Léonie d'Aunet

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Léonie d'Aunet
Leoniedaunet.jpg
Portrait par François-Auguste Biard.
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Activités
Conjoint
Enfants
Georges Biard d’Aunet (d)
Marie Double (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Léonie Thévenot d’Aunet, née à Paris en 1820[1] et morte dans le 1er arrondissement de Paris le , est une romancière, nouvelliste, dramaturge et exploratrice française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille du chef d’escadron originaire de Québec Auguste-François-Michel Thévenot d’Aunet et d’Henriette-Joséphine d’Orémieulx, Léonie d’Aunet fut éduquée à l’Institution Fauvel, puis mariée à Paris, le 23 juillet 1840, au peintre François-Auguste Biard. Lorsque son futur mari fut engagé dans l’expédition scientifique au Spitzberg (1838-1839)[2], montée pour explorer l’océan Arctique à bord de la corvette La Recherche, sous la direction de Joseph Paul Gaimard, elle défia l’opposition unanime qu’elle rencontra, en annonçant sa résolution de l’accompagner. Elle traversa avec lui la Belgique, la Hollande, la Norvège avant de quitter Hammerfest, la ville la plus septentrionale de Scandinavie, pour aborder, après plusieurs semaines, le Spitzberg. Son début dans les lettres fut sa publication, sous forme de feuilleton dans la Revue de Paris, de la relation de cette expédition scientifique aux régions boréales, qu’aucune femme n’avait entreprise avant elle.

À l’automne 1843, elle rencontra, peut-être dans le salon de Fortunée Hamelin, Victor Hugo (avec qui elle devait avoir une liaison de sept ans qui ne s’interrompit qu’avec l’exil auquel le coup d'État du 2 décembre 1851 obligea le poète), lui inspirant des nombreuses poésies dont on trouve trace dans les Contemplations. Cette relation lui redonne goût à la vie et le distrait du chagrin qu'il éprouve de la perte de sa fille Léopoldine Vacquerie. Le lundi 1er avril 1844, les relations entre Léonie et Hugo se précisent. Le 5 juillet 1845, elle est surprise avec l’écrivain en flagrant délit d’adultère dans un hôtel du passage Saint-Roch. Le commissaire laisse partir Hugo, après quelque hésitation, lorsqu'il brandit l'inviolabilité de son statut de pair de France, mais Léonie est arrêtée et emmenée à la prison Saint-Lazare. Au bout de deux mois, elle est transférée au couvent des Dames de Saint Michel où Adèle Foucher qui, bien aise de voir une concurrente à Juliette Drouet, a pris son parti et vient lui rendre visite, tandis que le roi Louis-Philippe Ier attribuait une commission à son mari pour le calmer.

Tableau de Biard peint d’après l’expédition du Spitzberg.

Le 10 septembre 1845, elle entra au couvent des Augustines où elle resta environ six mois. Une fois libérée, elle fit de fréquentes visites au domicile d’Hugo. Adèle Foucher l’aida, en échange de conseils vestimentaires et de décoration intérieure, à lancer sa carrière littéraire. Certains ont même affirmé que la majeure partie de ses livres était due à Victor Hugo lui-même[3]. Lorsque Hugo part en exil, Adèle la dissuadera de l’y rejoindre, mais leur correspondance ne s’interrompra pas, et le poète, à qui est revenue la charge des enfants de Léonie après sa séparation de corps, lui enverra régulièrement de l’argent jusqu’à sa mort.

Entrée dans la carrière littéraire sous son nom de jeune fille, après sa séparation judiciaire de son mari en 1855, elle commença par publier, en livre chez Hachette, le récit de son voyage au Spitzberg sous le titre de Voyage d’une femme au Spitzberg. Cet ouvrage fut suivi du Mariage en Province (1856), publié dans la Presse ; Une Vengeance (1857), Étiennette, Silvère, le Secret (1859), l’Héritage du marquis d’Elsigny (1863), tous publiés pour la Bibliothèque des Chemins de fer à la librairie Hachette, et qui lui valurent une place distinguée dans les lettres.

Léonie d’Aunet s’est également consacrée au théâtre en donnant le 30 janvier 1856 au théâtre de la Porte-Saint-Martin le drame Jane Osborn, interprété par Lucie Mabire. Elle a également publié des feuilletons dans le Siècle, le Courrier de Paris, le Journal pour tous, tenu des rubriques au journal l'Événement et assuré la chronique de mode à la revue Les Modes parisiennes sous le pseudonyme de « Thérèse de Blaru ».

Elle a laissé un fils, connu sous le nom de Biard d’Aunet, qui épousa Mlle de Lestang-Parade. Elle eut aussi une fille, morte en 1897, qui porta en littérature le pseudonyme d’« Étincelle » et qui épousa successivement de Peyronny et le baron Double.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Léonie d'Aunet donne le 2 juillet 1820 comme étant sa date de naissance, quand sa mère la déclare née le 1er janvier. Alessandra Grillo, Le Grand Tour de Léonie d'Aunet - Voyage d’une Parisienne aux pays boréaux, Revue Astrolabe, n° 21, septembre-octobre 2008.
  2. Einar-Arne Drivesnes, « Voyages de la Commission scientifique du Nord, en Scandinavie, en Laponie, au Spitsberg et aux Feroe, pendant les années 1838,1839 et 1840 », Inter-Nord, no 20,‎ (ISBN 978-2-271-06090-7, lire en ligne)
  3. Edmond-Denis Manne, Nouveau Dictionnaire des ouvrages anonymes et pseudonymes : avec les noms des auteurs ou éditeurs : accompagné de notes historiques et critiques, Lyon, N. Scheuring, 1868, 607 p. p. 391.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Une place à la cour, comédie en 1 acte, Poissy, Arbieu, 1854.
  • Voyage d’une femme au Spitzberg, Paris, Hachette, 1854.
  • Jane Osborn, drame en quatre actes, Paris, A. Taride, 1855.
  • Un mariage en province, Paris, W. Gerhard, 1856.
  • Étiennette ; Silvère ; Le Secret, nouvelles, Paris, L. Hachette, 1859.
  • L’Héritage du marquis d’Elvigny. Les deux Légendes d’Hardenstein, Paris, L. Hachette, 1863.
  • Une vengeance, Paris, Hachette, 1857.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Édouard Plouvier, Le Livre d’or des femmes : cent-douze biographies, Paris, A. Lacroix, 1870, p. 29-30, 326 p.
  • Gustave Vapereau, Dictionnaire universel des contemporains : contenant toutes les personnes notables de a France et des pays étrangers, Paris, Hachette, 1870, p. 193.
  • Alessandra Grillo, « Le Grand Tour de Léonie d'Aunet », Astrolabe, no 21, septembre-octobre 2008, lire en ligne.
  • Françoise Lapeyre, Léonie d'Aunet, Paris, JC Lattès, 2005.
  • Victor Hugo, Lettres de Victor Hugo à Léonie Biard, Jean Gaudon éd., Paris, Blaizot, 1990.

Liens externes[modifier | modifier le code]