Smalt

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Le smalt, connu sous le code Pigment Blue 32 ou PB 32, voire PB 74, dans le Color Index est un pigment minéral bleu utilisé à partir de la Renaissance, particulièrement prisé aux XVIe et XVIIe siècles, notamment par les peintres flamands. Ce pigment autrefois indifféremment nommé bleu de cobalt, bleu d'azur ou bleu de Saxe, est obtenu en produisant un verre bleu teinté au cobalt, qui était ensuite broyé en poudre pigmentaire[1].

Il est remplacé dès le XIXe siècle par les tout nouveaux bleus de cobalt de synthèse, de qualité bien supérieure.

Le smalt est aussi le verre qu’on préparait en fondant des matières vitrifiables (silice ou quartz, sable blanc, silex...) avec ce pigment[2].

Origine[modifier | modifier le code]

Il dériverait d'un des tout premiers pigments de synthèse mis au point par les Égyptiens, un verre teinté au cobalt, que l'on retrouve aussi en Babylonie.

Mélange d'oxyde de cobalt et de verre broyé (silice et potassium), il doit l'intensité de son bleu à sa proportion en cobalt (de 2 à 18 %).

Il se différencie ainsi du bleu égyptien, plus clair, qui contient du cuivre.

Sources et histoire[modifier | modifier le code]

La principale source de cobalt utilisé dans la préparation du smalt européen à partir du Moyen Âge serait un minerai nommé à l'époque moderne, smaltite. Nos géologues actuels en font une variété blanc argent brillant de skuttérudite.

La mine Chrétien, placée sous le patronage de Chrétien II de Birkenfeld, prince des Deux-ponts et héritier de la famille des Ribeaupierre, en activité de 1710 au 27 mai 1755 à Sainte-Marie-aux-Mines, dégageait l'essentiel de ses revenus de l'exploitation du bleu de cobalt en 1735. La smaltine extraite était broyée, mélangée à du sable et placé en creuset, enfin soumise à fusion pour donner un verre appelé smalt.

Aux XVIe et XVIIe siècles, d'autres minerais de cobalt suivant les minerais des contrées minières auraient été ajoutés tels l'érythrite, encore nommée autrefois érythrine, minerai d'arséniures de Co oxydée en arséniates de couleur "rose fleur de pêcher" et la cobaltite[3].

Usages[modifier | modifier le code]

Smalt, Collection historique de colorant de l'université technique de Dresde (Allemagne)

Le smalt finement broyé fut très en vogue au XVIe siècle, malgré sa tendance à se décolorer à l'huile et à prendre une teinte brunâtre. Rembrandt appréciait son pouvoir siccatif. Le smalt faisait aussi partie de la palette de Vermeer et de Holbein. Il est utilisé en mélange avec le lapis-lazuli comme matière de charge chez Velasquez.

Les verres antiques bleus sont colorés avec un composé à base de cobalt qui pourrait être le smalt[4].

Le smalt est autrefois utilisé dans l'industrie céramique pour donner la couleur bleue, notamment dans les faïences de Delft ou plus modestement la coloration des poteries d'Alsace, en particulier les fameux pot de grès de Betschdorf.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Léonard Defrance, Philippe Tomsin, Les broyeurs de couleurs, leur métier et leurs maladies: mémoire sur la question proposée par l'Académie Royale des Sciences de Paris, touchant les broyeurs de couleurs, Editions du CEFAL,‎ 2005, p. 78
  2. G. A. Lampadius, G. A. Arrault. Manuel de métallurgie générale, Volume 1. Carilian-Goeury, 1840 Livre numérique Google
  3. Identification of the materials of paintings, edited by R. J. Gettens
  4. Les Matériaux de la couleur, François Delamare et Bernard Guineau, Découverte Gallimard no 383