Mezz Mezzrow

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Mezz Mezzrow

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Mezz Mezzrow (New York, 1946).

Informations générales
Nom de naissance Milton Mesirow
Naissance 9 novembre 1899
Chicago (Illinois)
Décès 5 août 1972 (à 72 ans)
Paris (France)
Genre musical jazz (dixieland, swing)
Instruments clarinette, saxophone ténor
Années actives 1930-1950
Influences Sidney Bechet, Louis Armstrong

Mezz Mezzrow est un clarinettiste et saxophoniste américain de jazz. Fervent défenseur de la musique afro-américaine traditionnelle, son jeu swing teinté de blues cherche à reproduire celui des musiciens noirs. Malgré sa forte dépendance aux drogues et son jeu irrégulier, il reste apprécié et collabore avec des musiciens comme Sidney Bechet ou Lionel Hampton.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Mezzrow naît de parents juifs russes au sein d'une famille de la petite bourgeoisie. Ses Parents immigrés aux États-Unis souhaitent qu'il reprenne le petit commerce familial[1]. Au cours de son adolescence il est très attiré par la musique afro-américaine. En 1917, il se fait emprisonner au Pontiac Reformatory (renommé depuis en Pontiac Correctional Center) pour trafic de drogue et il demande à être placé dans la section réservée aux prisonniers noirs. Il crée avec eux un orchestre et apprend à jouer du saxophone[2]. Il fait ses premières représentations sur la région de Chicago vers 1923.

Carrière musicale[modifier | modifier le code]

Afin de compenser ses faibles capacités musicales, Mezzrow passe du temps à se former auprès de musiciens de la scène jazz de Chicago et cherchant à imiter le style des musiciens noirs[3]. En 1928, il dirige durant quelques semaines son propre orchestre, le Purple Grackle Orchestra. Cette année-à, il rejoint New York pour enregistrer avec le guitariste Eddie Condon[n 1]. L'année suivante, il quitte les États-Unis pour l'Europe puis revient à New-York pour une tournée avec Red Nichols. Progressivement il s'entoure de musiciens noirs et crée dans les années 1930 un big band incluant notamment le musicien Benny Carter, le contrebassiste Pops Foster et le pianiste Teddy Wilson. Ils quittent rapidement le groupe en raison du caractère difficile de Mezzrow et de son addiction aux drogues et en particulier la marijuana qu'il revend au cours des années 1930 et 1940[3],[4].

En 1933, il forme un orchestre mixte de musiciens noirs et blancs - il est un des premiers jazzman à le faire. Mezzrow réalise aussi quelques enregistrements avec le trompettiste Frankie Newton. En 1938, le producteur Hugues Panassié, qui apprécie beaucoup le travail de Mezzrow, l'associe au clarinettiste Sidney Bechet et au trompettiste Tommy Ladnier avec lesquels il effectue des enregistrements mémorables[3],[4]. Il poursuit cette collaboration avec Bechet après la Seconde guerre mondiale. Il connaît bien la musique blues ainsi que le jazz de la Nouvelle-Orléans. Il cherche souvent à reproduire le style original du jazz. Il enregistre notamment en studio plusieurs prises d'une même composition, l'une dans le style de son époque et une autre dans celui de la Nouvelle-Orléans. Cette affinité pour le blues se retrouve également dans sa collaboration avec Sidney Bechet[3]. À la fin des années 1930, il se produit de temps en temps avec son orchestre puis se fait arrêter et est condamné à passer deux années au pénitencier de Rikers Island[3].

À sa sortie, il retourne sur la scène jazz avec son groupe et collabore également avec le pianiste Art Hodes. En 1945, Mezzrow crée son propre label, King Jazz qu'il dirige jusqu'en 1947 et pour lequel il effectue ses enregistrement avec Bechet. Il fait paraître en 1946 une autobiographie intitulée Really the Blues et rédigée avec Bernard Wolfe. Son interprétation en 1948 au Nice Jazz Festival en leader de formation est remarquée et le révèle davantage en Europe, lui permettant de se faire un nom sur le continent. Il y effectue des tournées à plusieurs reprises et enregistre souvent en France entre 1951 et 1955, notamment avec le vibraphoniste Lionel Hampton ou avec les trompettistes Lee Collins et Buck Clayton. Il s'installe en France en 1951, travaille avec le clarinettiste et saxophoniste Claude Luter et organise des concerts au cours des 15 années suivantes à travers l'Europe où la musique des années 1920 et 1930 est appréciée. Par la suite, il réduit considérablement ses activités dans le domaine du jazz.

Style et contribution[modifier | modifier le code]

Les critiques étaient partagés à son égard, lui reprochant ou non de ne pas vouloir faire évoluer la musique jazz afro-américaine, à travers sa ferme revendication du retour à la musique traditionnelle. Le jeu de Mezzrow ne brille pas toujours par sa technicité ou son inspiration. L'auteur Alain Tercinet écrit à ce propos qu'il « était un clarinettiste fort inégal, capable aussi bien de se montrer émouvant... que de dévoiler de redoutables lacunes techniques »[3]. Malgré les faiblesses de son jeu il était très admiré par certains critiques, en particulier Hugues Panassié.

Remarquable mélodiste, il est aussi le compositeur de standards comme Gone Away Blues, Really The Blues ou Out Of The Gallion. L'essentiel de sa contribution musicale réside sans doute dans son activité pédagogique, dans le domaine du rythme et de l'harmonie. Ses instruments habituels sont la clarinette et le saxophone (alto ou ténor) et il apprend aux batteurs de ses orchestres le style ancien, n'appréciant pas l'utilisation de la cymbale Charleston. Il montre aux instrumentistes les lignes mélodiques propres à mettre en valeur le soliste.

Discographie[modifier | modifier le code]

En leader (partiel)

Enregistrement Nom de l'album Label. Notes.
1946 Really the Blues Jazz Archives. Au saxophone ténor et clarinette et avec Muggsy Spanier et Sidney Bechet.
1954 Mezzin' Around RCA Records.
1954 Mezz Mezzrow with Frankie Newton Victor Records.
1955 Paris 1955, Vol. 1 Swing. Album live.

Quelques collaborations

Enregistrement Leader Nom de l'album Label. Notes.
1927-1929 Muggsy Spanier Muggsy Spanier and Frank Teschmacher Riverside Records.
1944 Art Hodes Dixieland Jubilee Blue Note Records.
1953 Lionel Hampton Lionel Hampton in PAris RCA Records.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Mezz Mezzrow, Bernard Wolfe, Really The Blues, Citadel Underground,‎ 1990, 404 p..

Mezzrow fait paraître en 1946 une biographie, Really The Blues, préfacée par le romancier Henry Miller[n 2]. Il y décrit en détail, quarante ans de jazz aux États-Unis et l'introduction du jazz new-yorkais en Europe. Dans cette autobiographie, il assume son comportement de « mauvais garçon », avec des séjours en prison, une forte consommation puis la vente de marijuana. Il y décrit les sensations qu'il éprouve la première fois qu'il joue sous l'influence de cette drogue. Il devient également dépendant à l'opium et à l'alcool. Il décrit également comment il se débarrasse de ces « démons » et relance sa carrière.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Avec Eddie Condon, Mezzrow effectue quelques enregistrements au saxophone ténor en 1927 et en 1928.
  2. La biographie Really The Blues est traduite en français sous le titre « La rage de vivre », par Marcel Duhamel et Madeleine Gautier, la secrétaire d'Hugues Panassié (créateur de Jazz Hot, qui était un grand ami de Mezzrow).

Références[modifier | modifier le code]

  1. p. 116 (en) Michael Uebel, Race and the subject of masculinities, Duke University Press,‎ 1997, 418 p. (ISBN 978-0-822-31966-5).
  2. p. 785, Philippe Carles, André Clergeat, Jean-Louis Comolli, Dictionnaire du jazz, Robert Laffont,‎ 1994, 1379 p. (ISBN 978-2-221-07822-8), p. Mezzrow Mezz.
  3. a, b, c, d, e et f p. 539-540 (en) Ian Carr, Digby Fairweather, Brian Priestley, The rough guide to jazz, Rough Guides,‎ 2004, 927 p. (ISBN 978-1-843-53256-9).
  4. a et b (en) Scott Yanow, « Mezz Mezzrow -biography », sur allmusic.com (consulté le 26 février 2012).