il perd une seconde fois face au PSOE de Zapatero.

Il décide toutefois de conserver la présidence du parti, à laquelle il est réélu en juin avec 79 % des voix, le plus faible score depuis 1990[25]. Il remplace alors Acebes par María Dolores de Cospedal, et Zaplana par Soraya Sáenz de Santamaría, afin de donner une image plus centriste et moderne au PP. Sa réélection fait l'objet de critiques, notamment d'Esperanza Aguirre, Francisco Álvarez-Cascos ou Juan Costa[26].

Au mois d', Mariano Rajoy apporte son soutien[27] aux déclarations de Cospedal, selon lesquelles le gouvernement espagnol espionnerait les principaux dirigeants conservateurs[28]. Toujours moins populaire que Zapatero, il devance régulièrement ce dernier dans les intentions de vote au cours de l'année 2010[29].

Face aux graves conséquences de la crise économique mondiale sur l'économie espagnole, il préconise un assouplissement du marché du travail plus grand que celui décidé par le gouvernement, une baisse de la fiscalité sur les entreprises, un plus grand nombre de privatisations et une forte baisse de la dépense publique[30].

Son avance dans les sondages se confirme au début de l'année 2011, augmentant jusqu'à treize points de différence[31], mais s'effondre brutalement en avril, après l'annonce de Zapatero qu'il ne sera pas candidat aux prochaines élections générales[32]. Le PP reprend clairement son avance sur le PSOE quelques jours plus tard, le sondage en question indiquant même que, pour la première fois, Mariano Rajoy était mieux perçu que José Luis Rodríguez Zapatero[33].

Président du gouvernement[modifier | modifier le code]

Mariano Rajoy, aux côtés de Cristina Cifuentes et Esperanza Aguirre au cours de la campagne électorale.

Le , lors des élections générales, le PP remporte 44 % des voix et 185 députés sur 350 au Congrès[34]. Lorsqu'il prend la parole devant les militants du PP fêtant la victoire du parti, Mariano Rajoy déclare qu'il ne promet « aucun miracle »[35], affirme que les Espagnols « feront face à des moments difficiles », mais qu'il a « le désir, la volonté, le courage, la force et le soutien pour former un gouvernement qui réunira tous les Espagnols »[36]. Son principal défi sera de réduire le chômage, qui touche 21 % de la population active.

Investiture[modifier | modifier le code]

Le 19 décembre, Mariano Rajoy, désigné candidat à la présidence du gouvernement par Juan Carlos Ier, présente devant le Congrès des députés, son programme de gouvernement. Il affirme que, pour atteindre l'objectif d'un déficit public de 4,4 % du PIB en 2012, un effort de 16,5 milliards d'euros sera nécessaire[37]. Il ajoute que sa seule hausse des dépenses publiques sera la revalorisation des pensions de retraite au , qu'il ne créera aucun emploi dans la fonction publique, à l'exception des forces de sécurité, qu'il compte « redimensionner le secteur public », que la possibilité pour les salariés de profiter d'un jour férié sera déplacée au lundi suivant, afin d'éviter les « ponts », et qu'il mettra fin aux départs anticipés à la retraite[38].

Il est investi le lendemain par 187 voix pour, 149 contre et 14 abstentions. Il reçoit ainsi le soutien du PP, du Forum des Asturies (FAC) et de l'Union du peuple navarrais (UPN), tandis que le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), Convergence et Union (CiU), la Gauche unie (IU) et Union, progrès et démocratie (UPyD) lui refusent la confiance. Le Parti nationaliste basque (PNV), la coalition Amaiur, à la surprise générale, et la Coalition canarienne (CC) s'abstiennent[39]. Il est nommé, quelques heures plus tard, président du gouvernement par le roi Juan Carlos Ier[40] et prête serment, le lendemain, au palais de la Zarzuela, devant le couple royal, Zapatero, les présidents des chambres des Cortes Generales, entre autres[41].

Formation du gouvernement[modifier | modifier le code]

Photo de famille du gouvernement de Mariano Rajoy, au palais de La Moncloa.

Il présente, le 21 décembre, son gouvernement, qui comprend treize ministres, soit le plus faible nombre de l'histoire démocratique espagnole, mais seulement quatre femmes, mettant fin à la parité instituée par Zapatero depuis 2004, même si Soraya Sáenz de Santamaría, vice-présidente du gouvernement, ministre de la Présidence, porte-parole du gouvernement, et Ana Pastor, ministre de l'Équipement, occupent des postes de premier plan[42].

Les ministères de l'Éducation et de la Culture sont couplés, le ministère de la Science disparaît, comme le département de la Politique territoriale ; le ministère de l'Économie et des Finances est scindé en deux, le ministère de l'Agriculture et de l'Environnement est maintenu[43], contrairement aux déclarations du nouveau chef de gouvernement, lors du discours devant le Congrès[44].

Parmi les ministres, Pastor, Cristóbal Montoro, ministre des Finances, et Miguel Arias Cañete, ministre de l'Agriculture, de l'Alimentation et de l'Environnement, faisaient partie du dernier gouvernement Aznar, les deux derniers occupant d'ailleurs les mêmes postes[45].

Politique économique[modifier | modifier le code]

Le 30 décembre, le Conseil des ministres approuve un décret-loi de mesures urgentes permettant 8,9 milliards d'euros d'économie et 6,2 milliards d'euros de recettes nouvelles. Les traitements de la fonction publique sont gelés, la semaine de travail dans l'administration publique passe à 37 heures et demie, les recrutements sont annulés, sauf dans les secteurs de la santé, de l'éducation, de la sécurité, l'aide à la location pour les jeunes est supprimée, le salaire minimum est bloqué, pour la première fois depuis 1966, l'impôt sur le revenu et l'impôt sur les biens immeubles sont augmentés pour 2012 et 2013, mais les pensions de retraite sont revalorisées de 1 %, la prime de 400 euros pour les chômeurs en fin de droit est maintenue, la taxe sur la valeur ajoutée au taux superréduit de 4 % est étendue à l'achat de logements neufs, et la déduction fiscale pour l'achat d'un logement est restaurée[46]. Les allocations au système de sécurité sociale sont par ailleurs largement diminuées[réf. nécessaire].

Scandales de corruption[modifier | modifier le code]

Rita Barberá, Alberto Fabra et Mariano Rajoy lors d'un meeting à Valence en 2015. Le PP de cette région est régulièrement mis en cause dans des scandales politico-financiers.

Le , le quotidien El País publie ce qui est présenté comme la comptabilité occulte du Parti populaire tenue par l'ancien trésorier, Luis Bárcenas, dans laquelle figure le nom de Rajoy, parmi ceux de plusieurs autres cadres de l'époque Aznar, comme bénéficiaires de « compléments de salaire » (sobresueldos), versés périodiquement en liquide et provenant de dons de chefs d'entreprise, entre 1990 et 2008[47]. Selon les notes des anciens trésoriers, 25 200 euros ont été versés annuellement à Rajoy pendant onze ans[48].

Face à ces révélations, Mariano Rajoy et le Parti populaire ont nié l’existence d'une comptabilité parallèle[49]. En une semaine, change.org parvint à réunir un million de signatures demandant sa démission immédiate[50].

En juillet 2017, il doit témoigner devant un tribunal au sujet de l'affaire « Gürtel » sur des pots-de-vin versés à des élus et des responsables du PP en échange de contrats publics. Il assure n'avoir « jamais entendu parler de rien »[51].

Sujets de société[modifier | modifier le code]

Le gouvernement Rajoy valide, en décembre 2013, un projet de loi limitant l'avortement aux malformations du fœtus pouvant provoquer un risque pour l'équilibre psychologique de la mère. Ce projet est porté par le ministre de la Justice, Alberto Ruiz Gallardon[52]. Mariano Rajoy décide néanmoins d'annuler la réforme, en , face à la polémique[53]. Il refuse par ailleurs de revenir sur le mariage homosexuel, légalisé en 2005[54].

Élections de 2015[modifier | modifier le code]

En 2015, alors qu'il brigue un second mandat, son parti arrive en tête des élections générales, mais n'obtient pas la majorité absolue lui permettant d'être rapidement ré-investi comme président du gouvernement. Le roi Felipe VI lui propose, le , de se soumettre à une première séance d'investiture au Congrès, ce que Mariano Rajoy décline, considérant qu'il n'a « pour l'instant pas les appuis suffisants »[55],[56]. L'impossibilité de former un gouvernement tout au long des quatre mois de la législature antérieure provoque la dissolution anticipée des chambres par le roi et la convocation de nouvelles élections pour le , conformément à ce qui est prévu à l'article 99.5 de la Constitution.

Élections de 2016[modifier | modifier le code]

En 2016, les élections générales anticipées du mois de juin donnent de nouveau une majorité simple au Parti populaire et le roi propose de nouveau à Mariano Rajoy d'être candidat à l'investiture, ce que ce dernier accepte cette fois. Après une première tentative au cours de laquelle les autres partis politiques campent sur leur position, sa candidature est repoussée par 180 voix contre et 170 pour. Lors de sa seconde tentative au Congrès, il est investi président du gouvernement au second tour de scrutin à la majorité simple avec 170 voix pour, 111 contre et 68 abstentions le [57]. Il est officiellement nommé pour un second mandat le par le souverain Felipe VI[58], et prête serment le jour même[59]. La présentation de son équipe ministérielle interviendra le [60].

Référendum catalan de 2017[modifier | modifier le code]

En 2017, son gouvernement fait face au référendum sur l'indépendance de la Catalogne, qu'il tente de faire interdire.

Le 21 octobre 2017, il annonce qu'il va utiliser l'article 155 de la Constitution pour revenir à la légalité et respecter le statut d'autonomie. Il demande au Sénat de destituer le gouvernement de Catalogne et de ré-organiser des élections régionales dans un délai maximal de six mois[61].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (es) « Mariano Rajoy y Esperanza Aguirre salen ilesos de un accidente de helicóptero », Telecinco, le
  2. (es) « Rajoy y Aguirre, fuera de peligro tras estrellarse el helicóptero de las BESCAM en el que viajaban », El País, le
  3. (es) Xosé María Palmeiro, « Conflicto entre Fraga y el presidente provincial de Alianza Popular de Pontevedra », El País,‎ (lire en ligne).
  4. (es) « El presidente de AP en Pontevedra cede su puesto a Barreiro por sugerencia de Fraga », El País,‎ (lire en ligne).
  5. (es) Sara Caldero, « Mancha apoya el adelanto de las elecciones en Galicia », ABC,‎ (lire en ligne).
  6. (es) Luisa Palma, « Fraga desembarcó en Galicia aclamado por la militancia de Alianza Popular », ABC,‎ (lire en ligne).
  7. (es) « Aznar designa vicesecretario del PP a Rajoy, un hombre de confianza de Fraga », El País, le
  8. (es) « Técnicos y ex dirigentes de UCD, mayoría en la nueva ejecutiva », El País, le
  9. (es) « Aznar refuerza con los que serían hombres fuertes de su Gobierno una ejecutiva monolítica », El País, le
  10. (es) « Un gallego pragmático al frente de Educación », El País, le
  11. (es) « El congreso del PP elige hoy la lista de 30 nombres dictada por Aznar », El País, le
  12. (es) « Aznar asciende a Rajoy y mantiene a Rato al frente de la política económica », El País, le
  13. (es) « Aznar sitúa a Rajoy en Interior y premia a Lucas con el Ministerio de Presidencia », El País, le
  14. (es) « Aznar cambia a ocho ministros para encarar sus dos últimos años en el poder », El País, le
  15. (es) « Una crisis para recobrar la iniciativa política », El País, le
  16. (es) « Aznar comunicó el viernes por la noche a Rajoy que le propondría como sucesor », El País, le
  17. (es) « Aznar cede a Rajoy todo su poder en el PP », 'El País, le
  18. (es) Aznar compensa con su ajuste a Rato y Arenas, El País, le
  19. (es) « El PP llega a mitad de campaña con 5 puntos de ventaja sobre el PSOE », El País, le
  20. (es) « Rajoy renueva la mitad de la ejecutiva del PP, con una fuerte presencia femenina », El País, le
  21. (es) « El líder del PP se 'reparte' el Comité de Dirección con Acebes », El País, le
  22. (es) « Mariano Rajoy afirma que Irak fue un error "de toda la Comunidad Internacional" », 20 Minutos, le
  23. (es) « Lluvia de críticas contra Rajoy por minimizar el peligro del cambio climático », El País, le
  24. (es) « Rajoy: 'Uno habla mucho y a veces se puede equivocar' », El Mundo, le
  25. (es) « Rajoy, reelegido presidente del PP pese a no tener el apoyo del 21% de los compromisarios », El Mundo, le
  26. (es) « El hervidero 'popular' », El Mundo, le
  27. (es) « Fractura total entre el Gobierno y el PP », El País, le
  28. (es) « Cospedal asegura que el Gobierno ha ordenado espiar a dirigentes del PP », El País, le
  29. (es) « El PP aventaja en 7,9 puntos al PSOE en intención de voto, según el CIS », Público, le
  30. (es) « La agenda secreta de Rajoy, al descubierto », Público, le
  31. (es) « La brecha entre PSOE y PP se mantiene en 13 puntos », Público, le
  32. (es) « El PSOE reduce la ventaja del PP a 2,3 puntos », Público, le
  33. (es) « El PP gana al PSOE por 10,4 puntos y Rajoy es más valorado que Zapatero », Público, le
  34. (fr) « Mariano Rajoy aura une large majorité absolue au parlement », Euronews,
  35. (fr) « Mariano Rajoy : “je ne promets aucun miracle” », Euronews,
  36. (fr) « L'Espagne bascule à droite », Euronews,
  37. (fr) « Espagne : Rajoy annonce d'importantes coupes budgétaires », Euronews,
  38. (es) « Rajoy suprimirá prejubilaciones, puentes y oferta pública de empleo », Público,‎ (lire en ligne)
  39. (es) Soledad Alcaide, « Rajoy, presidente con 187 'síes', el 'no' de CiU y la abstención de Amaiur », El País Política,‎ (lire en ligne)
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  41. (es) Carlos Cué, « Rajoy ya es oficialmente presidente », El País Política,‎ (lire en ligne)
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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Mariano Rajoy, En confianza. Mi vida y mi proyecto de cambio para España, Planeta, septembre 2011.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]