Cabinet de curiosités

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Frontispice de Musei Wormiani Historia montrant l'intérieur du cabinet de curiosités de Worm.
Cabinet d'un particulier, Frans II Francken, 1625, Kunsthistorisches Museum, Vienne

Un cabinet de curiosités était un lieu où étaient entreposés et exposés des objets collectionnés, avec un certain goût pour l'hétéroclisme et l'inédit. On y trouvait couramment des médailles, des antiquités, des objets d'histoire naturelle (comme des animaux empaillés, des insectes séchés, des coquillages, des squelettes, des carapaces, des herbiers, des fossiles) ou des œuvres d'art.

Apparus à la Renaissance en Europe, les cabinets de curiosités (studiolo italien) sont l'ancêtre des musées et des muséums. Aussi bien privés (collections de particuliers) que publics (collections institutionnelles d'écoles de vétérinaire, de facultés de médecine), ils ont joué un rôle fondamental dans l'essor de la science moderne même s'ils gardaient les traces des croyances populaires de l'époque (il n'était pas rare d'y trouver du sang de dragon séché ou des squelettes d'animaux mythiques). L'édition de catalogues qui en faisaient l'inventaire souvent illustré, permettait d'en diffuser le contenu auprès des savants européens[1].

Le principe du cabinet de curiosités a disparu durant le XIXe siècle, remplacé par des institutions officielles et les collections privées. Celles-ci ont joué encore un grand rôle dans certaines disciplines scientifiques comme l'entomologie ou la conchyliologie.

Chambre de merveilles[modifier | modifier le code]

Dans la recherche, le sujet a été étudié par l'historien d'art viennois Julius von Schlosser (qui lui consacre, en 1908, un ouvrage, Die Kunst- und Wunderkammern der Spätrenaissance) et par Patricia Falguières[2], en 2003. Selon cette dernière, les « chambres de merveilles » seraient à distinguer des « cabinets de curiosité ».

La constitution des chambres de merveilles s'inscrit, selon Patricia Falguières, dans la lignée des onomasticons antiques et viserait à rassembler des memorabilia ou mirabilia, soit des choses, objets ou éléments mémorables, des souvenirs à mémoriser. Il s'agirait, selon elle, de « systèmes de lieux communs » classant « autant de faits, res, observationes ou historiae, « qui n'ont d'autre détermination que de s'offrir au travail de la mémoire. »

Éléments d'histoire[modifier | modifier le code]

Organisation des collections[modifier | modifier le code]

Dans les cabinets de curiosités, les collections peuvent s'organiser en quatre catégories (nommées en latin) :

  • artificialia, qui regroupe les objets créés ou modifiés par l'Homme (antiquités, œuvres d'art) ;
  • naturalia, qui regroupe les créatures et objets naturels (avec un intérêt particulier pour les monstres) ;
  • exotica, qui regroupe les plantes et animaux exotiques ;
  • scientifica, qui regroupe les instruments scientifiques.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Patricia Falguières[2], Les Chambres des merveilles, Bayard-Centurion, coll. « Le rayon des curiosités », Paris, 2003, 140 pages, (ISBN 2227470941).
  • (en) Olivier Impey et Arthur Macgregor, The origins of museums : the cabinet of curiosities in sixteenth and seventeenth century Europe, New York, Ursus Press, 2001, xx + 431 pages, (ISBN 1-84232-132-3).
  • Pierre Martin et Dominique Moncond’Huy, Curiosité et cabinets de curiosités, Neuilly, Atlande, 2004, 202 pages, (ISBN 2-35030-000-5).
  • Myriam Marrache-Gouraud,Pierre Martin, Dominique Moncond’Huy et Géraldine Garcia (sous le direction de), La licorne et le bézoard : Une histoire des cabinets de curiosités, catalogue de l'exposition du Musée Sainte-Croix à Poitiers, Gourcuff Gradenigo, 2013 (ISBN 978-2353401611)
  • Antoine Schnapper, Le géant, la licorne et la tulipe ; collections et collectionneurs dans la France du XVIIe siècle. I. Histoire et histoire naturelle, Flammarion, collection « Art, Histoire, Société », 1988, 415 pages, (ISBN 2-08-012802-7).
  • Patrick Mauriès, Cabinets de curiosités, éd. Gallimard, 2002, 259 pages, (ISBN 2-07-011738-3).
  • Christine Davenne, Modernité du Cabinet de Curiosités, L'Harmattan, 2004, 299 pages, (ISBN 2-7475-5860-6).
  • Christine Davenne, Christine Fleurent, Cabinet de Curiosités, La Passion de la collection, La Martinière, novembre 2011, 225 pages, (ISBN 978-2-7324-4663-9).

Littérature[modifier | modifier le code]

  • (fr) Douglas Preston & Lincoln Child, La chambre des curiosités, J'ai lu, 2005, (ISBN 2290339431)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Christine Davenne, Modernité du cabinet de curiosités, Editions L'Harmattan,‎ 2004, p. 172
  2. a et b Patricia Falguières est une chercheuse au Centre de sociologie du travail et des arts et professeure à l'École pratique des hautes études en sciences sociales.