Delphine de Girardin

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Delphine de Girardin
Louis Hersent - Delphine de Girardin.jpg

Louis Hersent, Portrait de Delphine de Girardin (1824), château de Versailles.

Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 51 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Delphine GayVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonymes
Vicomte Charles Delaunay
Charles de Launay
Vicomte de Launay
Léo Lespès
Léa SepselVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Mère
Conjoint
Émile de Girardin (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata
Sur cette photo : 2ème Madame de Girardin . Delphine étant morte en 1855 Le 31 octobre 1856 à Paris IIe, Emile de Girardin épouse en secondes noces Wilhelmina Josephina Rudolphina « Mina » Brunold (1834-1891), fille du prince Frédéric de Nassau, titrée en 1844 comtesse de Tiefenbach. Leur séparation aura lieu en 1872.Paris, Bibliothèque nationale de France.

Delphine de Girardin, née Gay le à Aix-la-Chapelle[1], et morte le à Paris, est une écrivaine et journaliste française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille de Jean Sigismond Gay (1768-1822), seigneur de Lupigny en Savoie et de son épouse née Sophie Nichault de la Vallette, nièce de Marie-Françoise Gay[2], Delphine vit à Aix-la-Chapelle pendant ses premières années, et aussi pendant son adolescence, mais fait de fréquents séjours à Paris[1]. Elle est élevée par sa mère au sein d’une brillante société littéraire (sa mère l’a nommée « Delphine » en hommage au roman de Germaine de Staël[3]) et fait partie avec elle du cercle romantique de Charles Nodier. D'après Jean Balde, « elle n'a que seize ans quand elle se retrouve avec Vigny, Saint-Valry, de Latouche dans le salon d'Émile Deschamps[1] », d’où émane la Muse française dans lequel elle publiera ses premiers poèmes. Elle est l'auteure de deux volumes de mélanges, des Essais poétiques () et de Nouveaux Essais poétiques (). Lors d’une visite en Italie en 1827, elle est accueillie avec enthousiasme par le monde littéraire romain, et se voit même couronnée au Capitole. De ce séjour italien elle rapporte diverses poésies, dont la plus ambitieuse est Napoline ().

Son mariage avec Émile Delamothe, dit Émile de Girardin[4], le 1er juin 1831, lui ouvre de nouveaux horizons littéraires. De 1836 à 1839, elle publie des chroniques spirituelles dans le journal La Presse, sous le nom de plume de « Charles de Launay ». Ces chroniques, éditées sous forme de recueil en sous le titre de Lettres parisiennes, obtiennent un grand succès.

Parmi ses œuvres de fiction les plus connues, on peut citer le roman le Marquis de Pontanges (), un recueil de récits, Contes d’une vieille fille à ses neveux (), la Canne de Monsieur de Balzac () et Il ne faut pas jouer avec la douleur ().

On compte au nombre de ses drames en prose et en vers l’École des journalistes (), Judith (), Cléopâtre (), Lady Tartuffe (), et les comédies en un acte, C’est la faute du mari (), La Joie fait peur (), le Chapeau d’un horloger () et Une femme qui déteste son mari, paru à titre posthume.

Delphine de Girardin a exercé une influence personnelle considérable dans la société littéraire contemporaine et dans son salon régulièrement fréquenté, entre autres, par Théophile Gautier, Honoré de Balzac, Alfred de Musset, Victor Hugo, Laure Junot d'Abrantès, Marceline Desbordes-Valmore, Alphonse de Lamartine, Jules Janin, Jules Sandeau, Franz Liszt, Alexandre Dumas père, George Sand et Fortunée Hamelin.

Elle a écrit sous divers pseudonymes : Vicomte Charles Delaunay, Charles de Launay, Vicomte de Launay, Léo Lespès, Léa Sepsel.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Chroniques parisiennes, 1836-1848, Paris, Éditions des Femmes,
  • Comédies, Calmann-Lévy
  • Contes d'une vieille fille à ses neveux, Paris, Librairie Nouvelle
  • Essais poétiques, Paris, Imprimerie de Gaultier-Laguionie,
  • Hymne à Sainte Geneviève, Paris, Urbain Canel : P. Dupont,
  • Judith : tragédie en trois actes, Bruxelles, Meline, Cans,
  • La joie fait peur, Paris, Calmann-Lévy,
  • La Vision, Paris, Urbain Canel,
  • Lady Tartuffe, Berlin, Schlesinger,
  • Le Chapeau d'un horloger; comédie en un acte, en prose, Paris, Michel Lévy,
  • Le Dernier Jour de Pompéi, poème, suivi de poésies diverses, Paris, P. Dupont et Delaunay,
  • L'École des journalistes ; comédie en cinq actes et en vers, Paris, Dumont,
  • La Canne de M. de Balzac, Paris, M. Lévy frères,
  • Monsieur le marquis de Pontanges, Paris, Librairie nouvelle,
  • Poésies complètes, Paris, Librairie nouvelle,
  • Lettres choisies, Paris, Librairie Payot & Cie.,
  • Lettres parisiennes du vicomte de Launay, Paris, Mercure de France,
  • Marguerite, ou, Deux amours, Paris, Lévy,
  • Nouveaux Essais poétiques, Paris, Urbain Canel,
  • Nouvelles, Paris, Lévy,
  • Œuvres complètes de madame Émile de Girardin, née Delphine Gay, Paris, H. Plon, - Tome premier, Lire en ligne
  • Poésies complètes, Paris, Charpentier,
  • L'île des Marmitons, ouvrage illustré pour enfants, éditions Dervaux (1950)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Jean Balde, Mme de Girardin, textes choisis et commentés Paris, Librairie Plon, 1913.
  2. Marc Le Goupils, La Revue de Paris, vol. 14, Paris, Bureau de la Revue de Paris, , 144 p. (lire en ligne), chap. 4, p. 93.
  3. Théophile Gautier, Portraits et souvenirs littéraires (lire en ligne), « […] Son nom tiré d’un roman de madame de Staël », p. 83.
  4. Fils naturel d'Alexandre Louis Robert comte de Girardin et d'Adélaïde Marie Fagnan épouse Dupuy, il sera légitimé au sein d'une Commission de la Chambre des Députés : Le Moniteur, 24 décembre 1837.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jeanne Alleman, Mme Émile de Girardin, Paris, Plon-Nourrit et Cie., 1913.
  • François Bondy, Une femme d'esprit en 1830, Madame de Girardin, Paris, Hachette, 1928.
  • Andrea Del Lungo, « Aux racines de la distinction. Une lecture sociologique de l’œuvre narrative de Delphine de Girardin », Andrea Del Lungo et Brigitte Louichon, La Littérature en bas-bleus. Romancières sous la Restauration et la Monarchie de Juillet, Paris, Classiques Garnier, 2010, p. 295-315 (ISBN 978-2-8124-0153-4).
  • Alison Finch, Women's writing in nineteenth-century France, Cambridge, UK ; New York, NY, Cambridge University Press, 2000 (ISBN 978-0-5216-3186-0).
  • Théophile Gautier, Portraits et souvenirs littéraires, Paris, E. Fasquelle, 1875.
  • Claudine Giacchetti, Delphine de Girardin, la muse de Juillet, Paris, L'Harmattan, 2004 (ISBN 978-2-7475-6310-9).
  • Georges d’Heilly, Madame E. de Girardin (Delphine Gay) sa vie et ses œuvres, Paris, Bachelin-Deflorenne, 1869.
  • (en) Joyce Ann Carlton Johnston, Laughing fit to kill : aspects of wit in the works of Delphine Gay de Girardin, Thèse, 2001.
  • Alphonse de Lamartine, Portraits et salons romantiques, Paris, Le Goupy, 1927.
  • Madeleine Lassère, Delphine de Girardin : journaliste et femme de lettres au temps du romantisme, Paris, Perrin, 2003 (ISBN 978-2-2620-1885-6).
  • Henri Malo, La Gloire du vicomte de Launay, Delphine Gay de Girardin, Paris, Émile-Paul frères, 1925.
  • Henri Malo, Une muse et sa mère : Delphine Gay de Girardin, Paris, Émile-Paul Frères, 1924.
  • Jules Manecy, Une famille de Savoie : celle de Delphine Gay, Aix-les-Bains, E. Gérente, 1904.
  • Eugène de Mirecourt, Les contemporains; portraits et silhouettes au XIXe siècle, Paris, Librairie des contemporains, 1854-1870.
  • Eugène de Mirecourt, Mme de Girardin (Delphine Gay), Paris, G. Havard, 1855.
  • Michèle Perret, « Norme, surnorme et création néologique chez une Parisienne du début du XIXe siècle », Le Changement linguistique en français, aspects socio-historiques : études en hommage au professeur R. Anthony Lodge, T. Pooley et D. Lagorgette éds, P. U. Savoie, 2014 : p. 175-181.
  • Imbert de Saint-Amand, Alphonse de Lamartine, François-René de Chateaubriand, Madame de Girardin, Paris, E. Dentu, 1888.
  • Léon Séché, La Jeunesse de Delphine Gay, Paris, [s.n.], 1900.
  • Léon Séché, Muses romantiques : Delphine Gay, Mme de Girardin, dans ses rapports avec Lamartine, Victor Hugo, Balzac, Rachel, Jules Sandeau, Dumas, Eugène Sue et George Sand, Paris, Mercure de France, 1910.
  • Marie Vaudouer, Œuvres choisies de Madame de Girardin, avec notices biographiques et commentaires, Paris, Alcide Picard, non daté [1911], 323 p. & 40 illustrations d'après les documents d'époque.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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