Gamut

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Un gamut typique d'écran cathodique. Le fer à cheval en gris représente toute la gamme des chrominances possibles. Le triangle coloré représente le gamut correspondant à un certain type d'écran d'ordinateur qui ne couvre pas la totalité de l'espace colorimétrique. Les sommets de ce triangle sont (pour cet écran) les couleurs primaires additives, c'est-à-dire les trois couleurs que peut afficher un pixel donné.

En colorimétrie, le gamut, ou gamut de couleur est un certain sous-ensemble complet de couleurs. L'usage le plus fréquent fait référence à un sous-ensemble qui, dans certaines circonstances, représente[1] l'étendue de l'espace de couleur qu'un certain type de matériel permet de reproduire.

Cette notion traduit le fait qu'un appareil tel qu'un écran d'ordinateur ou une imprimante ne peut reproduire idéalement toutes les couleurs perceptibles par l'œil humain[2]. Toutes les teintes sont certes affichables, mais non toutes les saturations : plusieurs couleurs reproduites sont plus ou moins lavées de blanc et, sur une imprimante à jet d'encre, la reproduction des teintes très pâles est difficile, même en hexachromie.

Un gamut est généralement représenté dans le diagramme de chromaticité du système CIE xyY par un polygone qui joint les couleurs de base utilisées par l'appareil.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le terme est un mot anglais issu du vocabulaire musical médiéval : les notes étaient notées par des lettres (et le sont toujours dans la notation anglo-saxonne), puis furent notées par des noms dans la notation italienne ; la lettre grecque gamma (Γ) désignait le sol le plus grave, et ut le do le plus aigu. « Gamma–ut » était donc l'étendue des notes jouables, ce qui donna « gamut ». Nos cônes visuels sont sensibles autour d'une zone correspondant à une parmi trois longueurs d'onde[3].

Utilisation, fonctionnement[modifier | modifier le code]

Le gamut d'un moniteur d'ordinateur ou d'un téléviseur juxtapose trois types de pixels destinés à stimuler les trois types de sensibilité des cônes présents sur la rétine : les cônes L (large), M (medium) et S (short) sont plus sensibles respectivement au rouge, vert et bleu (quelques écrans quadrichromes de haut de gamme sont munis de pixels jaunes[4] et d'un microprocesseur évaluant la pertinence ou non de remplacer des pixels rouges et verts voisins par du jaune en fonction de caractéristiques statistiques de l'image). C'est ce que l'on nomme une synthèse additive.

Une imprimante utilisera, afin de gagner en précision, une synthèse soustractive, où les couleurs se superposent au lieu de se juxtaposer, mais au prix de contraintes[5]. L'image affichée diffèrera en général pour cette raison de la même image imprimée.

Il existe cependant des méthodes d'étalonnage permettant de rapprocher le gamut de l'écran et celui de l'imprimante, utilisant des profils ICC. Ces méthodes consistent à n'utiliser que l'intersection des deux gamuts, évitant ainsi d'avoir à l'écran des couleurs qui ne pourront être imprimées sur l'imprimante configurée dans le profil. Les couleurs dites « non imprimables » sont converties à la couleur imprimable la plus proche. Les dégradés peuvent donc en souffrir.

En 2008, les gamuts des systèmes d'impression sont plus élevés que ceux de certains écrans CRT ou LCD, ce qui ne veut pas dire que ces imprimantes recouvrent tout le gamut de l'écran.

Les meilleures imprimantes amateurs ou professionnelles utilisent plusieurs couleurs de base pour recomposer l'image initiale, cela permet d'étendre le gamut. Cependant cela ne résout pas tous les problèmes. Six couleurs, voire plus, sont utilisées sur ces imprimantes. Les couleurs supplémentaires sont généralement des nuances dé-saturées vers le blanc des couleurs primaires soustractives. Par exemple, en plus des 4 couleurs (quadrichromie) cyan, magenta, jaune et noir, pour 6 couleurs (hexachromie) on ajoute un cyan clair et un magenta clair, pour 7 couleurs on ajoute un gris, etc. Cela permet d'étendre le gamut mais ne permet pas de résoudre les problèmes liés au système de recomposition soustractive.

Deux couleurs mélangées en système soustractif sont toujours plus sombres que les couleurs de départ. Si l'on utilise le blanc du papier, on éclaircit, mais on perd en saturation. En outre le papier lui-même n'est jamais d'un blanc pur[6] et agit donc sur les couleurs qui y sont déposées, affaiblissant saturation et pureté des pigments.

Les machines offset permettent d'utiliser un nombre d'encres de couleurs largement supérieur à celui des imprimantes à jet d'encre. L'impression en ce cas cesse d'être un problème, mais l'étape pré-presse est alors le nouveau maillon faible. Une hexachromie proposée par le système Pantone introduit deux encres supplémentaires, orange pur et vert pur censées doubler l'étendue du gamut.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Approximativement, car le gamut que l'on représente sera lui-même affiché ou imprimé par une technique sujette à son propre gamut !
  2. Rappelons que les seuls tapissiers distinguent déjà cinq cents sortes de rouge
  3. rouge, vert, bleu. Des cônes sensibles au jaune existeraient chez certaines femmes, d'après des mesures effectuées en 2006 : http://scienceblogs.com/cognitivedaily/2006/07/20/do-women-perceive-color-differ-1/
  4. Par exemple celui-ci
  5. L'impression d'une affiche publicitaire effectue un mélange complexe de soustractif - points juxtaposés - et d'additif - points superposés. Voir tramage
  6. Ce "blanc pur" différent lui-même selon la température de couleur de l'éclairage

Liens externes[modifier | modifier le code]