Marches de Selma à Montgomery

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Des policiers de l'Alabama attendent les manifestants au pont Edmund Pettus.
Selma to Montgomery marches - historic route retouched.jpg

Les Marches de Selma à Montgomery furent trois marches de protestation, menées en Alabama en 1965 (les 7, 9 et 25 mars), qui ont marqué la lutte des droits civiques aux États-Unis. Elles furent le point culminant du mouvement pour le droit de vote, lancé par Amelia Boynton Robinson et son mari Samuel W. Boynton, à Selma dans l'Alabama.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'inscription sur les listes électorales était rendue très complexe (voire impossible) pour les électeurs afro-américains dans de nombreux états du sud, dont l'Alabama. Le 26 février 1965, dans le cadre d'une manifestation pacifique contre les obstacles mis à l'inscription sur les listes électorales à Marion (Alabama), le militant Jimmie Lee Jackson est abattu par un policier. En réponse à cet événement, il est décidé de lancer une marche entre Selma et Montgomery.

Amelia Boynton Robinson (dont la famille était en pointe sur la question du droit de vote depuis les années 1950), qui fut avec son mari à l'initiative de la marche, a par la suite reçu le soutien de nombreux représentants du mouvement afro-américain des droits civiques à Selma, y compris Martin Luther King, James Bevel et Hosea Williams.

Première marche[modifier | modifier le code]

Le Bloody Sunday (« dimanche sanglant ») s'est produit le lors de la première de ces marches, menée par Hosea Williams et John Lewis, en l'absence de Martin Luther King. 600 manifestants pour les droits civiques ont été attaqués par la police locale (sous les ordres du sheriff Jim Clark) avec des matraques et du gaz lacrymogène, et près de 70 blessés ont été dénombrés.

Les images d'Amelia Boynton Robinson, tombée sous les coups des policiers, et inanimée sur le pont Edmund Pettus, feront le tour du monde suite à leur publication par la presse nationale[1].

Deuxième marche[modifier | modifier le code]

La deuxième marche a eu lieu le mardi 9 mars 1965, en présence cette fois de Martin Luther King. Elle a été qualifiée de "turnaround tuesday", car le cortège a fait demi-tour en arrivant sur le pont Edmund-Pettus.

À la suite de la seconde marche, trois pasteurs Unitariens blancs, qui avaient répondu à l'appel de Martin Luther King, furent attaqués en pleine rue à Selma par des membres du Ku Klux Klan. Le pasteur James Reeb, originaire de Boston, et le plus sévèrement blessé des trois, décédera quelques jours plus tard de ses blessures, à l'hôpital de Birmingham.

Neuf jours plus tard, Viola Liuzzo, militante blanche des droits civiques, assiste à une manifestation dans son université et appelle son mari pour lui dire qu'elle ira à Selma car « c'est le combat de tout le monde ».

Troisième marche[modifier | modifier le code]

Seule la dernière marche le 25 mars est arrivée avec succès à Montgomery. Dans la nuit, Viola Liuzzo est assassinée par le Ku Klux Klan alors qu'elle ramenait des marcheurs dans sa voiture.

Postérité[modifier | modifier le code]

L'itinéraire est désormais matérialisé en tant que Selma to Montgomery National Historic Trail, et suit la U.S. Route 80 entre Selma et Montgomery.

Le film américain Selma (2015), réalisé par Ava DuVernay, porte sur les Marches de Selma à Montgomery.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Sheila Jackson Hardy et P. Stephen Hardy, Extraordinary People of the Civil Rights Movement, Paw Prints, (ISBN 9781439523575).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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