Sambre
| Sambre | |
La Sambre à Merbes-le-Château. |
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| Caractéristiques | |
|---|---|
| Longueur | 190 km |
| Bassin | 2 740 km2 |
| Bassin collecteur | Meuse |
| Débit moyen | 36 m3⋅s-1 (Namur) |
| Régime | pluvial océanique |
| Cours | |
| · Localisation | Le Nouvion-en-Thiérache |
| · Altitude | 199 m |
| Confluence | Meuse |
| · Localisation | Namur |
| Géographie | |
| Pays traversés | |
| Principales villes | Hautmont, Maubeuge, Jeumont, Thuin, Charleroi, Sambreville, Namur |
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La Sambre est une rivière franco-belge, affluente de la Meuse, de 190 km de long.
Sommaire |
Étymologie [modifier]
Le nom Sambre, tout comme le nom de la Somme, pourrait venir du gaulois Samara « tranquille »[1]. Plusieurs chroniqueurs médiévaux (Jacques de Guyse à la suite de Lucius de Tongres) affirment que son nom vient de Sambro ou Samber[2].
Géographie [modifier]
La Sambre est une rivière qui prend sa source en France, dans le bois de Cartignies, près du Nouvion-en-Thiérache sur le plateau de Saint-Quentin. Elle arrose Pont-sur-Sambre, Hautmont, Maubeuge, Jeumont en France, puis entre en Belgique pour passer par Merbes-le-Château, Fontaine-Valmont, Lobbes, Thuin, Charleroi, Sambreville, Floreffe et vient se jeter dans la Meuse à Namur. Son cours est long d'environ 180 km (88 km en France). Le bassin versant de la Sambre en France est de 1 250 km2. Sa pente moyenne en France est de 0,2 ‰.
La Sambre s'écoule d'abord depuis les contreforts des Ardennes, où elle prend sa source, au Nouvion-en-Thiérache. Arrivée à hauteur de Landrecies, elle est captée par l'ancien bassin d'avant-pays du microcontinent Avalonnais. Ce bassin fut créé par ploiement du Brabant sous le poids de la chaîne hercynienne. Il est d'orientation sud-ouest - nord-est.
Il est marqué par ce que les géologues belges ont appelé la « faille du midi ». Cette bordure nord des Ardennes forme donc un creux : au sud, le massif ardennais ou ses contreforts, au nord le bassin houiller carbonifère. Ce sillon dit de « Sambre-et-Meuse » se poursuit jusqu'à Namur (confluent avec la Meuse, qui à cet endroit s'engouffre à son tour dans le sillon) et Liège.
La Sambre est donc évidemment un passage obligé pour toute armée voulant contourner les Ardennes. Ceci explique l'histoire mouvementée de l'Entre-Sambre-et-Meuse.
Elle est canalisée au gabarit Freycinet (250 t à 1,8 m d'enfoncement) de Landrecies jusqu'à Monceau et au gabarit 1 350 t en aval jusqu'à Namur.
La Sambre compte de nombreux affluents : la Riviérette, la Tarsy, le Cligneux, le ruisseau d'Eclaibes, la Flamenne, La Sambrette, l'Helpe Mineure, l'Helpe Majeure, la Solre, la Hante, la Thure, la Biesmelle, l'Eau d'Heure, le Piéton, l'Acoz et l'Orneau. Dans son parcours wallon, la Sambre quand elle se fait Basse-Sambre (autour des communes fusionnées sous le nom de Sambreville), un peu en amont de Namur, donne son nom à l'une des portions du bassin industriel wallon, notamment en raison de ses charbonnages, aujourd'hui fermés. La poétesse de langue wallonne Gabrielle Bernard a saisi avec finesse la dualité de cette région. Au sud de son lit et à l'ouest de celui de la Meuse, la Sambre et la Meuse donnent naissance à la région wallonne de l'Entre-Sambre-et-Meuse célèbre pour ses marches militaires où défilent de la fin du printemps à l'automne des soldats revêtus de l'uniforme napoléonien, les célèbres marches de l'Entre-Sambre-et-Meuse.
Environnement, écologie [modifier]
L'histoire environnementale de la rivière remonte au moins au Haut Moyen Âge. Depuis cette époque, la rivière a subi un processus d'artificialisation et de canalisation sur une partie croissante de son parcours. Les gués ont peu à peu disparu avec l'introduction du réseau routier et la construction des ponts. Les zones humides ou inondables adjacentes ont été drainées et les berges aménagées.
La rivière a été fortement influencée par la révolution industrielle et le développement du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais et du bassin minier belge. Ces derniers ont attiré des industries lourdes, dont l'industrie métallurgique, dans la vallée de la Sambre. La pollution de l'eau tend à y diminuer, mais les sédiments peuvent longtemps conserver les séquelles de ce développement industriel (métaux lourds notamment).
En termes d'écologie du paysage, la pollution a été un frein à la migration normale des poissons. Mais à cause de sa canalisation, cette rivière est probablement également peu à peu devenue une barrière écologique entre les milieux naturels qui l'encadraient ou l'encadrent encore ; interdisant ou freinant une partie des flux de gènes et d'espèces (pour les espèces incapables de traverser un canal et éventuellement pour des espèces en dépendant) ; c'est le cas par exemple entre la forêt de Mormal et les territoires boisés situés plus à l'est.
Histoire [modifier]
La Sambre semble avoir été utilisée voire artificialisée depuis longtemps. Un récit fondateur médiéval (et partiellement prémédiéval) s'en fait en tous cas l'écho[2]. La légende hennuyère veut que la Gaule Belgique et la légendaire ville Belgis aient été fondées par le mythique Bavo. Bavo l'Ancien ou Bavo le Brun aurait été un prince grec. Il serait venu, après la guerre de Troie et avec des soldats, jusque dans la vallée de la Haine. Il y aurait fondé, par les armes, un royaume ayant englobé tout le Hainaut. Ceci se serait produit bien avant l'ère chrétienne, selon les anciens. Le légendaire et les chroniqueurs médiévaux rapportent[2] que Bavo eut de nombreux fils, parmi lesquels Bavo Belginéus, grand druide, qui déjà a cherché à dompter et utiliser la Sambre, alors que la ville de Belgis (Bavay selon les chroniques du Moyen Âge) manquait d'eau.
Le frère mineur cordelier Jacques de Guyse, dans ses chroniques du Hainaut raconte en effet, citant Lucius de Tongres (plus ancien que lui), qu'une « rivière du nom de Cambro, qui fut par la suite appelée Cambra, coulait à quatre milles de Belgis : il [Bavo Belginéus] la fit diviser en ruisseaux étroits et en chutes d'eaux, par le moyen de grosses et longues masses de murailles élevées en travers au milieu de la rivière, et qui la coupaient d'un bord à l'autre ; puis il fit construire entre ces digues cinq cens roues mobiles, qui, par leur mouvement circulaire, versaient des courants d'eau dans des citernes creusées dans les digues ; sur ces citernes d'autres roues mises en mouvement par les roues d'en bas, portaient en tournant les eaux (déjà puisées dans des réservoirs plus élevés) ; de sorte que celles ci montaient par un mouvement circulaire et uniforme jusqu'aux sommets des digues, où elles tombaient dans de grands réservoirs de métal. De là elles coulaient, par des canaux souterrains et par des tuyaux, jusque dans la ville, et se rendaient principalement dans le fossé, dont nous avons parlé plus haut, et qui était creusé au milieu de Belgis près du palais des prêtres ; ce fossé fournissait de l'eau à toute la ville ». Ce récit est probablement très enjolivé. De Guise lui-même cite un autre chroniqueurs, Clairembaud (ou Clarembaldus), auxquels les historiens accordent peu de crédit[3]. Clairembaud, dans ses Rimes, semble affirmer que « Bavo l'Ancien, favorisé de Diane, dont il avait fait observer la fête par tout le peuple, et guidé par un cerf blanc, découvrit la fontaine des fleurs, dans laquelle se baignaient les faunes, dieux cornus, les satires et les nimphes ; et que, par le ministère d'un vieillard, il fit amener en abondance, par des conduits souterrains, les eaux de cette fontaine dans la ville de Belgis ; qu'on voyait encore de son tems en beaucoup d'endroits, tant en deçà qu’au delà de la Sambre, les lits, les conduits et les réservoirs de cette fontaine, et qu'il y avait en outre dans la même ville deux fontaines, celle de Diane à l'orient, et au couchant celle de Bel, de laquelle il a été question plus haut ; que ces fontaines donnaient naissance à deux ruisseaux qui environnaient la plus grande partie de la ville, et qui, se réunissant au midi, se jetaient dans le fleuve (la Sambre) »[2]. Ces texte n'ont pas de valeur historique fiable, mais laissent penser que la Sambre, bien avant l'adduction moderne de l'eau (début du XXe siècle) avait une grande importance pour les Anciens.[réf. nécessaire]
La Sambre a connu des sécheresses importantes, dont en 1134 (alors que le Rhin était à sec à Cologne[4]) avec selon les chroniqueurs un assec à Namur durant un jour[4].
La Sambre dans la langue et la culture [modifier]
Le nom, suggestif, a été repris par une série de bandes dessinées de Yslaire, puis dans la mystérieuse chanson de Jean-Louis Murat Rouge est mon sommeil : « Comme le phacochère / Perdu dans la guerre / Rouge est la Sambre, amour ». La Sambre est également mentionnée dans un classique de la chanson populaire wallonne : Lolote de Jacques Bertrand.
D'autres le connaissent du chant militaire Sambre et Meuse, hérité de l'Armée de Sambre-et-Meuse napoléonienne.
Au confluent de la Sambre et de la Meuse [modifier]
Le Grognon (lieu-dit), pointe de terre formée par la jonction des derniers mètres de la rive sud de la Sambre et de la rive ouest de la Meuse, que la Sambre rejoint à cet endroit. Dans le coin inférieur droit de celle-ci (le Grognon est au centre de la photo), on aperçoit une des ailes du parlement wallon. À la pointe du Grognon, il y a une statue équestre imposante du roi Albert Ier. Le Parlement wallon et les différents Gouvernements wallons ont décidé de déplacer vers le confluent de la Meuse et de la Sambre (endroit symbolique puisque ce sont les deux plus importants cours d'eau wallons, sur lesquels vit la majorité de la population wallonne, les deux axes principaux du Sillon Sambre-et-Meuse), les bâtiments de la puissance publique régionale (Parlement et Présidence du Gouvernement), mais il existe une opposition dans la population à Namur qui s'est opposée par référendum à un projet jugé trop grandiose de Parlement (réalisé par l'architecte suisse Mario Botta).
Débit [modifier]
Le débit moyen observé à Namur entre 1995 et 2004 est de 36 m3 par seconde, avec un maximum moyen de 54,86 m3 en 2001, et un minimum moyen de 21,76 en 2004[5].
Voir aussi [modifier]
Articles connexes [modifier]
- Liste des cours d'eau de Belgique
- Le Contrat de Rivière Sambre & Affluents rassemble l'ensemble des acteurs du sous-bassin hydrographique afin de restaurer, de protéger et de valoriser les ressources en eau du bassin. Lien: http://www.crsambre.be
- Sambre-et-Meuse

Liens externes [modifier]
- format PDF Présentation de l'Atlas des zones inondables de la Sambre
- Informations générales sur les atlas des zones inondables
- Le chant patriotique Le régiment de Sambre et Meuse
- Ministère de la Région Wallonne - État des lieux du sous-bassin de la Sambre [PDF]</ref>.
- Dictionnaire des rivières et canaux de France dans le Projet Babel : la Sambre
- Dictionnaire des rivières et canaux de France dans le Projet Babel : le canal de l'Oise à la Sambre
- Carte ancienne de la Sambre sous la forêt de Mormal (Atlas de Trudaine, via la base de données ARCHIM du Centre historique des Archives nationales / Ministère français de la Culture), et autre vue
Notes et références [modifier]
- Charles Rostaing, Les Noms de lieux, PUF, Paris, 1945, p. 114.
- Fortia d'Urban, Histoire de Hainault par Jacques de Guyse, traduite en français avec le texte latin en regard, en 19 volumes, Paris, 1826-38. Voir Volume 1, pages 264 (en latin) et 265 (en français)
- Cet auteur écrit en poésie, et reprend volontiers à son compte le merveilleux et les mythologies romaines ou grecques.
- Pierre Alexandre, Le climat au Moyen Âge en Belgique et dans les régions voisines (Rhénanie, Nord de la France). Recherches critiques d'après les sources narratives et essai d'interprétation (Ouvrage dérivé d'un mémoire de licence réalisé à l'Université de Liège, sous la direction du Pr Vercauteren) ; Centre belge d'Histoire rurale, publication no 50, Liège, Louvain, 1976 / Source originelle : Annales Fossenses. GH Pertz, in MGH., SS IV (1841) p. 30-33, cité par P. Alexandre
- Région wallonne - débit des principaux cours d'eau [xls]