Grèce romaine

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Histoire de la Grèce
Image illustrative de l'article Grèce romaine
Préhistoire de la Grèce
3200 av. J.-C. Civilisation cycladique
2700 av. J.-C. Civilisation minoenne
1550 av. J.-C. Civilisation mycénienne
Grèce antique
1200 av. J.-C. Siècles obscurs
 800 av. J.-C. Époque archaïque
 510 av. J.-C. Époque classique
 323 av. J.-C. Époque hellénistique
 146 av. J.-C. Grèce romaine
Grèce médiévale
 330 Empire byzantin
1202 Quatrième croisade
Grèce ottomane
1453 Chute de Constantinople
1799 République des Sept-Îles
1821 Guerre d'indépendance
Grèce contemporaine
1832 Royaume de Grèce
1936 Régime du 4-Août
1941 Occupation
1946 Guerre civile
1967 Dictature des colonels
1974 République hellénique

La période de domination romaine en Grèce s'étend conventionnellement de 146 av. J.-C. après la mise à sac de Corinthe par Lucius Mummius Achaicus jusqu'à la reconstruction de Byzance par Constantin Ier et sa proclamation en tant que seconde capitale de l'Empire romain en 330 ap. J.-C.

Installation des Romains en Grèce[modifier | modifier le code]

Le déclin de la puissance militaire grecque amena les Romains à conquérir le pays à partir de -187. En revanche, la culture grecque allait conquérir la vie romaine. Bien que l’occupation romaine commence par convention en -146, la présence romaine est effective dès le IIIe siècle av. J.-C.. Certains États grecs demandèrent une alliance avec Rome. Les premiers furent les cités de l’Adriatique pour lutter contre les pirates illyriens. Puis en -212, les Étoliens sollicitent une alliance avec Rome contre les Antigonides. L’intervention romaine en Illyrie (en -228 et -219) et en Macédoine (214-205), bien que limitée, profita surtout à Rome pour agrandir le nombre de cités grecques qui appartenaient au système de clientèle qui lui était propre[1]. La reprise d’une politique d’expansion de la part de la Macédoine marque le début de la seconde guerre de Macédoine et la victoire des Romains sur les Macédoniens à Cynoscéphales en -197. La Macédoine devient alors un protectorat romain, mais Titus Quinctius Flamininus garantit l’indépendance de la Grèce en -196, lors des Jeux isthmiques de Corinthe, ce qui livre la Grèce à des querelles internes[2].

Antiochos III

L’affaiblissement de la Macédoine favorisa les projets d’Antiochos III qui voulut envahir la Grèce. En -192, il débarque en Grèce mais ne reçoit guère de soutien si ce n'est celui de la Ligue étolienne. Il est battu en -191 aux Thermopyles, repasse en Asie où il est écrasé en -190 à Magnésie par L. Scipion l'Asiatique (frère de Scipion l'Africain).

La troisième guerre de Macédoine voit la victoire de Paul Émile sur Persée de Macédoine à Pydna en -168, mettant ainsi fin à la dynastie des Antigonides. La Macédoine est également divisée en 4 districts ou mérides dont les chefs-lieux étaient Amphipolis, Thessalonique, Pella et Pélagonia[3].

Après la victoire de Pydna, les Romains accentuent leur présence en Grèce et y font défendre leurs intérêts. Mais cet interventionnisme est mal perçu par les populations qui se révoltent en Macédoine (-148) et dans le Péloponnèse (-146)[4]. Ces soulèvements s’achèvent par le sac de Corinthe en –146 et le fait que la péninsule devient alors protectorat romain, auquel les îles de la mer Égée furent ajoutées en 133 av. J.-C. Athènes et d’autres cités se révoltèrent en -88 mais furent écrasées par le général Sylla. La guerre civile romaine dévasta le pays encore plus, jusqu’à ce qu’Auguste organise la péninsule en tant que province d’Achaïe en -27.

Les autres cités-états finirent petit à petit par rendre hommage à Rome, perdant de fait leur indépendance, mais sauvegardant divers degrés d'autonomie : les Romains laissèrent l’administration locale aux Grecs, sans essayer d’abolir leurs habitudes politiques. Ainsi l’agora d’Athènes continua à être le centre de la vie politique et civique.

L'édit de Caracalla, en 212 de notre ère, étendit la citoyenneté hors d’Italie à tous les hommes libres de l’ensemble de l’Empire romain, élevant les populations provinciales à un statut égal de celui de Rome. Les sociétés déjà intégrées, telles que la Grèce, étaient plus favorables à ce décret, que les provinces plus lointaines, trop pauvres ou se sentant trop étrangères telles que la Bretagne, la Palestine ou l’Égypte. Le décret de Caracalla n’a pas mis en route le processus qui mènera au transfert du pouvoir d’Italie vers l’orient et la Grèce, mais l’a accéléré, jetant les fondations d’une Grèce, puissance majeure en Europe et en Méditerranée pendant le Moyen Âge, que l'historien allemand Hieronymus Wolf appela au XVIe siècle « Byzance ».

Article détaillé : Achaïe (province romaine).

Influence de la Grèce sur l'Empire romain[modifier | modifier le code]

La Grèce était la province orientale clé de l’Empire romain, puisque la culture romaine fut pendant longtemps, de fait, gréco-romaine. La langue grecque servait de lingua franca dans l’est et, comme langue de culture, à côté du latin, en Italie et dans les provinces d'Occident. Nombre d’intellectuels grecs tels que Claude Galien auraient réalisé beaucoup de leurs travaux à Rome.

Plusieurs empereurs firent édifier de nouveaux bâtiments dans les villes grecques, particulièrement sur l’agora d’Athènes, où l’Agrippeai de Marcus Vipsanius Agrippa, la bibliothèque de Pantaneus et la Tour des Vents entre autres furent construits. La vie en Grèce continua sous l’Empire romain à peu près comme avant. La culture romaine fut largement inspirée par celle des Grecs. Les épopées d’Homère inspirèrent l’Énéide de Virgile, et des auteurs tels que Sénèque le Jeune écrivaient en utilisant un style grec. Les nobles romains qui considéraient les Grecs comme arriérés et sans importance étaient les principaux opposants politiques de héros romains, tels que Scipion l'Africain, qui étudiaient la philosophie et considéraient la culture et la science grecques comme des exemples à suivre. De la même façon, beaucoup d’empereurs romains tendaient à être philhellènes. L’empereur Néron visita la Grèce en 66 et participa aux Jeux olympiques en dépit de l’interdiction faite aux non-Grecs d'y participer. Il y remporta une victoire dans chaque discipline et en 67 proclama la liberté des Grecs aux Jeux isthmiques de Corinthe, tout juste 200 ans après que Flamininus eut fait de même. Hadrien était également admirateur des Grecs. Avant de devenir empereur, il fut archonte éponyme d'Athènes. Il fit aussi construire l’arche qui porte son nom, et eut un amant grec, Antinoüs. À cette époque, la Grèce, tout comme une grande partie de l’Empire romain d’orient, subit l’influence du christianisme. Paul de Tarse prêcha à Corinthe et à Athènes, et la Grèce devint rapidement une des régions les plus christianisées de l’Empire.

Empire romain tardif[modifier | modifier le code]

Empereur Théodose Ier

Pendant le deuxième et troisième siècle, la Grèce est divisée en provinces dont l’Achaïe, la Macédoine et la Mésie. Pendant le règne de Dioclétien à la fin du IIIe siècle, la Mésie fut organisée en diocèse et dirigée par Galère. Sous Constantin Ier, la Grèce faisait partie des préfectures de Macédoine et de Thrace. Théodose Ier divisa la préfecture de Macédoine en provinces de Crète, d’Achaïe, de Thessalie, de vieille Épire, de Nouvelle Epire et de Macédoine. Les îles de l’Égée formèrent la province d’Insulae dans la préfecture d’Asiana. Toujours sous le règne de Théodose, la Grèce dut faire face aux invasions des Hérules, des Wisigoths, des Goths et des Vandales. Stilicon, régent pour Arcadius, évacua la Thessalie lorsque les Wisigoths envahirent cette région à la fin du IVe siècle. Flavius Eutropius, chambellan d’Arcadius, autorisa Alaric à entrer en Grèce ; ce dernier pilla Athènes, Corinthe et le Péloponnèse. Stilicon le repoussa finalement vers 397 et Alaric fut fait magister militum en Illyrie. Finalement, Alaric et les Goths migrèrent vers l’Italie, pillèrent Rome en 410 et établirent en Ibérie et dans le sud de la France l’empire wisigoth, qui durera jusqu’en 711 et l’arrivée des Arabes.

Bien que la Grèce continuât de faire partie de la partie orientale, de plus en plus hellénisée, de l’empire romain, elle n'était désormais plus le centre culturel de l'hellénisme, qui s’était déplacé vers l’est, à Constantinople et en Anatolie, depuis le règne de Constantin. Athènes, Sparte et les autres cités de la péninsule déclinèrent et beaucoup de leurs statues et autres œuvres d’art furent déplacées à Constantinople. En revanche, le pays devint l’un des plus grands centres de la Chrétienté à la fin de l’Empire romain et au début de la période byzantine. Cette évolution transparaît dans la signification des mots « Hellènes » (Έλληνες / Hellênes) et « Romées » (Ῥωμαῖοι / Rōmaíoi) qui, en Grec médiéval (Μεσαιωνική Ελληνική), signifient respectivement « Hellène payen, antique » et « Grec chrétien, citoyen de l'Empire romain d'orient ».

Article détaillé : Noms des Grecs.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. D'après Grèce, Guides Bleus, 2000
  2. Fernand Braudel, Les Mémoires de la Méditerranée, 1998 (ISBN 2-7441-2834-1).
  3. Rome et l'intégration de l'Empire, t.2 Approches régionales du Haut-Empire romain, Claude Lepelley, Nouvelle Clio,1998 (ISBN 2-13-048711-4)
  4. D'après Grèce, Guides Bleus

Articles connexes[modifier | modifier le code]