Sambre

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50° 27′ 43″ N 4° 52′ 15″ E / 50.46194, 4.87083

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Sambre
La Sambre à Merbes-le-Château.
La Sambre à Merbes-le-Château.
Caractéristiques
Longueur 190 km
Bassin 2 740 km2
Bassin collecteur Meuse
Débit moyen 36 m3/s (Namur)
Régime pluvial océanique
Cours
Source source
· Localisation Le Nouvion-en-Thiérache
· Altitude 199 m
Confluence Meuse
· Localisation Namur
Géographie
Pays traversés Drapeau de la France France
Drapeau de la Belgique Belgique
Principales villes Hautmont, Maubeuge, Jeumont, Thuin, Charleroi, Sambreville, Namur

La Sambre est une rivière franco-belge, affluente de la Meuse, de 190 km de long. Elle fait partie du District international de la Meuse a fait l'objet d'un contrat de rivière[1] qui est devenu un « SAGE » (Schéma d'aménagement et de gestion des eaux), visant à lui permettre de retrouver le « bon état écologique » dans le cadre de la directive cadre sur l'eau (DCE) et du SDAGE (Schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom Sambre, tout comme le nom de la Somme, pourrait venir du gaulois Samara « tranquille »[2]. Plusieurs chroniqueurs médiévaux (Jacques de Guyse à la suite de Lucius de Tongres) affirment que son nom vient de Sambro ou Samber[3].

Géographie[modifier | modifier le code]

La Sambre est une rivière qui prend sa source en France, dans le bois de Cartignies, près du Nouvion-en-Thiérache sur le plateau de Saint-Quentin. Elle arrose Pont-sur-Sambre, Hautmont, Maubeuge, Jeumont en France, puis entre en Belgique pour passer par Merbes-le-Château, Fontaine-Valmont, Lobbes, Thuin, Charleroi, Sambreville, Floreffe et vient se jeter dans la Meuse à Namur. Son cours est long d'environ 180 km (88 km en France). Le bassin versant de la Sambre en France est de 1 250 km2. Sa pente moyenne en France est de 0,2 ‰.

La Sambre s'écoule d'abord depuis les contreforts des Ardennes, où elle prend sa source, au Nouvion-en-Thiérache. Arrivée à hauteur de Landrecies, elle est captée par l'ancien bassin d'avant-pays du microcontinent Avalonnais. Ce bassin fut créé par ploiement du Brabant sous le poids de la chaîne hercynienne. Il est d'orientation sud-ouest - nord-est.

Il est marqué par ce que les géologues belges ont appelé la « faille du midi ». Cette bordure nord des Ardennes forme donc un creux : au sud, le massif ardennais ou ses contreforts, au nord le bassin houiller carbonifère. Ce sillon dit de « Sambre-et-Meuse » se poursuit jusqu'à Namur (confluent avec la Meuse, qui à cet endroit s'engouffre à son tour dans le sillon) et Liège.

La Sambre a donc été un passage obligé pour toute armée voulant contourner les Ardennes. Ceci explique l'histoire mouvementée de l'Entre-Sambre-et-Meuse.

Elle est canalisée au gabarit Freycinet (250 t à 1,8 m d'enfoncement) de Landrecies jusqu'à Monceau et au gabarit 1 350 t en aval jusqu'à Namur.

La Sambre compte de nombreux affluents : la Riviérette, la Tarsy, le Cligneux, le ruisseau d'Eclaibes, la Flamenne, La Sambrette, l'Helpe Mineure, l'Helpe Majeure, la Solre, la Hante, la Thure, la Biesmelle, l'Eau d'Heure, le Piéton, l'Acoz et l'Orneau. Dans son parcours wallon, la Sambre quand elle se fait Basse-Sambre (autour des communes fusionnées sous le nom de Sambreville), un peu en amont de Namur, donne son nom à l'une des portions du bassin industriel wallon, notamment en raison de ses charbonnages, aujourd'hui fermés. La poétesse de langue wallonne Gabrielle Bernard a saisi avec finesse la dualité de cette région. Au sud de son lit et à l'ouest de celui de la Meuse, la Sambre et la Meuse donnent naissance à la région wallonne de l'Entre-Sambre-et-Meuse célèbre pour ses marches militaires issues d'escortes processionnelles d'origine religieuses où défilent, de la fin du printemps à l'automne, des soldats revêtus d'uniformes anciens, notamment napoléoniens, les célèbres marches de l'Entre-Sambre-et-Meuse.

La Sambre française forme 2 parties canalisées :

  1. le canal de la Sambre à l'Oise, presque rectiligne, d'une largeur constante et à faible débit. Il n'a qu'un affluent, la Rivierette.
  2. la Sambre canalisée, qui elle accueille les eaux des deux Helpes, la Tarsy, les Cligneux, la Solre ainsi que de nombreux fossés et ruisseaux.

Environnement, écologie[modifier | modifier le code]

L'histoire environnementale de la rivière remonte au moins au Haut Moyen Âge. Depuis cette époque, la rivière a subi un processus d'artificialisation et de canalisation sur une partie croissante de son parcours. Les gués ont peu à peu disparu avec l'introduction du réseau routier et la construction des ponts. Les zones humides ou inondables adjacentes ont été drainées et les berges aménagées, avec des création d’étangs et du barrage du Val Joly et parfois le détournement du lit mineur[4].

La rivière a été fortement influencée par la révolution industrielle et le développement du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais et du bassin minier belge. Ces derniers ont attiré des industries lourdes, dont l'industrie métallurgique, dans la vallée de la Sambre. La pollution de l'eau tend à y diminuer, mais les sédiments peuvent longtemps conserver les séquelles de ce développement industriel (métaux lourds notamment).

En termes d'écologie du paysage, la pollution a été un frein à la migration normale des poissons. Mais à cause de sa canalisation, cette rivière est probablement également peu à peu devenue une barrière écologique entre les milieux naturels qui l'encadraient ou l'encadrent encore ; interdisant ou freinant une partie des flux de gènes et d'espèces (pour les espèces incapables de traverser un canal et éventuellement pour des espèces en dépendant) ; c'est le cas par exemple entre la forêt de Mormal et les territoires boisés situés plus à l'est.

Histoire[modifier | modifier le code]

"Embranchement de la rivière d'Helpe-Majeure à celle de la Sambre pris en droite ligne autant qu'il a été possible" ; Portion de rivière Helpe-Majeure à partir du pont de Hachette, passant près de l'abbaye de Maroilles ("Maroelles") et allant bien au-delà des ponts de "Fayt", à hauteur de "Parlabeau" ou "Bocqueau". Tracé d'une portion du "chemin projeté de Landrecyà Maubeuge (chapitre 43)" et tracé d'une portion du "chemin de Landrecy à Avesnes (chapitre 42)". Carte réalisée entre 1745 et 1780. Source: Atlas de Trudaine pour la généralité de Hainaut-Cambrésis. "Chapitre 38 de l'inventaire.

La Sambre semble avoir été utilisée voire artificialisée depuis longtemps. Un récit fondateur médiéval (et partiellement prémédiéval) s'en fait en tous cas l'écho[3]. La légende hennuyère veut que la Gaule Belgique et la légendaire ville Belgis aient été fondées par le mythique Bavo. Bavo l'Ancien ou Bavo le Brun aurait été un prince grec. Il serait venu, après la guerre de Troie et avec des soldats, jusque dans la vallée de la Haine. Il y aurait fondé, par les armes, un royaume ayant englobé tout le Hainaut. Ceci se serait produit bien avant l'ère chrétienne, selon les anciens. Le légendaire et les chroniqueurs médiévaux rapportent[3] que Bavo eut de nombreux fils, parmi lesquels Bavo Belginéus, grand druide, qui déjà a cherché à dompter et utiliser la Sambre, alors que la ville de Belgis (Bavay selon les chroniques du Moyen Âge) manquait d'eau.

Le frère mineur cordelier Jacques de Guyse, dans ses chroniques du Hainaut raconte en effet, citant Lucius de Tongres (plus ancien que lui), qu'une « rivière du nom de Cambro, qui fut par la suite appelée Cambra, coulait à quatre milles de Belgis : il [Bavo Belginéus] la fit diviser en ruisseaux étroits et en chutes d'eaux, par le moyen de grosses et longues masses de murailles élevées en travers au milieu de la rivière, et qui la coupaient d'un bord à l'autre ; puis il fit construire entre ces digues cinq cens roues mobiles, qui, par leur mouvement circulaire, versaient des courants d'eau dans des citernes creusées dans les digues ; sur ces citernes d'autres roues mises en mouvement par les roues d'en bas, portaient en tournant les eaux (déjà puisées dans des réservoirs plus élevés) ; de sorte que celles-ci montaient par un mouvement circulaire et uniforme jusqu'aux sommets des digues, où elles tombaient dans de grands réservoirs de métal. De là elles coulaient, par des canaux souterrains et par des tuyaux, jusque dans la ville, et se rendaient principalement dans le fossé, dont nous avons parlé plus haut, et qui était creusé au milieu de Belgis près du palais des prêtres ; ce fossé fournissait de l'eau à toute la ville ». Ce récit est probablement très enjolivé. De Guise lui-même cite un autre chroniqueurs, Clairembaud (ou Clarembaldus), auxquels les historiens accordent peu de crédit[note 1]. Clairembaud, dans ses Rimes, semble affirmer que « Bavo l'Ancien, favorisé de Diane, dont il avait fait observer la fête par tout le peuple, et guidé par un cerf blanc, découvrit la fontaine des fleurs, dans laquelle se baignaient les faunes, dieux cornus, les satires et les nimphes ; et que, par le ministère d'un vieillard, il fit amener en abondance, par des conduits souterrains, les eaux de cette fontaine dans la ville de Belgis ; qu'on voyait encore de son tems en beaucoup d'endroits, tant en deçà qu’au delà de la Sambre, les lits, les conduits et les réservoirs de cette fontaine, et qu'il y avait en outre dans la même ville deux fontaines, celle de Diane à l'orient, et au couchant celle de Bel, de laquelle il a été question plus haut ; que ces fontaines donnaient naissance à deux ruisseaux qui environnaient la plus grande partie de la ville, et qui, se réunissant au midi, se jetaient dans le fleuve (la Sambre) »[3]. Ces texte n'ont pas de valeur historique fiable, mais laissent penser que la Sambre, bien avant l'adduction moderne de l'eau (début du XXe siècle) avait une grande importance pour les anciens.[réf. nécessaire]

Après la disparition ou forte régression des barrages de castors, la Sambre a connu des sécheresses importantes, dont en 1134 (alors qu'également le Rhin était à sec à Cologne[5]) avec selon les chroniqueurs un assec à Namur durant un jour[5].

Le SAGE de la Sambre[modifier | modifier le code]

Selon l'introduction du SAGE, « le réseau hydrographique du bassin versant de la Sambre est le plus dense du département du Nord. La diversité des cours d’eau et la présence d’un grand nombre de zones humides se traduit par une grande richesse floristique et faunistique. C’est un des territoires du bassin Artois - Picardie où le potentiel écologique est le plus grand », mais les pratiques de gestion de l'eau telles que pratiquées aux XIXe, XXe et XXIe siècles « (rejets non traités, détérioration des zones humides, impacts des prélèvements méconnus, …) menacent pourtant cette ressource en eau, qu’elle soit superficielle ou souterraine ».

Ce schéma d'aménagement et de gestion des eaux a été lancé en 2002, par les élus des 122 communes du bassin versant de la Sambre dans le cadre d'un référendum suggéré par le Parc naturel régional de l'Avesnois. Il concerne un périmètre de plus de 120 communes, (arrêté le 5 novembre 2003) et est piloté par une Commission locale de l'eau [6] qui a produit un plan d'aménagement et de gestion des eaux (PAGD [4]), soumis à une consultation[7] des personnes publiques associées (188 structures consultées) qui ont toutes émis un avis favorable. La population a ensuite également été consultée par enquête publique en 2011 [8] avant que les commissaires enquêteurs émettent un avis favorable, suivi d'une approbation par le préfet (le 21 septembre 201).

Le SAGE contient

  • un atlas cartographique (partie 1 & partie 2)[9]
  • un rapport environnemental (partie 1 & partie 2)[10]
  • un rapport de présentation[11]
  • un guide de mise en œuvre [12]

La Sambre dans la langue et la culture[modifier | modifier le code]

La Sambre à Lobbes

Le nom, suggestif, a été repris par une série de bandes dessinées de Yslaire, puis dans la mystérieuse chanson de Jean-Louis Murat Rouge est mon sommeil : « Comme le phacochère / Perdu dans la guerre / Rouge est la Sambre, amour ». La Sambre est également mentionnée dans un classique de la chanson populaire wallonne : Lolote de Jacques Bertrand.

D'autres le connaissent du chant militaire Sambre et Meuse, hérité de l'Armée de Sambre-et-Meuse napoléonienne.

Au confluent de la Sambre et de la Meuse[modifier | modifier le code]

Confluent Sambre-Meuse à Namur.

Le Grognon (lieu-dit), pointe de terre formée par la jonction des derniers mètres de la rive sud de la Sambre et de la rive ouest de la Meuse, que la Sambre rejoint à cet endroit. Dans le coin inférieur droit de celle-ci (le Grognon est au centre de la photo), on aperçoit une des ailes du parlement wallon. À la pointe du Grognon, il y a une statue équestre imposante du roi Albert Ier. Le Parlement wallon et les différents Gouvernements wallons ont décidé de déplacer vers le confluent de la Meuse et de la Sambre (endroit symbolique puisque ce sont les deux plus importants cours d'eau wallons, sur lesquels vit la majorité de la population wallonne, les deux axes principaux du Sillon Sambre-et-Meuse), les bâtiments de la puissance publique régionale (Parlement et Présidence du Gouvernement), mais il existe une opposition dans la population à Namur qui s'est opposée par référendum à un projet jugé trop grandiose de Parlement (réalisé par l'architecte suisse Mario Botta).

Débit[modifier | modifier le code]

Le débit moyen observé à Namur entre 1995 et 2004 est de 36 m3/s, avec un maximum moyen de 54,86 m3/s en 2001, et un minimum moyen de 21,76 m3/s en 2004[13].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Cet auteur écrit en poésie, et reprend volontiers à son compte le merveilleux et les mythologies romaines ou grecques.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le Contrat de Rivière Sambre & Affluents rassemble ; l'ensemble des acteurs du sous-bassin hydrographique réunis pour restaurer, protéger et valoriser les ressources en eau du bassin (lien)
  2. Charles Rostaing, Les Noms de lieux, PUF, Paris, 1945, p. 114.
  3. a, b, c et d Fortia d'Urban, Histoire de Hainault par Jacques de Guyse, traduite en français avec le texte latin en regard, en 19 volumes, Paris, 1826-38. Voir Volume 1, pages 264 (en latin) et 265 (en français)
  4. a et b PAGD, PDF, 152 pages
  5. a et b Pierre Alexandre, Le climat au Moyen Âge en Belgique et dans les régions voisines (Rhénanie, Nord de la France). Recherches critiques d'après les sources narratives et essai d'interprétation (Ouvrage dérivé d'un mémoire de licence réalisé à l'Université de Liège, sous la direction du Pr Vercauteren) ; Centre belge d'Histoire rurale, publication no 50, Liège, Louvain, 1976 / Source originelle : Annales Fossenses. GH Pertz, in MGH., SS IV (1841) p. 30-33, cité par P. Alexandre
  6. La « CLE », fixée par arrêté inter-préfectoral du 18 octobre 2004
  7. Consultation effectuée de juillet à novembre 2010
  8. du 14 novembre au 16 décembre 2011
  9. Atlas cartographique du SAGE de la Sambre: partie 1 & partie 2
  10. partie 1 & partie 2 du rapport environnemental du SAGE de la Sambre
  11. Rapport de Présentation du SAGE de la Sambre
  12. Guide de mise en œuvre du SAGE de la Sambre
  13. Région wallonne - débit des principaux cours d'eau [xls]