École de plein air de Suresnes

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École de plein air de Suresnes
École de plein air de Suresnes 2.jpg
La mappemonde devant l'école de plein air de Suresnes.
Présentation
Type
Bâtiment scolaire (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Architecte
Construction
mars 1932 à novembre 1935
Propriétaire
État
Statut patrimonial
Localisation
Pays
Région
Département
Commune
Adresse
58-60 avenue des Landes, 96 rue de la Procession, 70 rue du Pas-Saint-Maurice et 15 chemin de la MotteVoir et modifier les données sur Wikidata
Coordonnées
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L’école de plein air est une ancienne école municipale privée de Suresnes, destinée à des enfants malades (tuberculose, problèmes respiratoires, etc.) construite par Eugène Beaudouin et Marcel Lods associés au designer Jean Prouvé à la demande du maire de la ville de l'époque Henri Sellier et qui fonctionne de 1935 à 1996.

Origine historique de l'école[modifier | modifier le code]

Au début du XXe siècle, de nouveaux types d'établissements scolaires sont préconisés pour faire face au développement croissant de la tuberculose. Dans le contexte du mouvement international hygiéniste, les premiers essais sur ces écoles ont lieu à Berlin en Allemagne dès 1904, puis en Suisse et à Lyon en France en 1906.

La construction des bâtiments en 1935 sera installée dans un parc d’environ 2 hectares, sur le versant ensoleillé du mont Valérien. Les architectes Eugène Beaudouin et Marcel Lods s'inspirent pour leurs premiers plans de l’école de plein air de Cliostraat, construite en 1927 à Amsterdam[1].

L'architecte Albert Laprade écrit à son sujet : « Si on multipliait les écoles comme celles-ci, la tuberculose et la haine, ces deux fléaux de l'humanité, devraient quitter la terre »[2].

Destinée à l'origine aux enfants pré-tuberculeux et de santé fragile (« chétifs »), l'école s'est ouverte à d'autres handicaps physiques à partir de la Seconde Guerre mondiale. À partir de 1954, l'école appartient à l'État et non plus à la ville[1]. Directrice de l'établissement et adjointe au maire de Suresnes, Simone Lacapère s'y investit particulièrement, aidée de son mari, directeur du Centre national d'éducation de plein air ; forte de son expérience, elle rédige par ailleurs en 1989 un projet de convention sur les droits de l’enfant pour l'ONU[3].

Les bâtiments sont tous construits sur le même principe : un mur plein du côté à l'ombre, et trois murs vitrés. Il y a le bâtiment principal de deux étages et long de 200 m qui abrite le tout du vent, et 8 pavillons qui servaient pour faire classe.

L'école, qui a accueilli jusqu'à 300 enfants en même temps, a fermé ses portes en 1996. Ses locaux sont actuellement utilisés par le CNEFEI (Centre national d'études et de formation pour l'enfance inadaptée), devenu en 2006 l'INSHEA (Institut national supérieur de formation et de recherche pour l'éducation des jeunes handicapés et les enseignements adaptés). Les bâtiments, inscrits depuis 1965 à l'Inventaire supplémentaire des monuments historiques, sont actuellement en mauvais état. L'école est classée Monument historique depuis le 24 avril 2002[4]. En 1979, des études relèvent déjà des problèmes d'étanchéité avec des zones de stagnation des eaux de pluie ; au début des années 2000, le coût d'éventuels travaux de mise aux normes et de réhabilitation est estimé à 50 millions d'euros. En 2017-2018, la ville monte un dossier afin que l'école soit prise en charge par la mission de préservation du patrimoine présidée par Stéphane Bern, même si la destruction du site est aussi envisagée afin de construire des logements[1].

Fonctionnement de l’école[modifier | modifier le code]

Huit pavillons de classe sont dans le parc, reliés entre eux par des galeries, jusqu'à la façade nord, un grand mur qui accueille les entrées. Chaque pavillon est chauffé par le sol (sous un dallage en quartzite), et sa terrasse peut servir de solarium. Les enseignants pouvaient donc emmener la classe dans le parc comme sur le toit, selon l'ensoleillement. En forme de cube, chaque classe compte trois parois vitrées, qui s'ouvrent en accordéon sur le jardin[2].

Pour la classe de géographie, les petits pouvaient grimper le long d'un globe terrestre, grâce à une rampe d'accès, et passer la main sur les reliefs de la planète. Ainsi ils pouvaient voir la différence d'altitude entre les montagnes et les plaines, entre la terre et la mer, etc. Cette mappemonde, également classée monument historique en 2002, ne compte désormais plus de rampe. En 2017, la DRAC donne son accord pour restaurer le globe, pour un coût de 76 000 euros, grâce à une souscription[5].

Pour circuler dans l'école, les enfants n'utilisaient que des rampes, pas d'escaliers, pour éviter de trop solliciter leurs articulations. Même le mobilier a été pensé spécialement pour l'école de plein air. Des sièges-pupitres en aluminium et en bois, des lits d'aluminium sur lesquels il suffisait d'installer un drap de coton.

Le rythme des enseignements était adapté au rythme naturel des enfants. Devant chaque classe, un espace ombragé est destiné à l'enseignement de plein air, privilégiant l'observation. À son arrivée, l'enfant passait un contrôle médical puis se lavait les mains, se brossait les dents avant de rejoindre sa classe-pavillon. Avant le repas de midi, tous les enfants passaient aux douches et aux bains. D'ailleurs, les bassins étaient aussi adaptés au plein air.

Galerie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c David Livois, « Suresnes : Stéphane Bern appelé au chevet de l’école de plein air », leparisien.fr, 7 janvier 2018.
  2. a et b Jean-Marie Pérouse de Montclos (dir.), Le guide du patrimoine d'Île-de-France, Hachette, 1992, p. 626.
  3. « Suresnes, une histoire au féminin », suresnes-mag.fr, mars 2019.
  4. « Ecole de plein air », notice no PA00088156, base Mérimée, ministère français de la Culture
  5. David Livois, « Suresnes va sauver sa planète », leparisien.fr, 26 mars 2017.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Anne-Marie Châtelet, Dominique Lerch, Jean-Noël Luc (dir.), L’École de plein air, Une expérience pédagogique et architecturale dans l’Europe du XXe siècle, Collection "Focales", éd. Recherches, (ISBN 2-86222-044-2), 432 pages
  • Bernard Barraqué, « L’École de plein air de Suresnes, symbole d’un projet de réforme sociale par l’espace ? », in Katherine Burlen, (dir.), La banlieue oasis. Henri Sellier et les cités-jardins 1900-1940, Centre national des lettres/Mission de la recherche urbaine, Saint-Denis, Presses universitaires de Vincennes, 1987, p. 220-229.
  • Pieter Uyttenhove, Beaudouin et Lods, Paris, Carnets d'architectes, Paris, Éditions du Patrimoine, 2012.
  • Pieter Uyttenhove, Marcel Lods (1891-1978). Action, architecture, histoire, Collection Art et Architecture, Paris, Éditions Verdier, 2009, 504 pages
  • Paola Veronica Dell’Aira, Eugène Beaudouin, Marcel Lods : École de plein air, Momenti Di Archittetura Moderna, Firenze, Alinea, 1992.
  • Simonne Lacapère, Souvenirs de la maison de verre : L'école de plein air de Suresnes, communauté éducative, L'Amitié par le livre, 1978.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]