Huy

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Huy
La grand-place vue du fort
La grand-place vue du fort
Blason de Huy
Héraldique
Drapeau de Huy
Drapeau
Administration
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Communauté Drapeau de la Communauté française de Belgique Communauté française
Province Drapeau de la province de Liège Province de Liège
Arrondissement Huy
Bourgmestre Alexis Housiaux (PS)
Majorité PS- MR- Idhuy
Sièges
PS
MR
Idhuy
Ecolo
Pourhuy
27
10
3
4
5
5
Section Code postal
Huy
Ben-Ahin
Tihange
4500
4500
4500
Code INS 61031
Zone téléphonique 085
Démographie
Gentilé Hutois(e)[1]
Population
– Hommes
– Femmes
Densité
21 354 ()
48,61 %
51,39 %
447 hab./km2
Pyramide des âges
– 0–17 ans
– 18–64 ans
– 65 ans et +
()
20,03 %
62,42 %
17,54 %
Étrangers 5,40 % ()
Taux de chômage 21,43 % (octobre 2013)
Revenu annuel moyen 12 830 €/hab. (2011)
Géographie
Coordonnées 50° 31′ N 5° 14′ E / 50.517, 5.233 ()50° 31′ Nord 5° 14′ Est / 50.517, 5.233 ()  
Superficie
– Surface agricole
– Bois
– Terrains bâtis
– Divers
47,74 km2 (2005)
36,81 %
34,26 %
26,38 %
2,55 %
Localisation
Situation de la ville dans l'arrondissement de Huy et la province de Liège
Situation de la ville dans l'arrondissement de Huy et la province de Liège

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Huy

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Huy
Liens
Site officiel huy.be

Huy (en néerlandais Hoei, en wallon Hu) est une ville francophone de Belgique située en Région wallonne, chef-lieu d'arrondissement en province de Liège.

Huy est située sur la Meuse au confluent avec le Hoyoux à mi-chemin entre Namur et Liège.

Les habitants de Huy s'appellent les Hutois.

Sections de commune[modifier | modifier le code]

Ben-Ahin, Huy, Tihange et Neuville-sous-Huy qui avait été rattachée à Tihange quelques années plus tôt. Statte est un faubourg de la ville de Huy.

Histoire[modifier | modifier le code]

Aidée par un climat économique favorable, dû à sa situation de ville-étape de batellerie, Huy multiplie les corps de métiers. Nombreux étaient les étainiers, tanneurs, foulons, chaudronniers, menuisiers... Le corps de métier le plus puissant fut celui des orfèvres. La métallurgie hutoise remonte sans conteste très loin dans le passé (travail de l'étain depuis le VIIe siècle) et, favorisée par le Hoyoux, affluent de la Meuse, propice à l'établissement de roues hydrauliques, les forges et fourneaux connurent à Huy, dès le Moyen Âge, un âge d'or sans précédent. La technique du battage du cuivre, industrie florissante dans la cité hutoise, se répandit dans toute l'Europe dès le XIe siècle.

En 1066, l'évêque d'alors, Théoduin de Bavière, décide de reconstruire la collégiale Notre-Dame. Pour financer son projet, il demande aux Hutois la moitié de leurs biens meubles. En échange, il leur accorde la première charte de liberté d'Europe occidentale. Huy fut une des Bonnes Villes de la principauté de Liège de 985 à 1789.

La première croisade survient 30 ans plus tard (1096-1099) et l'on aurait vu arriver à Huy Pierre l'Ermite, fondateur selon la légende de l'abbaye du Neufmoustier en 1101.

Au XIIe siècle se détache la personnalité d'Ivette de Huy (ou Juette) (1158-1228), "féministe" avant l'heure  : contrainte d'épouser à 13 ans l'homme que lui avait choisi son père alors qu'elle voulait se consacrer à Dieu, elle en eut trois enfants dont un mourut au berceau. Veuve à 18 ans, défiant l'autorité paternelle, elle préféra se retirer dans un minuscule réduit accolé à l'église de Huy et se consacrer au soin des lépreux avant de se cloîtrer dans la léproserie.

Au XVe siècle, le château est peu à peu transformé en véritable forteresse. Bâti sur une colline surplombant la Meuse, il fera la fierté des hutois et deviendra l'emblème de la ville. Huy est alors une ville bourgeoise de plaisir où se plaît à séjourner la Cour de Bourgogne.

Malheureusement, du fait de sa position stratégique, Huy voit sa brillante destinée se ternir et subit de nombreuses attaques. La forteresse est attaquée douze fois en trente ans. La belle cité connaît trop souvent massacres, pillages et incendies.

En l'an 1717, la destruction du « Tchestia » (château en wallon) est décidée. La destinée hutoise va alors en être modifiée. Le château-citadelle sera démonté pierre par pierre, soustraites par les citadins.

Huy connait alors enfin l'essor que ce joyau mosan méritait et les activités se multiplient : papeterie, orfèvrerie, métallurgie, etc. Au XIXe siècle, l'industrialisation permit à plusieurs familles hutoises de connaitre la fortune (citons Nestor Martin, les Delloye, les Godin). La Ville de Huy fut alors surnommée « La Ville aux Millionnaires ».

En 1818, la construction du nouveau fort débute. Il ne servira jamais de position d'attaque, mais nombreux sont les civils à y avoir souffert durant les guerres de 1914-1918 et 1939-1945.

Pendant la Première Guerre mondiale, l'armée allemande pris possession du Fort et y établit un camp de discipline pour ses propres troupes, réfractaires ou déserteurs. Ceux-ci y étaient soumis par leurs gardes à un régime très strict. En novembre 1918, le fort servit de centre d'hébergement pour des prisonniers russes. En 1920 que l'École régimentaire du 14e de Ligne prit possession du bâtiment pour s'y installer jusque 1932. C'est alors que la Défense Nationale autorisa l'utilisation du plateau à des fins touristiques jusqu'en 1937 pour le réoccuper ensuite. Ce sont les Chasseurs Ardennais qui l'occuperont à cette époque jusqu'en 1940. Mais, dès que Liège fut prise, l'armée belge quitta le Fort de Huy, qui fut à nouveau occupé par l'armée allemande. Dès septembre 1940, le fort devint un camp de détention pour civils belges et étrangers et ensuite un bagne où séjournèrent plus de 7 000 opposants au régime de l'occupant, soit plus du double de détenus qu'à Breendonk. On y compte 1 240 français et de nombreuses autres nationalités. Il y eut également une centaine de femmes détenues dans le Fort. Les interrogatoires se passaient à la Kommandantur, dans le bâtiment actuellement occupé par l'Atelier Rock, quai Dautrebande. Les prisonniers réputés plus dangereux ou devant être soumis à un régime plus strict étaient enfermés à la prison de Huy, ce qui lui vaut aujourd'hui le nom de rue de la Résistance. Au Fort, on compte dix personnes qui y moururent de mauvais traitements et cinq y tombèrent sous les balles du peloton d'exécution. Le 5 septembre 1944, les détenus qui n'avaient pas été envoyés vers les camps de concentration en Allemagne furent libérés. La Résistance occupa le fort et, le 12 septembre 1944, le Ministère de la Justice y installa un centre d'internement pour inciviques et collaborateurs. Malgré ce rôle important que le Fort de Huy joua, il n'est toujours pas officiellement reconnu comme mémorial national, alors que Breendonk bénéficie de ce statut depuis 1947. Tous les partis démocratiques francophones ont déposé des propositions de loi en ce sens mais elles sont, jusqu'à présent, toujours à l'examen dans les commissions parlementaires de la Chambre et du Sénat. Depuis 2007, un nouvel espace détaille le parcours de vie des différentes catégories de détenus au Fort de Huy et présente des témoignages. En 2010, deux nouvelles salles seront inaugurées, l'une consacrée à Huy sous l'occupation et l'autre à la libération de la Ville dont on a fêté, en 2009, le 65e anniversaire.

Le fort hollandais (1818)

De 1983 à 2009, Anne-Marie Lizin est Bourgmestre de Huy. Sa gouvernance suscite de vives oppositions au cours des années 2000. Mise en minorité au sein de son parti, soupçonnée de malversations et en proie à des problèmes de santé, elle quitte ses fonctions en février 2009. Micheline Toussaint lui succède en mars de la même année. Elle choisit de laisser la place à Alexis Housiaux le 12 juillet 2010.

Jumelages[modifier | modifier le code]

L'hôtel de ville (1766)
Petites filles jouant près du Bassinia

La ville de Huy est jumelée avec [2]:

Pactes d'amitié

Personnages célèbres[modifier | modifier le code]

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Vue du fort de Huy depuis le quai Batta

Les quatre merveilles de Huy[modifier | modifier le code]

  • Li Bassinia, fontaine dont la partie la plus ancienne remonte au XVe siècle. Elle est située au centre de la Grand-Place (on peut y voir quatre personnages en bronze et l'aigle bicéphale autrichien).
  • Li Tchestia (le château-fort des princes-évêques, détruit en 1717 à la suite du Traité de la Barrière, est remplacé de 1818 à 1823 par les Hollandais qui construisent l'actuel fort sur son emplacement). Dominant la ville, le fort joua un rôle important au cours des deux guerres mondiales, particulièrement la guerre 1940-1945, en étant notamment un lieu de concentration où furent détenus plus de 7 000 prisonniers civils.
  • Li Rondia : la rosace, d'un diamètre de 9 mètres, de la Collégiale Notre-Dame récemment restaurée.
  • Li Pontia : l'ancien pont, détruit par la guerre qui est remplacé aujourd'hui par le pont Baudouin.

À voir aussi[modifier | modifier le code]

Le musée communal, installé dans les bâtiments et le cloître de l'ancien couvent des Frères mineurs (XVIIe siècle), contient d'importantes collections illustrant l'histoire et le folklore local : intérieur régional orné d'une belle cheminée en grès de 1621, pièces archéologiques, estampes de la ville, céramiques fabriquées à Huy au XIXe siècle, étains, objets d'art religieux parmi lesquels on remarque le Christ du XIIIe siècle nommé « le beau Dieu de Huy ».

La maison Batta, située sur la rive gauche en face du fort de Huy, est un exemple du style renaissance mosan.

Plusieurs repères de crues ont été apposés dans la ville. Ils indiquent soit les crues de la Meuse de 1926 ou 1880, soit la crue du Hoyoux du 23 janvier 1893 (ces trois crues étant reconnues par la ville de Huy comme importantes car ayant atteint le Bassinia). Quelques emplacements de repères de crue à Huy :

  • Sur la taverne le Vieux Huy
  • Sur la maison Batta
  • De chaque côté d'une impasse rue l'Apleit
  • Sur la façade du l'église rue des Foulons
  • Au coins de la rue des Barreurs et rue des Sœurs Grises

Les Septennales[modifier | modifier le code]

En 1656, une grave sécheresse met en péril les récoltes hutoises. Le 15 août, les habitants organisent alors une procession et descendent la Vierge de la Sarte avec une grande piété et la placent dans la Collégiale. Alors qu'on ramène la statue dans sa chapelle sur les hauteurs de la ville, la sécheresse prend fin. Les autorités décident alors, en remerciement, de rééditer la procession l'année suivante et ensuite tous les sept ans. Les fêtes septennales sont nées. Les dernières se sont déroulées le .

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la ville a subi de nombreux bombardements, mais lors des fêtes septennales et la descente de la Vierge, tous les bombardements se sont arrêtés et la ville a été libérée peu de temps après.

Culture[modifier | modifier le code]

Le Centre culturel de l'Arrondissement de Huy[modifier | modifier le code]

Le Centre culturel de l'Arrondissement de Huy est un opérateur culturel important sur le territoire communal et sur l’arrondissement de Huy/Waremme. Il n'est ni un théâtre ni un centre dramatique. L’équipe du Centre culturel travaille sur Huy et sur 14 communes affiliées. Ce qui veut dire une grosse équipe et des missions extrêmement larges, inscrites dans un décret (lois régionales).

Sports[modifier | modifier le code]

  • Huy fut traversée à trois reprises par les cyclistes du Tour de France: 1995, 2001 et 2006.
  • C'est à Huy qu'arrive la classique cycliste la Flèche wallonne. Depuis plusieurs années, l'arrivée est jugée au sommet du Mur de Huy (chemin des Chapelles).
  • En novembre, a lieu une épreuve automobile comptant pour le championnat de Belgique de rallye : le rallye du Condroz-Huy. Cette épreuve à fêté sa 40e édition en novembre 2013.
  • En février, a lieu la traversée hivernale de la Meuse à la nage. En 2013, cette traversée en est à sa 46e édition.
  • Depuis 2010 il y a également un triathlon a Huy, triathlon qui fait partie du championnat de Belgique
  • Royal Football Club Huy

Film tourné à Huy[modifier | modifier le code]

  • 1985 : Hôtel particulier, de Thierry Michel, documentaire sur la prison de Huy.

Un épisode de la série "Maigret" a été tourné a huy.

Plusieurs scènes (et une partie de l'action principale) du film "A dix minutes de nulle part" se déroulent à Tihange.

La centrale nucléaire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Centrale nucléaire de Tihange.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Germain, Guide des gentilés : Les noms des habitants en Communauté française de Belgique, Bruxelles, Ministère de la Communauté française,‎ 2008 (lire en ligne), p. 52.
  2. Jumelages

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]