Government Communications Headquarters

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : Navigation, rechercher
Government Communications Headquarters
Government Communications Headquarters
Vue aérienne du « Doughnut », le siège du GCHQ depuis 2004, à Benhall, Cheltenham
Vue aérienne du « Doughnut », le siège du GCHQ depuis 2004, à Benhall, Cheltenham

Création 1948
Juridiction Gouvernement du Royaume-Uni
Siège Benhall, Cheltenham
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Coordonnées 51° 53′ 58″ N 2° 07′ 28″ W / 51.8995, -2.124551° 53′ 58″ N 2° 07′ 28″ W / 51.8995, -2.1245  
Employés 5 306 en mars 2011[1]
Ministre responsable William Hague (Secrétaire d'État des Affaires étrangères et du Commonwealth)
Direction Iain Lobban (​Directeur)
Agence fille Communications-Electronics Security Group (CESG)
Site web www.gchq.gov.uk/
Géolocalisation du siège

Géolocalisation sur la carte : Royaume-Uni

(Voir situation sur carte : Royaume-Uni)
Government Communications Headquarters
Précédent Government Code and Cypher School

Le Government Communications Headquarters (GCHQ, littéralement « quartier-général des communications du gouvernement ») est le service de renseignements électronique du gouvernement britannique.

Il est placé sous la responsabilité du Secrétaire d’État britannique aux affaires étrangères et du Commonwealth. Son rôle est de fournir au gouvernement et aux forces armées britanniques des informations collectées grâce aux techniques de renseignement d'origine électromagnétique.

Membre de l'UKUSA, il est l’un des principaux contributeurs du réseau mondial d’interception électronique Echelon.

Les effectifs du GCHQ s'élevaient à 5 306 personnels en mars 2011, marquant une baisse de près de 290 employés sur l'année précédente[1]. Le GCHQ constitue le plus grand service d'interception des communications occidental après la National Security Agency (NSA) américaine.

Sommaire

Organisation [modifier]

Organigramme [modifier]

L'organigramme du GCHQ en 1998 était le suivant[2] : le GCHQ est dirigé par le directeur du GCHQ et son Corporate Board qui comptait six directeurs exécutifs et deux directeurs non-exécutifs. Quatre divisions principales en dépendent :

  • SIGINT missions, qui compte les sous-divisions maths & cryptanalyse, IT & systèmes informatiques, linguistes & traduction, et l'unité d'analyse du renseignement ;
  • Enterprise, qui coiffe les sous-divisions recherche appliquée & technologies émergentes, gestion des connaissances & systèmes d'information, relations avec les fournisseurs commerciaux, et biométrie ;
  • Corporate management, dont les sous-divisions sont Enterprise resource planning system, ressources humaines, audit interne, et l'équipe d'architecture SINEWS (SIGINT New Systems) ;
  • le Communications-Electronics Security Group (CESG), chargé de la sécurité de l'information.

Le directeur du GCHQ siège aux London Signals Intelligence Board (LSIB) et London Signals Intelligence Committee (LSIC) qui dirigent la politique en matière de renseignement électromagnétique.

Directeurs [modifier]

  • Sir Alastair Denniston : 1921 - 1944
  • Sir Edward Travis : 1944 - 1952
  • Sir Eric Jones : 1952 – 1960
  • Sir Clive (« Joe ») Loehnis : 1960 – 1964
  • Sir Leonard (« Joe ») Hooper : 1965 – 1973
  • Sir Arthur (« Bill ») Bonsall : 1973 – 1978
  • Sir Brian Tovey : 1978 – 1983
  • Sir Peter Marychurch : 1983 – 1989
  • Sir John Anthony Adye : 1989 – 1996
  • Sir David Omand : 1996 – 1998
  • Kevin Tebbit : 1998
  • Sir Francis Richards : 1998 – 2003
  • Dr David Pepper : 2003 – 2008
  • Iain Lobban : depuis 2008[3]

Histoire [modifier]

Government Communications Headquarters (littéralement « quartier-général des communications du gouvernement ») était un terme inventé en 1939 pour servir de couverture à la Government Code and Cypher School (GC&CS), qui était le service de cryptographie du gouvernement britannique depuis 1919. La GC&CS fut renommée London Signals Intelligence Centre lorsqu'il déménagea de Bletchley Park en 1946. Le 1er novembre 1948, alors que le service commençait à envisager son déménagement vers Cheltenham, le nom de GCHQ fut formellement adopté et est resté en usage depuis[4].

D’abord basé à Eastcote dans la banlieue Ruislip de Londres, le GCHQ a déménagé de 1952 à 1954 en périphérie de Cheltenham. Jusqu’en 1983, ce service n’existait pas officiellement; il avait été utilisé l'année précédente, pendant la guerre des Malouines[5].

De 1990 à 1998, le GCHQ a intercepté les communications terrestres (fax, emails, télex et communications informatiques) entrant et sortant de la République irlandaise via la tour de Capenhurst, située dans une centrale nucléaire et fonctionnant 24 heures sur 24[6]. Les communications internationales de l'Irlande transitaient alors via le câble de fibres optiques UK-Ireland I, avant d'être transmis à travers le réseau de tours de "relais-radio" hertzien de British Telecom, centralisé dans la tour de la BT à Londres, mais qui passait au-dessus de Capenhurst[6]. Outre des informations sur le terrorisme, la tour de Capenhurst servait à l'espionnage économique ainsi qu'à l'interception des communications diplomatiques de l'Irlande et des communications personnelles de résidents irlandais notables, à l'aide de listes ciblées de numéros de téléphone ou de systèmes de reconnaissance vocale[6]. La tour ferma en 1998, les liaisons radio ayant été remplacées par un nouveau câble de fibres optiques, qui collectent aujourd'hui les communications internationales transitant par le Royaume-Uni avant de les transmettre au GCHQ à Cheltenham[6].

La Cour européenne des droits de l'homme a donné gain de cause, le 1er juillet 2008, aux ONG Liberty Human Rights, le British Irish Rights Watch et le Irish Council for Civil Liberties, qui avaient porté plainte en 2000[7],[8]. Les ONG affirmaient que leur droit à la vie privée, garanti par l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, avait été violé, notamment du fait d'imprécisions dans la formulation de la loi de 1985 régulant les interceptions de communications (Interception of Communications Act 1985) [9].

Le GCHQ fut également au centre d'un long conflit entre syndicats et gouvernement. Le gouvernement Thatcher, dans les années 1980, avait interdit la syndicalisation des salariés civils au GCHQ, et avait licencié les syndiqués qui refusaient de renoncer à leurs droits syndicaux contre une compensation financière. Des grèves de solidarité dans bien de secteurs de l'économie s'ensuivirent, car les syndiqués virent cette tentative comme un premier pas vers une restriction du syndicalisme ailleurs dans les secteur public. Des centaines de milliers de journées de grève eurent lieu. Le conflit a continué jusqu'à l'élection de Tony Blair en 1997, quand les quelques grévistes restants furent réintégrés et le droit de se syndiquer fut réaffirmé.

Références [modifier]

  1. a et b (en) Intelligence and Security Committee Annual Report 2011–2012, juillet 2012 (ISBN 978-0-10-184032-3) [lire en ligne] p. 63
  2. (en) Richard J. Aldrich, GCHQ, p. 566
  3. (en) Richard J. Aldrich, GCHQ, p. 551
  4. (en) Richard J. Aldrich, GCHQ, p. xvii
  5. Francis Elliott, 'Belgrano' ordered to attack British ships on day before sinking, secret report reveals, The Independent, 28 décembre 2003
  6. a, b, c et d Duncan Campbell, Surveillance électronique planétaire, Editions Allia, Paris, 2005, pp.45-48. Publication et traduction du Rapport IC 2000 (Interception Capabilities 2000) publié pour le Parlement européen par le Bureau d'Evaluation des Options Techniques et Scientifiques (STOA)
  7. Richard Norton-Taylor, Government tapping of phone calls between UK and Ireland challenged, The Guardian, 31 mai 2000
  8. Owen Bowcott et Richard Norton-Taylor, Security: UK phonetap laws breach privacy, The Guardian, 2 juillet 2008
  9. Jugement de la CEDH et Liberty wins a minor European Court of Human Rights judgment against the UK Government over telephone and electronic data interceptions, Spy blog, 1er juillet 2008

Voir aussi [modifier]

Articles connexes [modifier]

Lien externe [modifier]

Bibliographie [modifier]