Conrad Lycosthenes

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Conrad Lycosthenes

Conrad Lycosthenes, né Conrad Wolffhart (1518-1561), était un savant, humaniste et un vulgarisateur des sciences alsacien du XVIe siècle. Diacre de Saint-Léonard à Bâle, professeur de grammaire et de dialectique, Lycosthène avait une passion pour l’étude de la nature et de la physique du globe.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il naquit le 8 août 1518 à Rouffach, village d'Alsace, de Theobald Wolffhart, Consul des lieux, et d'Elizabeth Pellican, sœur du théologien protestant Conrad Pellican ou Kürschner. Il transforma plus tard son nom de naissance, Wolffhart, en Lycosthenes, version grecisée du même nom.
On l'envoya à l'âge de 17 ans à Heidelberg où il fut reçu Maître es Arts en 1539. Il s'y appliqua ensuite à la Théologie et lia amitié avec Henri Stoll, pasteur de cette ville, qui le mena en 1541 à Ratisbonne à l'assemblée des Théologiens.
De retour à Heidelberg, il y continua ses études de Théologie, auxquelles il joignit celles d'Histoire, jusqu'à l'année suivante 1542 où il décida de partir pour Bâle avec son compagnon d'étude, Henri Pantaleon.
A Bâle, il enseigna la Grammaire et la Dialectique pendant trois ans, puis il est nommé Diacre de l'église de Saint-Leonard en 1545, fonction qu'il conserva jusqu'à la fin de sa vie.

Phœnix (Apophthegmata, 1557)

En 1554, il eut une attaque d'Hemiplégie qui lui saisit tout le côté droit et la langue, mais elle ne dura que quelques jours. Il en perdit cependant entierement l'usage de la main droite, à defaut de laquelle il s'accoutuma à écrire de la gauche.
Il se maria entre-temps avec Chrétienne Herbster, sœur du fameux imprimeur Johannes Oporinus (Oporin) et veuve de Leonard Zwinger, père de Theodor Zwinger (l'ancien).
C’est en 1557 qu’il publia la première édition de son ouvrage intitulé : Prodigiorum ac ostentorum chronicon. Ce livre est un recueil du plus haut intérêt au point de vue historique : les illustrations qui le remplissent, sont des gravures sur bois, grossières, primitives, mais charmantes de naïvetés. Elles se rapportent à quelques-uns des phénomènes dont Lycosthène donne l’énumération. On remarquera que le dessin du livre de Lycosthène offre cette particularité singulière de représenter au temps des Romains (tremblement de terre de 340 av. J.-C.) une ville du Moyen Âge. Les éditeurs du XVIe siècle, n’étaient pas, paraît-il, bien scrupuleux, au point de vue de l’exactitude historique. Le livre des prodiges de Lycosthène est rempli de faits extraordinaires, mirages, chute de croix, pluies de sang, etc ; les documents qu’il renferme sont évidemment présentés sous une forme fictive, mais ils n’en ont pas moins une origine réelle, et retracent une succession curieuse de phénomènes relatifs à la météorologie et à la physique du globe.
Il vécut encore sept ans avant d'être emporté par une violente attaque d'apoplexie le 25 mars 1561, à l'âge de 43 ans.
Il fut enterré dans l'église de Saint-Léonard avec cette épitaphe :
Siste gradum Viator : si bonnus es, morere victurus; sin malus, vive moriturus. Hocce Conradus ego Lycosthenes Rubeacensis, Philosophia perennis compendium, aterni luminum datoris benig. per 42. valetudinaria aetatis annos. M.7.D.7. ferio seduloque commentatus, 8. Kal. Aprilis non improviso apoplexia turbine ad certam immortalitatem anno ejusdem Repar. 1561. praeter votum metumque abreptus, sortis literariae multam saltem, si non magnam, reliqui usuram posteris. Qui potes meliora, debes; atque ut praestes, in rem tuam abi.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Illustration reproduite de son livre Prodigiorum ac ostentorum chronicon
  • 1547 C.Plinii secundi liber de Viris illustribus, emendatus & Commentario illustribus. Basilae 1547. In-8°. It. Ibid. 1552, in-fol.
    Lycosthenes a attribué à tort à Pline cet ouvrage d'Aurelius Victor.
  • 1551 Elenchus scriptorum omnium, Basel, in-4°.
  • 1551 Gnomologia ex AEneae Sylvii operibus collecta, Basel, edit.1555, in 4°.
  • 1552 Iulii Obsequentis Prodigiorum liber, ab urbe condita usque ad Augustum Caesarem, cujus tantum extabat Fragmentum, nunc demum Historiarum beneficio, per Conradum Lycosthenem Rubeaquensem, integrati suae restitutus. Basilae, ex off. Ioannis Oporinii, Anno Salutis humanae, M.D.LII. Mense Martio, in-8°.
  • 1552 J. Ravisii Textoris officina, Basel.
  • 1555 Apophthegmatum sive responsorum memorabilium, ex probatissimis quibusque tam graecis quam latinis auctoribus priscis pariter atque recentioribus, collectorum Loci communes ad ordinem alphabeticum redacti, Basel, in fol.
  • 1557 Epitome Stobaei Sententiarum, Basel, in -8°.
  • 1557 Parabolae sive similitudines ex var. auct. ab Erasmo collectae, in locos communes redactae, Berne in-4°; Basel, 1575, 1602, in-8°.
  • 1557 Prodigiorum ac ostentorum chronicon, quae praeter naturae ordinem, et in superioribus et his inferioribus mundi regionibus, ab exordio mundi usque ad haec nostra tempora acciderunt. Basileae per H. Petri, fol, 672 p. fig. et pl. (64).
  • 1559 Dom. Brusonii Facetiarum lib. VII, Basel, in-4°.
  • 1560 Regula investigationis omnium locorum in tabula Helvetiae contentorum, Basel, in-4°.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Jean-Pierre Niceron, Mémoires pour servir à l'histoire des homme illustres dans la république des lettres..., tome XXXI, Paris, 1729-1741, p. 339-346.
  • La France Protestante ou Vies des Protestants Français, tome IX, Paris, 1859, p. 542-543.
  • La Nature, no 13, 30 août 1873
  • Jürgen Beyer, « Lycosthenes, Conrad », in Enzyklopädie des Märchens. Handwörterbuch zur historischen und vergleichenden Erzählforschung, tome 8, Berlin-New York, Walter de Gruyter, 1996, coll. 1323-1326
  • Jürgen Beyer, « Lycosthenes, Conrad », in Biographisch-Bibliographisches Kirchenlexikon, tome 33, Nordhausen, Traugott Bautz, 2012, coll. 793-798

Liens externes[modifier | modifier le code]