Satellite espion

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Satellite KH-4B Corona
Satellite Lacrosse en construction.

Un satellite de reconnaissance, ou satellite espion (selon la terminologie des médias), est un satellite artificiel de communication ou d'observation de la Terre, utilisé pour des applications militaires ou de renseignement. Ce type de satellite collecte généralement des informations sur les installations civiles et militaires d'autres pays, ou bien leurs communications.

Méthode[modifier | modifier le code]

Ce satellite peut procéder par l'observation optique de la Terre (prise de photographies), l'observation radar, ou par écoute et enregistrement des communications radio. Ses applications sont militaires ou "commerciales" dans le but de récupérer des données susceptibles d'aider à la prise de décisions stratégiques. Les images sont envoyées par liaisons hertziennes jusqu'à la terre ou sous forme de films contenus dans des capsules récupérables.

Les satellites-espion par pays[modifier | modifier le code]

États-Unis[modifier | modifier le code]

Dessin d'artiste du projet de satellite de reconnaissance optique Membrane Optic Imager Real-Time Exploitation (MOIRE) lancé en 2010 par la Defense Advanced Research Projects Agency et Northrop Grumman. Il s'agit de mettre en place un système en orbite géostationnaire capable de réaliser des images vidéos à haute résolution et de les diffuser en direct.

Ce sont les États-Unis d'Amérique qui furent les premiers, en 1960, à mettre en place un système d'observation de la terre par satellite dans le but d'observer les menaces militaires potentielles. Le National Reconnaissance Office est chargé de leur conception et de leur opération. D'autres agences sont chargées de leur exploitation, notamment la National Geospatial-Intelligence Agency pour l'imagerie. Un service créé en 2008 puis annulé en 2009, le National Applications Office devait permettre aux autorités locales d'avoir un accès plus large à ces satellites.

  • Satellites d'imagerie optique : Corona, Samos, Keyhole (KH), Misty
  • Satellites de renseignement d'origine électromagnétique : « ferrets », Canyon, Rhyolite/Aquacade, Jumpseat, Vortex/Chalet, etc.
  • Satellites de détection : Vela, Defense Support Program
  • Satellites d'imagerie radar : Lacrosse (Onyx)
Années Désignation Nom de code Optique Notes
1959–1962 KH-1 à KH-3 Corona Résolution: 7,5 m
Focale: 0,6 m
Première série de satellites espions US ; les films photographiques sont éjectés vers le sol. Une seule chambre panoramique par satellite.
1960–1962 Samos Résolution: 30 à 1,5 m
Focale: 0,7 à 1,83 m
La plupart des satellites renvoient leurs images par radio. Quelques éjections de films. Le programme a probablement été annulé pour cause de qualité insuffisante des photographies.
1962-1963 KH-4 Corona Résolution: 7,5 m Éjection du film. Deux chambres panoramiques.
1963-1969 KH-4A Corona Résolution: 2,75 m Éjection du film avec deux véhicules de réentrée. Deux chambres panoramiques. Volumétie importante.
1967-1972 KH-4B Corona Résolution: 1,8 m Éjection du film avec deux véhicules de réentrée. Deux chambres panoramiques.
1961–1964 KH-5 Argon Res: 140 m
Focale: 76 mm
Éjection du film. Basse résolution et large couverture à des fins de cartographie.
1963 KH-6 Lanyard Résolution: 1.8 m
Focale: 1.67 m
Programme de courte durée destiné à l'imagerie de sites spécifiques. Éjection du film. Mêmes chambres photographiques que les Samos
1963–1967 KH-7 Gambit Résolution: 0,46 m Éjection du film avec un véhicule de réentrée.
1966–1984 KH-8 Gambit Résolution: 0,5 m Éjection du film.
1971–1986 KH-9 Hexagon
« Big Bird »
Résolution: 0,3 m Éjection du film avec quatre ou cinq véhicules de réentrée.
Annulé en 1969 KH-10 Dorian Manned Orbital Laboratory; station spatiale habitée. Programme annulé.
1976–1995 KH-11 Crystal
Kennan
Résolution: 0,15 m
Miroir: 2,3 m
Premier satellite espion à imagerie numérique. Considéré comme d'une conception similaire au Télescope spatial Hubble.
1990—? KH-12 Ikon
Improved Crystal
Résolution: 0,15 à 0,10? m
Miroir: 2,4 à 4? m
Imagerie numérique. Utilisable en basse lumière et jusque dans l'infrarouge (3 à 5 micromètres).
1999—? KH-13 8X? EIS? Résolution: 0,10? à 0,04? m
Miroir: 4? m
Très mal connu.

Les États-Unis disposent du réseau de satellites espions le plus dense au monde. Les caractéristiques de ces satellites, dont le prix unitaire dépasse le milliard de dollars, sont couvertes par le secret-défense. Pour répondre aux besoins des militaires, les satellites espions sont amenés à faire de fréquentes corrections d'orbite, ce qui implique des réserves d'énergie plus importantes que pour la plupart des engins civils spatiaux. Les satellites espions sont placés en orbite basse afin de détecter le plus de détails possibles à la surface de notre planète.

Russie[modifier | modifier le code]

URSS : Cosmos, Radar Ocean Reconnaissance Satellite (RORSAT, type de satellite dont les exemplaires sont appelés Cosmos), Almaz, Iantar, Zenit.

Cosmos 954 s'est écrasé au Canada avec du matériel radioactif.

En février 1983, un satellite espion russe (Cosmos 1402), s'est désintégré dans l'atmosphère au-dessus de l'océan Indien.

Russie : Persona depuis 2008.

Turquie[modifier | modifier le code]

La Turquie dispose d'un satellite de reconnaissance optique Göktürk-2 lancé en 2012. Sa résolution est de 2,5 mètres. La plateforme est développée par un consortium d'industriels turcs (TAI et TÜBI.TAK SPACE) et la caméra EOS-C est fournie par la société sud-coréenne SKCI[1],[2],[3],[4]. La Turquie prévoit de construire plusieurs satellites de reconnaissance optiques (Göktürk-1 et Göktürk-4) et radar (Göktürk-3 SAR) au cours de la décennie 2010[5],[6].

Nom Type Quantité Origine Notes
Göktürk-1 Observation
Reconnaissance
Surveillance
0 Drapeau de la Turquie Turquie
Drapeau de l'Italie Italie
Drapeau de la France France
1 Satellite d'observation militaire qui sera lancé courant 2015[7].
Göktürk-2 Observation
Reconnaissance
Surveillance
1 Drapeau de la Turquie Turquie Satellite d'observation militaire lancé en 2012[8].
Göktürk-3 SAR Observation
Reconnaissance
Surveillance
0 Drapeau de la Turquie Turquie En projet, 1 satellite d'observation militaire de radar à synthèse d'ouverture en 2015[9].
Göktürk-4 Observation
Reconnaissance
Surveillance
0 Drapeau de la Turquie Turquie En projet, 1 satellite d'observation militaire qui sera lancé en 2018[10],[11].
SBIRS-T Observation
Détection spatiale balistique
Surveillance
0 Drapeau de la Turquie Turquie En projet, 1 satellite de détection spatiale balistique militaire qui sera lancé en 2016.

Autres pays[modifier | modifier le code]

Par la suite de nombreux pays ont développé leurs propres satellites :

Faits[modifier | modifier le code]

En 2007, les agences gouvernementales américaines publient sur Internet les coordonnées des satellites de renseignement français. En France, le radar GRAVES de surveillance spatiale permet de cartographier les engins spatiaux, et ainsi de détecter 30 satellites espions américains connus uniquement des grandes agences de renseignement jusqu'alors. La France menace de divulguer leurs coordonnées si les États-Unis ne cessent cette activité.

En avril 2011, les éléments orbitaux des satellites espions français (ESSAIM et HELIOS) semblent avoir bien disparu (hormis Helios 1B) des sites web comme celestrak, n2yo ou heavens-above pour les plus connus.

Néanmoins, des observateurs amateurs comme Mike McCants[13] continuent la diffusion sur internet des éléments orbitaux de nombreux satellites militaires et espions.

Outre les observateurs amateurs diffusant les éléments orbitaux des satellites militaires et espions sur Internet, certains radioamateurs disposent de station de réception satellite capable de recevoir les signaux balises (Doppler) et de télémétrie (TT&C) dans les micro-ondes en bande S (2 GHz) de nombreux satellites militaires et espions.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]