Bonne ville (principauté de Liège)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Bonne ville et Bonne ville du Premier Empire.

Les Bonnes Villes liégeoises étaient les localités les plus importantes de la Principauté de Liège. Elles envoyaient des représentants au tiers état (généralement 2) et pouvaient s'entourer d'un mur d'enceinte (avec l'obligation d'en défendre l'accès).

Ce statut n'est pas à confondre avec celui de bonne ville en France, lors de l'Ancien Régime.

Rôle politique[modifier | modifier le code]

Après la Paix de Fexhe en 1316, le pouvoir législatif du pays fut partagé entre le prince et les 3 États :

  • le Chapitre de la Cathédrale (État primaire)
  • l'État noble
  • le tiers état.

Les "Journées d'État" duraient 10 jours, et se tenaient ordinairement deux fois par an. Pour qu'une proposition du souverain devienne loi, chacun des 3 États devait l'accepter. D'où le rôle prépondérant des Bonnes Villes, le tiers état jouant un rôle analogue au Parlement d'une monarchie parlementaire.

Ce pouvoir fut encore renforcé le 2 décembre 1373 et la Paix des XXII : les fonctionnaires et conseillers du prince étaient responsables devant le Tribunal des XXII, dont les décisions étaient souveraines. Ce Tribunal était composé de 4 chanoines du Chapitre, 4 chevaliers et 14 représentants des Bonnes Villes.

Le système des Trois États perdura jusqu'au 7 décembre 1792, lorsqu'il fut remplacé, en pleine Révolution liégeoise, par une assemblée unique : la Convention nationale liégeoise (élue au suffrage universel direct).

23 bonnes villes[modifier | modifier le code]

Au nombre de 21 au début des Temps Modernes, leur nombre fut définitivement fixé à 23 en 1651. On comptait parmi elles 12 villes thioises et 11 villes romanes ou wallonnes.

Le territoire de la Principauté était divisé en quartier (5 en banlieue liégeoise et 10 hors-banlieue). La liste ci-après indiquent ce quartier, ainsi que le nombre de sièges au Tribunal des XXII et la province belge actuelle où se trouve la ville.

Ville Quartier XXII Actuellement
Liège (Capitale) 4 Liège
Tongres Hesbaye 1 Limbourg
Huy Condroz 2 Liège
Dinant Amont 2 Namur
Ciney Condroz Namur
Thuin Entre-Sambre-et-Meuse 1 Hainaut
Fosses-la-Ville Entre-Sambre-et-Meuse 1 Namur
Couvin Entre-Sambre-et-Meuse Namur
Châtelet Entre-Sambre-et-Meuse Hainaut
Saint-Trond Looz 1 Limbourg
Visé Franchimont Liège
Waremme Hesbaye Liège
Looz Looz 1 Limbourg
Hasselt Looz 1 Limbourg
Maaseik Looz Limbourg
Bilzen Looz Limbourg
Beringen Looz Limbourg
Herk-la-Ville Looz Limbourg
Bree Looz Limbourg
Stokkem Looz Limbourg
Hamont Looz Limbourg
Peer Looz Limbourg
Verviers Franchimont Liège

Deux autres villes avaient des statuts particuliers par rapport à la Principauté et/ou au Prince-Évêque. Elles n'avaient pas le statut de Bonne Ville car elles n'envoyaient pas de représentants au tiers état de la Principauté.

Ville Statut Actuellement
Maastricht Double juridiction (avec le Duché de Brabant puis les Provinces-Unies) Limbourg néerlandais
Bouillon Le Prince-Évêque de Liège fut a titre personnel Duc de Bouillon

mais le Duché a toujours été indépendant de la Principauté[1].

Luxembourg belge

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Liste chronologique des édits et ordonnances de l'ancien duché de Bouillon de 1240 à 1795. Commission royale pour la publication des anciennes lois et ordonnances de la Belgique. Bruxelles, 1865.
    • 16 mars 1598, à Liége. Déclaration d'Ernest de Bavière au sujet du maintien des privilèges, immunités et libertés compétant à ceux du duché de Bouillon, notamment en ce qui concerne les tailles, impôts et contributions.
    • 30 novembre 1598. Déclaration du doyen et chapitre de la cathédrale de Liége, reconnaissant, d'après certaines chartes et documents, que les sujets du duché de Bouillon ont été, de toute ancienneté, libres et affranchis des juridictions, lois et ordonnances du pays de Liége, mais que rien n'empêche, en présence des guerres et calamités qui pèsent sur le pays, que les députés du duché induisent les sujets dudit duché à une contribution volontaire, pour un temps limité.
    • 15 avril 1600. Déclaration touchant la prétention du duché de Bouillon d'être exempt d'assister aux journées d'état de la principauté de Liége, et de payer des contributions, sous prétexte que ledit duché formerait un état à part. Archives du chapitre cathédral de Liége, 1599-1602, E 122, fol. 61.
    • 15 avril 1600, à Liége. Édit d'Ernest de Bavière, portant qu'à l'avenir les prévôts et jugeurs de la cour souveraine de Bouillon ne seront plus tenus de comparaître aux journées d'état de la principauté de Liége.