Exocet (missile)
| Exocet | |
Exocet AM39 |
|
| Présentation | |
|---|---|
| Fonction | Missile antinavire |
| Constructeur | MBDA |
| Coût à l'unité | de 0,4 à 1,5 M€[1] |
| Déploiement | 1974 |
| Caractéristiques | |
| Moteur | Propulseur solide |
| Masse au lancement | 870 à 670 kg suivant les versions |
| Longueur | 4,70 m |
| Diamètre | 0,35 m |
| Envergure | 1,10 m |
| Vitesse | 315 m/s (Mach 0,9) |
| Portée | de 42 à 180 km suivant les versions |
| Altitude de croisière | 2 m |
| Charge | 165 kg |
| Guidage | Inertiel et radar actif |
| Plateforme de lancement | multi-plateforme :
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L’Exocet est une famille de missiles antinavire français, subsoniques (mach 0,9) autonomes (fire-and-forget) volant à basse altitude (quelques mètres au-dessus de la surface de la mer), lancés par bâtiment de surface, sous-marin, aéronef ou batterie côtière.
Sommaire |
Caractéristiques [modifier]
Il est propulsé dans ses premières versions par un moteur fusée. La nouvelle génération (Block 3) développée à la fin des années 2000 est équipée d'un turboréacteur lui offrant une meilleure portée. Il est guidé par inertie pour la première partie de son vol afin de demeurer plus discret et par un autodirecteur radar pour la seconde partie.
Durant sa phase d'approche, à basse altitude, il est très difficilement détectable par les bâtiments de surface ; par ailleurs, son radar n'est activé qu'en phase terminale, ce qui rend donc plus difficile la mise en place de contre-mesures. Dans la toute dernière phase du vol, il effectue des manœuvres évasives pour éviter les défenses terminales adverses, et dispose de contre-mesures électroniques pour déjouer les leurres. Il pénètre le navire au-dessus de la ligne de flottaison pour exploser à l'intérieur du bâtiment. Sa charge explosive et incendiaire met en principe hors de combat un bâtiment de la taille d'une frégate.
L'Exocet est une grosse munition (5,8 mètres et 850 kilos pour l'Exocet MM40 Block2) dont l'intégration, complexe, nécessite deux à trois semaines, auxquelles il faut ajouter une quinzaine de jours de tests. L'usine de Selles-Saint-Denis reçoit le missile en pièces détachées, la plupart des éléments mécaniques, comme la case arrière ou la case moteur, provenant du site MBDA de Bourges.
Sa mise en œuvre par des bâtiments de surface au-delà de leur horizon-radar (40 km environ) nécessite l'emploi d'une plate-forme (de surface ou aéronef) relais radar pour désigner l'objectif.
Les missiles Exocet équipent de nombreux bâtiments et aéronefs français. Ils ont également été adoptés par plus de 24 pays étrangers.
Historique [modifier]
La première tentative de réalisation d'un missile antinavire français fut le Malaface dans les années 1950 dont les enseignements ont servi par la suite.
Développés dans les années 1970 par Aérospatiale (création de l'ingénieur alsacien Émile Stauff, directeur de la Division Missiles de l'Aérospatiale[2]), ils sont construits par MBDA, une filiale commune d'EADS, BAe Systems et Finmeccanica.
Ce missile a connu un moment de célébrité au moment de la guerre des Malouines (Falklands) opposant le Royaume-Uni et l’Argentine en 1982 : c’est en effet lui qui a coulé le destroyer britannique Sheffield, ce qui constitua le premier revers que rencontra la contre-offensive britannique. Il a également coulé l’Atlantic Conveyor, un navire logistique apportant des équipements essentiels pour la conduite des opérations[3].
Utilisé par l'Irak, notamment durant la guerre Iran-Irak, deux missiles touchèrent le destroyer de l'US Navy, le USS Stark, par erreur en mai 1987.
Le nom d’Exocet, qui est le nom d'une espèce de poisson volant, a été donné à ce missile, car, comme ce poisson, le missile vole au ras de l'eau. Dans le jargon des spécialistes, le missile est dit sea-skimming, littéralement : frôlant la mer.
Il a été vendu en 2011 à plus de 3 600 exemplaires dans le monde depuis environ 40 ans.
Versions [modifier]
Cette configuration a été validée
le 20 septembre 2012.
Il existe différentes versions du missile Exocet :
- Mer-mer 38 (MM38) : embarqué sur bâtiments de combats. Portée : 42 km. Ce missile n'est plus fabriqué. (1970)
- Mer-mer 40 (MM40) Block1, Block2 et Block3 : embarqué sur bâtiments de combats. Portée : 72 km pour le block2, >180 km pour le block3. En février 2004, après l'abandon du projet ANF (Anti Navire Futur), la Délégation générale pour l'Armement (DGA) notifie à la société MBDA un marché pour le développement et l’acquisition d'un nouveau missile Exocet, le MM40 Block3. Ce dernier se caractérise par une portée fortement accrue (plus de 180 km) obtenue grâce à l'utilisation d'un turboréacteur (permettant le gain de portée), l'embarquement d'un GPS ainsi que par la capacité de former des trajectoires complexes, permettant également l'utilisation de ce missile contre des cibles terrestres sur un littoral. Sa vitesse atteint Mach 0,9. MBDA a conservé les dimensions du missile (avec un allègement de 15 % à 740 kg) permettant son utilisation sur les plateformes existantes. Son dernier vol de qualification a eu lieu depuis l'île du Levant le 25 avril 2007[4] et sa production débute en octobre 2008. La Marine nationale a passé commande en décembre 2008 de 45 missiles Block3 à partir de la transformation de MM40 Block2 pour certaines frégates équipées du MM40 Block 2, puis les frégates de classe Horizon et classe Aquitaine. Un premier tir a lieu le 18 mars 2010 depuis le Chevalier Paul[5]. En 2012, un nouveau moteur développé et réalisé au Brésil par Avibras (en), en partenariat avec MBDA, a été testé sur un MM40 de la marine brésilienne[6].
- Air-mer 39 (AM39) B2 Mod 2 : embarqué sur 14 types d'aéronefs (avion de combat, avion de patrouille maritime ou hélicoptère). Sa portée est comprise entre 50 et 70 km en fonction de l'altitude et de la vitesse du lanceur[7]. L'évolution numérique de l'Exocet Air-mer 39 (AM39) vers le Mod 2 a rendu possible sa mise en œuvre à partir du Rafale F3. Un tir de qualification dans un environnement réaliste a été réalisé avec succès le 20 septembre 2012 par le Rafale M27 catapulté depuis le PA Charles de Gaulle[8].
- Sous-mer 39 (SM39) B2 Mod 2: numérisé et embarqué sur sous-marins. Cette version est un missile à changement de milieu. Le missile est abrité dans une capsule étanche propulsée qui est chassée par un tube lance-torpilles. À la sortie de l'eau, la coiffe de la capsule est éjectée et le missile est mis à feu ; il se comporte ensuite comme un MM40. Le tir pouvant avoir lieu en profondeur, le domaine d'emploi de l'exocet est donc particulièrement adapté aux sous-marins camouflés. Portée 50 km.
Utilisateurs [modifier]
Environ trente pays utilisent ou ont utilisé l'Exocet.
Afrique du Sud - Marine sud-africaine - MM40 Block 2 sur les frégates de Classe Valour[9], AM39 (a reçu 30 exemplaires entre 1976 et 1980, statut actuel incertain)[10]
Allemagne - Deutsche Marine - MM38 sur les frégates de la classe Brandenburg et les patrouilleurs type 143.
Arabie saoudite - Marine royale saoudienne - MM40 Block 2, AM39
Argentine - Armada de la República Argentina - MM38, MM40, AM39
Bahreïn - MM40
Brésil - Marinha do Brasil - MM38, MM40 Block 2, AM39
Brunei - Marine Royale du Brunéi - MM38, MM40
Bulgarie - Marine bulgare - MM38
Cameroun - Marine nationale (Cameroun) - MM38, MM40
Chili - Armada de Chile - MM38 (sur les patrouilleurs lance missile type 148), AM39 (mis en oeuvre par les hélicoptères AS532SC Cougar), SM39 (sur les sous-marins de Classe Scorpène). A auparavant utilisé le MM40.
Chypre - Composante navale de la Garde Nationale Chypriote - MM40 Block 2
Colombie - Armada Nacional Colombiana - MM40
Corée du Sud - Marine de la République de Corée
Égypte - Marine égyptienne - MM38, MM40 Block 3, AM39,[11]
Émirats arabes unis - Marine des Émirats arabes unis - MM40 Block 3 (sur les corvettes de Classe Baynunah), AM39
Équateur - Armada del Ecuador - MM38 (sur les patrouilleurs lance missile de la classe Quito), MM40 Block 1 (sur les Corvettes de la classe Esmeralda), MM40 Block 2 (sur la frégate Moran Valverde)
France - Marine nationale - MM38, MM40, AM39, SM39
Grèce - Marine grecque - MM38, MM40 Block 2/3,
Force aérienne grecque - AM39
Inde - Marine indienne (sur les sous-marins de Classe Scorpène), AM39
Indonésie - Marine indonésienne - MM38 sur les corvettes de classe Fatahillah [12], MM40 Block 2 (sur les corvettes de Classe Sigma)[13], AM39 (a reçu 10 exemplaires entre 1985 et 1986, statut actuel incertain)[14]
Iran - Force aérienne de la République islamique d'Iran - A récupéré les AM39 irakiens.
Koweït - - AM39
Libye - - AM39
Maroc - Marine royale - MM38, MM40 Block 2/3,
Forces aériennes royales - AM39
Malaisie - Marine royale malaisienne - MM38, MM40 Block 2, SM39 (sur les sous-marins de Classe Scorpène)
Oman - - AM39
Pakistan - Force aérienne pakistanaise - AM39 (sur Dassault Mirage 5)
Marine pakistanaise - SM39 (sur les sous-marins de Classe Agosta), AM39 (sur les avions de patrouille maritime Breguet Atlantic)
Pérou - Marina de Guerra del Perú - MM38 sur les corvettes de classe PR-72P, AM39 Block 1 sur les hélicoptères Sikorsky S-61, MM40 Block 3 sur Lupo class frigates
Qatar - Marine du Qatar - MM40 Block 3,
Armée de l'air du Qatar - AM39
Singapour - - AM39
Thaïlande - Marine Royale Thaïlandaise - MM38
Tunisie - Marine nationale tunisienne - MM40
Turquie - Marine turque - MM38[15][16]
Uruguay - Armada Nacional del Uruguay - MM38
Venezuela - Aviación Militar Nacional Bolivariana - AM39 (sur Dassault Mirage 50)
Anciens utilisateurs [modifier]
Belgique - Composante marine sur ses frégates de classe Wielingen . Ces navires de guerre ont été vendus en 2008. ;
Géorgie
Irak - Force aérienne irakienne - AM39 sur Mirage F1 & Super Étendard pendant la guerre Iran-Irak, tous retirés du service.
Royaume-Uni - Royal Navy a utilisé le missile Exocet jusqu'au retrait de service de son dernier vaisseau de guerre MM38 en 2002.
Culture [modifier]
Exocet est également le nom d'un roman de Jack Higgins, dont l'action se déroule durant la guerre des Malouines.
Voir aussi [modifier]
Article connexe [modifier]
Liens externes [modifier]
Notes et références [modifier]
- Centre de Documentation et de Recherche sur la Paix et les Conflits
- Les missiles tactiques de 1945 à 2000
- Reportage : Au cœur d'une usine de fabrication de missiles, 28 octobre 2008, Mer et Marine
- (en) Final Qualification Firing for Exocet MM40 Block3, sur mbda-systems.com, MBDA, 11 mai 2007. Consulté le 20 octobre 2008
- Premier tir de missile Exocet MM40 Block3 par la marine française, sur http://www.meretmarine.com/, Mer et Marine, 19 mars 2010. Consulté le 20 mars 2010
- Un moteur brésilien pour le missile MM40, sur Mer et Marine, 16 mai 2012. Consulté le 20 mai 2012
- « http://mbdaweb/fr/comms/pressreleases/2007/binaries/07_cp_am39_fr.pdf » (Archive • Wikiwix • Que faire ?). Consulté le 2013-03-30
- Le nouvel Exocet AM39 qualifié sur Rafale, article sur netmarine.com
- Fact File on DefenceWeb
- The Naval Arms Trade, Ian Anthony, Oxford University Press, 1990, ISBN 019829137X, p53
- SIPRI Arms Transfer Database
- http://riships.blogspot.com/2007/02/frigates-fatahillah-class.html
- http://www.damen.nl/Upload/Downloads, /mID_5708_cID_4719_DAMEN-NEWS-7-LR.pdf
- The Naval Arms Trade, Ian Anthony, Oxford University Press, 1990, ISBN 019829137X, p53
- Türk Deniz Kuvvetleri, www.dzkk.tsk.tr. Consulté le 2009-11-29
- (en) World Navies Today: Turkey, www.hazegray.org. Consulté le 2009-11-29