Lucrèce Borgia (Hugo)

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Lucrèce Borgia
Louis Boulanger - Scène de l'affront (Lucrèce Borgia, acte I, scène V)
Louis Boulanger - Scène de l'affront (Lucrèce Borgia, acte I, scène V)

Auteur Victor Hugo
Genre drame
Nb. d'actes 3
Date d'écriture juillet 1832
Musique de scène Alexandre Piccinni
Date de parution 1833
Date de création en français 2 février 1833
Lieu de création en français théâtre de la Porte-Saint-Martin
Rôle principal Mlle George
Adaptations
Lucrezia Borgia, Donizetti

Lucrèce Borgia est un drame en prose de Victor Hugo, représenté pour la première fois au théâtre de la Porte-Saint-Martin le , avec Mademoiselle George et Frédérick Lemaître dans les premiers rôles. Il est inspiré de l'histoire de Lucrèce Borgia.

Lucrèce Borgia est conçue comme formant un ensemble avec Le roi s'amuse. Hugo cherche en effet à surprendre le public en donnant à la Comédie-Française et au théâtre de la Porte-Saint-Martin une pièce reprenant le genre auquel ce public est habitué dans chacun de ces théâtres, la tragédie pour la Comédie-Française, le mélodrame pour le théâtre de la Porte-Saint-Martin, pour le subvertir en y introduisant des éléments de l'autre genre. Ainsi Le roi s'amuse est une « tragédie grotesque », tandis que Lucrèce Borgia, aux apparences de mélodrame, est une « tragédie des Atrides » où le grotesque est atténué par rapport aux pièces précédentes[1].

La pièce est composée de 15 scènes sur 3 actes. Elle a été écrite en juillet 1832, avec peut-être des retouches avant la représentation[2]. L’œuvre remporte un grand succès, au point que Donizetti en tire un opéra cette même année, Lucrezia Borgia, Felice Romani s'inspirant de la pièce pour le livret. Lors d'une lecture privée à ses connaissances[réf. nécessaire], le dramaturge rencontre pour la première fois Juliette Drouet.

Création[modifier | modifier le code]

Costume de Mlle George dans le rôle de Lucrèce Borgia.

La pièce est représentée au théâtre de la Porte-Saint-Martin le 2 février 1833. Les rôles principaux sont tenus par Mlle George (Lucrèce), Isidore Delafosse (Alphonse d'Este), Frédérick Lemaître (Gennaro), et Jean-Baptiste Provost (Gubetta), les rôles secondaires par Chéri (d'Orsini), Charles de Chilly (Liveretto), Monval (Gazella), Tournay (Petrucci), Auguste (Vitellozzo), Serres (Rustighello), Vissot (Astolfo) et Mlle Juliette (princesse Negroni). Le peintre Louis Boulanger est chargé des décors[3]. Hugo lui-même et Frédérick Lemaître s'occupent sans doute de la mise en scène. La musique de scène est due à Alexandre Piccinni[1].

Sources de Hugo[modifier | modifier le code]

Victor Hugo a utilisé comme sources de son drame l'Essai sur les mœurs de Voltaire, peut-être le Specimen historiae arcanae sive anecdotae de vita Alexandri VI, Papae seu excerpta ex diario Johannis Burchardi, abrégé d'un ouvrage de Burchard, secrétaire du pape Alexandre VI, les Mémoires pour servir à l'histoire de la vie de César Borgia, duc de Valentinois de Tommaso Tommasi, la Biographie universelle de Louis-Gabriel Michaud, l'Histoire des guerres d'Italie de François Guichardin, l'Histoire des républiques italiennes du Moyen Âge de Jean de Sismondi[4].

Résumé[modifier | modifier le code]

Acte I. Affront sur affront.[modifier | modifier le code]

Première partie[modifier | modifier le code]

L'action se déroule sur une terrasse du palais Barbarigo, à Venise, au clair de lune. Un groupe de jeunes nobles évoque les affaires de la famille Borgia, parmi lesquelles l'assassinat de Jean Borgia par son frère César, par amour pour leur sœur, Lucrèce. Gennaro, un des jeunes gens, qui ne sait pas qui était sa famille, ne s'intéresse pas à la conversation et s'endort. Entre Lucrèce, qui contemple le jeune homme endormi, avant de converser avec son lieutenant, Gubetta. On apprend qu'elle a suivi à Venise Gennaro, qu'elle aime, et qu'à cause de lui elle veut se réformer. Elle ordonne la libération des hommes qu'elle a condamnés à mort. Mais deux hommes masqués ont surpris la conversation : convaincu de l'infidélité de Lucrèce, le premier décide de faire venir Gennaro à Ferrare pour se venger de lui. Gennaro s'éveille ; il converse avec Lucrèce et lui parle de sa mère, une femme dont il ne sait rien, mais qui le protège de loin, et qu'il aime. Reviennent alors les jeunes nobles du début de l'acte : ils dévoilent à Gennaro l'identité de Lucrèce et font la liste des hommes qu'elle a fait assassiner. Lucrèce tombe évanouie.

Deuxième partie[modifier | modifier le code]

L'action se déroule sur une place de Ferrare. Lucrèce Borgia fomente avec Gubetta un complot pour se venger des jeunes nobles qui l'ont humiliée à l'acte I. Ceux-ci entrent en scène, un peu inquiets de se trouver à Ferrare après avoir ainsi insulté la duchesse (Lucrèce), mais décidés à aller dîner le soir même chez la princesse Negroni. Gennaro dit à tous la haine profonde que lui inspire Lucrèce ; pour le prouver, il mutile un panneau qui porte son nom, transformant "Borgia" en "orgia". Tout le monde sort ; les hommes du duc (le mari de Lucrèce) viennent se saisir de Gennaro.

Acte II. Le couple.[modifier | modifier le code]

Première partie[modifier | modifier le code]

L'action se déroule dans une salle du palais ducal de Ferrare. Alphonse, le duc et époux de Lucrèce, envoie un de ses serviteurs (Rustighello) chercher du poison. Entre Lucrèce, outrée par l'affront commis contre son nom, et réclamant vengeance. Elle fait jurer à son mari que le coupable ne sortira pas vivant de la pièce ; il le promet et envoie chercher le prisonnier : c'est Gennaro, qui confesse son crime sans hésiter, au désespoir de Lucrèce. Restée seule avec le duc, elle tente de le fléchir ; mais celui-ci explique qu'il sait que Gennaro est son amant, et qu'il a décidé de le faire mourir. Lorsque le jeune homme revient, il lui fait verser du poison ; mais Lucrèce convainc Gennaro de boire le contre-poison et le sauve. Elle lui ordonne de fuir Ferrare au plus vite.

Deuxième partie[modifier | modifier le code]

L'action se déroule sur la place de Ferrare. Le duc Alphonse et Rustighello se tiennent en embuscade, prêts à assassiner Gennaro. Mais avant qu'ils aient pu mettre leur projet à exécution, entre Maffio, le frère d'arme de Gennaro. Celui-ci fait douter Gennaro de la nécessité de partir, et le convainc de venir plutôt au souper de la princesse Negroni (auquel il n'a pas été convié). Entendant cela, le duc se réjouit.

Acte III. Ivres-morts[modifier | modifier le code]

Une salle du palais Negroni. Le groupe de jeunes nobles, y compris Maffio et Gennaro, est au dîner de la princesse. Ils ont bien mangé et bien bu. Maffio s'inquiète un peu de voir que Gubetta (qui se fait passer pour un seigneur espagnol et a réussi à devenir leur ami) ne touche pas au vin. Les femmes étant sorties, ils constatent que les portes du palais sont fermées. Soudain, elles s'ouvrent pour laisser passer une file de pénitents, qui précède l'entrée en scène de Lucrèce. Elle leur annonce qu'ils ont été empoisonnés, et n'ont pas une heure à vivre ; elle apporte avec elle cinq cercueils et des prêtres pour la confession. S'apercevant que Gennaro fait partie du groupe, elle fait sortir tout le monde. Elle l'implore pour qu'il boive le contre-poison ; il refuse. Il lui annonce qu'il va la tuer pour venger ses amis empoisonnés ; elle le supplie de ne pas le faire, et lui révèle qu'il est le fils de Jean Borgia (Gennaro en déduit donc qu'elle est sa tante). Il refuse de se laisser fléchir, et la frappe ; avec son dernier souffle, Lucrèce lui révèle la vérité :

Ah !.,. tu m'as tuée ! —Gennaro ! je suis ta mère!

Éditions[modifier | modifier le code]

Du vivant de Hugo :

Autres éditions :

  • Paul et Victor Glachant, Essai critique sur le théâtre de Victor Hugo, vol. 2, Les drames en prose, Hachette, 1903 [lire en ligne]Lucrèce Borgia, p. 63-94.
  • Victor Hugo, Ruy Blas. Lucrèce Borgia. Marie Tudor. Angelo, tyran de Padoue, Flammarion, coll. « GF », (ISBN 2-08-070324-2), édition de Raymond Pouilliart.

Mises en scène notables[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Anne Ubersfeld, Le Drame romantique, Belin, 1993, pp. 119 sq., 122 sqq.
  2. Raymond Pouilliart, dans Hugo 1979, p. 39.
  3. Raymond Pouilliart, dans Hugo 1979, p. 39-40.
  4. Raymond Pouilliart, dans Hugo 1979, p. 38-39.
  5. Vitez Antoine, « Victor Hugo et son théâtre, Antoine Vitez à la Sorbonne », dans Romantisme, 1990, n° 69, p. 116-122 [lire en ligne]
  6. Florence Naugrette, « Vitez metteur en scène de Hugo », dans Romantisme, 1998, n° 102, p. 27-39 [lire en ligne]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]