Bleu de cobalt

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Bleu de cobalt
Identification
Synonymes

C.I. 77346
C.I. Pigment blue 28

No CAS 1345-16-0
No EINECS 310-193-6
Propriétés chimiques
Formule brute Al2CoO4
Masse molaire[1] 176,8939 ± 0,0012 g/mol
Al 30,51 %, Co 33,32 %, O 36,18 %,
Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.
Bleu de cobalt PB28

Le bleu de cobalt est un pigment minéral bleu violacé, historiquement obtenu à partir de minerais de cobalt. Il correspond dans le Color Index de référence au pigment bleu 28 (Pigment Blue ou PB 28) et accessoirement au pigment bleu 72 (PB 72). Le bleu (de) cobalt désigne ainsi une couleur caractéristique.

Bien avant les travaux du chimiste Louis Jacques Thénard, le monde des mineurs et des paysans connaissait le bleu de cobalt comme un colorant marqueur persistant de surface en bois et en pierre. Les artisans du bois, charpentiers, charrons... l'utilisaient aussi incorporé sous forme de craie ou de crayon bleu cobalt. Dans ce dernier cas, le bleu de cobalt se confond souvent avec le smalt.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Cobalt emprunté au XVIe siècle dans l'expression bleu cobalt vient de l'allemand Kobolt ou Kobold.

Les Kobolds sont des mauvais génies des mines. Ils sont devenus les nains facétieux du folklore germanique, accusés de dénaturer ou voler les minerais précieux ou utiles, par exemple l'or ou l'argent, le cuivre ou le plomb, le fer et l'étain. Ils lui substituent par farce un mystérieux minerai toxique nommé "de kobold" qui ne peut être fondu et ne peut donner, croyait-on autrefois, de métal. Des fusions du minerai par fusion provoquée en certains points chauds laissaient des traces bleues découvertes au XVe siècle dans les mines de Saxe et de Bohême.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le bleu de cobalt se substitue au smalt utilisé depuis l'Antiquité sur la porcelaine (Chine sous la dynastie des Tang), la poterie (Perse) et le verre (Égypte, Perse, Grèce, Rome) et, en tant que pigment (bleu de Smalt), depuis le Moyen Age. Le bleu vu sur de nombreux objets en verre ou en grès de cette époque est du bleu de smalt[2].

Au Moyen Âge, le bleu des vitraux romans est réalisé à partir d'un bleu de cobalt très cher, le « cafre » (que l'on appellera bien plus tard le bleu de cobalt). Ce « bleu roman » très lumineux, mis au point dans les années 1140 sur le chantier de la basilique Saint-Denis, est utilisé par la suite dans la cathédrale de Chartres (renommées pour le « bleu de Chartres » de ses vitraux) et du Mans. Il contraste avec le bleu plus foncé des vitraux des siècles suivants qui utilisent l'oxyde de cuivre ou de manganèse, le smalt. Ayant un fondant sodique coloré au cobalt, il s'est révélé plus résistant que les rouges ou les verts de la même époque[3].

Le bleu de cobalt est stable en mélange avec l'huile ce qui n'est pas le cas du Smalt qui devient transparent en mélange.

Vincent van Gogh a écrit à son frère Theo : « Le bleu de cobalt est une couleur divine et il n'y a rien de plus beau pour installer une atmosphère ».

Composition[modifier | modifier le code]

Turquoise de cobalt PB36

Le bleu de cobalt PB28 est un aluminate de cobalt. Cette structure spinelle a pour formule limite CoO,Al2O3, simplifiée en CoAl2O4. Notons que l'oxyde de cobalt CoO est toujours en déficit pour assurer le rôle de groupe chromogène.

Il fut isolé chimiquement en 1777 par Gahn et Wenzel mais synthétisé seulement en 1802 par Louis Jacques Thénard (d'où le nom de 'bleu de Thénard') et commercialisé à partir de 1804.

D'autres versions du bleu de cobalt sont :

Autres noms du bleu de cobalt[modifier | modifier le code]

D'autres noms courants du bleu de cobalt sont : Bleu de Thénard, outremer de Gahn, outremer de cobalt, bleu de Dresde, cobalt de Dresde, bleu de Saxe, bleu impérial, bleu royal, bleu rex, bleu roy, bleu saphir.

Dans les nuanciers de couleurs pour artistes, le bleu royal ou bleu rex est souvent un bleu de cobalt (ou une imitation) mélangé à du blanc (PW4, PW6).

Le bleu de Sèvres, fabriqué à partir d'un oxyde de cobalt incorporé dans la couverte, est une couleur caractéristique de la Manufacture de Sèvres.

Le bleu de cobalt étant, comme tous les pigments de cobalt, un pigment cher, on le trouve parfois imité avec un mélange de bleu phtalo (PB15:0, PB15:1, PB15:3, PB15:4) et de bleu outremer (PB29).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  2. Michel Pastoureau, Dominique Simonnet, Le petit livre des couleurs, Seuil,‎ 2007, p. 19
  3. Le "bleu de Chartres"

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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