Géorgie du Sud

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Géorgie du Sud
South Georgia (en)
Image satellite de la Géorgie du Sud.
Image satellite de la Géorgie du Sud.
Géographie
Pays Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Archipel Groupe de Géorgie du Sud
Localisation Océan Atlantique et mer de Scotia
Coordonnées 54° 15′ S 36° 45′ O / -54.25, -36.75 ()54° 15′ S 36° 45′ O / -54.25, -36.75 ()  
Superficie 3 755 km2
Point culminant Mont Paget (2 935 m)
Administration
Territoire britannique d'outre-mer Géorgie du Sud-et-les Îles Sandwich du Sud
Démographie
Population 26 hab. (2005)
Densité 0,01 hab./km2
Plus grande ville Grytviken
Autres informations
Découverte 1675
Fuseau horaire UTC-4

Géolocalisation sur la carte : océan Atlantique

(Voir situation sur carte : océan Atlantique)
Géorgie du Sud
Géorgie du Sud

Géolocalisation sur la carte : Géorgie du Sud-et-les Îles Sandwich du Sud

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Géorgie du Sud
Géorgie du Sud
Îles du Royaume-Uni

La Géorgie du Sud est une île du Royaume-Uni située dans le sud de l'océan Atlantique, dans le territoire d'outre-mer de la Géorgie du Sud-et-les Îles Sandwich du Sud. Plus grande île du groupe de Géorgie du Sud avec 3 755 km2 de superficie, elle représente aussi la majeure partie de la Géorgie du Sud-et-les Îles Sandwich du Sud.

Géographie[modifier | modifier le code]

Relief[modifier | modifier le code]

La Géorgie du Sud est une île en forme de croissant. Elle est bordée par la mer de Scotia sur son littoral sud-ouest et par l'océan Atlantique Sud sur ses littoraux Nord, Nord-Est et Est. Elle se trouve à environ 1 390 kilomètres au sud-est des îles Malouines et à environ 2 150 kilomètres de la péninsule Mitre en Terre de Feu.

Longue de plus de 170 kilomètres et large de quarante kilomètres au maximum, elle mesure 3 755 km2 de superficie. Très montagneuse, elle compte onze sommets s'élevant à plus de 2 000 mètres d'altitude sous forme de deux chaînes : la chaîne d'Allardyce et la chaîne Salvesen[1]. Le mont Paget, avec 2 935 mètres d'altitude, est le point culminant de l'île, de la Géorgie du Sud-et-les Îles Sandwich du Sud mais aussi du Royaume-Uni dans son ensemble. Le mont Paget est suivi du mont Carse (2 330 m), du mont Sugartop (2 323 m) et du mont Paterson (2 200 m). Plus de la moitié (56 %) de l'île est couverte de glaciers et de neiges éternelles : 123 glaciers y sont répertoriés dont les cinq majeurs sont les glaciers Brogger, Neumayer, Nordenskjöld, Esmark et Novosilski[2].

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat de la Géorgie du Sud est subpolaire océanique avec la présence de forts vents d'ouest, les cinquantièmes hurlants, qui soufflent tout au long de l'année, interrompus par de courtes périodes d'accalmies. Presque toutes les précipitations se font sous forme de neige. Ces conditions climatiques rudes rendent l'approche de l'île difficile par bateau notamment par la formation de vents catabatiques.

Relevé météorologique de Géorgie du Sud
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 2 3 1 0 −2 −3 −4 −4 −2 −1 0 1 −0,7
Température maximale moyenne (°C) 9 10 8 6 4 2 2 2 4 6 8 9 5,7
Ensoleillement (h) 6 5 4 3 1 0 1 2 4 5 6 6 3,4
Nombre de jours avec précipitations 14 15 15 15 15 13 14 12 10 13 13 14 15,6
Source : NC


Température de l’eau de mer moyenne (°C)
Mois jan. fév. mar. avr. mai jui. Jui. aoû. sep. oct. nov. déc. année
Temp. en °C 6 6 6 6 5 4 3 3 3 3 4 5 4,5

Faune et flore[modifier | modifier le code]

25 espèces natives et 50 espèces introduites de plantes vasculaires ont été recensées. Il s'y trouve 125 espèces de mousses, 200 espèces de lichens et 85 espèces d'hépatiques[3].

Trois espèces animales ont été introduites par l'homme : le rat brun (Rattus norvegicus), la souris commune (Mus musculus) et le renne ou caribou (Rangifer tarandus). Les rongeurs sont devenus une menace importante pour les oiseaux nidifiant sur l'île, dont ils détruisent les œufs et mangent les poussins. En 2011 doit commencer ce qui sera la plus grande politique d'éradication des rats jamais organisée sur une île. Elle durera jusqu'en 2014 et utilisera des appâts empoisonnés lâchés par des hélicoptères. Aucun couple de rongeur ne doit survivre, l'objectif étant de permettre aux colonies d'oiseaux de se reconstituer[4],[5].

L'espèce d'éléphants de mer du sud (Mirounga leonina) avec la présence de 400 000 individus en Géorgie du Sud en fait le lieu où il est le plus représenté au monde[6]. On note la présence d'oiseaux endémiques comme la sous-espèce Anas georgica georgica, ou Anthus antarcticus.

Oiseaux[modifier | modifier le code]

Un Albatros hurleur sur l’île Prion (Baie des Îles). La population est de 4 000 couples.
Pétrel géant dévorant une carcasse de phoque.

En Géorgie du Sud se trouve 30 millions d'oiseaux nicheurs ; sur les 31 espèces, 27 sont des oiseaux marins.

Le pétrel des neiges niche dans les montagnes situées à plus de 1 000 mètres d'altitude. Le Pétrel de Hall et le Pétrel géant vivent à proximité des colonies de manchots se nourrissant de cadavres d'animaux.

Tableau des dix plus grandes populations d'oiseaux nicheurs de l'île :

Nom en français Nom scientifique Nombre
Prion de la Désolation Pachyptila desolata 22 000 000
Puffinure plongeur Pelecanoides urinatrix 3 000 000
Gorfou doré Eudyptes chrysolophus 2 700 000
Puffin à menton blanc Procellaria aequinoctialis 2 000 000
Océanite de Wilson Oceanites oceanicus 600 000
Manchot royal Aptenodytes patagonicus 400 000
Manchot papou Pygoscelis papua 105 000
Albatros à sourcils noirs Thalassarche melanophris 100 000
Albatros à tête grise Thalassarche chrysostoma 80 000
Prion bleu Halobaena caerulea 70 000

Manchots[modifier | modifier le code]

Colonie d'environ 60 000 couples de Manchot royal dans la plaine de Salisbury.

On estime la population de manchots royaux à 400 000 couples. L'île est une place très importante pour la nidification. La plus grande colonie compte 39 000 couples et la colonie de Salisbury Plain compte 27 000 couples. La population de manchots royaux a augmenté de 5 % par an au cours des 80 dernières années[7].

Dans l'île Bird et la baie Elsehul, on compte 2,7 millions de gorfous dorés. Au cours des 25 dernières années, on estime que la population de gorfous dorés a diminué de moitié[7].

Au sud de l'île, on estime la population de manchots papous à 105 000 couples ainsi que 6 000 couples de manchots à jugulaire[7].

Pinnipèdes[modifier | modifier le code]

Chez les Pinnipèdes, chaque année en octobre, la moitié des 600 000 éléphants de mer du monde viennent sur l'île pour se reproduire. Les éléphants de mer ont été soumis à une chasse intensive. Vers 1870, il ne restait quasiment plus d'éléphants de mer[8].

Les otaries de Kerguelen (Arctocephalus gazella) étaient sur le point de s'éteindre au début des années 1900 en raison de la pêche intensive (il restait à peine 100 individus). Dans les années 1960, la population augmentait de 16 % par an et en 1976 la population a atteint les 100 000 individus. Leur nombre n'a dès lors cessé d'augmenter pour passer à 2,5 millions d'individus. 95 % de la population mondiale vit sur l'île. La plus grande concentration d'otaries se trouve sur l'île de Bird[9].

Animaux introduits[modifier | modifier le code]

La Géorgie du Sud n'avait pas à l'origine de mammifères terrestres, mais à l'époque de la chasse à la baleine, des tentatives ont été faites pour introduire des animaux. Certains animaux ont été introduits comme animaux de compagnie, tandis que d'autres ont été relâchés dans la nature. Enfin, d'autres animaux ont été involontairement introduits.

Rennes[modifier | modifier le code]

Un renne à Godthul.

Les dix premiers rennes ont été introduit par Lauritz Larsen sur demande de Carl Anton Larsen. L'objectif principal était d'avoir de la viande facilement. Ils furent achetés à un paysan de Valdres en 1911 et laissés sur la péninsule de Barff.

En 1912, cinq rennes furent amenés à Leith Harbour, le troupeau passa à 20 têtes en peu de temps, mais il fut enseveli au début des années 1920 sous une avalanche.

En 1925, sept rennes provenant de l'Hardangervidda furent importés à Husvik. Il y eut jusqu'à 3 000 rennes sur l'île. En 2008, ils étaient 2 300 dont 500 dans la baie de Stromness, 1 800 dans la baie de Cumberland. Les deux baies sont séparées par des montagnes. Or les rennes de la baie de Stromness sont plus grands que ceux de la baie de Cumberland, ce qui semble indiquer une population trop importante dans cette dernière[10].

En 2012 a débuté un programme d'éradication de 3 500 rennes sur deux ans[11]. Le programme est mené par le directoire norvégien de conservation de la nature (Statens naturoppsyn[12])[13].

Afin de sauvegarder l'élevage des rennes, les faons ont été transportés sur les Îles Malouines.

Rats et souris[modifier | modifier le code]

On trouve des souris grises dans la baie de la reine Maude. Les souris ont développé une importante couche de graisse, ce qui tend à montrer qu'elles s'acclimatent au froid.

Des rats bruns furent introduits de manière fortuite à la fin du XVIIIe siècle en raison des escales des navires. Aujourd'hui, ils ont colonisé de grandes parties de l'île, mais c'est dans les anciennes stations baleinières qu'ils sont le plus nombreux. Ils n'ont pas de prédateur, à tel point que la multiplication des rats est limitée par l'approvisionnement en nourriture. Les nids d'oiseaux sont des proies faciles et certains oiseaux ont disparu des lieux où vivent les rats[14].

Le problème est suffisamment sérieux pour qu'un grand plan d'éradication des rats soit mis en œuvre depuis le 14 novembre 2011[15]. Ce projet d'éradication des rats doit se conduire sur quatre saisons et devrait se terminer en 2015[16].

Autres animaux[modifier | modifier le code]

Quelques animaux furent introduits comme animaux de compagnie, d'autres furent relâchés dans la nature. Parmi les animaux introduits on compte des chevaux, moutons, chèvres, vaches, cochons, poules, canards, chiens et chats. Seuls les rennes ont réussi à survivre.

Histoire[modifier | modifier le code]

Découvertes successives[modifier | modifier le code]

Carte de la Géorgie du Sud établie par James Cook (1777).

En 1675, le marchand britannique Anthony de la Roché dévié par les vents après le cap Horn, aperçoit et s'abrite dans une baie d'une terre enneigée jusque là inconnue ; cette île sera nommée « île Roché ». L'île est redécouverte par l'Espagnol Gregorio Jerez le 29 juin 1756 sur le navire León qui venait de Saint-Malo.

Le capitaine britannique James Cook à bord du HMS Resolution qui l'explore en 1775 démontre son insularité et la nomme de son nom actuel. Il poursuit ensuite sa route vers l'est afin d'atteindre la mythique Terra Australis et découvre les îles Sandwich du Sud. James Cook donne des descriptions de l'île et de ses richesses animalières. Il attire ainsi dès 1780 de nombreux chasseurs à bord de phoquiers qui vont réduire presque à néant, en quelques décennies, la population des otaries à fourrure.

Chasse aux phoques et à la baleine[modifier | modifier le code]

Le premier chasseur de phoques à venir en Géorgie du Sud fut l'anglais Thomas Delano, qui venait de Londres en 1786[17]. Dans la période qui suit, la chasse aux phoques est surtout le fait des Américains de la côte est. Tout au long du XIXe siècle, l'île connaît des périodes intenses de chasse comme de calme : sitôt que les stocks s'épuisent en raison de la surpêche, les chasseurs partent pour revenir quelques années plus tard. En 1881, la première restriction de chasse aux phoques est prise par les autorités britanniques. En 1886, un rapport établit qu'il n'a pas été possible de trouver le moindre phoque sur l'île[17]. On estime aujourd'hui la population de phoques supérieure à trois millions d'individus.

Le scientifique allemand Georg Forster qui était de l'expédition de James Cook en 1775 avait écrit que s'il ne se trouvait plus de baleines en mer du Nord, les chasseurs pourraient toujours en trouver autant qu'ils voudraient dans l'océan Atlantique sud. Cette déclaration provoque l'intérêt des chasseurs et les premières expéditions de chasse ont lieu dans les années 1890. Elles sont financées entre autres par l'écossais Robert Kinnes : Dundee Whaling Expedition (1892-1893) ; Christen Christensen de Sandefjord avec le navire Jason et Svend Foyn de Tønsberg avec le navire Antarctic (1892-1893 et 1893-1894)[18],[19].

Premières expéditions scientifiques[modifier | modifier le code]

En 1882-1883, des Allemands s'installent à Royal Bay dans le cadre de la première année polaire internationale afin d'étudier le passage de Vénus devant le Soleil. Des Français font de même dans la baie Orange près du cap Horn. Le même jour, les deux stations ont enregistré des oscillations étranges de la marée. Ils ont su plus tard que c'était une onde de choc provoquée par l'explosion du volcan Krakatoa en Indonésie.

Les stations baleinières[modifier | modifier le code]

Après son retour de la seconde expédition du "Jason", le capitaine norvégien Carl Anton Larsen, entre en contact avec les autorités britanniques en vue de la mise en place d'une station baleinière. Après dix ans de négociations, il obtient le droit d'établir une station[20]. En 1904,avec trois bateaux et l'aide de la société argentine de chasse à la baleine Compañia Argetina de Pesca, Larsen installe la première station baleinière de Géorgie du Sud à Grytviken avec 60 Norvégiens originaires du Vestfold. Dès la première année, elle parvint à capturer 183 baleines et attire d'autres chasseurs. En 1908, Grytviken compte 17 maisons et 160 travailleurs. Les Norvégiens ont été les plus nombreux à opérer en Géorgie du Sud et installent des stations baleinières à Prince Olav Harbour, Husvik, Stromness, Leith, Godthul et Ocean Harbour.

Lors de la saison 1925-1926, on compte cinq stations baleinières ([[Ocean Harbour ayant été fermé en 1920), un navire usine, 23 baleiniers. Durant cette saison sont capturées : 1855 baleines bleu, 5709 rorquals communs, 236 Baleine à bosse, 13 rorquals boréals et 12 grands cachalots. Au total 7825 baleines sont capturées (ce qui restera le record de prises) et 404 457 barils d'huile sont produits. L'année suivante, 3689 baleines bleu, 1144 rorquals communs, 365 rorquals boréals et 17 grands cachalots sont capturés. Si le nombre de prise est en baisse comparé à l'année précédente, la produiction d'huile est en augmentation (417 292 barils)[21].

Le total des pêches des stations baleinières de Géorgie du Sud représente 10% de la totalité de la chasse à la baleine de la région antarctique[21].

  • La station de Grytviken est celle qui connut la plus grande longévité (1904-1965).
  • Godthul a été utilisée de 1908 à 1917 puis de 1922 à 1929.
  • Ocean Harbour a été utilisée de 1909 à 1920.
  • Leith Harbour fut mise en service en 1909, est restée fermée en 1933 et durant la seconde guerre mondiale, et ferme définitivement le 15 décembre 1965[18].
  • Husvik a été utilisée de 1907 à 1931 puis de 1945 à 1960, sauf durant la saison 1957–58.
  • Strømnes a été utilisée de 1906 à 1931 puis a servi de port pour les réparations jusqu'en 1961.
  • Prince Olav Harbour a été utilisée de 1907 à 1934.

Ernest Shackleton[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Ernest Shackleton et Expédition Endurance.

En 1914, Ernest Shackleton tente de traverser le continent Antarctique mais il ne l'atteint jamais : son bateau, l’Endurance, est broyé par les glaces en mer de Weddell. Au terme d'un long voyage sur la glace, les hommes, tirant traineaux et chaloupes, atteignent l'île de l'Éléphant. Shackleton et cinq hommes s'embarquent ensuite et atteignent la Géorgie du Sud après seize jours de voyage. Arrivés dans la baie du Roi Haakon, Shackleton laisse les trois hommes les plus affaiblis et part avec deux hommes, ils sont les premiers à traverser les montagnes de l'île pour atteindre après 36 heures de marche la station baleinière de Strømnes où ils peuvent demander de l'aide. Tout l'équipage de l’Endurance sera sauvé. Shackleton est inhumé au cimetière de Grytviken en 1922.

Déclin économique[modifier | modifier le code]

Petter Sørlle, un chasseur norvégien originaire de Tønsberg, dépose en 1922 un brevet portant sur la cale des navires usines permettant, une fois la baleine harponnée, de la ramener à bord afin de la dépecer et récolter l'huile. Ces nouveaux navires (appelés Opphalingsslipp en norvégien) seront utilisés dès la saison 1925-1926. Ces navires permettent à la Norvège de se défaire des concessions britanniques, licences et autres droits à l'exportation[22]. Dès lors les stations baleinières de Géorgie du Sud ferment l'une après l'autre, seules restent Grytviken et Leith Harbour

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

La baleine est un élément d'importance durant la Seconde Guerre mondiale à la fois en raison de l'huile et des parties des baleines qui pouvaient être utilisées pour fabriquer des explosifs. La plupart des navires-usines et des baleiniers britanniques et norvégiens furent détruits par la marine allemande opérant dans les eaux antarctiques. Quant à ceux qui restaient, beaucoup furent réquisitionnés par les Alliés pour servir de dragueur de mines. Seules les stations de Leith Harbour (saisons 1940-41 et 1942-43) et Grytviken (sans discontinuer) furent opérationnelles[23].

Les magistrats britanniques, W. Barlas et A.I. Fleuret, dirigèrent la défense de l'île pendant la guerre. Le navire britannique Queen of Bermuda, navire marchand mais armé, a patrouillé dans les eaux environnantes. Deux défenses militaires furent construites à la baie de Cumberland et au fjord de Strømness. Les batteries étaient tenues par des baleiniers norvégiens volontaires.

Les HMS Ajax et HMS Exeter qui furent impliqués dans la bataille du Rio de la Plata contre le croiseur cuirassé allemand Admiral Graf Spee avaient visité l'île avant le début de la guerre. À cette occasion, les premières photos aériennes de l'île avaient été prises par l'avion de reconnaissance Westland Walrus afin de mieux cartographier l'île et étudier les glaciers. Après avoir combattu le Rio de la Plata, le HMS Exeter, endommagé, a été réparé sur l'île. Les soldats blessés y furent soignés[23].

Après-guerre[modifier | modifier le code]

Après la Seconde Guerre mondiale, les besoins en Europe étant importants, la chasse a repris. Le nombre de captures ayant dépassé les limites du durable, la Commission baleinière internationale (CBI), fut créé le 2 décembre 1946. Mais elle ne réussit pas à limiter la chasse.

En 1963, les deux dernières stations restantes, Grytviken et Leith Harbour, sont alors gérées par des sociétés japonaises. Mais en 1965, toute chasse à la baleine cesse en Géorgie du Sud. Entre 1904 et 1965, 1 750 000 baleines furent abattues et cuisinées en Géorgie du Sud contre 1.5 million en Antarctique (de 1904 à 1978)[24].

Guerre des Malouines[modifier | modifier le code]

Le prologue à la guerre des Malouines se déroule à Leith Harbour le 19 mars 1982 lorsque l'entreprise Christian Salvesen Ltd donne mandat au ferrailleur argentin Constantino Davidoff pour nettoyer la ferraille à Husvik, Stromness et Leith Harbour contre la somme de 115 000 pound. Davidoff a avec lui 41 travailleurs arrivant à Leith Harbour par le navire de la marine argentine «Bahia Buen Suceso». Le navire ne signale pas son arrivée à la garnison britannique et des troupes qui hissent le drapeau argentin[23].

Le 2 avril, les Argentins envahissent les Falkland, le lendemain, les navires Bahia Buen Suceso et Guerrico déposent 200 soldats à Grytviken alors que les soldats britanniques ne sont que 22. L'attaque argentine ne dure que deux heures puis les soldats britanniques se rendent. Ces derniers, ainsi que les scientifiques, sont emmenés comme prisonniers de guerre[25].

Les Britanniques initient l'opération Paraquet sous le commandement du Major Guy Sheridan. Une importante force navale britannique est alors en partance de l'île de l'Ascension. Les HMS Antrin, Endurance et le RFA Spring Tide arrivent sur l'île le 20 avril. Le 21 avril, deux hélicoptères britanniques s'écrasent sur le glacier Fortuna en raison de conditions climatiques difficiles[23].

Le 23 avril, les Britanniques découvrent sur leur radar un sous-marin. Des opérations sont alors annulées, le RFA Spring Tide est envoyé au large. Le 24 avril, les forces britanniques sont regroupées afin d'attaquer le sous-marin. Dans la matinée du 25 avril, le sous-marin argentin ARASanta Fe est aperçu par un hélicoptère du HMS Antrim qui l'attaque. Atteint par plusieurs missiles, le sous-marin est gravement endommagé. Les Argentins arrivent à le conduire jusqu'à King Edward Point où il est abandonné. Rassemblés sur le HMS Antrim, 75 hommes sont transportés non loin de là avec les HMS Antrim et Plymouth en couverture. La garnison argentine se rend sans combat dans l'après-midi du 25 avril. La petite garnison argentinede Leith Harbour se rend le lendemain[23].

Industries[modifier | modifier le code]

Les activités de pêche[modifier | modifier le code]

Suite à des problèmes de braconnage, les autorités de l'archipel ont décidé en 1993 d'étendre la zone économique à 200 milles nautiques. Dans le cadre de l'extension de la zone économique, les autorités ont présenté un plan de conservation et de gestion des ressources halieutiques. Tous les navires souhaitant pêcher dans la zone économique exclusive doivent être agréés par les pêcheries britanniques. Un nombre limité de licences est accordé et les quotas de chasse sont fixés annuellement par la Commission pour la conservation des ressources marines vivantes de l'Antarctique (CCAMLR). Les principales espèces qui autorisés à être pêché sont la légine australe, les poissons de glace de l'Antarctique, le krill et les crabes[26].

Tourisme[modifier | modifier le code]

La plupart des touristes qui visitent la Géorgie du Sud vient par bateau de croisière, mais certains viennent aussi avec leurs propres bateaux. Il n'y a pas de transport public régulier pour l'île. Au total, s'y rend une trentaine de navires de croisière avec 2 000 passagers visitant la Géorgie du Sud chaque année[27]. Les lieux les plus visités sont Grytviken, Strømnes]] et de la plaine de Salisbury.

Il n'y a pas besoin d'un visa pour visiter l'île, mais tous les visiteurs, indépendamment de leur nationalité, doivent demander la permission d'atterrissage 60 jours à l'avance. Les frais de débarquement sont de £ 100 par personne. Enfin, toutes les zones de l'île ne peuvent être visitées en raison de la protection de la nature[28].

Économie[modifier | modifier le code]

Le chiffre d'affaires total du gouvernement pour la Géorgie du Sud et les îles Sandwich du Sud en 2006 était de £ 4,4 millions et les dépenses étaient de £ 4.5 millions. Les principales sources de revenus sont la vente des licences de pêche, les frais portuaires pour les navires et les visiteurs, les ventes de timbres et de pièces de monnaie commémoratives. Les dépenses les plus importantes sont liées aux activités de pêche, tels que les projets de conservation, l'administration, la recherche, la production de timbres et le soutien au musée de Grytviken.

Société[modifier | modifier le code]

Religion[modifier | modifier le code]

Église[modifier | modifier le code]

L'église de Grytviken

La construction de l'église de Grytviken a débuté le 24 novembre 1913 et fut financée par Carl Anton Larsen. L'église est construite en pré-fabriqué. Elle est inaugurée le jour de la Noël 1913. La construction de l'église a été supervisée par Kristen Løken, le seul pasteur qu'ait compté l'église comme étant officiellement en poste[29]. Il y restera jusqu'en mars 1914. Le clergé était instable et changeait souvent en raison de la solitude. Le travail revenait souvent à des étudiants en théologie.

Carl Anton Larsen a financé le fonctionnement de l'église durant les premières années. Puis il y eut une période sans pasteur permanent. Mais en 1928, la mission Den norske Sjømannsmisjonen envoie un nouveau pasteur. Trois ans plus tard, l'industrie baleinière est en crise et le sacerdoce est abandonné. L'église est parfois utilisée par les pêcheurs. Dans les années 50, un service de diacre est créé mais le vendredi saint 1961 reste le dernier office de l'Église de Norvège à l'église de Grytviken.

Après la fermeture des activités de chasse, la dépopulation de l'île commence et l'église est laissé à l'abandon. À partir de 1983, les troupes britanniques stationnées sur l'île font les réparations nécessaires afin que l'église ne tombe pas en ruine. Dans les années 90, l'église est rénovée grâce à des fonds de l'association des Amis de l'île (Øyas venner)et du diocèse de Tønsberg[30]. Un pasteur du diocèse, Magne Storeli, a consacré de nouveau l'église le 16 janvier 1999[31].

Cimetières[modifier | modifier le code]

Pierre tombale de l'explorateur polaire Ernest Shackleton au cimetière de Grytviken.

Il y avait initialement sept cimetières sur l'île pour un total d'environ 200 tombes. 80 % des personnes enterrées sont des Norvégiens, et 80 % des Norvégiens enterrés sur l'île sont originaires du Vestfold. Le plus jeune avait 14 ans, le plus âgé 72. Tous étaient des hommes. Aujourd'hui, il ne reste plus que cinq cimetières : à Grytviken, Husvik, Leith Harbour, Strømnes et à Prince Olav Harbour.

Le cimetière de Grytviken est situé à un kilomètre de la station baleinière. Il renferme 64 tombes dont dix sont anonymes. Une pelletée de la terre de Norvège était jetée lors de l'enterrement, ce qui a introduit le pâturin et le pissenlit qui poussent aujourd'hui dans le cimetière.

Le cimetière de Husvik se trouve à deux kilomètres de la station baleinière et renferme 34 tombes. À Leith Harbour se trouvaient trois cimetières. Le premier fut enseveli lors d'un glissement de terrain en 1917, le second ne compte que quelques tombes, le dernier en compte 57. Les cimetières de Strømnes et Prince Olav Harbour sont à quelques centaines de mètres des stations baleinières et comptent treize et six tombes. À Ocean Harbour se trouvent 7-8 tombes anonymes et à Godthul deux tombes qui ne sont plus visibles aujourd'hui. Toutes les tombes sont orientées est-ouest selon la tradition scandinave. La plupart des pierres tombales de l'île sont en larvikite.

Recherches[modifier | modifier le code]

L'organisme de recherche British Antarctic Survey exploite deux stations de recherches en Géorgie du Sud : à l'île Bird et à King Edward Point.

Station de l'île Bird[modifier | modifier le code]

La station de recherche de l'île Bird étudie les phoques et les oiseaux de mer : les recherches portent particulièrement sur les populations, l'alimentation et la reproduction. Les données recueillies sont transférées à la CCAMLR. La station coopère avec plusieurs universités dont celle du Texas (physiologie des animaux) et celle de Birmingham.

Le marin britannique Ellen MacArthur a visité l'île dans le cadre de sa participation à la campagne de BirdLife International pour la protection des albatros[32].

La première station scientifique a été inaugurée le 24 novembre 1958 sur l'île Bird par le gouvernement des îles Falkland. En décembre 1962, l'United States Antarctic Program installe deux chalets qui seront repris par la suite la British Antarctic Survey. L'un de ces chalets fut connu comme Lönnberg House, d'après le biologiste Einar Lönnberg.

Une nouvelle station est construite en octobre 1981, pouvant accueillir huit personnes. La station est agrandie entre 1995 et 1997. Puis une nouvelle station fut construite en 2005, l'ancienne étant démolie. Entre 1957 et 1982, les recherches sont intermittentes sur l'île, mais depuis 1982, la station est habitée toute l'année[33].

Station de King Edward Point[modifier | modifier le code]

Le 22 mars 2001, le commissaire de la Géorgie du Sud et des Îles Sandwich du Sud inaugure une station de recherche à King Edward Point qui s'occupe de recherches sur la pêche. La station de recherche ouvre au moment où le site de la garnison britannique a fermé. Les dernières recherches à King Edward Point dataient d'avant la guerre des Malouines. Les chercheurs travaillent pour le compte des autorités locales afin d'aider à la gestion des ressources halieutiques autour de l'île. La station se compose de deux bâtiments séparés. La station est ouverte toute l'année et fonctionne avec trois scientifiques et six aides. Le personnel augmente pendant les mois d'été[34].

Timbres[modifier | modifier le code]

Timbre des îles Falkland (1933) ayant comme motif la Géorgie du Sud.

Le premier bureau de poste en Géorgie du Sud a ouvert à Grytviken le 22 décembre 1909, soit cinq ans après la création de la première station baleinière. Jusqu'en 1944, les timbres des îles Falkland sont utilisés, mais avec un tampon propre à la Géorgie du Sud[35].

En raison de la distance, les timbres sont produits en petites unités, mais la valeur des timbres même les plus communs est importante. Lors de l'expédition antarctique allemande dirigée par Wilhelm Filchner, qui a visité l'île en octobre 1911, les timbres vinrent à manquer. Pour résoudre le problème, le dirigeant de la poste locale a dû faire preuve d'ingéniosité pour gérer la situation : il a produit un timbre-poste utilisé jusqu'à l'arrivée d'un nouvel approvisionnement. Il a également produite des timbres provisoires en divisant les timbres les plus chers en deux avec une nouvelle valeur. Les lettres affranchies avec ces timbres coupés en deux sont des objets recherchés par les collectionneurs.

Les premiers timbres propres à l'île (une série de huit timbres) ont d'abord été imprimés dans les îles Falkland en 1938 puis en 1944 avec la mention "Dependency of South Georgia".

La Géorgie du Sud et les îles Sandwich du Sud ont leur propre comité de timbre qui se trouve dans les îles Falkland. Le Comité est responsable de la conception et vise à avoir deux éditions annuels et généralement il y en a une avec des motifs locaux.

Le seul bureau de poste de l'île se trouve au centre d'administratif de King Edward Point.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Environmental Management Plan for South Georgia, British Antarctic Survey,‎ 2000, p. 1
  2. Headland 1992
  3. S. Poncet et K. Crosbie, South Georgia, p. 24
  4. « South Georgia to poison millions of rats », Chris Hastings , Times on line du 7 mai 2010.
  5. « Ecologists turn exterminators in the great rat hunt », The independant on sunday, Steve Connor, 8 mars 2010.
  6. Robert Burton, South Georgia, P. 34
  7. a, b et c http://www.sght.org/terrestrial-wildlife
  8. Tom Schandy (2001). Syd Georgia - kongenes øy, p. 70. Tønsberg
  9. http://www.antarctica.ac.uk/living_and_working/research_stations/bird_island/
  10. Tom Schandy (2001). Syd Georgia - kongenes øy, p. 74. Tønsberg.
  11. http://www.nrk.no/nyheter/distrikt/troms_og_finnmark/1.8223254 Article de NRK du 27/06/2012
  12. http://www.naturoppsyn.no/
  13. http://www.sgisland.gs/download/SNO%20Report%202012-1a.pdf Rapport du gouvernement géorgien sur l'éradication des rennes (2012 - en anglais)
  14. http://www.sght.org/habitat-restoration-natives-under-threat
  15. http://www.sgisland.gs/download/Rodent%20eradication%20preparation%20and%20evaluation%20-OTEP%20report.pdf
  16. http://www.sght.org/sght-habitat-restoration-project
  17. a et b Stein P. Aasheim og Arne Nævra (2007). Antarktis, p. 58. Nrk Aktivum, Oslo.
  18. a et b http://www.hvalfangstmuseet.no/hvalfangsten-pa-syd-georgia/
  19. http://www.hvalfangstmuseet.no/jason-ekspedisjonene-1892-94/
  20. Stein P. Aasheim og Arne Nævra (2007). Antarktis, p. 68. Nrk Aktivum, Oslo.
  21. a et b Jeff Rubin (2000). Antarctica, p. 275. Lonely Planet, Australia
  22. http://carl.npolar.no/personer/Sorlle%2C%20Petter
  23. a, b, c, d et e http://www.sght.org/war-and-conflict
  24. Stein P. Aasheim og Arne Nævra (2007). Antarktis, p. 73. Nrk Aktivum, Oslo.
  25. Jeff Rubin (2000). Antarctica, p. 278. Lonely Planet, Australia
  26. http://www.sgisland.gs/index.php/%28d%29Toothfish_Licence?useskin=edu
  27. http://www.sgisland.gs/index.php/%28v%29overview?useskin=vis
  28. http://www.sgisland.gs/index.php/%28d%29Information_for_Visitors?useskin=edu
  29. (no) http://www.digitaltfortalt.no/show_single.aspx?art_id=111745 Kristen Løkens prestegjerning i Grytviken, Syd Georgia article de Jørund Falnes (26.02.2009)
  30. (no) http://www.oyasvenner.org/ Histoire de l'association Øyas venner
  31. (no) http://www.hvalfangstmuseet.no/kirken-i-grytviken/?wpmp_switcher=mobile Article de Hvalgangmuseet.no
  32. (en)http://www.antarctica.ac.uk/living_and_working/research_stations/bird_island/index.php#Bird%20Island%20scientific%20research
  33. (en) http://www.antarctica.ac.uk/about_bas/our_history/stations_and_refuges/bird_island.php
  34. (en) http://www.antarctica.ac.uk/living_and_working/research_stations/king_edward_point/
  35. (en) http://www.sgisland.gs/index.php/%28g%29stamps

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]

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