Delphine de Girardin

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Delphine de Girardin
Louis Hersent - Delphine de Girardin.jpg
Louis Hersent, Portrait de Delphine de Girardin (1824), château de Versailles.
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 51 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Delphine GayVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonymes
Vicomte Charles Delaunay
Charles de Launay
Vicomte de Launay
Léo Lespès
Léa SepselVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Rédacteur à
Père
Jean Sigismond Gay (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mère
Conjoint
Autres informations
Domaine
Prononciation

Delphine Gay, épouse de Girardin, née le à Aix-la-Chapelle[1] et morte le à Paris, est une écrivaine, poétesse, nouvelliste, romancière, dramaturge, salonnière et journaliste française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Delphine Gay est la fille de Sophie Nichault de la Vallette, écrivaine et salonnière de renom, et de Jean Sigismond Gay (1768-1822), seigneur de Lupigny en Savoie, receveur-général du département de la Roer. Par sa mère, elle est la nièce de Marie-Françoise Gay[2]. Delphine vit à Aix-la-Chapelle pendant ses premières années, et aussi pendant son adolescence, mais fait de fréquents séjours à Paris[1]. Elle est élevée au sein d’une brillante société littéraire par sa mère, qui l’a nommée « Delphine » en hommage au roman de Germaine de Staël[3], et fait partie avec elle du cercle romantique de Charles Nodier. D'après Jean Balde, « elle n'a que seize ans quand elle se retrouve avec Vigny, Saint-Valry, de Latouche dans le salon d'Émile Deschamps[1] », d’où émane La Muse française dans lequel elle publiera ses premiers poèmes[4]. Elle est l'auteure de deux volumes de mélanges, des Essais poétiques () et de Nouveaux Essais poétiques (). Lors d’une visite en Italie en , elle est accueillie avec enthousiasme par le monde littéraire romain, et se voit même couronnée au Capitole. De ce séjour italien, elle rapporte diverses poésies, dont la plus ambitieuse est Napoline ().

Son mariage avec Émile Delamothe, dit Émile de Girardin[5], le , lui ouvre de nouveaux horizons littéraires. De à , elle publie des chroniques spirituelles dans le journal La Presse, sous le nom de plume de « Charles de Launay ». Ces chroniques, qui sont l’histoire de Paris de 1836 à 1848, c'est-à-dire l’histoire du Paris qui échappe à l’Histoire, éditées sous forme de recueil en , puis réimprimées en quatre volumes, sous le titre de Lettres parisiennes, obtiennent un grand succès.

Parmi ses œuvres de fiction les plus connues, on peut citer le roman Le Marquis de Pontanges (), un recueil de récits, Contes d’une vieille fille à ses neveux (), La Canne de Monsieur de Balzac () et Il ne faut pas jouer avec la douleur ().

On compte au nombre de ses drames en prose et en vers L’École des journalistes (), Judith (), Cléopâtre (), Lady Tartuffe (), et les comédies en un acte, C’est la faute du mari (), La joie fait peur (), Le Chapeau d’un horloger () et Une femme qui déteste son mari, paru à titre posthume.

Delphine de Girardin a exercé une influence personnelle considérable dans la société littéraire contemporaine et dans son salon régulièrement fréquenté, entre autres, par Théophile Gautier, Honoré de Balzac, Alfred de Musset, Victor Hugo, Laure Junot d'Abrantès, Marceline Desbordes-Valmore, Alphonse de Lamartine, Jules Janin, Jules Sandeau, Franz Liszt, Alexandre Dumas père, George Sand et Fortunée Hamelin.

Elle a écrit sous divers pseudonymes : Vicomte Charles Delaunay, Charles de Launay, Vicomte de Launay, Léa Sepsel.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Poésie[modifier | modifier le code]

  • Le dévouement des médecins français et des sœurs de Sainte-Catherine dans la peste de Barcelone, poème, Ambroise Tardieu, Paris, 1822. [1]
  • Essais poétiques, recueil, Imprimerie de Gaultier-Laguionie, Paris, 1824. [2]
  • Nouveaux essais poétiques, recueil, Urbain Canel, Paris, 1825.
  • Hymne à Sainte Geneviève, poème, Urbain Canel, P. Dupont, Paris, . [3]
  • La Vision, Urbain Canel, poème, Paris, . [4]
  • Le Dernier Jour de Pompéi, poème, P. Dupont, Paris, 1828. [5]
  • Napoline, poème, Librairie de Charles Gosselin Paris, 1833. [6]

Œuvre narrative[modifier | modifier le code]

  • Contes d'une vieille fille à ses neveux, recueil, Librairie de Charles Gosselin, Paris, 1832. [7]
  • Le Lorgnon, nouvelle, Librairie Charles Gosselin, Paris,1832. [8]
  • Monsieur le Marquis de Pontanges, roman, Librairie de Dumont, Paris 1835. [9]
  • La Canne de M. de Balzac, roman, Librairie de Dumont, Paris 1836. [10]
  • Il ne faut pas jouer avec la douleur, nouvelle, 1853.
  • Marguerite, ou Deux amours, nouvelle, 1854.
  • La Croix de Berny, roman "steeple chase", composé en collaboration avec Théophile Gautier, Jules Sandeau et Joseph Méry, Pétion, Paris, 1846.

Chroniques[modifier | modifier le code]

  • Courrier de Paris, chronique hebdomadaire publiée dans La Presse, sous le pseudonyme du Vicomte Charles de Launay, 1836-1848.
  • Lettres Parisiennes (1836-1839), recueil rassemblant les chroniques du Courrier de Paris, signé madame Emile de Girardin, Charpentier, Paris, 1843. [11]
  • Le Vicomte de Launay, Correspondance parisienne (1840-1848), deuxième recueil, Michel Lévy, Paris, 1853.

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • L'école des Journalistes, comédie, [pièce reçue à la Comédie Française puis censurée], 1839. [12]
  • Judith, tragédie, créée à la Comédie Française, 1843. [13]
  • Cléopâtre, tragédie, créée à la Comédie Française, 1847.
  • C'est la faute du mari, comédie, créée à la Comédie Française, 1851.
  • Lady Tartufe, comédie, créée à la Comédie Française, 1853. [14]
  • La joie fait peur, comédie, créée à la Comédie Française, 1854. [15]
  • Le chapeau d'un horloger, comédie, créée au théâtre du Gymnase, 1854.
  • Une femme qui déteste son mari, comédie, créée au théâtre du Gymnase, 1856 (postume).

Œuvres Complètes[modifier | modifier le code]

  • Œuvres complètes de madame Émile de Girardin, née Delphine Gay, Paris, Henri Plon, 6 tomes, - (posthume). [16]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Jean Balde, Mme de Girardin, textes choisis et commentés Paris, Librairie Plon, 1913.
  2. Marc Le Goupils, La Revue de Paris, vol. 14, Paris, Bureau de la Revue de Paris, , 144 p. (lire en ligne), chap. 4, p. 93.
  3. Théophile Gautier, Portraits et souvenirs littéraires, Paris, Michel Lévy frères, , 320 p. (lire en ligne), « […] Son nom tiré d’un roman de madame de Staël », p. 83.
  4. Gilles Castroviejo, Dictionnaire passionnel de Marie Lafarge, Saint-Denis, Mon Petit Éditeur, , 590 p. (ISBN 978-2-342-04802-5, lire en ligne), p. 178.
  5. Fils naturel d'Alexandre Louis Robert comte de Girardin et d'Adélaïde Marie Fagnan épouse Dupuy, il sera légitimé au sein d'une Commission de la Chambre des Députés : Le Moniteur, 24 décembre 1837.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jeanne Alleman, Mme Émile de Girardin, Paris, Plon-Nourrit et Cie, 1913.
  • Suzanne Braswell, « Breaking the silence : Antiphonal voices in the poetry of Delphine Gay de Girardin », Dix-Neuf, Journal of the Society of Dix-Neuviémistes, volume 7, 2006.
  • François Bondy, Une femme d'esprit en 1830, Madame de Girardin, Paris, Hachette, 1928.
  • Françoise Court-Perez (éd.), Delphine de Girardin et son temps, actes de la journée d’étude organisée à l’Université de Rouen en juin 2015, publications numériques du CÉRÉdI, « Actes de colloques et journées d'étude », n°15, 2016.
  • Andrea Del Lungo, « Aux racines de la distinction. Une lecture sociologique de l’œuvre narrative de Delphine de Girardin », Andrea Del Lungo et Brigitte Louichon, La Littérature en bas-bleus. Romancières sous la Restauration et la Monarchie de Juillet, Paris, Classiques Garnier, 2010, p. 295-315 (ISBN 978-2-8124-0153-4).
  • Leyla Ezdinly, « La Canne de M. de Balzac : parody at the intersection of politics and litterature », L'Esprit Créateur, vol 33, n°3, automne 1993.
  • Alison Finch, Women's writing in nineteenth-century France, Cambridge, UK ; New York, NY, Cambridge University Press, 2000 (ISBN 978-0-5216-3186-0).
  • Théophile Gautier, Portraits et souvenirs littéraires, Paris, Michel Lévy Frères, 1875.
  • Claudine Giacchetti, Delphine de Girardin, la muse de Juillet, Paris, L'Harmattan, , 242 p. (ISBN 978-2-7475-6310-9, lire en ligne).
  • Claudine Giacchetti, « La carrière poétique de Delphine de Girardin : sentiment d'échec et échec du sentiment », Textes et Contextes, Université de Bourgogne, « L'expression des sentiments dans la poésie féminine », 2018.
  • Claudine Giacchetti, « Delphine de Girardin, lectrice de Balzac », dans Marianne Camus et Françoise Rétif (dir.) 'Lectrices. La littérature au miroir des femmes', éditions universitaires de Dijon, coll. « Écritures », 2004.
  • Frédéric Godefroy, « Mme Émile de Girardin », « La Fantaisie », « XIXe siècle. Prosateurs », Histoire de la littérature française depuis le XVIe siècle jusqu'à nos jours, Tome 2, 1881.
  • Georges d’Heilly, Madame E. de Girardin (Delphine Gay) sa vie et ses œuvres, Paris, Bachelin-Deflorenne, 1869.
  • (en) Joyce Ann Carlton Johnston, Laughing fit to kill : aspects of wit in the works of Delphine Gay de Girardin, Thèse, 2001.
  • Alphonse de Lamartine, « Madame de Girardin », Souvenirs et portraits, Tome 1, Paris, Hachette et Cie, Furrne, Jouvert et Cie, Pagnerre, 1871.
  • Alphonse de Lamartine, Portraits et salons romantiques, Paris, Le Goupy, 1927.
  • Madeleine Lassère, Delphine de Girardin : journaliste et femme de lettres au temps du romantisme, Paris, Perrin, 2003 (ISBN 978-2-2620-1885-6).
  • Henri Malo, La Gloire du vicomte de Launay, Delphine Gay de Girardin, Paris, Émile-Paul frères, 1925.
  • Henri Malo, Une muse et sa mère : Delphine Gay de Girardin, Paris, Émile-Paul Frères, 1924.
  • Jules Manecy, Une famille de Savoie : celle de Delphine Gay, Aix-les-Bains, E. Gérente, 1904.
  • Gustave Merlet, « Une royauté mondaine et littéraire : madame Émile de Girardin », Portraits d'hier et d'aujourd'hui : attiques et humoristes, Paris, Didier et Cie, 1863.
  • Eugène de Mirecourt, Les contemporains; portraits et silhouettes au XIXe siècle, Paris, Librairie des contemporains, 1854-1870.
  • Eugène de Mirecourt, Mme de Girardin (Delphine Gay), Paris, G. Havard, 1855.
  • Cheryl A. Morgan, « Les chiffons de la M(éd)use : Delphine Gay de Girardin, journaliste. », Romantisme, 1994, n°85, « Pouvoirs, puissances : qu'en pensent les femmes ? ».
  • Cheryl A. Morgan, « The death of a poet : Delphine Gay's romantic makeover », Symposium, vol 53, n°4, hiver 2000.
  • Cheryl A. Morgan, « Alone of all her sex ? Delphine Gay de Girardin's humor », Dix-Neuf, Journal of the Society of Dix-Neuviémistes, volume 7, 2006.
  • Catherine Nesci, Le Flâneur et les flâneuses. Les femmes et la ville à l'époque romantique, Partie III, « Delphine excentrique. Portrait du feuilletoniste en chiffonnière. », Grenoble, Ellug, coll. Bibliothèque stendhalienne et romantique, 2007.
  • Michèle Perret, « Norme, surnorme et création néologique chez une Parisienne du début du XIXe siècle », Le Changement linguistique en français, aspects socio-historiques : études en hommage au professeur R. Anthony Lodge, T. Pooley et D. Lagorgette éds, P. U. Savoie, 2014 : p. 175-181.
  • Arthur-Léon Imbert de Saint-Amand, Alphonse de Lamartine, François-René de Chateaubriand, Madame de Girardin, Paris, E. Dentu, 1888.
  • Marie-Claude Schapira, « Amable Tatsu, Delphine Gay, le désenchantement féminin », dans Christine Planté (Dir.), Masculin/féminin dans la poésie et les poétiques du XIXe siècle, coll. Littérature et idéologies, Lyon, Presses Universitaires de Lyon, 2002.
  • Léon Séché, La Jeunesse de Delphine Gay, Paris, [s.n.], 1900.
  • Léon Séché, Muses romantiques : Delphine Gay, Mme de Girardin, dans ses rapports avec Lamartine, Victor Hugo, Balzac, Rachel, Jules Sandeau, Dumas, Eugène Sue et George Sand, Paris, Mercure de France, 1910.
  • Marie-Ève Thérenty, Femmes de presses, femmes de lettres de Delphine de Girardin à Florence Aubenas, CNRS éditions, 2019.
  • Marie Vaudouer, Œuvres choisies de Madame de Girardin, avec notices biographiques et commentaires, Paris, Alcide Picard, non daté [1911], 323 p. & 40 illustrations d'après les documents d'époque.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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