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Angelo, tyran de Padoue

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Angelo, tyran de Padoue
Angelo au théâtre, dans Le Gaulois du dimanche, 1905
Angelo au théâtre, dans Le Gaulois du dimanche, 1905

Auteur Victor Hugo
Genre Drame romantique
Nb. d'actes 3
Dates d'écriture 1835

Angelo, tyran de Padoue, est un drame en prose de Victor Hugo représenté pour la première fois au Théâtre Français, salle Richelieu, à Paris le .

Angelo marque le retour de Hugo à la Comédie-Française après les désaccords avec le directeur du théâtre de la Porte-Saint-Martin sur le choix des acteurs de la pièce Marie Tudor.

Le drame est écrit très vite du 2 au . Du au il y a 36 représentations qui rencontrent un franc succès. L'année suivante, 10 autres représentations sont jouées mais avec une distribution moins intéressante. La pièce est reprise en 1850 avec l'actrice Rachel, puis en 1905 avec Sarah Bernhardt[1].

Après la reprise avec Rachel, Victor Hugo est émerveillé et déclare : « Je retrouve Madame Dorval, avec du style »[2].

Dans l'Italie ancienne, Angelo règne sur Padoue dont il est le puissant podestat. Bien que marié à Catarina Bragidini, il a une maîtresse, la comédienne Tisbe. Il tente d'exercer son pouvoir sur les deux femmes ; il se croit aimé de Tisbe mais celle-ci a un amant : Rodolfo. Tisbe et Rodolfo se font passer pour frère et sœur aux yeux du tyran. En vérité, Rodolfo fait semblant d'aimer Tisbe pour pouvoir rejoindre en secret Catarina. Dans cette pièce tout le monde aime quelqu'un et croit être aimé en retour mais le seul amour réciproque est celui de Catarina et Rodolfo. À l'aide d'un espion du Conseil des Dix, Homodèi, Angelo découvre que sa femme a un amant. Il décide de la tuer, mais Tisbe, comprenant que Catarina a sauvé sa mère et que Rodolfo ne l'aime pas, n'a plus le goût de vivre. Décidant d'aider les deux amants plutôt que de se venger, elle se sacrifie par amour.

Personnages

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  • Angelo, tyran de Padoue ;
  • Catarina, sa femme ;
  • Tisbe, sa maîtresse, amoureuse de Rodolfo ;
  • Rodolfo, l'amant de Catarina ;
  • Homodei, un espion de Venise envoyé par le conseil des dix ;
  • Odelafo, un garde du Tyran

Le rôle central des femmes

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Dans cette pièce, Victor Hugo insiste sur l'importance des femmes. Il dévoile, à mesure que l'intrigue avance, la force qu'elles ont en elles. Elles sont mises en avant par leur force morale et la volonté qu'elles ont d'aller au bout de ce qu'elles commencent. Le sacrifice par amour est le symbole de cette volonté car chacune des deux femmes va se sacrifier. Leur force est aussi mise en valeur par la violence des hommes, Angelo est, dès le départ, montré comme un tyran qui tue avant de réfléchir. Rodolfo semble moins idiot qu'Angelo, mais finalement en tuant Tisbe, il démontre la similarité entre ces deux hommes. Les femmes, elles, s'entraident et sauvent des vies : Catarina sauve la mère de Tisbe et Tisbe sauve Catarina. Face au pouvoir masculin, les femmes finissent par triompher.

Mises en scène notables

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Icône signalant une information Sauf indication contraire ou complémentaire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par la base de données Les Archives du spectacle.

Adaptations

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La pièce de Victor Hugo a été adaptée à plusieurs reprises à l'opéra. En 1837, le compositeur italien Saverio Mercadante compose Il giuramento (Le Serment) dont le livret écrit par Gaetano Rossi s'inspire de la pièce de Victor Hugo ; l'opéra est créé avec succès le à La Scala de Milan. L'opéra en quatre actes La Gioconda d'Amilcare Ponchielli, sur un livret d'Arrigo Boito, s'inspire également de la pièce de Hugo ; il est créé à la Scala de Milan le . Le compositeur russe César Cui écrit de 1871 à 1875 l'opéra Angelo (en) sur un livret de Victor Bourénine inspiré de la pièce de Hugo ; il est créé le au Théâtre Mariinsky à Saint-Péterbourg. Le compositeur et chef d'orchestre français Alfred Bruneau compose en 1928 Angelo tyran de Padoue.

Le cinéaste autrichien Max Neufeld, exilé en Italie à partir de 1936, tourne à Rome en 1946 Le Tyran de Padoue (film) (it), avec Carlo Lombardi (it) dans le rôle d'Angelo, Elsa De Giorgi dans celui de Catarina et Clara Calamai dans celui de Tisbé[6].

Notes et références

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  1. Anne Ubersfeld, Notice sur Angelo dans une édition Théâtre de Victor Hugo, Paris, Robert Laffont, , 1477 p. (ISBN 978-2-221-04695-1, BNF 34836393), p. 1455
  2. René Bailly et Claude Fournier, « Rachel « la grande » », Revue des Deux Mondes, , p. 337-350 (lire en ligne).
  3. Michel Cournot, « Angelo, tyran de Padoue, de Victor Hugo. Des meurtres pour rire », Le Monde, (lire en ligne).
  4. René Solis, « Angelo ou les cauchemars de l’amour », Libération, (lire en ligne).
  5. Brigitte Salino, « Victor Hugo dans la ronde de l'amour moderne. À Avignon, le mélodrame Angelo, tyran de Padoue mis en scène par le cinéaste Christophe Honoré », Le Monde, (lire en ligne).
  6. « Angelo, tyran de Padoue » (présentation de l'œuvre), sur l'Internet Movie Database

Articles connexes

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