Bleu de Prusse

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Bleu de Prusse

Composante
RVB (r, v, b) (0, 49, 83)
Triplet hexa. 003153
CMJN (c, m, j, n) (63 %, 35 %, 14 %, 72 %)
TSL (t, s, l) (205°, 100 %, 33 %)
Ferrocyanure ferrique
4 Fe3+ · 3 Fe(II)(CN)6.svg
Identification
Synonymes bleu de Prusse
bleu de Berlin
bleu hussard
C.I. 77510
PB27
No CAS 14038-43-8
No EINECS 237-875-5
Code ATC V03AB31
SMILES
InChI
Apparence poudre bleu foncé
Propriétés chimiques
Formule brute C18Fe7N18  [Isomères]
Fe4[Fe(CN)6]3
Fe7(CN)18(H2O)x
Masse molaire[1] 859,228 ± 0,032 g/mol
C 25,16 %, Fe 45,5 %, N 29,34 %,
Propriétés physiques
fusion déshydratation à 250 °C avec décomposition partielle
Solubilité insoluble dans les acides dilués et la plupart des solvants organiques;

Sol. dans l'acide oxalique aqueux quand fraîchement préparé, précipite à la lumière.
20 g/L (éthanol).
10 g/L (2-méthoxyéthanol).

6 g/L (eau, 25 °C).
Masse volumique 1,80 g/cm³
Propriétés optiques
Spectre d’absorption Adsorption max (eau): 694 nm
Précautions
Directive 67/548/EEC


Considérations thérapeutiques
Classe thérapeutique antidote (césium radioactif ou thallium)
Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.

On désigne par le nom Bleu de Prusse (Preußischblau ou Berliner Blau en allemand), aussi connu sous le nom de Bleu de Berlin en raison de sa ville de découverte, un groupe de produits chimiques, principalement utilisés comme pigment bleu foncé en peinture.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le bleu de Prusse fut découvert accidentellement[2] par le peintre Heinrich Diesbach à Berlin en 1704 ou 1705.

Chimie[modifier | modifier le code]

Sa formule chimique est Fe7(CN)18(H2O)x, où x varie de 14 à 18. C'est un ferrocyanure ferrique.

Il donne une coloration violette quand on le dissout dans du tartrate d'ammonium.

Préparation[modifier | modifier le code]

Le procédé utilisé par John Woodward en 1724 était le suivant  :

On mélange en solution dans l'eau six parts de sulfate ferreux et six parts de ferrocyanure de potassium, on y ajoute vingt-quatre parts d'acide chlorhydrique et une part d'acide sulfurique. Au bout de plusieurs heures on verse dans la préparation du chlorure de chaux. Le Bleu de Prusse précipite au fond du récipient. Il ne reste qu'à le purifier du ferricyanure de potassium qu'il contient en faisant précipiter ce dernier par l'action d'un peu de chlorure ferrique dilué. Le Bleu de Prusse peut être alors séché.

Utilisations[modifier | modifier le code]

Peinture[modifier | modifier le code]

Un Bleu de Prusse

Le Bleu de Prusse est identifié dans le Colour Index sous le code « PB27 ». C'est un pigment semi-transparent, très colorant donc à utiliser avec parcimonie.

Il est aujourd'hui délaissé au profit du bleu phtalo ou du bleu d'indanthrène.

Parmi ses noms commerciaux, utilisés dans les couleurs pour artistes, on trouve le Bleu Intense, le Bleu Berlin, le Bleu de Paris.

Autres utilisations[modifier | modifier le code]

Le Bleu de Prusse est aussi utilisé

  • pour vérifier l'ajustement de différents engrenages en mécanique automobile ;
  • comme couche de marquage en chaudronnerie car il résiste à l'eau et aux solvants ;
  • pour prévenir ou traiter les contaminations ou intoxications au thallium et au césium radioactifs (il joue le rôle d'un chélateur plutôt que véritablement d'antidote, mais semble être le traitement le plus efficace connu. Il est alors délivré sous forme colloïdale (Radiogardase®) pour « décorporer le 137Cs après ingestion ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  2. (en) La création accidentelle du Bleu de Prusse

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • (fr)

Bibliographie[modifier | modifier le code]