Sekhemrê Oupmaât Antef

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Sarcophage conjoncturé de Sechemrê Oupmaât Antef - Musée du Louvre

Sekhemrê Oupmaât Antef est un roi de Thèbes de la XVIIe dynastie.

Manéthon le nomme Antef et le désigne comme roi de Thèbes.

Comme les autres rois de la dynastie son nom est absent des listes royales du Nouvel Empire, notamment celles de la XIXe dynastie qui oblitèrent littéralement l'ensemble de la IIe Période Intermédiaire sautant directement de la XIIe dynastie à la XVIIIe dynastie.

Le Canon royal de Turin, papyrus du Nouvel Empire qui liste l'ensemble des pharaons depuis le fondateur mythique de la royauté Ménès jusqu'à la XVIIe dynastie cite dix-sept rois pour cette dernière dynastie parmi lesquels on trouve au début de la dynastie trois noms lacunaires commençant par Sekhemrê, sans qu'il soit possible aujourd'hui d'affirmer l'identité précise de chacun et donc d'attribuer l'un de ces noms à Sekhemrê Oupmaât.

Enfin on notera que l'on trouve également Sekhemrê Oupmaât désigné comme Antef V ou VI dans les différents ouvrages traitant de l'histoire de l'Égypte ancienne.

Ordre de succession[modifier | modifier le code]

Cet ordre chronologique des pharaons nommés Antef sous la XVIIe dynastie fait l'objet actuellement d'une révision et de débats entre égyptologues notamment suite à des études paléographiques récentes et de nouvelles découvertes archéologiques réalisées dans la nécropole royale de l'époque située à Dra Abou el-Naga à l'ouest de Thèbes, non loin de Deir el-Bahari.

Concernant Sekhemrê Oupmaât, Jürgen von Beckerath dans son ouvrage de référence Untersuchungen zur politischen Geschichte der zweiten Zwischenzeit in Ägypten, le place au milieu de la dynastie, le nommant Antef VI et lui donne comme successeur son frère Sekhemrê Herouhermaât Antef, désignant ce dernier comme le septième du nom. Cet ordre de succession est celui qui est repris dans la plupart des ouvrages traitant de cette période[1].

Kim Steven Bardrum Ryholt dans son étude sur la IIe période intermédiaire, The Political Situation in Egypt during the Second Intermediate Period, place Sekhemrê Oupmaât au tout début de la dynastie, le désignant également sous le numéro VI.

Nicolas Grimal dans son Histoire de l'Égypte ancienne place quant à lui Sekhemrê Oupmaât parmi les trois premiers souverains qui succèdent au fondateur de la dynastie, Rahotep. De ce fait, il fait de Sekhemrê Oupmaât le cinquième pharaon à se nommer Antef. Comme Beckerath, il lui donne comme successeur Sekhemrê Herouhermaât qu'il désigne logiquement sous le nom d'Antef VI[2].

Plus récemment Aidan Mark Dodson dans The Complete Royal Families of Ancient Egypt, désigne également Sekhemrê Oupmaât comme étant le cinquième du nom mais rejette l'hypothèse d'une succession directe avec Sekhemrê Herouhermaât Antef qu'il associe au règne plus tardif de Noubkheperrê Antef sur la foi de l'orthographe même du nom Antef qui est similaire pour ces deux rois, donnant peut-être un élément chronologique plus précis.

On notera enfin que cette hypothèse est retenue par Daniel Polz, directeur des fouilles de l'Institut allemand d'égyptologie à Dra Abou el-Naga, qui a redécouvert en 2007 l'emplacement perdu du tombeau de Noubkheperrê Antef.

Titulature[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Titulature dans l'Égypte antique.

Règne[modifier | modifier le code]

Antef se rattache explicitement à Néferhotep Ier, pharaon de la XIIIe dynastie, en se donnant le nom de Sekhemrê Oupmaât qui reprend le nom de nebty et le nom de Nesout-bity de son prédécesseur[2].

Sekhemrê Oupmaât Antef n'aurait régné que peu de temps, la durée de son règne variant de quelques mois à trois années pleines selon les auteurs et l'ordre de succession dans lequel il placent son règne dans la dynastie.

On ne lui connaît pas d'épouse attitrée ni de descendance et seuls quelques objets provenant de son tombeau nous sont parvenus attestant son existence et son règne.

Sépulture[modifier | modifier le code]

Le tombeau de Sekhemrê Oupmaât Antef est cité dans le papyrus Abbott qui rend compte sous le règne de Ramsès IX de l'état des sépultures royales victimes de premières tentatives en règle de pillage. Les résultats de l'enquête indiquent que le tombeau n'avait pas alors été pillé[2].

Le tombeau est probablement resté intact jusqu'à ce qu'il soit découvert dans la seconde moitié du XIXe siècle à Thèbes dans la nécropole de Dra Abou el-Naga par des pilleurs de tombe qui en ont dispersé son contenu.

Mariette a pu acquérir en 1854 une partie du viatique funéraire du roi dont le sarcophage en bois doré ainsi que le coffre à canopes du roi. Le sarcophage de style richi ainsi que le coffre qui porte la titulature du roi sont actuellement conservés au musée du Louvre à Paris.

Une lame de hache en bronze à son nom qui est désormais conservée au musée égyptien de Berlin pourrait provenir de ce pillage.

Le British Museum possède quant à lui le pyramidion de la petite pyramide qui couvrait autrefois le tombeau du roi.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Cf. J. von Beckerath, p. 293.
  2. a, b et c Cf. N. Grimal, ch. VIII L'invasion, § Les Thébains

Bibliographie[modifier | modifier le code]