Péricarde

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Péricarde

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Face postérieure du sac péricardique, on y voit les lignes de réflexion du péricarde séreux sur les gros vaisseaux

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Coupe transversale du thorax montrant le contenu du médiastin moyen et postérieur. Les cavités pleurale et péricardique sont exagérées car ce sont normalement des espaces virtuels.

Données
Latin Pericardium
Gray's Anatomy « subject #137 524 »
Artère Artère péricardiophrénique
Nerf Nerf phrénique
MeSH « Pericardium »

Le péricarde est un sac à double paroi contenant le cœur et les racines des gros vaisseaux sanguins. Il est constitué d'un feuillet profond (le péricarde viscéral) et d'un feuillet superficiel (le péricarde pariétal). Ces deux feuillets peuvent glisser l'un par rapport à l'autre, ce qui facilite les mouvements du cœur.

Embryologie[modifier | modifier le code]

Schéma du Gray sur l’embryogenèse du péricarde

L'ébauche embryologique du cœur est présente dès la fin de la 3e semaine de vie intra-utérine (au stade carnégie 9) suite à la fusion des deux tubes endocardiques, formant ainsi le tube cardiaque primitif. Cette ébauche se situe en avant de la plaque neurale, au sein du mésoblaste crânial. Le feuillet viscéral du péricarde provient du mésoblaste splanchopleural entourant le tube cardiaque primitif[embryo 1]. Tandis que l'épicarde dérive de la séreuse proépicardique[embryo 2]. Le péricarde va s'étendre et entourer les ébauches myocardiques et cardiaques. Notons que la zone de fusion postérieure de ces feuillets splanchnopleuraux s'appelle le mésocarde (bien que cette structure soit transitoire et finira par s'apoptoser)[embryo 3].

Anatomie[modifier | modifier le code]

Le péricarde est un organe de glissement, formé de deux feuillets limitant une cavité virtuelle, la cavité péricardique, qui permet les mouvements cardiaques :

  • le feuillet viscéral : enveloppe le cœur et se prolonge sur le pédicule artériel comprenant l'aorte et l'artère pulmonaire, et sur le pédicule veineux, constitué par les deux veines caves supérieure et inférieure et les quatre veines pulmonaires ;
  • le feuillet pariétal : recouvre le feuillet viscéral et forme la paroi externe du péricarde.

Il a une épaisseur normale de 1,4 à 2 mm.

Le péricarde entoure la partie proximale de gros vaisseaux par des cornes :

  • grande corne de Haller pour l'aorte ;
  • corne pré-pulmonaire (ou croissant de Haller[1]) pour le tronc pulmonaire ;
  • corne pré-cave pour la veine cave supérieure.

Le péricarde forme deux récessus notables sur le cœur en raison de la présence des gros vaisseaux :

  • le sinus transverse de Theile enveloppe l'origine des gros vaisseaux entre le pédicule artériel et veineux. L'orifice droit est entre la veine cave supérieure et l'aorte ascendante. L'orifice se situe entre le tronc pulmonaire et l'auricule gauche[1]. En avant le sinus donnera le récessus péricardique antéro-supérieur (entre l'aorte, le tronc pulmonaire et le sternum). Et en arrière il donnera le récessus péricardique postérieure entre la face postérieure de la base de l'aorte ascendante et le bord antéro-supérieur de l'oreillette gauche[2].
  • Le sinus oblique (ou cul-de-sac de Haller) forme un récessus en arrière de l'atrium gauche[1].

En l'absence d’épanchement, ces sinus sont non visibles à l'imagerie[2].

Le péricarde est fixé aux organes voisins par les ligaments suivants :

  • ligaments sterno-péricardiques
  • ligaments vertébro-péricardiques
  • ligaments phréno-péricardiques.

Des éléments fibreux relient également le péricarde à la trachée, aux bronches et à l'œsophage via les ligaments viscéro-péricardique[1].

Histologie[modifier | modifier le code]

Le péricarde est constitué de deux feuillets (viscéral et pariétal) en contact, chacun étant constitués de deux couches : une couche séreuse et une couche fibreuse. Le péricarde séreux est constitué d'une séreuse, c'est-à-dire d'un mésothélium et d'une couche sous-mésothéliale. Le péricarde fibreux est constitué de tissu conjonctif dense. Ces deux couches sont superposées de telle sorte que les couches séreuses des feuillets viscéral et pariétal soient en contact. La couche séreuse du feuillet viscéral est appelée épicarde. Les deux feuillets sont en continuité l'un avec l'autre au niveau des zones de réflexion du péricarde.

Vascularisation[modifier | modifier le code]

Vascularisation artérielle[modifier | modifier le code]

Elle est assurée par une composante profonde et superficielle[1] :

  • profonde : des artères profondes issues des artères coronaires ;
  • superficielle : des artères superficielles issues des branches de la thoracique interne, des péri-cardiaco-phrénique (principalement), des phréniques inférieures, des bronchiques, des œsophagiennes, des thyroïdiennes moyennes et des thymiques.

Les faces antéro-latérales sont sous la dépendance de l'artère thoracique et la péri-cardiaco-phrénique.

La face diaphragmatique/inférieure est alimentée par les artères phréniques inférieurs.

Enfin, la face postérieure est irriguée directement par des rameaux issues de l'aorte descendante[3].

Vascularisation veineuse[modifier | modifier le code]

Elle se fait via des veines parallèles aux artères se drainant vers les veines brachio-céphalique, le système azygos et la veine cave inférieure[3].

Vascularisation lymphatique[modifier | modifier le code]

La vascularisation lymphatique est drainée vers les nœuds prépéricardiques, péricardiques latéraux, phréniques supérieures et trachéo-bronchiques inférieurs[3].

Innervation[modifier | modifier le code]

L'innervation est assurée par le nerf vague (parasympathique) et des plexus cardiaques sympathiques assurant une partie de la régulation du rythme cardiaque. Des rameaux issus des nerfs phréniques innervent aussi le péricarde[3].

Maladies[modifier | modifier le code]

On appelle péricardite une inflammation du péricarde séreux, caractérisée par une augmentation de son épaisseur, considérée comme pathologique au-delà de 4 mm. Cela peut provoquer un épanchement liquidien dont le volume trop important peut entraîner des troubles hémodynamiques cardiaques graves[3]. Elle est ressentie par le patient comme une douleur thoracique souvent violente à début brusque, augmentée à l'inspiration et soulagée par la position penchée en avant[4].

Article détaillé : Péricardite.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Patrick Baqué, Benjamin Maes, Manuel Pratique d'Anatomie, ellipses,‎ 2008 (ISBN 978-2-7298-4060-0)
  2. a et b Irmcardiaque, « site d'imagerie IRM cardiaque »
  3. a, b, c, d et e Pierre Kamina, Anatomie clinique Tome 3, Maloine,‎ 2009 (ISBN 978-2-224-03181-7)
  4. Marc Garnier, Damien Contou, Sémiologie guide d'observation médico-chirurgicale, S-Editions,‎ 2013 (ISBN 978-2-35640-104-5)
  • Liens vers l'embryologie
  1. DanielBalas, « site d'embryologie »
  2. Université de Fribourg, « embryology.ch »
  3. Pierre Simon, « cours de la faculté de Grenoble »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Schémas du péricarde :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Kamina, Anatomie clinique Tome 3, Maloine,‎ 2009 (ISBN 978-2-224-03181-7)
  • Marc Garnier, Damien Contou, Sémiologie guide d'observation médico-chirurgicale, S-Editions,‎ 2013 (ISBN 978-2-35640-104-5)
  • Patrick Baqué, Benjamin Maes, Manuel Pratique d'Anatomie, ellipses,‎ 2008 (ISBN 978-2-7298-4060-0)