Arbre du voyageur

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L’arbre du voyageur ou ravenale ou ravinala (Ravenala madagascariensis) est une plante tropicale de la famille des Strelitziaceae, originaire de Madagascar. Espèce endémique, c'est aussi la seule espèce du genre dans l'île.

Ravinala est le nom malgache de l'arbre. Son nom vernaculaire dans les langues occidentales viendrait du fait que l'eau conservée dans la gaine foliaire[1],[2] à la base de ses feuilles permet au voyageur de se désaltérer (malgré les insectes et les feuilles mortes s'y trouvant...)[3].

Description[modifier | modifier le code]

Originaire de Madagascar, l'arbre du voyageur fait partie de la famille des Strelitziacées. Ce n'est pas un arbre (au sens botanique du terme), mais une plante herbacée au stipe lacunaire, ce qui le fait parfois ressembler à un palmier. De par sa forme et sa taille, il se repère de loin. Adulte, le stipe mesure environ dix mètres de hauteur, ce qui porte sa hauteur totale à environ 20 m.

Ses vastes feuilles sont disposées en éventail, dans un même plan. Leur base en forme de coupe retient l'eau de pluie dans laquelle de nombreux moustiques viennent pondre. A Madagascar, ces réservoirs d'eau hébergent des espèces très originales qui sont inféodées à ce microhabitat (batraciens, coléoptères et moustiques)[4]. Le pétiole est plus long que le limbe.

Lorsqu'il fleurit, il produit de grandes fleurs blanches, à 3 sépales, 3 pétales et 6 étamines, dans des spathes de 15-20 cm. À Madagascar, la floraison commence en septembre. La pollinisation est assurée par les chauve-souris et les lémuriens.

Les fruits sont des capsules à 6 loges, ressemblant à des bananes ligneuses, contenant de nombreuses graines entourées de fibres d'un bleu intense qui attirent les oiseaux.

Écologie[modifier | modifier le code]

Espèce endémique de Madagascar, le ravenale prédomine sur la façade orientale de la grande île. C'est une des rares espèces endémiques forestières à survivre dans les formations herbeuses secondaires et dans les fourrés d'exotiques, toujours sur des sols frais et humides. Il croît de manière très rapide là où les forêts primaires ont été déboisées ou brûlées.

L'arbre du voyageur est également présent dans l'Île de la Réunion, à l'Île Maurice, sur l'archipel des Comores (sur l'île de Mayotte notamment), en Guyane, en Guadeloupe, à la Martinique, en Nouvelle-Calédonie, et dans les jardins de diverses régions tropicales (Thaïlande, Cameroun etc.) où il a été importé en tant que plante d'ornement et devient parfois plante envahissante.

C'est une peste végétale majeure à l'île Maurice où il constitue des fourrés très denses dans les montagnes du sud de l'île.

Utilisations[modifier | modifier le code]

Sur la côte Est de Madagascar, ses différentes parties sont utilisées comme matériaux pour la construction des cases végétales traditionnelles, fraîches et fonctionnelles. Les pétioles fendus, appelés falafa, servent à confectionner des panneaux muraux. Les feuilles une fois séchées, appelées raty, sont utilisées pour la réalisation des couvertures et enfin du tronc, on tire des planches souples, appelées rapaka, avec lesquelles on fabrique le plancher.

C'est un emblème de Madagascar, stylisé sur les avions de la compagnie aérienne nationale.

Il fournit une matière grasse comestible, un peu comme l'arbre à beurre des pays tropicaux.

Un coup de machette sur la base du tronc fait couler une sève particulièrement liquide dont le goût est proche de l'eau. Il est possible de récupérer un litre par coup de machette après la saison des pluies, quand l'arbre est gorgé d'eau.

Culture[modifier | modifier le code]

Cette espèce qui ne résiste pas au gel est introduite de longue date dans les jardins botaniques tropicaux du monde entier, notamment au jardin botanique de Pamplemousses à Maurice, au jardin botanique d'Eala en République démocratique du Congo[5], au National Tropical Botanical Garden (en) de Hawaï[6], au jardin botanique de la Chine du Sud à Guangzhou[7]… ; en climat tempéré, elle est cultivée sous verre ou en orangerie.

Photos[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Traité des plantes tropicales, Yves Delanges, Actes Sud
  2. d'après Article de l'encyclopédie Britannica, bien qu'il ne croisse que dans les régions humides!
  3. À la fin du XIXe siècle, les voyageurs et botanistes de terrain considéraient cette motivation lexicale comme très fantaisiste. Par exemple dans le Bulletin de la Société nationale d'acclimatation de France : revue des sciences naturelles appliquées 1896 (source : Gallica BNF) on trouve : "Il est bien connu aujourd’hui que rien ne justifie la réputation faite au Ravenala et la légende qui lui a valu son nom vulgaire." "La vérité est qu’il croît, non dans les déserts, mais bien dans des sols humides ou à proximité des cours d’eau....", "L’eau que renferme la base des pétioles doit du reste être peu potable si l’on considère qu’elle contient le plus souvent les cadavres en décomposition d’une multidudes d’Insectes qui l’ont corrompue et rendue impropre à étancher la soif du voyageur le plus altéré et le moins dégouté. "
  4. Frédéric Blanchard, Guide des milieux naturels La Réunion-Maurice Rodrigue, Ulmer,‎ 2000
  5. Émile De Wildeman, Mission Émile Laurent (1903-1904), Bruxelles , 1906-1907, vol. 1, p. CLIII
  6. National Tropical Botanical Garden : Meet the Plants
  7. South China Botanical Checklist

Liens externes[modifier | modifier le code]

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