Dassault Mirage 5

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Pix.gif Dassault Mirage 5 Su-27 silhouette.svg
Mirage 5F.jpg
Mirage 5 francais de l'escadron de chasse 2/13 Alpes

Constructeur Drapeau : France Dassault Aviation
Rôle Avion multirôle
Premier vol 19 mai 1967
Mise en service 1970
Date de retrait Toujours en service
Nombre construits 532 (hors IAI Nesher)
Équipage
1 pilote
Motorisation
Moteur SNECMA ATAR 09C5
Nombre 1
Type turboréacteur avec postcombustion
Poussée unitaire 58 kN
Dimensions
Envergure 8,22 m
Longueur 15 m
Hauteur 4,5 m
Surface alaire 35 m2
Masses
À vide 7 050 kg
Maximale 13 500 kg
Performances
Vitesse maximale 2 350 km/h (Mach 2,2)
Plafond 17 000 m
Vitesse ascensionnelle 5 000 m/min
Rayon d'action 2 400 km
Armement
Interne 2 canons DEFA de 30 mm
Externe 4 000 kg de charge (missiles, roquettes, bombes, réservoirs, etc.)

Le Dassault Mirage 5 (parfois désigné à tort Mirage V) est un avion militaire construit par le constructeur aéronautique français Dassault Aviation. Apparu en 1967 en tant que dérivé du Mirage III destiné à l'attaque au sol par temps clair, le Mirage 5 a rapidement évolué en avion multirôle capable également de missions de reconnaissance ou de chasse/interception, suivant les versions. Les avions de la famille du Mirage 5 (qui comprend également le Mirage 50 et le IAI Nesher) ont été construits à 530 exemplaires mis en service par 11 pays différents, dont certains l'utilisent toujours actuellement.

Conception[modifier | modifier le code]

Mirage 5[modifier | modifier le code]

La quasi-totalité des sources s'accordent pour considérer que le Mirage 5 est né d'une demande de l'armée de l'air israélienne, qui souhaitait un dérivé simplifié du Mirage III destiné à l'attaque au sol par temps clair. Pour répondre à ce besoin, les ingénieurs de Dassault partent du Mirage IIIC dont ils suppriment le radar de poursuite Cyrano, et le remplacent par un simple radar télémétrique Aïda nettement plus petit. Le nez est redessiné (plus fin) et reçoit d'autres équipements électroniques, ce qui libère de la place dans le fuselage, derrière le poste de pilotage, permettant de placer un nouveau réservoir : le Mirage 5 emporte ainsi 32 % de carburant de plus que le Mirage III. Enfin, le réacteur Atar 9C du Mirage IIIE est installé et des points d'emport de charge sont ajoutés, la capacité en armement externe restant de 4 000 kg.

Israël passe une commande de 50 exemplaires le 7 avril 1966. Désigné initialement Mirage V, le prototype fait son vol inaugural le 19 mai 1967. Cependant, suite à l'attaque de l'aéroport de Beyrouth par l'armée israélienne (Opération Gift, 28 décembre 1968), le gouvernement français instaure un embargo sur toutes les livraisons de matériel militaire vers ce pays dès le 6 janvier 1969[1]. Comme la construction en série est déjà lancée, c'est finalement l'armée de l'air française qui reçoit les avions initialement destinés à Israël, à partir de 1971. Entre temps, la désignation a été changée en Mirage 5.

En février 1968, la Belgique choisit le Mirage 5 pour remplacer ses vénérables F-84F Thundestreak et RF-84F Thunderflash. Un accord est officiellement signé en 1969 pour 106 avions, dont 103 seront construits sous licence par les sociétés SABCA et SONACA pour les cellules, et FN pour les réacteurs. Quatre escadrilles sont progressivement équipée à partir de 1970. Les Mirage 5 belges ont la particularité d'être équipés d'une crosse d'arrêt.

Dans les années 1970, Dassault enregistre de nombreuses autres commandes à l'export. Grâce à l'absence du radar de poursuite Cyrano, le Mirage 5 est en effet moins cher que le Mirage III. De plus, le constructeur a en effet compris que s'il acceptait de s'adapter aux exigences des différents utilisateurs en intégrant des équipements sur mesure, il pourrait mieux remplir son carnet de commande. Les Mirage 5 sont donc déclinés en version biplace pour l'entraînement, en version de reconnaissance (recevant alors le nez du Mirage III R), voire en version de chasse/interception. Certaines versions se retrouvent ainsi équipées du radar de poursuite Cyrano et du radar de navigation, ce qui les rend équivalentes à un Mirage III E.

Signalons que l'Égypte a été largement équipée par des commandes payées par d'autres pays :

  • la Libye, qui signe un contrat pour pas moins de 110 Mirage 5 en janvier 1970, transfère immédiatement les premiers avions qu'elle reçoit à l'Égypte. Au total, une quarantaine de Mirage 5 seront ainsi fournis.
  • un second lot de 32 Mirage 5 sera livré en 1974, avec un financement de l'Arabie saoudite dont les avions porteront brièvement les cocardes.

Mirage 50[modifier | modifier le code]

À la fin des années 1970, Dassault met au point une version améliorée du Mirage 5 : désignée Mirage 50, elle reçoit le réacteur Atar 9K50 du Mirage F1 (environ 15 % plus puissant) et une avionique plus récente comprenant une centrale à inertie. Au choix des clients, l'avion peut recevoir soit le radar Cyrano IV du Mirage F1, soit le radar Agave du Super Étendard. Un prototype est réalisé par modification d'un Mirage III R et fait son premier vol le 15 mai 1979 [2].

Le Mirage 50 ne rencontra pas beaucoup du succès : le Chili acheta 16 exemplaires en 1979, et le Venezuela commanda quelques années plus tard une poignée d'avions neufs ainsi que la conversion de quelques Mirage III/Mirage 5 qu'il possédait déjà.

Le prototype du Mirage 50 sera modifié par Dassault en 1981. Il recevra des plans canards pour valider les études devant aboutir au Mirage III NG.

Le IAI Nesher[modifier | modifier le code]

Suite à l'embargo français, Israël construira localement un équivalent du Mirage 5.

Article détaillé : IAI Nesher.

Programmes de modernisation[modifier | modifier le code]

Au début des années 1980, le Pérou modernise ses Mirage 5 en installant en particulier une perche fixe de ravitaillement en vol et un système de désignation laser. D'autres modifications comme l'ajout d'un détecteur d'alerte radar ont été probablement effectuées.

En 1986, avec l'aide de la compagnie israélienne IAI, le Chili lance un programme de modernisation de ses Mirage 50[3] : ajout d'un radar Elta 2001B, de plans canards et de diverses antennes, capacité à lancer des bombes guidées par laser, optimisation du réacteur. Le premier exemplaire modernisé fait son vol inaugural en octobre 1988, les avions concernés recevant alors la désignation de Pantera.

En 1988, une dizaine de Mirage 5 colombiens ont été modernisés avec l'aide de la compagnie israélienne IAI[4] : ajout d'un radar Elta 2001B, d'une perche de ravitaillement en vol, de plans canard et de lance-leurres, modernisation du poste de pilotage, et installation d'un réacteur Atar 9C-3. Désignés Mirage 5 COAM, ils sont désormais proches des Kfir également utilisés par la Colombie.

Au début des années 1980, les Mirage 5 belges sont équipés d'un nouveau système de protection incluant un brouilleur et des lance-leurres. En 1988, la Belgique, par l'intermédiaire de son avionneur SABCA Charleroi, lance un programme désigné MIRSIP (Mirage Safety Improvement Program) qui consiste à remplacer le siège éjectable, à ajouter des plans canard fixes pour améliorer la manœuvrabilité à basse vitesse, et surtout à moderniser profondément l'avionique sous maitrise d'œuvre SAGEM. Les Mirage 5 reçoivent ainsi un télémètre laser Thomson TMV630, une centrale à inertie SAGEM UNA91 remplissant également la fonction de nouveau calculateur de navigation et d'attaque, et un nouveau viseur tête haute Thomson. Pour des raisons budgétaires, seuls 20 avions sont mis à jour (quinze Mirage 5 BA et cinq Mirage 5 BD). Le premier exemplaire modernisé est livré en 1993, quelques mois à peine avant que le gouvernement ne décide du retrait de tous les Mirage de l'armée de l'air belge, de sorte qu'aucun de ces avions ne sera utilisé par la Belgique.

En 1994, le Chili se porte acquéreur des 20 Mirage 5 au standard MIRSIP complétés par SAGEM d'équipements de radio-navigation, accompagnés de 4 Mirage 5BR et un Mirage 5BD non modernisés destinés à servir de réserve en pièces de rechange. Les Mirage 5 reçoivent la désignation locale de Elkan et resteront en service jusqu'à fin décembre 2006. Cette vente a fait l'objet de soupçons de corruption et une enquête a été menée à ce titre par la justice chilienne[5].

Le Venezuela a modernisé ses Mirage 5 pour les rapprocher des Mirage 50 qu'il possédait également : installation du réacteur ATAR 9K50, ajout d'une perche de ravitaillement en vol et de plans canards, modernisation du système d'attaque et de tir ainsi que du poste de pilotage.

Le Pakistan a modernisé ses Mirage 5 dans le cadre d'un programme nommé ROSE (Retrofit Of Strike Element) confié à la société française SAGEM. Signé début 1996, le contrat comprenait la fourniture de 34 Mirage 5F d'occasion et 6 avions biplace (ex-armée de l'air française) dont 20 portés au standard ROSE-II - les 14 restants ayant été ultérieurement portés au standard ROSE-III - en plus des avions pakistanais modifiés. Le Pakistan a également signé un contrat de remise à niveau (maintenance) d'environ 70 Mirage 5 égyptiens en 2000[6] et a racheté 50 Mirage 5 libyens en 2004[7], uniquement pour servir de pièces de rechange.

Variantes et opérateurs[modifier | modifier le code]

Remarque : le nombre d'exemplaires correspond aux avions livrés, il ne tient pas compte des pertes au combat ou lors d'accidents, ni des avions revendus ou stockés.

  • Drapeau des Émirats arabes unis Émirats arabes unis (Abou Dabi)
    • Mirage 5 AD : version d'attaque (12 exemplaires)
    • Mirage 5 EAD : version de chasse (14 exemplaires)
    • Mirage 5 DAD : version biplace d'entraînement (3 exemplaires)
    • Mirage 5 RAD : version de reconnaissance (3 exemplaires)
  • Drapeau de l’Argentine Argentine (depuis 1982)
    • 8 Mirage 5P achetés d'occasion au Pérou
Un Mirage 5 BR belge
  • Drapeau de la Belgique Belgique (de 1970 à 1993)
    • Mirage 5BA : version d'attaque (63 exemplaires)
    • Mirage 5BD : version biplace d'entraînement (16 exemplaires)
    • Mirage 5BR : version de reconnaissance (27 exemplaires)
  • Drapeau du Chili Chili (de 1980 à 2006)
    • Mirage 50 FC : 8 exemplaires obtenus par modification d'anciens Mirage 5F français
    • Mirage 50 CH : 6 exemplaires
    • 20 Mirage 5 Elkan (avions au standard MIRSIP achetés d'occasion à la Belgique en 1994)
  • Drapeau de la Colombie Colombie (depuis 1972)
    • Mirage 5 COA : version d'attaque (14 exemplaires)
    • Mirage 5 COD : version biplace d'entraînement (2 exemplaires)
    • Mirage 5 COR : version de reconnaissance (2 exemplaires)
    • Mirage 5 COAM : désignation des 10 avions modernisés
  • Drapeau de l'Égypte Égypte (depuis 1972)
    • Mirage 5DE : fournis par la Libye (20 exemplaires)
    • Mirage 5DD : fournis par la Libye (5 exemplaires)
    • Mirage 5D : fournis par la Libye (20 exemplaires)
    • Mirage 5 SDE : version de chasse avec radar Cyrano (32 exemplaires)
    • Mirage 5 SDR : version de reconnaissance (6 exemplaires)
    • Mirage 5E2 : Version d'attaque au sol (24 exemplaires)
  • Drapeau de la France France (de 1972 à 1994)
Mirage 5F
    • Mirage 5F : version d'attaque (50 exemplaires) 8 cellules de la série seront utilisées pour honorer une commande de Mirage 50 Chiliens. Par la suite, 8 nouveaux Mirage 5F seront construits en remplacement, ce qui nous ramène à 58 exemplaires. Après leur retrait, de nombreux exemplaires furent revendus au Pakistan, dont le numéro 44 qui s'est écrasé lors du vol de réception en 2000.
  • Drapeau du Gabon Gabon (Armée de l'air gabonaise, de 1977 à 1993)
    • Mirage 5 G : 3 exemplaires
    • Mirage 5 G2 : 4 exemplaires
    • Mirage 5 DG : version biplace d'entraînement (4 exemplaires)
  • Drapeau de la Libye Libye (de 1971 à 2003)
    • Mirage 5DE : version de chasse avec radar Cyrano (32 exemplaires, dont 20 pour l'Égypte)
    • Mirage 5DD : version biplace d'entraînement (15 exemplaires, dont 5 pour l'Égypte)
    • Mirage 5DR : version de reconnaissance (10 exemplaires)
    • Mirage 5D : version d'attaque (53 exemplaires, dont 20 pour l'Égypte)
  • Drapeau du Pakistan Pakistan (depuis 1973)
    • Mirage 5 PA : version d'attaque (28 exemplaires)
    • Mirage 5 DPA : version d'entraînement (4 exemplaires)
    • Mirage 5 PA2 et PA3 : versions équipées d'un radar Cyrano ou Agave : (30 exemplaires)
  • Drapeau du Pérou Pérou (de 1970? à 2002)
    • Mirage 5 PA : version d'attaque (28 exemplaires)
    • Mirage 5 DP : version biplace d'entraînement (6 exemplaires)
  • Drapeau du Venezuela Venezuela (depuis 1973 ?)
    • Mirage 5 V : version d'attaque (10 exemplaires)
    • Mirage 5 DV : version biplace d'entraînement (2 exemplaires)
    • Mirage 50 EV : version de chasse avec radar Cyrano (6 exemplaires + 10 Mirage III/5 modifiés)
    • Mirage 50 DV : version biplace d'entraînement (1 exemplaires)
  • Drapeau du Zaïre Zaïre
    • Mirage 5 M : 14 exemplaires
    • Mirage 5 DM : version biplace d'entraînement (3 exemplaires)

Engagements[modifier | modifier le code]

L'Égypte engage ses Mirage 5 lors de la Guerre du Kippour en 1973, où ils effectuent plusieurs missions d'attaque réussies sur des positions israéliennes. Il semble qu'une quinzaine d'appareils égyptiens aient été perdus lors de ce conflit, dont une bonne partie abattus en vol.

En juillet 1977, durant la guerre égypto-libyenne, les Mirage 5 des deux pays sont engagés. Les avions libyens ont effectué à la fois des missions d'attaque et des missions d'interception.

Dans les années 1980, la Libye a engagé ses Mirage 5 à chacune de ses tentatives de conquête du Tchad. Au moins deux avions auraient été perdus lors de ces opérations.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • D. Breffort et A. Jouineau, Mirage III, 5, 50 et dérivés de 1955 à 2000, éd. Histoire & Collection, (ISBN 2-913903-91-6).

Développement lié

Liens externes[modifier | modifier le code]