Ewald Hering

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Ewald Hering
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Karl Ewald Konstantin Hering (5 août 1834 – 26 janvier 1918) est un physiologiste prussien qui écrivit principalement dans les domaines de la vision des couleurs et de la perception de l'espace.

Élève, à l'université de Leipzig, de Ernst Heinrich Weber, Gustav Theodor Fechner, Otto Funke (de) et Julius Victor Carus, Hering s'opposa vigoureusement à Hermann von Helmholtz à propos de la vision, et plus tard à Fechner à propos les lois de la psychophysique.

Théorie de la couleur[modifier | modifier le code]

Roue de couleur d'Ewald Hering

Hering développe une théorie des couleur basé sur les oppositions deux à deux entre des couleurs élémentaires. Si parmi les champs chromatiques, il existe des intermédiaires entre certaines couleurs, comme, par exemple, il existe une transition progressive du rouge à l'orange et de l'orange au bleu, d'autres sont incompatibles. Il n'existe ni « bleu tirant sur le jaune », ni « rouge verdâtre ». Ces couleurs sont donc, pour Hering, les élements de base de la vision. L'esprit situe une teinte sur trois axes :

  • l'axe des valeurs ou de la luminosité, entre le noir et le blanc ;
  • l'axe bleu-jaune;
  • l'axe vert-rouge.

Hering se trouva donc en désaccord avec la théorie dominante développée principalement par Thomas Young et Hermann von Helmholtz, basée sur la physiologie de la rétine, selon laquelle la perception colorée s'exprime directement par les niveaux perçus de trois couleurs primaires : rouge, vert et bleu. Bien que la théorie dominante ait produit des résultats pour la colorimétrie et la synthèse des couleurs, celle de Hering n'en est pas moins valide pour ce qui est des aspects psychophysiques et cognitifs de la perception[1].

La théorie des couleurs de Hering, ancrée dans une étude psychophysique des perceptions colorées, et familière aux praticiens de la couleur, a servi de base à l'atlas des couleurs du système NCS[2]

Dans les années 1970, Edwin Land développa une théorie de la vision selon laquelle si les trois couleurs de Von Helmholtz correspondaient bien à la vision oculaire, le cerveau les interprête en six. Les recherches plus récentes ont abouti à un modèle dans lequel les cônes, qui ont des sensibilités spectrales étendues et qui se recouvrent, ne génèrent pas directement les sensations de couleur. La différence entre les cônes type S et la somme des cônes type M et L crée un signal plaçant la perception sur l'axe jaune-bleu ; la différence entre les cônes de type M et L crée un signal plaçant la perception sur l'axe vert-rouge ; tandis que la perception achromatique, de la luminosité, des valeurs (selon le lexique choisi) sur l'axe noir-blanc se fait essentiellement par la somme des influx issus des cônes M et L. Ces opérations se font dans les cellules ganglionaires qui regroupent les axones des cônes, et dans les regroupements nerveux suivants jusqu'aux aires de la vision dans le cerveau[3].

Rémanence visuelle[modifier | modifier le code]

Hering a également expliqué le principe de rémanence. Lorsqu'on fixe un espace fortement coloré pendant un certain temps, et qu'on supprime le stimulus (par exemple en éteignant la lumière ou en fermant les yeux), on perçoit une couleur qui est la complémentaire de celle du stimulus supprimé.

Perception binoculaire[modifier | modifier le code]

Une autre des spécialités de Hering était la perception binoculaire. Il est à l'origine de la loi de direction visuelle de Hering. Cette loi décrit la direction perçue d'un point en fonction de la direction de ce point dans chaque œil.

Mouvements oculaires[modifier | modifier le code]

Hering était considéré comme le plus grand spécialiste des mouvements oculaires de son époque. Il a entre autres décrit la loi d'égale innervation de Hering. Selon cette loi, les mouvements des deux yeux sont nécessairement égaux en amplitude mais pas en direction. Les mouvements binoculaires peuvent donc être séparés entre mouvements conjonctifs (par exemple saccade ou poursuite), au cours desquels les deux yeux bougent dans la même direction, et mouvements disjonctifs (par exemple mouvements de vergence), au cours desquels les yeux se déplacent dans des directions opposées.

Illusion de Hering[modifier | modifier le code]

Illusion de Hering

Dans l'illusion de Hering le faisceau de lignes convergentes fait percevoir comme arquées les deux parallèles.


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Des chercheurs ont tenté de prendre en défaut l'opposition des couleurs élémentaires de Hering, mais leur perception d'une couleur interdite, obtenue en laboratoire, est contestée.
  2. (en) Natural Color System ; voir Robert Sève, Sience de la couleur : Aspects physiques et perceptifs, Marseille, Chalagam,‎ 2009, p. 239.
  3. Sève 2009, p. 23-24.