Strom Thurmond

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Strom Thurmond
Illustration.
Strom Thurmond en 1997
Fonctions
Président pro tempore emeritus du Sénat des États-Unis

(1 an, 6 mois et 28 jours)
Prédécesseur Poste établi
Successeur Robert Byrd
Président du Comité des forces armées du Sénat des États-Unis

(4 ans)
Prédécesseur Sam Nunn
Successeur John Warner
Président pro tempore du Sénat des États-Unis

(4 mois et 17 jours)
Prédécesseur Robert Byrd
Successeur Robert Byrd

(6 ans)
Prédécesseur Robert Byrd
Successeur Robert Byrd

(6 ans)
Prédécesseur Warren Magnuson (en)
Successeur John C. Stennis
Président du Comité judiciaire du Sénat des États-Unis

(6 ans)
Prédécesseur Ted Kennedy
Successeur Joe Biden
Sénateur des États-Unis

(46 ans, 1 mois et 27 jours)
Élection 6 novembre 1956 (en)
Réélection 4 juin 1960 (en)
8 novembre 1966 (en)
7 novembre 1972 (en)
7 novembre 1978 (en)
6 novembre 1984 (en)
6 novembre 1990 (en)
5 novembre 1996 (en)
Circonscription Caroline du Sud
Législature 84ème (en), 85ème (en), 86ème (en), 87ème (en), 88ème (en), 89ème (en), 90ème (en), 91ème (en), 92ème (en), 93ème (en), 94ème (en), 95ème (en), 96ème (en), 97ème (en), 98ème (en), 99ème (en), 100ème (en), 101ème (en), 102ème (en), 103ème (en), 104ème (en), 105ème (en), 106ème (en) et 107ème (en)
Prédécesseur Thomas A. Wofford (en)
Successeur Lindsey Graham

(1 an, 3 mois et 11 jours)
Élection 2 novembre 1954 (en)
Circonscription Caroline du Sud
Législature 83ème (en) et 84ème (en)
Prédécesseur Charles E. Daniel (en)
Successeur Thomas A. Wofford (en)
103ème gouverneur de Caroline du Sud

(3 ans, 11 mois et 26 jours)
Élection 3 septembre 1946 (en)
Lieutenant-gouverneur George Bell Timmerman Jr. (en)
Prédécesseur Ransome Judson Williams (en)
Successeur James F. Byrnes
Membre du Sénat de Caroline du Sud

(5 ans et 4 jours)
Circonscription Comté d'Edgefield
Prédécesseur Thomas Benjamin Greneker Sr.
Successeur William Yonce
Biographie
Nom de naissance James Strom Thurmond
Date de naissance
Lieu de naissance Edgefield, Comté d'Edgefield, Caroline du Sud (États-Unis)
Date de décès (à 100 ans)
Lieu de décès Edgefield, Comté d'Edgefield, Caroline du Sud (États-Unis)
Nationalité Américaine
Parti politique Parti démocrate (1932-1948)
Parti démocrate pour les droits des États (1948)
Parti démocrate (1948-1964)
Parti républicain (1964-2003)
Conjoint
Jean Crouch (m. 1947–1960)

Nancy Janice Moore (m. 1968–1991)
Enfants Essie Mae Washington-Williams (fille)
Nancy Moore Thurmond (fille)
James Strom Thurmond Jr. (en) (fils)
Juliana Whitmer (fille)
Paul Thurmond (en) (fils)
Diplômé de Université de Clemson
Profession Avocat, militaire

Signature de Strom Thurmond

Strom Thurmond
Gouverneurs de la Caroline du Sud

James Strom Thurmond, né le à Edgefield (États-Unis) et mort le dans la même ville, est un avocat, militaire et homme politique américain, membre du Parti démocrate de 1933 à 1964 puis du Parti républicain jusqu'à sa mort.

Il est notamment gouverneur de Caroline du Sud de 1947 à 1951, candidat à la présidence des États-Unis en 1948 sous la bannière d'un éphémère "parti démocrate pour les droits des États" afin de défendre la ségrégation raciale et sénateur au Congrès des États-Unis de 1955 à 2003 pour la Caroline du Sud. Il fut par ailleurs secrétaire du Comité judiciaire du Sénat de 1981 à 1987.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Strom Thurmond est né le à Edgefield en Caroline du Sud.

Diplômé en horticulture, il est d'abord un fermier avant de devenir enseignant puis en 1929, superintendant à l'éducation du comté d'Edgefield.

Parallèlement avec son père, il étudie le droit avec succès et est admis en 1930 au barreau de Caroline du sud puis sert de 1930 à 1938 en tant qu'attorney du comté et de la ville d'Edgefield. En 1933, il est élu au sénat de Caroline du Sud sous l'étiquette du Parti démocrate.

À l'entrée en guerre des États-Unis en 1941, il rejoint l'armée américaine où il sert au sein de la section des affaires civiles au quartier général de la 1re armée. Il participe au débarquement en Normandie en 1944 avec la 82e division aéroportée.

Il était aussi un membre important de la franc-maçonnerie[1].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Gouverneur Thurmond de Caroline du Sud et l'élection présidentielle de 1948[modifier | modifier le code]

En 1946, Strom Thurmond, revenu à la vie civile, est élu gouverneur de Caroline du Sud, poste qu'il conserve jusqu'en 1951.

En 1948, bien que démocrate, il se présente à l'élection présidentielle contre le président sortant Harry S. Truman, sous l'étiquette d'un "parti démocrate pour les droits des États" crée pour l'occasion. Il défend alors âprement le système ségrégationniste du Sud. Il n'obtient alors que 2,41 % des suffrages exprimés à l'échelle nationale mais arrive en tête du scrutin dans 4 États du Deep South : la Louisiane (49 %), la Caroline du Sud (71 %), l'Alabama (79 %) et le Mississippi (87 %), ce qui lui confère 38 voix au collège électoral, auquel vient s'ajouter celle de Preston Parks (en), un électeur déloyal du Tennessee.

Au Sénat (1955-2003)[modifier | modifier le code]

En 1954, après l'échec d'une 1re tentative, Thurmond, se présentant en candidat write-in, est élu lors d'une nouvelle élection sénatoriale contre Edgar Allan Brown (en), le candidat officiel du Parti démocrate.

En 1956, il est l'auteur du Manifeste du Sud pour protester contre la décision de la Cour suprême des États-Unis laquelle a déclaré la ségrégation dans les écoles publiques anticonstitutionnelle (Brown v. Board of Education). Ce manifeste sera signé par 101 membres du Congrès américain, issus des États du Sud. En 1957, il prononce le plus long discours de l'histoire du Sénat américain (24 heures et 18 minutes) pour fustiger un amendement sur les droits civiques.

En 1964, Thurmond quitte définitivement le Parti démocrate pour rejoindre le Parti républicain en pleine résurrection dans le Deep South et participe activement à la campagne présidentielle de Barry Goldwater contre Lyndon B. Johnson.

Thurmond participe également à la « stratégie sudiste » mise au point par les républicains pour récupérer l'électorat blanc en déshérence après le changement d'orientation de la politique nationale du Parti démocrate. Cette stratégie et la candidature du gouverneur démocrate George Wallace, en tant que dissident, aboutissent au succès de Richard Nixon à l'élection présidentielle de 1968.

Durant les années 1970, il modère quelque peu son rapport à l'intégration des Noirs et devient un des premiers sénateurs d'un État du Sud a employer un assistant afro-américain[2]. Il soutient néanmoins le droit des États du Sud à plus d'autonomie sur ces questions mais appuie l'élection de juges afro-américains. En 1983, il vote en faveur de l'instauration d'un jour férié en l'honneur de Martin Luther King[3].

Selon Cohodas, bien qu'il n'ait jamais été le stratège en chef ni le tacticien le plus astucieux pour la cause du Sud blanc, il en a été le plus énergique, consistant et audible défenseur [4]. Ayant été actif et visible sur la scène politique de l’État pendant plus de soixante ans, il aurait, selon cet auteur, joué un rôle notable dans deux dossiers : la révolution dans les rapports de races, qu’on peut constater dans les évolutions des droits des afro-américains, et le réalignement des deux grands partis dans le Sud.

Cohodas dit que Strom Thurmond s’est toujours vu comme étant un sénateur se plaçant « du côté du peuple ». Or le peuple qui l’élisait au début de sa carrière était exclusivement blanc. Quand le vote a été acquis par les afro-américains, à partir de 1965 et en tout cas à partir du , date à laquelle il a voté au sénat l’extension des droits de vote[5], il a considéré que le peuple était les électeurs de Caroline, ce qui inclut les électeurs noirs.

En 1998, il est décoré sur la colline du Capitole pour son courage et son patriotisme.

Retraite et mort[modifier | modifier le code]

Strom Thurmond prend sa retraite du Sénat en . Il est alors âgé de 100 ans et a passé 48 années à représenter la Caroline du Sud, établissant un record national qui sera cependant battu par Robert Byrd quelques années plus tard.

Son départ fut précédé d'une polémique qui contraint le sénateur Trent Lott, qui lui avait rendu hommage lors d'un discours, à démissionner de son poste de chef de la majorité républicaine pour cause d'apologie de la ségrégation.

Strom Thurmond meurt le et est enterré au cimetière d'Edgefield.

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

Mariages[modifier | modifier le code]

En 1947, il épouse Jean Crouch (1926-1960), sa cadette de 24 ans, de laquelle il n'aura pas d'enfants.

Le , ce veuf de 66 ans se remarie avec Nancy Janice Moore (1946-), sa cadette de 44 ans, de laquelle il aura 4 enfants nés entre 1971 et 1976 et dont l'aînée, Nancy Moore Thurmond, est morte dans un tragique accident de la route à Columbia en 1993[6].

Fille naturelle[modifier | modifier le code]

Après sa mort, un secret de famille fut révélé au public : Strom Thurmond avait une autre fille, métisse, Essie Mae Washington-Williams (1925-2013), qu'il avait eue avec Carrie Butler (1909-1947), la domestique noire de la famille Thurmond alors âgée de 15 ans quand lui-même en avait 22.

Strom Thurmond, le ségrégationniste, n'a jamais manqué au cours de sa vie de veiller à ce que cette fille aînée, enseignante, reçoive une éducation convenable et ne manque de rien. Elle fut officiellement reconnue par les autres enfants du vieux sénateur. Le nom de sa fille naturelle a depuis été ajouté sur la liste de ses enfants, inscrit sur le socle de sa statue dressée devant le capitole de Caroline du Sud.

Déclaration[modifier | modifier le code]

I wanna tell you, ladies and gentlemen, that there's not enough troops in the army to force the Southern people to break down segregation and admit the nigger race into our theaters, into our spring pools, into our homes, and into our churches.

— Strom Thurmond, Discours du à Charlottesville (Virginie)

« Je voudrais vous dire, mesdames et messieurs, qu'il n'y a pas assez de soldats dans l'armée pour forcer le peuple du Sud à abolir la ségrégation et à admettre la race nègre dans nos théâtres, dans nos piscines, nos maisons et nos églises. »

— Discours du à Charlottesville (Virginie)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « http://www.scottishrite.org/web/SRpublications/facts.htm »(Archive.orgWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?).
  2. (en) Adam Clymer, « Strom Thurmond, Foe of Integration, Dies at 100 », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le )
  3. (en) « The legendary Strom Thurmond », The State,‎ (lire en ligne)
  4. (en) Nadine Cohodas, Strom Thurmond & the Politics of Southern Change, Mercer University Press, , 574 p. (ISBN 978-0-86554-446-8, lire en ligne)
  5. (en) « What Happened on June 18, 1982 », sur OnThisDay.com (consulté le )
  6. (en) Cody Dulaney, « Drunk driver in Five Points killed Strom Thurmond's 'little girl' 25 years ago » [archive du ], (consulté le )

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]