Marie Bobillier

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Marie BobillierMichel Brenet
Nom de naissance Antoinette Christine Marie Bobillier
Naissance
Lunéville, France
Décès (à 60 ans)
Paris, France
Activité principale Musicologue
Activités annexes Critique musicale
Lieux d'activité Paris
Années d'activité 1882–1918

Marie Bobillier, née à Lunéville, le 12 avril 1858 – morte à Paris le 4 novembre 1918, est une musicologue, critique musicale française, écrivant sous le pseudonyme de Michel Brenet.

Biographie[modifier | modifier le code]

Née d’un père militaire, capitaine puis colonel dans l’artillerie[1], Marie Bobillier, fille unique[2], vit son enfance dans plusieurs villes, notamment Strasbourg et Metz, pour finalement s’installer à Paris en 1871. Elle apprend le piano, mais une scarlatine contractée à l’âge de treize ans, la rend invalide, influençant sa décision de consacrer sa vie à la recherche[3],[4] après avoir été aux concerts Pasdeloup[2]. C’est l'une des premières musicologues françaises[5].

Sa première publication, Histoire de la symphonie à orchestre (1882), remporte un prix à Bruxelles (Académie royale de Belgique), engageant sa réputation sans cesse croissante dans le milieu musicologique français[3]. Douée d’une méthode rigoureuse, allant puiser aux sources et documents les plus fiables, elle enchaîne les publications – plusieurs études précieuses consacrées à la musique vocale – consacrées à Ockeghem, Goudimel, Palestrina (1906), Sébastien de Brossard, Haendel, Haydn, Grétry et Berlioz. Bobillier a également abordé la musique instrumentale classique et médiéval et a laissé un précieux et indépendant Dictionnaire pratique et historique de la musique, achevé et publié par Amédée Gastoué en 1926.

Son livre intitulé Notes sur l’histoire du luth en France a ouvert la voie aux recherches ultérieures dans ce domaine[3].

Ses œuvres majeures sont Les musiciens de la Sainte-Chapelle du Palais (« son œuvre maîtresse » selon La Laurencie[6],[7]), Les concerts en France sous l’ancien régime et La librairie musicale en France de 1653 à 1790, où elle donne la preuve de sa grande érudition et de sa compétence d’historienne de la musique[3]. Jean-Marie Fauquet résume l’œuvre de Marie Bobillier d’une phrase : c’« est d’un niveau de qualité exceptionnel, à la fois par la variété des sujets traités et par la méthode appliquée[8]. »

En tant que critique ou musicologue, elle collabore aux journaux tels que L'Année musicale (entre 1911 à 1913, dont elle était un des fondateurs avec Jean Chantavoine (1877–1952), Louis Laloy et Lionel de La Laurencie[3] – elle y rédigeait notamment des bibliographies d’ouvrages français, allemands, anglais et italiens), la Revue musicale, la Revue de musicologie, les Archives historiques, artistiques, littéraires, le Correspondant, le Courrier musical, le Guide du concert, le Journal musical, Le ménestrel et la Tribune de Saint-Gervais (le bulletin mensuel de la Schola cantorum)[3], etc. ; à l’étranger, elle collabore à la Rivista Musicale Italiana et au Musical Quarterly. Elle collabore aussi à l’Encyclopédie de la musique de Lavignac. Dotée d’une personnalité très réservée et alors que « l’estrade lui fait peur », elle donne quelques conférences ; mais décline sa participation aux sociétés savantes[6].

Elle laisse des notes, citations et relevés, accumulés tout au long de ses recherches, reliés après sa mort en dix-neuf volumes, et conservés sous le nom de Documents sur l’histoire de la musique à la Bibliothèque nationale[5],[9],[10].

Son pseudonyme provient du village du Doubs, Les Brenets, d’où est originaire sa famille paternelle[11].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Monographies[modifier | modifier le code]

  • Histoire de la symphonie à orchestre : depuis ses origines jusqu’à Beethoven inclusivement, Paris, Gauthier-Villars, , 168 p. (OCLC 3797930, notice BnF no FRBNF35255266, lire en ligne [PDF])
  • Grétry : sa vie et ses œuvres, Bruxelles, F. Hayez, coll. « Academie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique » (no 36), , 287 p. (OCLC 606230105, notice BnF no FRBNF30116511, lire en ligne [PDF])
  • Deux pages de la vie de Berlioz : les œuvres de Berlioz en Allemagne ; le premier opéra de Berlioz, Paris, L. Vanier, , 72 p. (OCLC 12737478)
  • Jean de Ockeghem : maître de la chapelle des rois Charles VII et Louis XI, étude bio-bibliographique, d’après des documents inédits, Nogent-le-Rotrou, impr. de Daupeley-Gouverneur, , 32 p. (OCLC 491487575, notice BnF no FRBNF30116513)
  • Sébastien de Brossard : prêtre, compositeur et bibliophile (165..–1730) : d’après ses papiers inédits, Genève, (Nogent-le-Rotrou, 1896) Éditions Minkoff, coll. « Société de l'histoire de Paris et de l'île-de-France », , 53 p. (ISBN 2826609343, OCLC 40551890, notice BnF no FRBNF35255275)
  • Claude Goudimel : essai bio-bibliographique, Paris/Tours, (Besançon, P. Jaquin, 1898) Éditions Coderg / Librairie Ars Musicale, coll. « Musique, les hommes et les instruments » (no 4), , 46 p. (OCLC 11853533)
  • La musique dans les couvents de femmes depuis le moyen âge jusqu’à nos jours (conférence , Tribune de Saint-Gervais, iv (1898), 25, 58, 73), Paris, Bureaux de la Schola cantorum, , 18 p. (OCLC 44851066, notice BnF no FRBNF31829609)
  • Notes sur l’histoire du luth en France (Rivista Musicale Italiana, v (1898), 637–76; vi (1899), 1–44 – et Turin, 1899), Genève, Éditions Minkoff, , 83 p. (ISBN 2826600575, OCLC 729882)
  • La musique sacrée sous Louis XIV (conférence), Paris, Bureau d'edition de la Schola Cantorum, , 17 p. (OCLC 24950631)
  • Les concerts en France sous l’ancien régime, Paris, Fischbacher, , 407 p. (lire en ligne [PDF])
  • La jeunesse de Rameau (Rivista Musicale Italiana, ix (1902), 658–93, 860–87; x (1903), 62–85, 185–206), Turin, Fratelli Bocca Editori, , 109 p. (OCLC 812640, notice BnF no FRBNF31829604)
  • Palestrina, Paris, F. Alcan, coll. « Maîtres de la musique », , 229 p. (OCLC 6150626, notice BnF no FRBNF42877100, lire en ligne [PDF])
  • La librairie musicale en France de 1653 à 1790, d’après les registres de privilèges (Sammelbände der Internationalen Musikgesellschaft, viii (1906–7), 401–66), Leipzig, , 65 p. (ISSN 1612-0124, OCLC 844123473, lire en ligne)
  • La plus ancienne méthode française de musique : L’art, science et pratique de plaine musique (Jacques Moderne, ca. 1530) avec introduction et appendice, Paris, Bureaux d'édition de la Schola Cantorum, , 32 p. (OCLC 458585958, notice BnF no FRBNF31829619)
  • Haydn, Paris, F. Alcan, coll. « Maîtres de la musique », , 207 p. (OCLC 9116365, notice BnF no FRBNF42877089, lire en ligne [PDF])
  • Les musiciens de la Sainte-Chapelle du Palais : documents inédits, recueillis et annotés par Michel Brenet (Paris, A. Picard, 1910), Genève, Éditions Minkoff, coll. « Publications de la Société internationale de musique », , 379 p. (ISBN 2826600419, OCLC 1149112, lire en ligne [PDF])
  • Musique et musiciens de la vieille France, Paris, F. Alcan, , 249 p. (OCLC 3201267, lire en ligne [PDF])
    contient : Les musiciens de Philippe le Hardi, Jean de Ockeghem, maître de la chapelle des rois Charles VII et Louis XI, et Essai sur les origines de la musique descriptive par Jacques Mauduit
  • Haendel : biographie critique, illustrée de douze planches hors texte, Paris, H. Laurens, coll. « Les musiciens célèbres », 1912 ; 1930, 126 p. (OCLC 2714575, notice BnF no FRBNF35254998, lire en ligne [PDF])
  • Musiciens d’autrefois (Paris, 1912)
  • La musique militaire : étude critique, illustrée de douze planches hors texte, Paris, H. Laurens, coll. « Musiciens célèbres », , 126 p. (OCLC 1978378, notice BnF no FRBNF31829611, lire en ligne [PDF])
  • Dictionnaire pratique et historique de la musique (complété par A. Gastoué), Paris, Armand Colin, , 487 p. (OCLC 4530106, lire en ligne [PDF])

Articles[modifier | modifier le code]

Éditeur[modifier | modifier le code]

Marie Bobillier a édité des partitions d’Alexandre-Pierre-François Boëly chez M. Senart (avant 1909)[12] :

  • 30 caprices, opus 2 (1816)[13]
  • 24 pièces pour piano, opus 22 (1858)[14]
  • Pièces pour piano, opus 34 (1810)[15]
  • Pièces pour piano, opus 47 (1846)[16]
  • Pièces pour piano, opus 48 (1848–51)[17]
  • Pièces pour piano, opus 50 (1816–1854)[18]
  • Pièces pour piano, opus 51 (1853)[19]
  • Pièces pour piano, opus 52 (1853)[20]
  • Pièces pour piano, opus 55 (1855)[21]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La Laurencie 1919, p. 199
  2. a et b La Laurencie 1919, p. 200
  3. a b c d e et f Grove 2001
  4. Vignal 2005, p. 749
  5. a et b La France 1995, p. 60
  6. a et b La Laurencie 1919, p. 201
  7. Fiche du journal du Répertoire international de la presse musicale [PDF] sur ripm.org
  8. Jean-Marie Fauquet, Dictionnaire de la musique en France au XIXe siècle. Paris, Fayard, 2003, no 97.
  9. Nouvelles acquisitions françaises, no 11407-11425
  10. DOI:10.3406/bec.1921.448650 cite le détail des volumes p. 129 sur persee.fr
  11. La Laurencie 1919, p. 202
  12. Par exemple pour l’opus 34 sur Bnf (indications identiques sur les autres).
  13. notice BnF no FRBNF13966070
  14. notice BnF no FRBNF15519537
  15. notice BnF no FRBNF15519539
  16. notice BnF no FRBNF15519550
  17. notice BnF no FRBNF15519554
  18. notice BnF no FRBNF15519583
  19. notice BnF no FRBNF15519569
  20. notice BnF no FRBNF15519558
  21. notice BnF no FRBNF15519574

Liens externes[modifier | modifier le code]