Achondroplasie
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| Autre nom | Aucun | |||
| Référence MIM | 100800 | |||
| Transmission | Dominante | |||
| Chromosome | 4 p16.3 | |||
| Gène | FGFR3 | |||
| Empreinte parentale | Non | |||
| Mutation | Ponctuel d'un seul nucléotide | |||
| Mutation de novo | Très fréquente 80% d'origine paternel | |||
| Nombre d'allèles pathologiques | 2 | |||
| Anticipation | Non | |||
| Porteur sain | Sans objet | |||
| Incidence | 1 pour 15000 à 30000 naissances | |||
| Prévalence | ||||
| Pénétrance | 100 % | |||
| Nombre de cas | ? | |||
| Maladie génétiquement liée | Hypochondroplasie Nanisme thanatophore Craniosynostose |
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| Diagnostic prénatal | Possible | |||
| Article principal | {{{Article}}} | |||
| Liste des maladies génétiques à gène identifié | ||||
L'achondroplasie est une maladie congénitale de l'os donnant un nanisme avec accourcissement surtout de la racine des membres et un visage caractéristique. Si l'intelligence n'est en règle générale pas affectée, il ne faut pas négliger certaines difficultés d'apprentissage ou la possibilité d'hydrocéphalie.
C'est le cas le plus fréquent des nanismes d'origine génétique.
Sommaire |
[modifier] Description
L'achondroplasie est la forme la plus commune de nanisme, avec une prévalence de 1,3 pour 100 000 naissances viables (Andersen PE Jr et Hauge M., 1989).
La transmission est de mode autosomique dominant, mais la majorité des cas sont le résultat de mutations spontanées.
La recherche en génétique moléculaire situe un point de mutation au niveau du gène qui encode le récepteur 3 au facteur de croissance du fibroblaste (Bellus GA, Hefferon TW, Ortiz de Luna RI, et al., 1995, Stoilov I, Kilpatrick MW and Tsipouras P., 1995, Bonaventure J, Rousseau F, Legeai-Mallet L, et al., 1996), gène situé le bras court du chromosome 4 (Rousseau F, Bonaventure J, Legeai-Mallet L, et al., 1994).
L'achondroplasie est caractérisée par un nanisme par atteinte dite rhizomélique (racine des membres), avec humérus (épaule, bras) et fémur (hanche, cuisse) plus courts relativement que l'extrémité du membre (avant-bras, main et jambe, pied).
[modifier] Étiologie
La maladie est due à une mutation du gène FGFR3 situé au niveau du locus du chromosome 4. Ce gène est responsable de la synthèse du récepteur du facteur de croissance des fibroblastes ("fibroblast growth factor receptor").
La transmission est de type autosomique dominante : si un parent est atteint, les enfants ont une chance sur deux d'être atteints . La forme homozygote (mutation chez les deux chromosomes 4) est gravissime, en général létale.
Il existe deux types de mutations responsables de l’achondroplasie, toutes deux avec une pénétrance proche de 100% (tout porteur de la mutation a le morphotype de la maladie). Les parents de la plupart des enfants achondroplasiques étant indemnes, cette mutation a lieu lors de la spermatogénèse. Un âge paternel supérieur à 35 ans pourrait provoquer un risque plus important d'apparition de cette mutation. Une autre explication serait la présence d'un avantage sélectif pour les spermatozoïtes porteurs de la mutation[1].
La mutation augmenterait l'activité du récepteur du facteur de croissance des fibroblastes dans un certain nombre de tissus. Dans le cartilage, ce récepteur a un rôle inhibiteur sur la croissance et la différenciation des chondrocytes, cellules cartilagineuses ayant un rôle important dans la croissance osseuse.
[modifier] Incidence
Elle est comprise entre 1 sur 10 000 et 1 sur 30 000 naissances[2].
[modifier] Description
L'échographie du fœtus permet d'en faire le diagnostic lors du troisième trimestre de la grossesse.
Chez le nouveau-né, le diagnostic est souvent porté, même si près d'un cinquième des personnes atteintes ne sont reconnues que plus tardivement[3].
Les personnes atteintes, à l'âge adulte, mesurent entre 120 et 130 centimètres pour les femmes et 125 à 135 centimètres pour les hommes. Le raccourcissement des membres est surtout marqué au niveau des humérus et des fémurs. La main est normale mais en extension, elle prend un aspect en trident. Il existe souvent une limitation de l’extension de l’avant-bras sur le bras.
L'examen radiologique des os montrent des anomalies caractéristiques.
[modifier] Évolution
- L'achondroplasie est la chondrodysplasie la moins rare (250 000 cas dans le monde) et nombres d'auteurs en décrivent les diverses complications médicales et le retentissement social susceptible de compromettre une existence productive et remplie.
- Parmi les complications, citons, entre autres :
- compression cervico-médullaire,
- canal rachidien étroit ou rétréci,
- affection pulmonaire de type restrictif et/ou obstructif,
- otite moyenne, et
- incurvation tibiale.
- De telles complications bien décrites amènent à proposer certaines mesures de prévention.
- Mais on ne dispose que de rares données sur le taux réel et la date de survenue de ces complications.
Il existe un risque d'hydrocéphalie par inadaptation de la taille du rachis. Elle est alors traitée par la mise en place d'une dérivation du liquide céphalo-rachidien dans près de 10 % des enfants achondroplasiques[2].
De même il peut exister une compression de la moelle épinière cervicale pouvant nécessiter une intervention de décompression.
Du fait des déformations crâniennes, les otites sont fréquentes, souvent chroniques, ainsi que des problèmes d'élocution[4]. De même, les problèmes d'orthodontie ne sont pas rares du fait de la taille réduite de la machoire.
L'apnée du sommeil atteint un individu sur 6[2].
Une courbure exagérée du tibia se voit dans près de la moitié des cas chez l'adulte[4].
Le risque principal chez l’adulte est la compression de la moelle épinière (cône terminal en L2) et surtout des racines au niveau lombaire de la colonne vertébrale, nécessitant une intervention chirurgicale de décompression.
[modifier] Diagnostic
Il est fait le plus souvent sur des caractéristiques morphologiques du patient. Rarement, l'identification de la mutation est nécessaire (en particulier lors d'une suspicion d'atteinte fœtale).
[modifier] Diagnostic et suivi anténataux
[modifier] Personnes à risque
- Les fœtus à risque sont ceux dont l'échographie au troisième trimestre font évoquer une atteinte, sans certitude.
- Le diagnostic anténatal est possible en suivant la croissance du fémur au cours du second trimestre (Patel MD et Filly RA., 1995).
- La détermination du type de mutation est indispensable pour faire le diagnostic anténatal par prélèvement de trophoblaste.
[modifier] Personne à bas risque
Suite à l’échographie vers les semaines 21-23, la mesure des longs os du fœtus permet d'établir que les risques de développement de cette maladie seront faibles.
[modifier] A la naissance et après
- L'achondroplasie est reconnue ou reconnaissable à la naissance sur l'aspect physique.
- Le bébé a les membres courts et une grosse tête, surtout disproportionnée.
- La longueur du tronc est normale.
- Les traits du visage montrent un aplatissement de l'ensellure nasale, une saillie du maxillaire inférieur ou mandibule et un front large.
- Les mains présentent un espace entre médius et annulaire : main en "trident".
- Une rétraction des coudes en flexion ("flessum") et une luxation de la tête radiale sont parfois notées.
- Les membres inférieurs peuvent être incurvés ("arqués")
- Les muscles paraissent volumineux.
- Chez un faible nombre de ces petits enfants, il y a risque de troubles respiratoires
- par compression de la trachée ou
- d’origine centrale.
[modifier] Diagnostic différentiel
- Hypochondroplasie sévère
- Chondrodysplasie métaphysaire type MacKusick
- Pseudo achondroplasie
[modifier] Conseil génétique
Les patients porteurs de cette maladie sont toujours des hétérozygotes pour cette maladie c’est-à-dire qu’ils n’ont qu’un seul gène de cette maladie. En effet les fœtus des deux gènes de cette maladie ne sont pas viables et la grossesse s’interrompt spontanément.
Ainsi, si une personne atteinte a un enfant avec une personne non atteinte il y a 50% de chance que cet enfant soit porteur du gène (et par conséquent atteint par la maladie). Les enfants non porteurs de la maladie ne peuvent pas la transmettre.
[modifier] Complications "neurochirurgicales"
[modifier] Complications "orthopédiques"
[modifier] Traitement
[modifier] Traitement des complications "neurochirurgicales" et "orthopédiques"
[modifier] Traitement de la petite taille
Le traitement de la petite taille fait l'objet de controverses.
A connu, surtout en Europe, un certain enthousiasme, le recours à la méthode dite d'Ilizarov, d'allongement progressif des membres chez l'enfant ou l'adolescent (Ganel A and Horoszowski H. 1996, Yasui N, Kawabata H, Kojimoto H, et al., 1997).
Le recours à l'hormone de croissance recombinante a fait l'objet d'études et a pu s'avérer un peu efficace chez quelques patients (Horton WA, Hecht JT, Hood OJ, et al., 1992, Nishi Y, Kajiyama M, Miyagawa S, et al., 1993, Yamate T, Kanzaki S, Tanaka H, et al., 1993, Weber G, Prinster C, Meneghel M, et al., 1996).
L'hormone de croissance humaine est donc peu efficace[2].
Les voies de recherche concernent avant tout l'inhibition du récepteur FGFR3, soit de manière directe, soit en jouant sur les systèmes activateurs ou inhibiteurs en aval de ce récepteur.
On peut aussi s'interroger sur le retentissement lombaire chez l'adulte (sténose) des allongements de membres "brillants" obtenus chez l'enfant.
[modifier] Divers
Plusieurs sculptures de la terrasse des éléphants à Angkor Thom représenteraient des nains achondroplasiques[5].
L'actrice française Mimie Mathy en est atteinte.
[modifier] Notes et références
- ↑ Goriely A, McVean GA, Rojmyr M et Als. Evidence for selective advantage of pathogenic FGFR2 mutations in the male germ line, Science magazine, 2003;301:643–646
- ↑ a b c d Horton WA, Hall JG, Hecht JT, Achondroplasia, Lancet, 2007; 370:162-172
- ↑ Trotter TL, Hall JG, Health supervision for children with achondroplasia, Pediatrics, 2005;116:771–783
- ↑ a b Hunter AG, Bankier A, Rogers JG, Sillence D, Scott Jr CI, Medical complications of achondroplasia: a multicentre patient review, J Med Genet, 1998;35:705–712
- ↑ Barbet P, Fisher JL, Jacques C, Les nains d'Angkor, Pour la Science, août 2007, p96-97
[modifier] Sources
- (fr) Orphanet
- (en) Online Mendelian Inheritance in Man, OMIM (TM). Johns Hopkins University, Baltimore, MD. MIM Number:100800 [1]
- (en) Clair A Francomano, Achondroplasia In : GeneReviews at GeneTests: Medical Genetics Information Resource (database online). Copyright, University of Washington, Seattle. 1997-2005. [2].

