Léopoldine Hugo

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Léopoldine Hugo
Maison de Victor Hugo Leopoldine Chatillon 27122012.jpg

Léopoldine Hugo, peinte par Auguste de Châtillon en 1836, le jour de sa première communion.

Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 19 ans)
VillequierVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Père
Mère
Frères
Sœur
Conjoint

Léopoldine Cécile Marie-Pierre Catherine Hugo, née le à Paris, et morte le à Villequier (Seine-Maritime), à l'âge de 19 ans, est la fille du romancier, poète et dramaturge Victor Hugo et d’Adèle Foucher.

Biographie[modifier | modifier le code]

Née au 90 rue de Vaugirard[1], Léopoldine rencontre Charles Vacquerie (1817-1843), fils d’un armateur du Havre, lors d’une visite de courtoisie que les Hugo font aux Vacquerie dans leur maison de Villequier en 1838. Léopoldine, qui a 14 ans, et Charles, qui en a 21, s’éprennent l’un de l’autre mais l’écrivain, très attaché à sa fille (qu'il surnomme Didine ou Didi), trouve celle-ci trop jeune (bien qu'elle soit l'aînée) pour pouvoir penser au mariage.

Après avoir patienté cinq ans, Léopoldine épouse Charles Vacquerie, le 15 février 1843, en l'église Saint-Paul à Paris, dans la plus stricte intimité.

Le 2 septembre suivant, le couple arrive à Villequier. Le lundi matin, 4 septembre, vers dix heures, Charles Vacquerie embarque sur la Seine, en compagnie de son oncle, Pierre Vacquerie (1781-1843), ancien marin, et du fils de celui-ci, Arthur (1832-1843), âgé de onze ans, lauréat de la veille, pour se rendre chez Me Bazire, le notaire de Caudebec, à une demi-lieue de Villequier, où il avait affaire, dans un canot de course que son oncle venait de faire construire.

Au moment de partir, Charles demande à sa jeune femme si elle veut les accompagner. Celle-ci refuse parce qu’elle n’est pas habillée. Les trois voyageurs se mettent en route après avoir promis d’être de retour pour le déjeuner. Quelques instants plus tard, Charles revient prendre deux lourdes pierres en bas de la maison parce que le canot n’a pas assez de lest. Alors qu’il les met dans le bateau pour lui donner plus de solidité, sa jeune femme s’écrie : « Puisque vous voilà revenus, je vais aller avec vous ; attendez-moi cinq minutes ». On l’attend, elle monte dans le canot. Madame Vacquerie mère recommande de rentrer pour le déjeuner, regarde le canot s’en aller, et pense : « Il fait trop calme, ils ne pourront pas aller à la voile, nous déjeunerons trop tard ». En effet, la voile du canot retombe sur le mât. Pas une feuille ne tremble aux arbres. Cependant un léger souffle venant de temps en temps gonfler la voile, le bateau avance lentement et arrive à Caudebec, où ils se rendent chez le notaire auquel Charles allait parler pour des affaires relatives à la succession de son père, mort dernièrement.

À Caudebec, le notaire veut les persuader de ne pas s’en retourner par la rivière parce qu’il ne fait pas de vent et qu’ils feraient la route trop lentement. Il leur offre donc sa voiture pour les reconduire à Villequier. Les voyageurs refusent et reprennent leur canot.

L’oncle Vacquerie tient la barre du gouvernail, lorsque tout à coup entre deux collines, s’élève un tourbillon de vent[2] qui, sans que rien ait pu le faire pressentir, s’abat sur la voile, et fait brusquement chavirer le canot. Des paysans, sur la rive opposée, voient Charles reparaître sur l’eau et crier, puis plonger et disparaître puis monter et crier encore, et replonger et disparaître six fois. Ils croient qu’il s’amuse alors qu’il plonge et tâche d’arracher sa femme, qui, sous l’eau, se cramponne désespérément au canot renversé. Charles est excellent nageur[3],[4], mais Léopoldine s’accrochait comme le font les noyés, avec l’énergie du désespoir. Les efforts désespérés de Charles restent sans succès ; alors, voyant qu’il ne la ramènera pas avec lui dans la vie, ne voulant pas être sauvé, il plonge une dernière fois et reste avec elle dans la mort. Pendant ce temps, Madame Vacquerie, attend dans le jardin. Elle a pris une longue-vue et regarde dans la direction de Caudebec. Ses yeux se troublent, elle appelle un pilote et lui dit : « Regardez vite, je ne vois plus clair, il semble que le bateau est de côté. » Le pilote regarde et ment : « Non, madame, ce n’est pas leur bateau », mais ayant vu le canot chaviré, il court en toute hâte avec ses camarades. Mais il est trop tard. Lorsqu’on apporte quatre cadavres à Madame Vacquerie, sur ce même escalier d’où ils étaient partis, trois heures auparavant, elle ne veut pas les croire morts, mais tous les soins sont inutiles. Léopoldine n’avait que dix-neuf ans et son mari en avait vingt-six, l'oncle Pierre, soixante-deux et le cousin Arthur, à peine onze.

Léopoldine Hugo repose au cimetière de Villequier, dans le même cercueil que Charles Vacquerie.

Léopoldine dans l’œuvre de son père[modifier | modifier le code]

Les morts prématurées et tragiques de sa fille et de son gendre auront une très grande influence sur l’œuvre et la personnalité de Victor Hugo. L’écrivain n'apprendra la mort de sa fille que quatre jours plus tard dans la presse. Il ne pourra venir sur sa tombe qu'en septembre 1846 et consacrera à la mémoire de sa fille de nombreux poèmes, notamment « Demain, dès l'aube… » et À Villequier dans Pauca Meae, le quatrième livre Les Contemplations, ainsi que : « Elle avait pris ce pli... ». Il rencontra bientôt Léonie d'Aunet qui lui permit de supporter son deuil.

La mort de Léopoldine impressionnera beaucoup sa jeune sœur Adèle Hugo âgée de 13 ans, au point d'ébranler la santé psychique de l'adolescente.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (Actuellement : 88, rue de Vaugirard) Les lieux hugoliens, n°9, site victorhugo2002.culture.fr.
  2. C'est à tort que l'on prétend qu'un mascaret a fait chavirer l'embarcation.
  3. Florence Colombani, Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps. Léopoldine Hugo et son père, Grasset, 2010
  4. Jacques-Henry Bornecque, « Les leçons de Villequier », article publié dans Le Monde, numéro du 4 octobre 1952, p. 9.

Source A[modifier | modifier le code]

  • L’Art moderne, t. 5, , p. 174-6.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Charles Constans, Léopoldine Hugo, Rodriguez, Béziers, 1931.
  • Pierre Georgel, Léopoldine Hugo, une jeune fille romantique, MVH, Paris, 1967.
  • Pierre Georgel, L’Album de Léopoldine Hugo, musée VH de Villequier, 1967.
  • Pierre Georgel, Léopoldine Hugo, correspondance, Klincksieck-Bibliothèque du XIXe siècle, Paris, 1976.
  • Henri Gourdin, Léopoldine, l’enfant-muse de Victor Hugo, Presses de la Renaissance, 2007.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

  • Musée Victor-Hugo à Villequier (lieu également de sa tombe dans le cimetière), non loin de la demeure de la famille Vacquerie.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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