Pancréas

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Pancréas

Description de cette image, également commentée ci-après

Situation du pancréas dans la cavité abdominale.

Données
MeSH « Pancreas »
Rapports du pancréas avec le tube digestif et les voies biliaires.

Le pancréas est un organe abdominal, une glande annexée au tube digestif. Il est situé derrière l'estomac, devant et au-dessus des reins. Ses fonctions dichotomiques de glandes à sécrétions exocrine et endocrine font du pancréas une glande amphicrine. Chez l'Homme, le pancréas avoisine les 15 cm de long pour une masse allant de 10 à 50 g. C'est un organe vital.

Historique[modifier | modifier le code]

Le pancréas, étymologiquement « tout en viande » (gr: Πανκρεας, pan : tout ; kréas : viande), fut décrit pour la première fois par Herophilos (lat Herophilus), un anatomiste et chirurgien grec. Il fut nommé quelques centaines d'années plus tard par un autre anatomiste grec, Ruphos.

Embryologie[modifier | modifier le code]

Il se développe par bourgeonnements (l'un ventral et l'autre dorsal) sur l'intestin primitif antérieur sous l'ébauche hépatique. Ces bourgeonnements se forment respectivement aux 26 et 29e jours de la vie embryonnaire chez l'Homme. À la 5e semaine, le bourgeon ventral migre dans la région dorsale et fusionne, à la 6e semaine, avec le bourgeon dorsal pour former le crochet du pancréas (petite expansion du pancréas au-dessus des veine et artère mésentériques supérieures). Le pancréas endocrine dérive du seul bourgeon dorsal alors que le pancréas exocrine provient des deux.

Anatomie[modifier | modifier le code]

Le pancréas est situé en avant de l'aorte, de la veine cave inférieure et des veines rénales, en arrière de l'estomac (via la bourse omentale) et du côlon transverse. Il s'étend transversalement de droite à gauche, du duodénum au pédicule vasculaire de la rate (on distingue sur sa longueur la tête, l'isthme et le crochet, le corps et la queue du pancréas, de droite à gauche). Il a des rapports « intimes » avec les veines splénique et mésentérique inférieure, dont la confluence forme le tronc spléno-mésentérique ou spléno-mésaraïque, au contact du corps et de la queue du pancréas ; et de la veine mésentérique supérieure, qui rejoint ce tronc veineux pour former la veine porte, en arrière de l'isthme pancréatique et en avant de l'uncus pancréatique (ou petit pancréas rétro-veineux).

Le tronc cœliaque se divise sur le bord supérieur, en artère hépatique commune, qui gagne le hile hépatique en cheminant sur le bord supérieur de la tête du pancréas (elle abandonne l'artère gastro-duodénale, qui court sur la face antérieure de l'isthme pancréatique ainsi que l'artère coronaire stomachique droite qui vascularise la petite courbure du pancréas), et artère splénique, qui décrit un trajet sinueux sur le bord supérieur du corps et de la queue du pancréas (l'artère coronaire stomachique gauche, troisième branche du tronc cœliaque, n'entretient pas de rapport avec le pancréas mais vascularise la petite courbure du pancréas pour ensuite rejoindre et s'anastomoser avec l'artère coronaire stomachique droite ; mais la veine coronaire stomachique suit la faux de l'artère hépatique commune pour rejoindre la veine porte).

Par ailleurs le cadre duodénal entoure la tête du pancréas, comme un pneu sa roue, entretenant des rapports intimes vasculaires. Enfin le cholédoque pénètre dans la tête du pancréas, avant de s'aboucher dans le duodénum par une structure commune avec le canal de Wirsung : la papille duodénale entourée du sphincter d'Oddi qui contrôle le passage, ou non, de la bile.

Le pancréas est une glande endocrine (sécrétion principalement de l'insuline (via les cellules Bêta des îlots de Langerhans) et du glucagon (via les cellules Alpha de ces mêmes îlots) et d'autres hormones pancréatiques dans le sang), et exocrine (excrétion des enzymes pancréatiques vers le duodénum) par l'intermédiaire de canalicules pancréatiques et les cellules acineuses du pancréas, qui confluent pour former le canal de Wirsung (et un deuxième canal mineur appelé canal de Santorini qui se jette aussi dans le duodénum légèrement plus haut que le canal de Wirsung).

Histologie[modifier | modifier le code]

Le pancréas est la deuxième glande la plus grosse en volume après le foie. Cependant, à l'inverse de sa grande sœur hépatique, la glande que constitue le pancréas comporte deux parties distinctes tant au niveau anatomique que fonctionnel :

  • une partie exocrine,
  • une partie endocrine.

Le pancréas exocrine[modifier | modifier le code]

La fonction exocrine du pancréas est la sécrétion :

Ces sécrétions exocrines s'écoulent dans le canal pancréatique (canal de Wirsung) qui rejoint le canal cholédoque en provenance de la « fusion » du canal cystique et canal hépatique pour ensuite se déverser dans le duodénum au niveau de l'ampoule de Vater.

Les sécrétions pancréatiques ont un pH compris entre 7,5 et 8,2. En 24 heures, le pancréas déverse environ 2 litres de bicarbonates dans le duodénum. Cette substance très alcaline a pour fonction de neutraliser l'acidité du chyme stomacal fraîchement arrivé dans le duodénum. Cette neutralisation est essentielle étant donné que la majorité des enzymes intestinales et pancréatiques sont inactives en condition acide.

Le suc pancréatique contient des proenzymes biosynthétisées par les cellules acineuses. Ces proenzymes sont inactives : elles seront activées dans le tube digestif par les sucs gastriques pour détruire des molécules plus ou moins grosses, elles seront alors appelées hydrolases. Parmi les enzymes sécrétées par les acini, on retrouve des enzymes protéolytiques (trypsine, chymotrypsine, carboxypeptidase…) mais aussi des ribonucléases (RNase) et des désoxyribonucléases (DNase) qui dégradent des résidus nucléotidiques. Enfin, on trouve également des lipases et des amylases pancréatiques.

L’insuffisance sécrétoire entraîne une pancréatite chronique avec une mal digestion ; une mal absorption et mal nutrition.

Le pancréas endocrine[modifier | modifier le code]

Comme toutes les glandes endocrines, le pancréas synthétise des produits de sécrétion qui sont libérés dans la circulation sanguine où ils vont agir à distance vers des tissus (ou cellules) cibles. La partie endocrine ne représente que 1 % du pancréas (en nombre de cellules et en masse) mais s'octroie 10 % de son irrigation sanguine. Les produits synthétisés par le pancréas endocrine sont principalement les quatre hormones suivantes :

  1. l'insuline (seule hormone hypoglycémiante) ;
  2. le glucagon (hormone hyperglycémiante) ;
  3. la somatostatine (permet la contraction de la vésicule biliaire, augmente la mobilité intestinale et inhibe la sécrétion de l'insuline et du glucagon) ;
  4. le polypeptide pancréatique

Le glucagon et l'insuline sont donc deux hormones nécessaires à la régulation de la glycémie (concentration du glucose dans le sang). Ils sont produits au niveau des îlots de Langerhans ; par les cellules insulaires alpha (pour le glucagon) et bêta (pour l'insuline). Les cellules delta sécrètent quant à elles la somatostatine qui a un effet inhibiteur sur la sécrétion d'insuline et de glucagon ; les cellules F (aussi nommées cellules PP) produisent le polypeptide pancréatique. Les proportions des cellules alpha, bêta, delta et F au sein du pancréas endocrine représentent 20, 70, 5 et 5 % respectivement. La distribution de ces cellules est particulière, chaque îlot de Langerhans étant constitué d'une masse centrale de cellules à insuline, les cellules à glucagon, les cellules à somatostatine et les cellules à polypeptide pancréatique se retrouvant à la périphérie. La proportion de ces cellules varie selon qu'elles se situent dans la partie basse de la tête du pancréas ou, au contraire, dans la partie haute, le corps ou la queue du pancréas.

En termes simples, le glucagon accélère la glycogénolyse[1]. L'insuline, elle, fait l'effet contraire, car elle favorise la glycogénogenèse[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Glycogénolyse : transformation du glycogène en glucose réalisée dans le foie qui a pour but d'augmenter le taux de sucre dans le sang
  2. Glycogénogenèse : transformation du glucose du sang en glycogène stocké dans le foie pour abaisser la glycémie

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Simon Idelman et Jean Verdetti. Endocrinologie et communications cellulaires, éditions EDP Sciences, 2000.

Liens externes[modifier | modifier le code]