Rate

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Rate

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Position de la rate (spleen en anglais) en vue antérieure (vue de face).

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Vue laparoscopique d'une rate de cheval.

Données
Latin splen, lien
Gray's Anatomy « subject #278 1282 »
Artère Artère splénique
Nerf Plexus splénique
Précurseur Mésenchyme du mésentère dorsal
MeSH « Spleen »

La rate (en grec ancien σπλήν (splēn), en latin lien, d'où les adjectifs splénique et liénal) est un organe fragile, profond, situé dans l'hypochondre gauche en regard de la 10e côte (côte splénique). Elle est donc en position thoraco-abdominale.

Elle a deux rôles essentiels :

  • rôle dans l'immunité, notamment l'immunité cellulaire, elle fait ainsi partie des organes lymphoïdes secondaires.
    Elle intervient tout particulièrement dans le contrôle des infections à bactéries encapsulées, en particulier les pneumocoques et les méningocoques ;
  • rôle dans la régulation de la formation et de la destruction des éléments figurés du sang : on dit que la rate est le « cimetière des globules rouges ». La rate est le lieu de l'hématopoïèse durant la vie embryonnaire (3 à 7 mois). Elle perd ensuite cette fonction, qui est reprise par le foie jusqu'à la naissance, par la moelle osseuse ensuite. En cas d'atteinte de la fonction hématopoïétique de la moelle osseuse, on peut observer une reprise de l'hématopoïèse splénique.

De couleur rouge ou pourpre foncé, elle mesure chez l'Homme en moyenne 12 cm x 8 cm x 4 cm pour une masse moyenne de 200 g, c'est l'organe lymphoïde le plus volumineux.

Pathologies[modifier | modifier le code]

Lorsqu'elle augmente de taille au point qu'il devient possible de la palper, ce qui, normalement, est impossible physiologiquement, on parle de splénomégalie. Dans ce cas-là elle peut peser jusqu'à 1,5 kg et descendre jusque dans le bassin.

Une borréliose particulière, infection bactérienne à spirochète, transmise par le pou, et dite « fièvre récurrente mondiale » se traduit par une augmentation de taille et d'aspect de la rate

Morphologie[modifier | modifier le code]

La rate comprend classiquement trois faces et une base :

  • la face antérieure se trouvant en regard de l'estomac, on la nomme donc face gastrique. C'est sur celle-ci qu'est creusé le hile de la rate, région d'où entrent et sortent les vaisseaux ;
  • la face latérale, en regard du diaphragme, c'est donc la face diaphragmatique ;
  • la base, en rapport avec l'angle colique gauche.

Le bord antérieur est crénelé, c'est celui-ci que l'on perçoit à la palpation lors d'une splénomégalie.

Constitution[modifier | modifier le code]

La rate est entourée d'une capsule conjonctive très souple, riche en réticuline et en élastine, envoyant des cloisons conjonctives à l'intérieur du parenchyme splénique. Celui-ci est constitué de deux sortes de tissus :

La rate est également capable de se contracter ou de se dilater en fonction des besoins de l'organisme, la splénocontration entrainant un retour de sang dans la circulation générale.

Vascularisation et innervation[modifier | modifier le code]

La vascularisation artérielle de la rate se fait principalement par l'artère splénique (artère liénale). Celle-ci étant l'une des 3 branches du tronc cœliaque qui naît de l'aorte au niveau de la 12e vertèbre thoracique. Après un trajet très sinueux sur le bord supérieur du pancréas, elle pénètre dans le parenchyme par le hile en se divisant en deux branches supérieure et inférieure ; ceci explique l'existence de la splénectomie partielle. Ensuite ces branches se divisent en artères trabéculaires qui cheminent dans les travées conjonctives. Elles-mêmes donnent les artères centrales en sortant de la travée, qui s'entourent d'un manchon de pulpe blanche (surtout lymphocytes T). L'artère centrale se poursuit et sort de la pulpe blanche pour donner des plus petites branches : les « artères pénicillées ». Celles-ci se finissent par des capillaires avec des sortes de bouchons qui entourent leur terminaison: ce sont les capillaires à housse. Ces capillaires terminaux sont obturés et il va y avoir des passages entre les cellules endothéliales terminales, et le sang va sortir des vaisseaux et traverser le parenchyme splénique pour rejoindre les sinus veineux. On a donc une circulation fermée et une circulation ouverte.

La vascularisation veineuse se fait quant à elle par la veine splénique (veine liénale), qui rentre dans la constitution du tronc porte avec les veines mésentériques supérieure et inférieure.

Les vaisseaux lymphatiques sont situés près des vaisseaux sanguins. Seuls des vaisseaux lymphatiques efférents existent à la rate. Des canaux lymphatiques extérieurs relient la rate à l'estomac (épiploon gastro-splénique), au pancréas (épiploon pancréas-splénique). Ces canaux jouent peut-être un rôle dans l'équilibre sodium / potassium du corps.[réf. nécessaire]

Les nerfs suivent les vaisseaux et principalement les artères. Ils expliqueraient partiellement les points de côté (par ischémie de la rate) et les coupures de souffle lors de chocs dans l'hypochondre gauche. Lors d'un traumatisme de la rate, on peut observer parfois une douleur projetée dans l'épaule gauche due à l'afférence sensitive commune au niveau de la moelle épinière.

Médecine et pathologies de la rate[modifier | modifier le code]

Atteintes spléniques[modifier | modifier le code]

  • absence de rate : asplénie congénitale. Très rare, elle expose à des infections sévères.
  • polysplénie : présence de plusieurs rates ; beaucoup plus fréquente en sachant que les rates surnuméraires sont en général de toute petite taille. Elles pourront en revanche se développer en cas d'ablation de la rate.
  • splénomégalie : augmentation du volume de la rate. Les causes des splénomégalies sont très nombreuses: infectieuses, hématologiques et tumorales, maladies de surcharge... Voir l'article spécifique.
  • Traumatismes de la rate. La rate est un organe fragile et très vascularisé. De ce fait les traumatismes de la rate sont très fréquents, notamment lors de traumatismes basithoraciques gauches. Ils exposent à une hémorragie qui peut être très sévère en cas de rupture de la capsule splénique: ceci peut aboutir à la formation d'un hémopéritoine avec choc hémorragique secondaire. Si la capsule est respectée, l'hémorragie sera moins abondante et se formera un hématome sous-capsulaire. La rupture de la rate après un effort violent est une complication rare mais classique de la mononucléose infectieuse.

Splénectomie[modifier | modifier le code]

La rate n'est pas indispensable à la vie. Pour cette raison la splénectomie, ou ablation de la rate, peut être indiquée dans différentes situations.

Indications[modifier | modifier le code]

Conséquences de la splénectomie[modifier | modifier le code]

En dehors des éventuelles complications opératoires, les principales complications de la splénectomie sont :

  • infectieuses : il existe après splénectomie un risque d'infections bactériennes très sévères, pouvant engager le pronostic vital. Les germes en causes sont les pneumocoques, les méningocoques et l'Haemophilus influenzae. Ces infections doivent être prévenues :
    • par des vaccinations qui doivent être réalisées avant la splénectomie et ensuite répétées tous les 4 à 5 ans,
    • par une prise d'antibiotique (pénicilline G ou amoxicilline) pendant au moins 2 ans,
    • par une prise systématique d'un antibiotique à spectre plus large en cas d'épisode infectieux.

Si la prise en charge est adaptée le risque infectieux devient très faible mais il ne sera jamais nul et persistera toute la vie. À noter qu'il existe aussi un risque de paludisme grave en cas d'infection.

  • thrombotiques : on peut observer une élévation très importante des plaquettes (thrombocytose après splénectomie avec augmentation du risque de thrombose). Cette thrombocytose est en général transitoire (quelques semaines à quelques mois).

Expression[modifier | modifier le code]

« Courir comme un dératé ».

Les Anciens attribuaient à la rate de nombreuses propriétés dont celle de provoquer les points de côté et de nuire par conséquent à la course. On croyait ainsi que les Anciens desséchaient la rate des coureurs et de leurs chevaux pour en améliorer les performances.

En réalité, les premiers cas d'ablation de la rate n'ont été pratiqués que sur des chiens à la fin du XVIe siècle ; mais ceux-ci mouraient rapidement. On continua à imaginer malgré tout qu'un homme sans rate courait plus vite d'où l'expression, attestée dès 1750.

À noter qu'en cas de splénectomie pratiquée chez un patient présentant une anémie hémolytique congénitale, comme la sphérocytose héréditaire par exemple, cette expression devient exacte: la suppression de l'anémie augmente clairement les capacités sportives du sujet...

Théorie archaïque des humeurs[modifier | modifier le code]

Les anciens disaient qu'en automne il fallait « faire rire la rate », en mangeant des racines (panais, radis noir, pissenlitetc.). Ce qui permettait de mieux supporter le froid et d'être de meilleure humeur. La rate, selon la théorie des humeurs, servait surtout à réguler les humeurs. Si on mangeait assez de racines, on évitait les dépressions liées à l'hiver[1].

Images supplémentaires[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Hippocrate (préf. Émile Littré), Œuvres complètes, vol. 6, « de la Nature de l'homme ».

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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