Notger de Liège

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Notger de Liège
Image illustrative de l'article Notger de Liège
Portrait en pied de Notger (imaginé par Louis Gallait, XIXe siècle)
Biographie
Naissance 930
En Souabe (vraisemblablement près de Saint-Gall)
Ordination sacerdotale
Décès
Liège
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale
Prince-évêque de Liège
985 – 1008
Baldéric II Suivant
Évêque de Liège
972 – 1008
Précédent Éracle Baldéric II Suivant

Notger ou Nokter est né en 930 en Souabe (vraisemblablement près de Saint-Gall) et est mort le à Liège. Il fut évêque à partir de 972 et devint, en 985, le premier prince-évêque de la Principauté de Liège.

Biographie[modifier | modifier le code]

Notger est originaire d'une famille noble de Souabe. Dès son enfance, il prouve son intelligence ce qui lui permet d'entrer dans une école du Palais, probablement celle de l'abbaye bénédictine de Saint-Gall, dont il devient plus tard le prévôt. Il est remarqué par l'empereur Otton Ier qui l'appelle au trône épiscopal de Liège en 972.

En 980, il reçoit d'Otton II un privilège d'immunité générale, « qui fait de l'évêque, sous l'autorité directe du roi, le seul et unique maître de ses terres et de ses possessions : aucun fonctionnaire royal — en d'autres termes aucun comte — n'a le droit de pénétrer dans ces terres “immunisées” pour y exercer la justice, percevoir des impôts ou lever des troupes[1] ». Dès ce moment, l'évêque devient comte, ou prince, dans son territoire. Il devient prince-évêque et l'État liégeois une principauté ecclésiastique.

Néanmoins, le travail de Notger ne s'arrête pas à Liège. Il est le tuteur de l'empereur Otton III en 983 à la mort de son père Otton II, tandis que sa mère Théophano assure la régence. Fortement lié à la dynastie ottonienne, le père comme le fils n'ont pas manqué de profiter de son dévouement pour, par trois fois, l'emmener en Italie : la première fois pour assurer le couronnement de l'enfant en 983, la seconde fois en vue de soutenir le pape Jean XV contre un sénateur en 989, et une dernière fois en 996 afin de vaincre des citoyens crémonais remettant en cause la légitimité de l'empereur. Il soumet toute l'Italie en seize ans.

Lorsqu'il ne doit pas s'occuper de grandes tâches politiques ou militaires, Notger se réfugie à Saint-Jean, où il a fait bâtir une maison dans laquelle il partage son temps entre les prières et la lecture, ses activités premières. Notger meurt le 10 avril 1008. Il est enterré, conformément à ses volontés, dans la collégiale Saint-Jean de Liège.

L'œuvre de Notger à Liège[modifier | modifier le code]

Evangéliaire de Notger; l'ivoire représentant Notger est du Xe siècle, les émaux ont été ajoutés au XIIe siècle. Musée Grand Curtius

En 985, l'impératrice Théophano cède à Notger la totalité du comté de Huy.

Riche et puissant, l'évêque est alors en mesure de se lancer dans une politique de grands travaux. La cité de Liège se transforme en chantier et devient rapidement une ville digne du prince-évêque qui la dirige. Il développe le tissu urbain de la ville, ses fortifications, le commerce et l'enseignement. Sous son règne, la ville de Liège est parfois appelée « l'Athènes du Nord ».

Liège devient au Xe siècle, la capitale d'une puissante principauté épiscopale, grâce à l'action des évêques Éracle, Notger et Wazon. Ses écoles sont célèbres jusqu'au XIIe siècle. Sept collégiales s'élèvent alors dans la ville (Saint-Pierre, Sainte-Croix, Saint-Paul, Saint-Jean, Saint-Denis, Saint-Martin, Saint-Barthélemy) en plus de la cathédrale où est enterré saint Lambert. Deux abbayes bénédictines s'y ajoutent : Saint-Jacques et Saint-Laurent. Tous ces bâtiments religieux forment comme une couronne d'églises autour de la cathédrale, épicentre religieux et politique du diocèse, cœur de la cité de saint Lambert.

Notger entoure Liège d'une solide muraille et fait construire un nouveau palais épiscopal, symbole de sa puissance religieuse et politique.

Il y a un proverbe liégeois qui dit : « Liège, tu dois Notger au Christ et le reste à Notger ». Cette citation « Notgerum Christo, Notgero cetera debes » est due à un poète contemporain de Notger qui, s'adressant à la ville, glorifie l'œuvre de bâtisseur du premier prince-évêque.[réf. nécessaire]

Référence[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Louis Kupper, « La geste des pontifes de l’Église de Tongres, Maastricht ou Liège », dans Jean-Louis Kupper, François Pirenne et Philippe George (dir.), Liège — Autour de l’an mil, la naissance d’une principauté (XeXIIe siècles), Éd. du Perron, Liège, 2000 (ISBN 978-2871141785), p. 17.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Pierre Delville, Jean-Louis Kupper et Marylène Laffineur-Crepin (dir.), Notger et Liège : l'an mil au cœur de l'Europe, Éd. du Perron, Liège, 2008 (ISBN 978-2871142263).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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972 - 1008
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