Sino-Américains

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Sino-Américains
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Sino-Américains à Georgetown, dans le Colorado (vers 1900).

Populations significatives par région
Population totale 4 010 114 (dont 474 732 métis) (2010)[1]
Autres
Régions d’origine Drapeau de la République populaire de Chine Chine (Hong Kong, Macao)
Drapeau de la République de Chine Taïwan
Monde chinois
Langues Anglais, chinois
Religions Christianisme, bouddhisme, taoïsme, religion traditionnelle chinoise[réf. nécessaire]
Ethnies liées Coréano-Américains, Nippo-Américains, Hans

Un Sino-Américain (en anglais : Chinese Americans, en chinois traditionnel : 華裔美國人 ou 美籍華人 et en chinois simplifié : 华裔美国人 ou 美籍华人) est un américain d'origine chinoise. Les Sino-Américains constituent un des groupes de la diaspora chinoise dans le monde, et un sous-groupe des Asio-Américains.

Le terme de Sino-Américain inclut en général non seulement les immigrants de Chine continentale, de Hong Kong, de Macao, de Taïwan et leurs descendants, mais aussi les immigrés et les descendants des chinois ethniques ayant émigré aux États-Unis à partir de lieux aussi divers que la Malaisie, Singapour et d'autres pays d'Asie du Sud.

La communauté chinoise américaine est le plus grand groupe ethnique d'Américains d'origine asiatique (22,4 % de cette population). Ils constituent 1,2 % de la population des États-Unis dans son ensemble. En 2006, la population américaine d'origine chinoise comptait environ 3,6 millions de personnes.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les premiers immigrés chinois sont arrivés en 1820, selon les rapports gouvernementaux américains. 325 hommes sont recensés à la ruée vers l'or en Californie en 1849[2] ; ils se chargeaient d'effectuer des tâches secondaires[3],[4],[5]. On compte 25 000 immigrés en 1852, et 105 465 en 1880, la majeure partie résidant sur la côte ouest. Ils formaient environ 10 % de la population californienne. La majeure partie d'entre eux étaient des jeunes hommes sans diplôme originaire de six districts de la province de Guangdong[6]. La population chinoise passe de 2 716 en 1851 à 63 000 en 1871. Durant la décennie 1861-1870, on en compte 64 301. Entre 1871 et 1880, on en compte 123 201. 77 % d'entre eux résidait en Californie, et le reste était éparpillé à l'ouest et au sud du pays, et en Nouvelle-Angleterre[7].

Les immigrants chinois sont généralement amenés à effectuer les taches subalternes les plus pénibles. Manœuvres, ils participaient à la construction des chemins de fer et des ponts, travaillaient dans les mines ou emballaient des cigares. Ils étaient payés moins que les Blancs et devaient acquitter une taxe spéciale que les Blancs ne payaient pas. Ils vivaient dans des quartiers réservés appelés Chinatown dans chaque ville. Avant la guerre civile, 50 000 Chinois travaillent dans la seule Californie, dont un grand nombre pour les compagnies de chemin de fer. En 1869, le chemin de fer fut terminé et des milliers de travailleurs chinois se retrouvèrent brusquement sans-emplois et placés en concurrence avec les Blancs sur le marché du travail, alimentant dès lors un fort sentiment xénophobe. Une partie de la presse contribue également à une campagne visant les Chinois et ces derniers sont les cibles de plusieurs émeutes. Les Chinois n'ayant pas le droit de témoigner devant les tribunaux en Californie, leurs agresseurs bénéficient d'une impunité presque totale. Le 24 octobre 1871, à Los Angeles, des immeubles du quartiers chinois sont pillés et 20 de leurs habitants sont abattus par balles ou pendus. Sur les quelque 600 émeutiers, 10 seulement sont inculpés mais furent acquittés par la cour suprême[8].

En 1868, le traité de Burlingame est signé entre les États-Unis et la Chine, qui accepte de mettre fin au contrôle sur l'émigration de ses ressortissants. Avec la crise économique de 1873, les sentiments anti-immigrants se renforcèrent à nouveau et les partis républicain et démocrate intégrèrent à leurs programmes électoraux des mesures anti-chinoises. En 1879, les électeurs de l'État californien votent à 94 % contre la présence d'immigrants chinois, ce qui prépare le terrain à la loi d'exclusion des Chinois de 1882. En 1880, l'administration Hayes tente de négocier un nouveau traité avec la Chine. L' Angell Treaty permet aux États-Unis de restreindre, et non d'interdire totalement, l'immigration chinoise. En 1882, le congrès adopte le Chinese Exclusion Act, qui restreint l'immigration chinoise pendant 10 années[9].

Dans les mines du Nevada, les ouvriers chinois sont chassés de leurs emplois dès la fin de la guerre civile. Lors d'un incident de ce genre, à French Corral, toutes les cabanes des Chinois furent incendiées et nombre de leurs habitants battus. L'instigateur de l'émeute est condamné à une simple amende. En septembre 1885, des miliciens envahirent les mines de charbons à Rock Springs (Wyoming) pour en expulser les travailleurs chinois ; 22 furent tués et une cinquantaine de maisons sont incendiées[8].

Les femmes, peu nombreuses (7,1 % de la population chinoise selon un recensement de 1870), ne sont pas autorisées à travailler dans les cuisines ou au comptoir des bars et des restaurants, ni même à faire le ménage des bureaux de le mine. Nombre d'entre elles sont alors contraintes à la prostitution. En outre, elles y sont parfois obligées par leurs maitres blancs, l'esclavage des Chinois n'étant pas rare en Californie[10]. Au milieu des années 1850, 70 à 150 Chinois résidaient à New York, et 11 d'entre eux étaient mariés à des Irlandaises. En 1906, The New York Times (du 6 août) recense 300 Irlandaises mariées ou cohabitant avec des Chinois à New York[11]. Dans les années 1960, on recense près de 3 500} Chinois mariés à des femmes blanches, et 2 900 Chinoises mariés à des hommes blancs[12].

Démographie[modifier | modifier le code]

Historique des recensements
Ann. Pop.
187063 199
1880107 475 +70,06 %
1890107 488 +0,01 %
190089 863 -16,4 %
191071 531 -20,4 %
192061 639 -13,83 %
193074 954 +21,6 %
194077 504 +3,4 %
1950117 629 +51,77 %
1960237 292 +101,73 %
1970435 062 +83,34 %
1980806 040 +85,27 %
19901 648 696 +104,54 %
20002 865 232 +73,79 %
20104 010 114 +39,96 %
Bureau du recensement des États-Unis[13],[14]
Principaux indicateurs démographiques (2015)[15],[16],[17],[18],[19],[20]
Indicateur Sino-Américains Drapeau des États-Unis États-Unis
Personnes de moins de 5 ans 6,2 % 6,2 %
Personnes de moins de 18 ans 22,9 % 23 %
Personnes de plus de 65 ans 10,8 % 14,5 %
Femmes 52,9 % 50,8 %
Vétérans 1,6 % 8,3 %
Personnes nées étrangères à l'étranger 60,6 % 13,2 %
Personnes étrangères 25,3 % 7,0 %
Personnes sans assurance maladie 11 % 13 %
Personnes avec un handicap 5,9 % 12,4 %
Revenus annuels 32 743 $ 28 930 $
Personnes sous le seuil de pauvreté 14,6 % 15,5 %
Diplômés du lycée 82,9 % 86,7 %
Diplômés de l'université 52,6 % 29,8 %

Langues[modifier | modifier le code]

Selon l'American Community Survey, en 2010 0,82 % de la population âgée de plus de 5 ans (soit 2 139 834 personnes) déclare parler une langue chinoise (mandarin, cantonais...) à la maison[21]. 32,27 % de ces personnes vivent en Californie, 16,78 % dans l'État de New York, et 5,52 % au Texas[21].

En Californie, en 2010, 2,80 % de la population âgée de plus de 5 ans déclare parler une langue chinoise à la maison. Ce pourcentage est de 2,66 % dans l'État de New York, 2,37 % à Hawaï, 1,59 % dans le Massachusetts, 1,23 % dans le New Jersey, 1,19 % dans l'État de Washington, 1,05 % dans le Maryland, 0,97 % dans le Nevada, 0,68 % dans le Connecticut, 0,67 % dans l'Illinois, 0,61 % dans l'Oregon et 0,56 % au Texas[21].

Religions[modifier | modifier le code]

Selon une étude du Pew Research Center, en 2012 22 % des Sino-Américains sont de confession protestante, 8 % catholiques, 15 % bouddhistes et 52 % sans affiliation religieuse. Selon la même étude, 43 % des Sino-Américains se sont convertis à une autre religion que celle dans laquelle ils ont grandi[22].

Politique[modifier | modifier le code]

Sociologie électorale[modifier | modifier le code]

Vote sino-américain aux élections présidentielles selon le NAAS[23],[24]
Candidat 2012 2016
Démocrate 69 % 61 %
Républicain 29 % 35 %
Autres 2 % 5 %

Représentation[modifier | modifier le code]

Congrès[modifier | modifier le code]

Cabinet présidentiel[modifier | modifier le code]

Gouverneurs d'État[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Elizabeth M. Hoeffel, Sonya Rastogi, Myoung Ouk Kim et Hasan Shahid, « The Asian Population: 2010 » [PDF], sur census.gov, .
  2. (en) Bill Bryson, Made In America, p. 154.
  3. (en) Ronald Takaki, Strangers From a Different Shore, Little, Brown and Company, (ISBN 0-316-83109-3), p. 28.
  4. (en) Iris Chang, The Chinese in America, Penguin Books, , 34–35 p. (ISBN 0-670-03123-2).
  5. (en) Peter Kwong and Dusanka Miscevic, Chinese America, The New Press, (ISBN 1-56584-962-0), p. 44.
  6. (en) « Asian Americans », sur history-world.org (consulté le 9 mai 2018).
  7. (en) Ronald Takaki, Strangers From A Different Shore: A History of Asian Americans, New York, Back Bay Books, .
  8. a et b Frank Browning, John Gerassi, Histoire criminelle des États-Unis, Nouveau monde, , p. 366-370
  9. (en) « Milestones: 1866–1898 - Office of the Historian », sur history.state.gov (consulté le 9 mai 2018).
  10. Frank Browning, John Gerassi, Histoire criminelle des États-Unis, Nouveau monde, , p. 293, 366-370
  11. (en) Benson Tong, Asian American children: a historical handbook and guide, Greenwood Publishing Group, , 38– p. (ISBN 978-0-313-33042-1, lire en ligne).
  12. (en) Maria P. P. Root, Love's Revolution: Interracial Marriage, Temple University Press, (ISBN 9781566398268, lire en ligne).
  13. (en) Campbell Gibson et Kay Jung, « Historical Census Statistics on Population Totals by Race, 1790 to 1990, and by Hispanic Origin, 1970 to 1990, for the United States, Regions Divisions, and States » [PDF], .
  14. (en) U.S. Census Bureau, « American FactFinder - Results », sur factfinder.census.gov (consulté le 12 mars 2016).
  15. (en) « SELECTED SOCIAL CHARACTERISTICS IN THE UNITED STATES », sur factfinder.census.gov (consulté le 23 octobre 2018).
  16. (en) « SELECTED POPULATION PROFILE IN THE UNITED STATES », sur factfinder.census.gov (consulté le 15 février 2018).
  17. (en) « SEX BY AGE », sur factfinder.census.gov (consulté le 23 octobre 2018).
  18. (en) « AGE AND SEX », sur factfinder.census.gov (consulté le 23 octobre 2018).
  19. (en) « SELECTED ECONOMIC CHARACTERISTICS », sur factfinder.census.gov (consulté le 23 octobre 2018).
  20. (en) « SELECTED ECONOMIC CHARACTERISTICS », sur factfinder.census.gov (consulté le 23 octobre 2018).
  21. a b et c (en) « Language Map Data Center », sur apps.mla.org (consulté le 19 octobre 2016).
  22. (en) Pew Forum, Asian Americans: A Mosaic of Faiths, Washington, Pew Research Center, , 194 p. (lire en ligne).
  23. (en) « Infographic: Strength in Numbers 2012 Post-Election Survey » [PDF], sur naasurvey.com, .
  24. (en) « 2016 Post-Election National Asian American Survey » [PDF], sur naasurvey.com, .
  25. (en) « FONG, Hiram Leong - Biographical Information », sur bioguide.congress.gov.
  26. (en) « AKAKA, Daniel Kahikina - Biographical Information », sur bioguide.congress.gov.
  27. (en) « CHU, Judy - US House of Representatives: History, Art & Archives », sur history.house.gov.
  28. (en) « DJOU, Charles - US House of Representatives: History, Art & Archives », sur history.house.gov.
  29. (en) « DUCKWORTH, Tammy - US House of Representatives: History, Art & Archives », sur history.house.gov.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]